Traité de Législation: VOL IV
De l’inégalité des fortunes produite par l’esclavage. — Des communautés de biens et de travaux, cons
Enlightenment Charles Comte FrenchCHAP. 23: > De l’inégalité des fortunes produite par l’esclavage. — Des communautés de biens et de travaux, considérées comme moyens de rétablir l’égalité parmi les hommes. — Des sociétés de ce genre établies en Amérique, et des effets qu’elles ont produits.
Un des effets les plus durables de l’asservissement d’un peuple, est l’inégalité des fortunes. Dans tous les pays où la population a été possédée par une race de conquérants, nous voyons en effet que les richesses se sont concentrées dans les mains de leurs descendants ou de leurs affiliés, et que la plupart des descendants des vaincus sont restés dans la misère. L’inégalité de biens et de maux, qui a été le résultat de l’inégale distribution des propriétés, a frappé un grand nombre d’esprits, et divers moyens ont été proposés pour y mettre un terme. Il est des hommes qui ont pensé qu’on ne pouvait y remédier que par l’action lente des temps, et en répartissant également les biens entre les membres de chaque famille. D’autres ont cherché à fondre les sociétés sur de nouvelles bases, et à répartir, d’une manière parfaitement égale, les biens et les maux qui sont inséparables de la nature humaine. Ce dernier système est celui dont je me propose de faire connaître ici la nature et les effets.
Les hommes qui, à diverses époques, se sont proposé d’établir des sociétés dans lesquelles chaque individu aurait une part égale de biens et de maux, ont eu un but directement opposé au but de ceux qui ont établi l’esclavage. La servitude, dans l’intention de ceux qui l’établissent, a pour objet, en effet, de faire tomber sur une fraction de la population, les peines, les fatigues et les privations auxquelles un peuple peut être assujetti, et d’assurer à l’autre fraction le privilège de l’oisiveté et des jouissances. Le système que j’expose maintenant, a pour but, au contraire, de faire tomber sur chacun des membres de la société une égale part de peines ou de fatigues, et de lui garantir une égale somme de biens. Je n’ai pas besoin de dire que les hommes qui se sont proposé ce dernier objet, soit qu’ils aient été dirigés par des sentiments purement religieux, soit qu’ils aient été guidés par des principes philosophiques, ont généralement eu des intentions pures et bienveillantes ; la simple exposition du but des associations de ce genre, suffit pour en convaincre.
Mais la nature des choses ou des hommes ne se modifie point selon nos désirs ; les fondateurs de l’esclavage ne sont jamais parvenus à exempter les maîtres de tous maux, ni à leur assurer le monopole des jouissances ; les hommes qui ont tenté de répartir les plaisirs et les peines d’une manière égale, entre tous les membres d’une société, n’ont pas mieux réussi. Les premiers ont échoué, parce qu’ils ont eu à lutter contre la nature humaine ; les seconds ont échoué parce qu’ils ont eu à lutter contre les mêmes obstacles. On verra, cependant, que les derniers sont arrivés plus près de leur but que les premiers, et que leurs erreurs ont eu des traces moins durables.
Nous trouvons la communauté des travaux et des biens dans l’enfance de plusieurs sociétés ; il paraît qu’un tel système exista jadis chez quelques peuples de la Germanie, et nous avons vu que, dans le dix-septième siècle, on le trouvait encore chez plusieurs peuplades de l’Amérique septentrionale. Nous voyons un système analogue chez quelques peuples de l’antiquité ; des conquérants, après avoir établi une égalité de misère entre les individus de la race asservie, ont cherché à établir entre eux une égalité de jouissances. Le système des Lacédémoniens, si vanté par les philosophes de l’antiquité et par plusieurs philosophes modernes, n’avait pas d’autre but que de faire régner l’égalité entre les maîtres ; et l’égalité des hommes possédés était une conséquence naturelle de l’égalité qui régnait entre leurs possesseurs.
Plusieurs sectes chrétiennes ont fait de l’égalité entre tous les hommes, un des principes fondamentaux de leurs doctrines. Dans l’opinion des Anabaptistes, toute société dans laquelle la communauté des biens n’existe pas, est une assemblée impure, une race dégénérée ; un vrai chrétien n’a pas besoin de magistrats, et ne doit pas l’être. Les Frères Moraves, en Amérique, ont également établi la communauté de biens entre eux ; mais il paraît que cet établissement a été le résultat de quelques circonstances particulières, bien plus que le produit d’un système arrêté d’avance. À l’époque de la colonisation de l’Amérique septentrionale, des Anglais établirent aussi entre eux une communauté de travaux et de biens ; mais les inconvénients qui en résultèrent, les contraignirent d’y renoncer. Les missionnaires espagnols qui soumirent les peuples du Paraguay établirent, dans cette vaste contrée, un semblable système, et ce système paraît y exister encore. Une colonie allemande, composée de sept ou huit cents personnes, a fondé, dans l’Amérique septentrionale, un établissement de ce genre, il n’y a pas encore longtemps. Enfin, en Angleterre, il existe une association nombreuse, sous le nom de Cooperative Society, dont le but est de former ou de provoquer des associations dans lesquelles les biens soient communs, et où chacun travaille au profit de tous.
Pour faire connaître la nature et les effets des associations de ce genre, je parlerai seulement des communautés établies par des missionnaires espagnols dans diverses parties de l’Amérique et de la colonie allemande formée sur le même continent, sous le nom d’Harmony (harmonie). Je parlerai des premières, parce que nous n’en connaissons point qui aient été aussi nombreuses, et qui aient eu une aussi longue durée ; je parlerai de la seconde, parce qu’elle est une des plus récentes et des mieux connues.
En exposant les résultats que produisent naturellement de semblables associations, j’ai moins pour but de détruire des opinions qui me semblent fausses, que de trouver quel est l’état social qui convient le mieux à la nature de l’homme. Il y a deux manières de prouver la vérité d’une proposition : l’une, qu’on nomme directe, et qui consiste à faire voir les conséquences immédiates d’un principe reconnu ; l’autre, qui consiste à démontrer que toutes les suppositions contraires à la proposition donnée, conduisent à l’absurde. J’ai fait voir ce qui arrive lorsque les richesses, créées par les travaux de la partie la plus nombreuse de la population, sont absorbées par une autre partie à mesure qu’elles sont produites : toutes les misères sortent de ce système. Je vais exposer maintenant ce qui arrive lorsque tous les travaux et les produits qui en résultent, sont partagés également entre tous les travailleurs ; s’il est démontré que ce dernier mode d’existence ne convient pas beaucoup mieux que le précédent à la nature de l’homme, il sera facile de voir quel est l’état social le plus favorable au bien-être des nations.
Lorsque les missionnaires jésuites s’établirent dans le Paraguay, et prirent les indigènes sous leur domination, la terre y était déjà cultivée et partagée en propriétés particulières. Nous ignorons de quelle manière les partages avaient été faits ; mais il ne paraît pas qu’il y existât une grande inégalité de fortune. Cependant, l’établissement de la communauté des travaux et des biens fut, dans le gouvernement des missionnaires, la circonstance la plus insupportable pour ces peuples. Mais ces nouveaux législateurs, à l’exemple de Lycurgue, qui leur servit probablement de modèle, ne se laissèrent point intimider par les murmures des mécontents, et ils exécutèrent rigoureusement le plan qu’ils avaient formé. Tous les biens devinrent donc communs entre tous les membres de la société [404]. Le même système fut établi dans les deux Californies et dans d’autres parties des possessions de l’Espagne.
L’établissement des jésuites dans le Paraguay date de 1580 ; environ deux siècles après, leur empire avait deux cents lieues du nord au sud, et cent cinquante lieues de l’est à l’ouest. Ils régnaient ainsi sur un pays un peu plus étendu que la France ; mais la population n’était que de 300 000 individus, ou dix habitants par lieue carrée [405]. La population était, comme elle paraît être encore, divisée en gouvernements auxquels on donnait le nom de missions. Les missionnaires avaient obtenu qu’ils seraient indépendants des vice-rois, et qu’aucun Espagnol ne pourrait pénétrer dans le pays. À ces deux conditions, ils s’étaient chargés de civiliser les indigènes, et de les convertir au christianisme [406]. Les succès des missionnaires furent d’abord assez rapides : les Portugais faisant alors une guerre d’extermination aux Indiens, un grand nombre cherchèrent un refuge sous la protection de ces religieux. Le nombre de leurs colonies, dans cette partie de l’Amérique, s’éleva jusqu’à trente-trois [407]. Les peuples soumis au même régime que les indigènes du Paraguay, occupaient un territoire encore plus vaste. M. de Humboldt a évalué l’étendue du pays soumis au régime des missions, à quatre ou cinq fois l’étendue de la France [408].
Chaque peuplade avait deux missionnaires ; un ancien, qui s’occupait de l’administration temporelle, dont il était le directeur, et un vicaire moins âgé, qui remplissait les fonctions sacerdotales. Outre ces deux magistrats, il en existait d’autres qui étaient élus parmi les indigènes, par les jésuites eux-mêmes ou par le peuple, après que les missionnaires avaient exclu les individus dont la nomination aurait pu leur déplaire [409]. En 1768, les jésuites furent expulsés de ce pays, et remplacés par d’autres missionnaires ; mais rien ne fut changé dans le mode d’administration, de sorte que nous n’avons pas à nous occuper de l’ordre auquel appartiennent les régisseurs [410].
Dans une société où tous les travaux se font en commun, et où les produits sont distribués à chacun par portions égales, il ne faut pas une législation fort compliquée. On n’a aucun besoin de lois, pour la garantie ou pour le partage des propriétés. On n’en a pas besoin pour régler l’état des familles, puisqu’il n’y a point de successions à recueillir, et que tous les enfants sont nourris aux dépens de la société générale. Enfin, on n’en a pas besoin pour l’établissement ou la répartition des impôts, puisque chacun contribue par son travail, et que les fonds publics en sont déposés dans des magasins publics. Il ne faut, à une telle société, qu’une administration semblable à celle d’une grande famille ; et, en effet, il n’en a jamais existé d’autre dans le Paraguay, ou dans les autres établissements formés par des missionnaires. Tout a été réglé par la volonté des chefs principaux : les délits même, étant plutôt considérés comme des péchés ou comme des offenses à la Divinité, que comme des offenses à la société, ont été punis par les ministres de la religion [411].
Les fonctions des membres du gouvernement consistent à déterminer l’emploi que chacun doit faire de ses talents, selon les besoins de la société, à distribuer les outils nécessaires à l’exercice de chaque métier, à régler les heures pendant lesquelles chacun doit travailler, à recueillir et à conserver dans des magasins les produits de l’industrie de tous, à les distribuer de manière à ce qu’ils durent pendant tout le cours de l’année, à faire avec l’étranger le commerce que les besoins communs exigent, et à veiller à ce que chacun exécute la tâche qui lui est imposée. Telles ont été, en effet, les fonctions des missionnaires [412].
Quoique l’égalité des travaux et de biens ait été la base fondamentale de ce genre d’associations, les fondateurs ont compris qu’il n’était pas possible d’établir une égalité absolue ; ils ont en conséquence accordé à chaque famille un petit espace de terrain, et deux jours de la semaine pour les cultiver [413]. Quelquefois, il a été permis aux hommes d’aller à la chasse ou à la pêche pour leur propre compte, sans autre obligation que de faire quelques petits présents de gibier ou de poisson aux chefs principaux de la mission [414]. Ainsi, outre la propriété commune résultant du travail de tous les membres de la société, il a pu exister quelques propriétés privées résultant du travail de deux jours par semaine, et du peu de temps accordé pour la pêche et la chasse.
Les chefs de chaque communauté distribuent à chacun la tâche qu’il doit exécuter. Les hommes sont généralement chargés de la culture des champs et de l’exercice de quelques arts grossiers ; ceux qui sont sacristains, musiciens ou enfants de chœur, sont chargés de tous les travaux à l’aiguille. Les femmes, outre les soins qu’elles donnent à leur ménage, sont chargées, tous les matins, de torréfier et d’écraser, sur une pierre, le grain qui doit servir d’aliments pendant le cours de la journée ; elles doivent de plus filer, par jour, une once de coton. Chacun devant son travail à la communauté, il n’est permis à personne de travailler en particulier [415].
Il y a, par jour, deux heures de prières et sept heures de travail ; les dimanches étant consacrés au repos, le temps des prières est de quatre ou cinq heures. À huit heures du matin, la peuplade s’assemble, et, après avoir baisé la main du missionnaire, elle est conduite, par des chefs, aux lieux de travail, les uns dans les champs, les autres dans des ateliers. Ils sont toujours sous l’inspection d’un magistrat, de sorte que le travail ne peut jamais se ralentir [416].
La communauté ne doit des aliments à ses membres que pendant les jours qu’ils travaillent pour son compte ; ils doivent se nourrir, pendant les autres jours, des produits du terrain qui leur est accordé. Voici en quoi consistent les aliments que la société leur donne, et comment ces aliments sont préparés et distribués. Pendant que la peuplade assiste à la messe, on fait cuire au milieu de la place, dans trois grandes chaudières, de la farine d’orge dont le grain a été rôti avant d’être moulu ; cette espèce de bouillie n’est assaisonnée ni de beurre ni de sel. Chaque cabane envoie prendre la ration de tous les habitants dans un vase d’écorce ; lorsque les chaudières sont vides, on distribue le gratin aux enfants qui ont le mieux retenu leur catéchisme. Ce repas dure trois quarts d’heure. À midi, les cloches annoncent le dîner ; les Indiens laissent leur ouvrage, et envoient prendre leur ration dans le même vase que pour le déjeuner. Cette seconde bouillie est un peu plus épaisse que la première ; on mêle au blé et maïs dont elle est composée des pois et des fèves ; ils retournent au travail à deux heures, et en reviennent à quatre ou cinq pour faire la prière. Quand elle est finie, et qu’ils ont baisé de nouveau la main du missionnaire, on leur distribue une bouillie semblable à celle du déjeuner. Tous les jours se ressemblent, dit La Pérouse ; et, en traçant l’histoire d’un de ces jours, le lecteur aura celle de toute l’année [417]. Il est cependant des jours de fête où l’on distribue de la viande crue ; et, dans quelques missions, on en donne un peu aux hommes qui travaillent pour la communauté, mais sans s’occuper de leurs familles [418].
Les chefs de la communauté doivent distribuer à chacun des membres de la toile pour leurs vêtements. Les règlements ont déterminé la quantité qui leur en serait donnée par année : les hommes doivent en avoir six varas (cinq mètres), et les femmes cinq. Quant aux enfants, on a jugé qu’ils n’en avaient pas besoin [419]. Les filles, qui sont quelquefois nubiles à huit ans, vont complètement nues jusqu’à neuf, sans que les missionnaires s’en offensent [420]. Le vêtement des femmes et celui des hommes consiste en une chemise de toile grossière fabriquée dans le pays, et qui ne les couvre pas mieux que ne ferait une chemise de gaze [421]. Un caleçon, des souliers et un chapeau sont des objets de luxe inconnus parmi eux [422]. Dans quelques missions, les plus riches possèdent quelquefois un manteau de peau de loutre qui leur tombe jusque au-dessous des aines ; du reste ils sont aussi nus que ceux qui vivent dans les bois [423].
Les membres de ces communautés ne sont pas mieux logés qu’ils ne sont vêtus.
« Leurs cabanes, dit La Pérouse, sont les plus misérables qu’on puisse rencontrer chez aucun peuple ; elles sont rondes, de six pieds de diamètre sur quatre de hauteur ; quelques piquets de la grosseur du bras, fixés en terre et qui se rapprochent en voûte par le haut, en composent la charpente ; huit à dix bottes de paille mal arrangées sur ces piquets garantissent, bien ou mal, les habitants de la pluie ou du vent, et plus de la moitié de cette cabane reste découverte quand le temps est beau ; leur seule précaution est d’avoir chacun deux ou trois bottes de paille en réserve. »
Chacune de ces cabanes renferme, cependant, quatorze ou quinze personnes [424]. Les habitations et la population présentent un aspect si misérable, que Vancouver a pensé qu’on ne pouvait mettre en parallèle que les habitants de la Terre-de-Feu [425].
Les fautes ou les péchés sont punis à coups de fouet ou par le cep. Les fouets sont faits de peaux de lamentin, et ressemblent à ceux qu’emploient les planteurs dans les colonies. Le cep se compose de deux poutres entre lesquelles on place les jambes du patient. Un individu, homme ou femme, qui manque à la prière ou qui n’exécute pas ponctuellement l’ordre qui lui est donné, est puni de vigoureux coups de fouet. La même peine est infligée aux femmes qui sont chargées d’écraser le grain, et qui se rendent coupables de l’infidélité la plus légère. Si le patient, vaincu par la douleur, implore sa grâce, l’exécuteur diminue quelquefois la force des coups ; mais il en donne toujours le nombre déterminé. Les hommes reçoivent le fouet en présence de la communauté assemblée ; mais les femmes sont fouettées en secret, de peur que leurs cris et leur désespoir n’excitent les hommes à la révolte. Ces châtiments ont souvent le même degré de cruauté que ceux qui sont infligés aux esclaves, même pour des fautes qui sont peu graves. Quelquefois, au lieu de châtier eux-mêmes les femmes ou les enfants coupables, les chefs font faire les exécutions par les pères ou par les maris, qui s’en acquittent aussi bien que les magistrats peuvent le désirer [426].
Le gouvernement de chacune de ces communautés étant théocratique, les magistrats ont, pour découvrir les fautes ou les délits, un moyen qui leur est particulier, c’est la confession. Mais, comme les peines infligées aux coupables sont de vigoureux coups de fouet, on conçoit que les pénitents ne se pressent pas de déclarer leurs fautes : on supplée à leur silence, en les obligeant à confesser les péchés d’autrui. Il arrive de là que lorsqu’un pénitent se présente, le prêtre sait déjà quels sont les points sur lesquels il doit l’interroger, et comment il doit s’y prendre pour le convaincre.
« Il s’établit, entre le ministre de l’Église et l’Indien qui se confesse, dit Depons, des débats d’une singularité piquante. Il est rare qu’on obtienne de l’Indien l’attitude d’un pénitent ; il s’agenouille en débutant ; il est bientôt assis à terre : et là, au lieu de déclarer ses péchés, il nie fortement tous ceux dont le confesseur lui demande l’aveu ; il faut qu’il soit évidemment convaincu de mensonge pour qu’il se reconnaisse coupable de quelque péché ; c’est souvent ce qu’il ne fait qu’à la dernière extrémité, et en maudissant ceux qui en ont informé le prêtre [427] ».
La confession finie, le pénitent est vigoureusement fouetté en public [428]. Chaque individu se devant presque tout entier à la communauté du moment qu’il peut se livrer à quelque travail, il a été nécessaire de prévenir la désertion. Les chefs ne se sont donc pas bornés à interdire l’entrée de leur territoire à tous les étrangers sans distinction, mais ils ont défendu d’en sortir à tous leurs subordonnés. Afin que cette défense ne devint pas illusoire, l’usage du cheval a été interdit d’une manière générale, et l’interdiction n’a été levée qu’en faveur d’un très petit nombre d’individus auxquels on a cru pouvoir se fier. Les précautions ont été portées plus loin : chaque peuplade a été environnée de fossés profonds ; des portes ont été mises à toutes les entrées, et des sentinelles ont été préposées à la garde de ces portes. Ainsi, chaque individu a été circonscrit dans un espace d’environ cinq cents mètres de rayon (600 varas), qu’il ne lui a jamais été permis de dépasser, sous peine d’être puni de coups de fouet. L’usage des armes a été également interdit [429].
Les peuples soumis à un tel régime ne manifestent aucun genre d’activité physique ou intellectuelle. Ils se portent au travail avec une telle nonchalance, que soixante ou soixante-dix d’entre eux ne font pas plus de travail que huit ou dix de nos ouvriers d’une activité médiocre [430]. Ils joignent la malpropreté à la paresse, et ne portent d’intérêt à rien ; que les chefs des missions les élèvent à une dignité ou qu’ils les en fassent descendre, peu leur importe [431]. La vie même ne leur inspire aucun attachement ; ils ne se plaignent point quand ils souffrent ; ils meurent sans éprouver ni sans inspirer de regret [432]. Ils sont si loin de mettre à rien la moindre importance, que les femmes ignorent la chasteté, comme les hommes la jalousie. Ils semblent n’avoir pas assez de vie pour se propager [433]. Ils ne sont pas moins indifférents pour une vie à venir que pour ce qui existe dans ce monde [434].
Ces peuples ont cependant des vices nombreux ; outre la paresse et l’oisiveté dont j’ai déjà parlé, ils ont toutes les mauvaises habitudes que nous avons observées chez les sauvages et chez les esclaves.
« Depuis près de trois siècles qu’on cherche à donner à cette misérable espèce d’hommes quelque idée du juste et de l’injuste, dit Depons, on n’a pu obtenir qu’ils respectassent la propriété d’autrui lorsqu’ils peuvent la ravir ; qu’ils ne fussent pas dans un état continuel d’ivresse lorsque la boisson ne leur manque pas ; qu’ils ne commissent point d’inceste lorsqu’ils en ont l’occasion ; qu’ils ne fussent pas menteurs et parjures lorsque le mensonge ou la violation du serment doivent leur être profitables ; qu’ils se livrassent au travail lorsque la faim du moment ne les y oblige pas [435]. »
Leurs facultés intellectuelles sont aussi peu développées que leurs facultés morales ; s’ils étaient moins paresseux, et moins indifférents sur tout ce qui les environne, ils auraient plus d’analogie avec les abeilles et les castors qu’avec des hommes. Ils cultivent tous les mêmes plantes ; ils rangent leurs cabanes de la même manière ; ils se nourrissent des mêmes aliments, travaillent le même nombre d’heures, se livrent aux mêmes pratiques [436]. Leur industrie se borne à cultiver quelques végétaux, et à fabriquer la toile grossière qui leur sert de vêtements. Les arts les plus usuels parmi nous n’y sont pas connus [437]. Ils sont d’une telle stupidité, que leur curiosité ne peut pas être excitée même par les spectacles les plus inaccoutumés, et que, suivant l’opinion même des missionnaires, ils meurent dans l’âge le plus avancé, sans être jamais sortis de l’enfance [438].
Mais ces mêmes hommes, si stupides et si indolents, qui se laissent fustiger patiemment à la porte des églises, se montrent rusés, actifs, impétueux et cruels, chaque fois qu’ils agissent en masse dans une émeute populaire. Leur volonté se réveille avec le sentiment de leurs forces, et ils marchent vers leur but avec une énergie qui leur fait braver tous les dangers [439].
Il est impossible de considérer attentivement l’état social de ces peuples, leurs mœurs, le développement intellectuel qui leur est propre, leur faiblesse quand ils sont isolés, leur énergie quand ils ont secoué le joug de l’autorité, sans être frappé de l’analogie qui existe entre eux et les nègres des colonies européennes. La ressemblance est si parfaite qu’elle a été d’abord aperçue par les hommes les plus disposés à rendre justice au zèle des chefs de ces établissements.
« J’avoue, dit La Pérouse après avoir fait l’éloge de leur piété et de leur sagesse, que plus ami des droits de l’homme que théologien, j’aurais désiré qu’aux principes du christianisme on eût joint une législation qui, peu à peu, eût rendu citoyens des hommes dont l’état ne diffère presque pas aujourd’hui de celui des nègres des habitations de nos colonies régies avec le plus de douceur et d’humanité [440]. »
L’influence exercée par le régime de la communauté de travaux et de biens, sur l’intelligence et sur les mœurs des chefs du gouvernement, n’est pas aussi facile à constater que l’influence exercée par un tel régime sur les mœurs et sur les facultés intellectuelles des autres membres de la communauté. Les chefs du gouvernement ne peuvent pas se livrer aux travaux des champs ; leur occupation est de gouverner et de prier. Nous ne pouvons connaître qu’imparfaitement leur vie privée, parce qu’ils admettent rarement des étrangers à visiter l’intérieur de leurs maisons, et que, dans ces rares occasions, ils ne se montrent que comme ils désirent être vus. Cependant, comme ils sont tous soumis aux mêmes règles et qu’ils exercent les mêmes pouvoirs, ce que nous savons sur quelques-uns pourra nous faire juger de ce que sont les autres. L’uniformité des règles monastiques simplifie singulièrement les recherches.
Les missionnaires, en arrivant dans le pays, y apportent la quantité de connaissances qui leur ont été données ailleurs, et paraissent ne pas faire beaucoup de cas de l’instruction, si l’on en juge du moins par quelques-uns d’entre eux.
« Notre missionnaire, dit M. de Humboldt, semblait d’ailleurs très satisfait de sa position.... La vue de nos instruments, de nos livres, et de nos plantes sèches lui arrachait un sourire malin, et il avouait avec la naïveté qui est propre à ces climats, que de toutes les jouissances de la vie, sans en excepter le sommeil, aucun n’était comparable au plaisir de manger de la bonne viande de vache, carne de vacca : tant il est vrai, ajoute M. de Humboldt, que la sensualité se développe par l’absence des occupations de l’esprit [441]. »
Un autre voyageur nous dit, en parlant d’un missionnaire qu’il peint comme un des meilleurs, qu’il considérait tous les savants anciens et modernes comme des députés de Satan, envoyés pour corrompre le genre humain, et qu’il se serait volontiers fait démon, pendant quelques années, pour assouvir sur eux sa sainte vengeance [442]. On peut juger d’après cela que les chefs de ces communautés n’ont pas les facultés intellectuelles très développées, et le genre de vie qu’ils mènent n’est pas propre à les étendre.
Le chef d’une mission, après avoir dit sa messe, donne sa main à baiser à tous les membres de la communauté, puis il déjeune, mais sans envoyer prendre sa ration de bouillie dans la chaudière commune. Ayant déjeuné, il travaille avec les corrégidors qui sont ses ministres, et visite ensuite les ateliers ; s’il sort, ce n’est jamais qu’à cheval, et en grand cortège. Il dîne à onze heures, seul avec son vicaire. À deux heures, il s’enferme dans son intérieur, et dort jusqu’au soir. À sept heures, il soupe ; à huit, dit Bougainville, il est sensé couché [443]. Il ne nous est pas possible de savoir en quoi consistent les repas des membres de ce gouvernement ; mais, peut-être, pourrons-nous le présumer, lorsque nous aurons vu ce que deviennent les revenus annuels de la communauté.
Les missionnaires ayant un costume réglé par leur ordre, ne peuvent mettre beaucoup de luxe dans leurs vêtements. Les revenus de la communauté sont employés d’abord à la construction de leurs maisons, et ensuite à la construction et à l’ornement des églises ; l’habillement des autres membres de l’association n’est placé qu’en troisième ligne, et chacun doit aller nu, jusqu’à ce que ces premiers besoins soient satisfaits. Un vieux missionnaire assurait à M. de Humboldt que cet ordre ne pouvait être changé sous aucun prétexte [444]. Les maisons et les églises doivent varier selon que les communautés sont plus ou moins anciennes, et qu’elles ont des revenus plus ou moins considérables. Les églises sont, en général, les plus magnifiques de ces contrées ; elles sont pleines de très grands autels, de sculptures et de dorures ; les ornements ne peuvent pas être plus précieux [445].
Les chefs du gouvernement sont naturellement chargés de la garde et de l’administration des biens communs ; ils sont chargés aussi de faire le commerce que l’intérêt de la société demande. Mais tous les produits des travaux communs ont fini par devenir la propriété exclusive des administrateurs, et les personnes employées à l’exécution de ces travaux ont perdu jusqu’à l’espérance d’en recueillir jamais le fruit ; les neuf dixièmes d’entre eux ont même cessé de recevoir le misérable vêtement qui leur était accordé. Tandis que les moyens d’existence ont diminué, les travaux sont devenus plus rudes et plus continus ; les femmes ont été conduites dans les champs comme les hommes, et quelquefois on a même privé ces infortunés des deux jours pendant lesquels ils pouvaient travailler pour eux. Les menaces et les promesses de la religion sont tour à tour employées pour obtenir d’eux des travaux au-dessus de leurs forces. « On les pousse continuellement au travail, dit Azara, et finalement tous les biens de la communauté se partagent entre les chefs, leurs favoris, et les administrateurs [446]. »
Les membres des communautés suppléent par la peinture aux vêtements qui leur manquent, et leurs administrateurs ont trouvé le moyen de se faire de ce besoin une source de revenus. Plusieurs se sont emparés du commerce de la couleur qui leur sert à se peindre en rouge, et ils la leur vendent à un prix excessif ; ils leur enlèvent ainsi les produits des jours libres qui leur sont laissés [447]. À l’aide de ce moyen et d’autres semblables, la plupart parviennent à amasser une fortune que quelques personnes ont évaluée de 60 000 à 80 000 piastres, et que les plus modérés ont portée à la moitié de cette somme [448].
Les chefs des communautés ne sont pas seulement les administrateurs des biens communs, ils sont aussi les gardiens de la vertu des filles et des femmes. Deux corps de logis tiennent à la maison du chef principal : dans l’un, on exerce les arts que demandent les besoins communs ; dans l’autre se trouvent un grand nombre de jeunes filles occupées à divers ouvrages, sous la garde et l’inspection de vieilles femmes. Suivant Bougainville, l’appartement du curé communique intérieurement avec ces deux corps de logis [449] ; le même fait nous est attesté par La Pérouse :
« Les religieux, dit-il, se sont constitués les gardiens de la vertu des femmes. Une heure après le souper, ils ont soin d’enfermer sous clef toutes celles dont les maris sont absents, ainsi que les jeunes filles au-dessus de neuf ans ; et, pendant le jour, ils en confient la surveillance à des matrones [450]. »
La Pérouse ne nous dit pas dans les mains de qui cette précieuse clef reste déposée ; mais il le laisse conjecturer.
Les voyageurs parlent peu, en général, des mœurs privées des chefs de ces communautés ; mais, lorsque les jésuites furent remplacés par d’autres religieux, il se répandit en Amérique des bruits qui leur étaient peu avantageux. Bougainville, qui se trouvait alors dans le pays, n’en parle que d’une manière obscure :
« Ma plume se refuse, dit-il, au détail de tout ce que le public de Buenos-Aires prétendait avoir été trouvé dans les papiers saisis aux jésuites ; les haines sont encore trop récentes pour qu’on puisse discerner les fausses imputations des véritables [451]. »
Lorsque la domination devient lucrative, on cherche naturellement à l’étendre ; c’est ce qu’ont fait la plupart des chefs de ces associations, quand ils ont commencé à s’apercevoir des avantages que produisait une communauté de travaux et de biens ; ils sont allés à la conquête des âmes, conquista de almas. Au milieu de la nuit, un missionnaire, suivi d’une troupe de soldats qu’excitaient l’espoir des récompenses, se précipitait sur une peuplade ; on massacrait tout ce qui faisait résistance, on brûlait les cabanes, on détruisait les plantations, et l’on amenait comme prisonniers les vieillards, les femmes et les enfants. Ces âmes conquises étaient distribuées ensuite dans les missions, et l’on avait soin de séparer les mères des enfants, de peur qu’ils ne concertassent ensemble les moyens de s’enfuir. Les enfants conquis étaient traités en esclaves, jusqu’à ce qu’ils eussent atteint l’âge de se marier [452].
Les nuances qui séparent de la traite et de l’esclavage cette manière de conquérir et de gouverner les âmes, sont tellement légères qu’il était difficile que les chefs des communautés ne passassent pas d’un régime à l’autre. Aussi, les missionnaires ont fini par faire le commerce des esclaves, et plusieurs en avaient même un très grand nombre. Lorsque les jésuites ont été remplacés par d’autres, la seule maison de Cordoue en possédait 3 500. On a trouvé aussi les magasins remplis de marchandises, parmi lesquelles il y en avait de beaucoup d’espèces qui ne se consommaient pas dans les missions [453].
Ainsi, après plus de deux siècles d’existence, des communautés qui avaient pour objet d’assurer à chacun une égalité de plaisirs et de peines, ont produit la plus grande des inégalités ; elles ont mis tous les biens d’un côté et tous les travaux de l’autre. Il faut dire cependant que l’égalité a été aussi grande qu’elle pouvait l’être entre tous les individus de la classe laborieuse ; mais ce n’a été qu’une égalité d’ignorance, de stupidité, de vices et de misère ; une égalité semblable à celle qui peut exister entre des esclaves.
Les effets que nous avons observés, ont été des conséquences du système, et n’ont pas été produits par les vices particuliers à une classe d’hommes. Il n’y a même pas longtemps que ce système était considéré par des philosophes comme le chef-d’œuvre de l’esprit humain. Raynal l’a mis au-dessus de tout ce que les législateurs ont jamais produit de plus parfait. Il prétend que ce système prévenait les crimes et dispensait des punitions ; il dit que les mœurs étaient belles et pures ; qu’on y craignait sa conscience et non les châtiments ; il ne parle qu’avec dédain des politiques qui firent voir, dans le défaut de propriété, un obstacle insurmontable à la population ; et cela lui fournit une occasion de faire voir les malheurs et les vices auxquels donne naissance l’existence de la propriété. Persuadé que l’expulsion des jésuites allait entraîner la chute du système de la communauté de travaux et de biens, Raynal termine son panégyrique en ces termes : « Quoi qu’il arrive, le plus bel édifice qui ait été élevé dans le Nouveau-Monde sera renversé [454]. »
Bougainville, avant que d’avoir vu de près ces communautés, en avait la même opinion que Raynal ; mais il a été promptement désabusé [455].
Les premiers Anglais qui passèrent en Amérique pour s’y établir, formèrent aussi des associations dans lesquelles les travaux et les biens devaient être communs ; les produits qu’ils obtenaient de la terre étaient enfermés dans des magasins publics, et on en distribuait une partie toutes les semaines ; mais, en peu de temps, les abus devinrent tellement graves, que les membres de ces associations furent obligés de se séparer [456].
Les Frères Moraves, quoique soutenus par le zèle religieux, ont éprouvé tant d’inconvénients de leurs associations, que tous les membres ont fini par éprouver un égal mécontentement [457].
Une association religieuse, composée d’environ sept cents Allemands, s’est établie depuis peu d’années dans l’Amérique septentrionale. Sortis d’un pays où la concurrence leur avait fait une nécessité de développer leurs facultés intellectuelles et physiques, excités par le zèle religieux, et placés sur une terre où tout homme qui travaille est assuré de jouir des fruits de son travail, ils ont fait des progrès rapides.
Les individus dont cette association se compose ayant été formés sous un autre régime, et n’étant encore qu’à leur première génération, il n’est pas possible de déterminer d’une manière exacte quelles en seront les conséquences futures. Cependant, on peut prévoir, dès ce moment, que si l’association se prolonge longtemps, elle aura la plupart des effets que nous avons observés dans les communautés formées par les missionnaires.
Les opinions religieuses des membres de cette société leur font considérer le mariage comme contraire à la perfection de l’homme, et ces opinions ont sur eux une telle puissance, que, si elles continuaient d’agir pendant cinquante années avec la force qu’elles ont eue jusqu’à ce jour, la société serait détruite faute de membres. Ces opinions, qui menacent l’association d’une destruction future peu éloignée, sont une garantie de son existence actuelle ; mais si elles viennent à s’affaiblir chez quelques individus jeunes et bien constitués, les croyants seront, en peu de temps, les esclaves des incrédules. Il faudra qu’ils travaillent pour eux-mêmes et pour les enfants d’autrui ; et s’ils se voient réduits à cette nécessité, ils ne tarderont pas à user de représailles et à mettre leurs enfants à la charge des autres.
Afin de ne pas ébranler leurs croyances, ils repoussent d’au milieu d’eux l’usage de l’imprimerie, et n’admettent aucune discussion religieuse ou politique, surtout avec des étrangers ; de sorte qu’ils se trouvent naturellement dans la voie que les missionnaires espagnols ont parcourue. Leur pasteur est, en même temps, chef de la religion et de l’administration ; ils ne pensent et n’agissent que sous sa direction, et sont ainsi placés sous un gouvernement théocratique analogue à celui du Paraguay
Quoique établie depuis peu d’années, l’égalité n’existe déjà plus entre les chefs et les subordonnés, si même on peut dire qu’elle a jamais existé. L’usage du thé et du café est interdit aux gouvernés, et réservé aux gouvernants. Un livre des recettes et des dépenses avait été d’abord établi ; mais, des valeurs considérables ayant passé dans les mains des administrateurs, le livre a été perdu, et il n’a pas été possible de le retrouver. Afin de ne pas faire à l’avenir des pertes de ce genre, il a été déterminé qu’on ne tiendrait plus compte de rien. Les membres du gouvernement ont donc sur les biens communs un pouvoir égal à celui dont jouissent les missionnaires dans les colonies espagnoles. On peut, sans être prophète, prédire que cette association n’aura ni plus de durée, ni de meilleurs résultats que celles dont j’ai précédemment parlé [458].
Les associations de travaux et de biens, formées par un grand nombre de personnes et pour les générations à venir, portent dans leur sein un principe de décadence et de destruction que rien ne saurait paralyser ; elles auront toujours pour résultat la dégradation de la population, et la plus dure et la plus inique des inégalités. Il suffit, pour se convaincre de cette vérité, de se rappeler quelques-uns des faits que j’ai cités dans le premier volume de cet ouvrage.
J’ai fait observer que les actions que nous qualifions vertueuses, comme celles que nous appelons vicieuses, produisent toutes un mélange de biens et de maux ; mais que ces biens et ces maux n’arrivent pas en même temps, et ne se répartissent pas d’une manière égale. J’ai dit que le moyen le plus efficace de rendre communes les habitudes vicieuses, est de laisser à ceux qui les ont contractées toutes les jouissances qu’elles produisent, et de faire tomber sur d’autres les maux qui en sont le résultat. J’ai ajouté que le moyen le plus efficace d’extirper les bonnes habitudes est, au contraire, de concentrer sur ceux qui les ont contractées les peines qui les suivent ou les accompagnent, et d’en accorder tous les avantages à ceux qui y sont étrangers. Or, si l’on veut se donner la peine d’examiner comment agissent les communautés dont je me suis occupé dans ce chapitre, on verra qu’elles ont nécessairement ce double effet. Sous ce rapport, elles ont une ressemblance parfaite avec l’esclavage, et doivent, par conséquent, amener les mêmes résultats.
Supposons que cinquante individus pris au hasard, et différant, par conséquent, les uns des autres par leurs forces, soient conduits au travail, et que les produits doivent être partagés par portions égales ; la part du plus faible et du plus paresseux devant être égale à celle du plus diligent et du plus fort, la quantité de travail qui sera exécutée par chacun sera réglée par la quantité qu’en donnera le plus faible. Si un individu travaille avec zèle, il n’aura que la cinquantième partie des produits de son travail, et il en portera toute la fatigue ; s’il se livre à la paresse, il jouira seul des plaisirs qu’elle donne, mais il ne sentira que la cinquantième partie de la misère qui la suit. Ainsi, en voulant obtenir une égalité de travaux et de biens, on n’obtient qu’une égalité de paresse et de misère ; on n’élève pas les hommes paresseux et pauvres au niveau des hommes actifs et aisés, on fait descendre ceux-ci au niveau de ceux-là.
On peut faire, pour les travaux intellectuels, les mêmes raisonnements que pour les travaux purement physiques : l’homme le plus borné ou le plus stupide ayant les mêmes avantages que l’homme le plus intelligent, nul n’est disposé à prendre une peine qui tomberait tout entière sur lui, tandis qu’il ne recueillerait qu’une portion infiniment petite des avantages qui en seraient la suite. On obtient ainsi une égalité d’ignorance et de stupidité, quand on laisse aux travaux de l’esprit la fatigue qui en est inséparable, et qu’on attribue aux hommes les plus bornés les mêmes avantages qu’aux plus intelligents ; on n’élève pas les premiers au niveau des seconds, on fait descendre les seconds au niveau des premiers.
Dans ce système, un homme est presque sans influence sur sa destinée : si, en se livrant à l’intempérance ou à d’autres vices, il se rend incapable de travailler, peu lui importe ; d’autres travailleront pour lui, pour sa femme et pour ses enfants. Il lui est aussi impossible de se ruiner qu’il lui est impossible de s’enrichir ; il n’a donc besoin ni de prévoyance, ni d’économie. Il n’a même pas besoin d’estime, puisque sa part dans les richesses communes est toujours la même, et qu’il ne peut pas déchoir sans que la population tout entière descende en même temps que lui.
Il n’a pas plus d’influence sur la destinée de sa femme et de ses enfants que sur la sienne ; il peut les maltraiter puisqu’il est le plus fort, mais il est incapable de leur transmettre aucun bienfait : qu’il soit malade ou qu’il meure, peu leur importe ; sa perte ne sera pas sentie. De son côté, le père ne peut rien attendre de ses enfants : n’ayant rien fait pour eux, ils ne lui doivent point de reconnaissance, et, s’ils lui en devaient, ils seraient incapables de s’acquitter.
Si chaque individu, parvenu à l’âge de puberté, juge à propos de se marier, la population manquera bientôt de subsistances ; si, au contraire, les plus prévoyants s’imposent des privations pour ne pas accroître la misère commune, ils n’éprouveront ni moins de privations ni moins de fatigues, puisqu’il faudra nourrir et élever les enfants des autres.
Un tel régime, en un mot, n’est propre qu’à éteindre dans l’homme tout principe d’activité, d’affection, de bienveillance, en supposant même que les travaux et les produits qui en résultent soient distribués de la manière la plus impartiale ; mais, s’il arrive que les administrateurs se fassent une part plus avantageuse que les autres, les hommes qui travaillent ne peuvent manquer de devenir en peu de temps esclaves.
Les maux qui pèsent sur une nation sont donc toujours également graves, soit qu’une fraction de la population s’approprie les produits des travaux de l’autre, soit que les individus dont elle se compose aspirent à établir entre eux une égalité de bien et de maux. Il résulte de là que l’inégalité entre les individus dont un peuple se compose, est une loi de leur nature ; qu’il faut, autant qu’il est possible, éclairer les hommes sur les causes et sur les conséquences de leurs actions ; mais que la position la plus favorable à tous les genres de progrès est celle où chacun porte les peines de ses vices, et où nul ne peut ravir à un autre les fruits de ses vertus ou de ses travaux.
Notes
[^1]: Si quelques personnes consultaient encore ce que j’ai écrit dans le Censeur, ce sont, en général, les parties relatives à l’organisation ou à la distribution des pouvoirs politiques, qu’elles devraient consulter avec le moins de confiance. [^2]: De Montlosier, De la monarchie française depuis la restauration jusqu’à la fin de 1816. [^3]: Voici les propres paroles de Rousseau : « Il y a donc une profession de foi purement civile dont il appartient au souverain de fixer les articles, non pas précisément comme dogmes de religion, mais comme sentiments de sociabilité, sans lesquels il est impossible d’être bon citoyen ni sujet fidèle. Sans pouvoir obliger personne à les croire, il peut bannir de l’État quiconque ne les croit pas ; il peut le bannir, non comme impie, mais comme insociable, comme incapable d’aimer sincèrement les lois, la justice, et d’immoler au besoin sa vie à son devoir. Que si quelqu’un, après avoir reconnu publiquement ces mêmes dogmes, se conduit comme ne les croyant pas, *qu’il soit puni de mort, * il a commis le plus grand des crimes, il a menti devant les lois. » Du Contrat social, liv. IV, ch. 8.
On voit clairement ici que Rousseau attache la peine de bannissement, non à une mauvaise action, mais à un *défaut de croyance * ; il attache la peine de mort, non à un fait déterminé, mais à la présomption d’un mensonge relatif à cette croyance. Je dis à la présomption, car il n’est pas rare qu’un homme agisse contre sa croyance actuelle, et surtout contre la croyance qu’il a eue à une époque antérieure.
On voit clairement ici que Rousseau attache la peine de bannissement, non à une mauvaise action, mais à un défaut de croyance * ; il attache la peine de mort, non à un fait déterminé, mais à la présomption d’un mensonge relatif à cette croyance. Je dis à la présomption, car il n’est pas rare qu’un homme agisse contre sa croyance actuelle, et surtout contre la croyance qu’il a eue à une époque antérieure. [^4]: Le principe de l’utilité, que M. Jérémie Bentham a fait servir de base à ses traités de législation, a été fortement attaqué soit en Angleterre, soit en France ; et ce qu’il y a de singulier, c’est qu’il a été attaqué, dans ce dernier pays, par un écrivain qui a eu presque toujours pour but dans ses écrits de faire triompher l’utilité publique sur l’utilité particulière (Voyez la préface de l’ouvrage de M. Benjamin Constant sur la religion). On a considéré le principe de M. Bentham comme une nouveauté dangereuse ; cependant au temps où Grotius écrivait, cette nouveauté avait déjà plus de deux mille ans d’existence ; et, depuis Grotius jusqu’à nos jours, il n’est presque point de publicistes qui ne l’aient adoptée. Ce qui est véritablement nouveau, ce sont les attaques dont ce principe a été l’objet en théorie : les plus anciennes datent de la publication des ouvrages de M. Bentham. [^5]: Une nation plus éclairée qu’une autre peut avoir cependant une législation plus vicieuse, si elle a le malheur d’être voisine de nations barbares qui influent sur la marche de son gouvernement. Ainsi quelques États de l’Europe, tels par exemple que ceux d’Italie et la France, peuvent, sous certains rapports, être moins avancés que les États-Unis d’Amérique sans être moins éclairés. [^6]: Il est des écrivains qui considèrent les erreurs, les préjugés, les vices des peuples, comme les causes uniques de leurs mauvaises lois, de leurs mauvais gouvernements et de leur misère, et qui conseillent en conséquence à ces peuples d’être éclairés, industrieux, et vertueux, s’ils veulent avoir de bonnes lois, être bien gouvernés, et vivre heureux. Ces maximes sont plus faciles à donner qu’à pratiquer ; elles sont justes, s’il est en la puissance de tous les hommes d’être éclairés, et si les vices de chaque individu sont la cause première des maux qu’il souffre. Mais si ces vices sont les effets d’un ordre de choses donné, et si l’on n’a pas la puissance de changer cet ordre de choses, comment est-il possible de les détruire ? Qu’un prédicateur, par exemple, aille dire aux nègres dont les Européens ont fait des instruments de culture : « L’esclavage dans lequel vous êtes nés et qui vous rend si misérables, est l’effet de votre ignorance et de vos mauvaises mœurs ; les vices que vous reprochez à vos maîtres sont des résultats de vos propres vices, et la justice veut que vous en portiez la peine. Si des armées de blancs viennent se placer à côté de vos possesseurs pour rendre leur force insurmontable, c’est encore vous qui avez présidé à la formation de ces armées ; ce sont vos vices qui leur ont mis les armes à la main et qui les ont appelées. Vous êtes ignorants, parce qu’il ne vous plaît pas de vous instruire ; vous êtes paresseux, parce que vous ne comprenez pas les avantages du travail ; vous êtes faux et menteurs, parce que vous êtes des lâches ; vous êtes des lâches, parce que vous ne savez pas être les plus forts ; et vous ne savez pas être les plus forts, parce que vous avez des vices. » Si, dis-je, un missionnaire tenait ce discours aux esclaves de nos colonies, pense-t-on qu’il n’y aurait rien à lui objecter ? Pense-t-on que les raisons que les nègres pourraient donner, ne pourraient pas être données par un peuple de blancs ? Dans toutes les positions, un homme ou même un peuple ne peut pas être industrieux, éclairé et vertueux impunément. [^7]: On ne détruit bien une idée fausse qu’au moyen d’une idée juste ; et quand la première a disparu, la seconde reste. [^8]: On peut objecter contre cette méthode qu’elle nécessite des longueurs et qu’elle oblige l’esprit à s’arrêter sur des vérités triviales. Cela est vrai ; mais ce sont des objections qu’on peut faire contre toutes les sciences. Qu’y a-t-il de plus simple et de plus trivial que les descriptions que les botanistes nous donnent des plantes ? Qu’y a-t-il de plus commun que des vérités telles que celles-ci : 2 et 2 sont 4 ; qui de 3 ôte 2 reste 1 ? Ce n’est cependant qu’après avoir passé par des vérités de cette nature qu’on peut arriver à résoudre les problèmes les plus difficiles. Il en est de même dans les sciences morales ; c’est en observant les phénomènes les plus simples qu’on arrive à des résultats qu’on n’avait jamais soupçonnés. [^9]: Il résulte de ces observations, que les personnes qui ont reçu la meilleure éducation morale, doivent être souvent au nombre de celles qui croient que, pour juger du mérite d’une action ou d’une habitude, il ne faut que consulter ses sentiments. Ces personnes, en effet, n’ont pas besoin d’autre chose pour bien juger et pour bien se conduire ; mais elles ne remarquent pas que, si leurs sentiments, et les habitudes de leur esprit, les dirigent avec tant de sûreté et sans qu’elles aient besoin de réflexion, ce n’est que parce qu’elles ont été élevées avec beaucoup de jugement et de réflexion ; elles tombent dans une erreur semblable à celle que commettrait un habile musicien qui aurait oublié les leçons qu’il aurait reçues, et qui s’imaginerait que les doigts et l’ouïe de l’homme sont naturellement habiles à exécuter et à juger de la musique. [^10]: La contradiction entre les deux systèmes est plus apparente que réelle. Je ferai voir plus loin que ce n’est qu’une dispute de mots. [^11]: Heinneccius, récit. lib. 1, tit. 2, § 40. [^12]: Delvincourt, Instit. de droit civil, titre préliminaire. [^13]: Esprit des lois, livre I, ch. 3. [^14]: Lois civiles, ch. II, § 6. [^15]: Esprit des lois, liv. 26, ch. 4. [^16]: Esprit des lois, liv. 1, ch. 2. [^17]: Ibid. [^18]: Les jurisconsultes considèrent les lois naturelles comme étant éternelles et immuables, et les lois positives comme temporaires et révocables à volonté ; mais cela ne les empêche pas de faire résulter une loi naturelle d’une loi positive. L’esclavage domestique, par exemple, ne peut exister qu’en vertu d’une loi positive ; il est condamné par la loi naturelle. (L. 4 Dig. de just. et jur. * L. 32*, Dig. de reg. jur*.) Cependant ce sont les lois de la nature qui sanctionnent les obligations des affranchis envers leurs patrons : Naturâ enim opera patrono libertus debet. Dig. lib. 12, tit. 6, l. 26, §. 2. [^19]: Essai sur l’entendement humain, liv. I, ch. 2. [^20]: Histoire et description générale du Japon, par Charlevoix, liv. préliminaire, ch. 2 et 9, et supplément ch. 8. [^21]: Voyez l’Essai sur l’entendement humain, liv. 1, ch. 2, §. 9. [^22]: Traité de législation civile et pénale, tome I, ch. 13, n. 10. [^23]: Traité de législation civile et pénale, ch. 13, n. 10, t. 1, p. 137. [^24]: Delvincourt, Institutes du droit civil français, tome I, p. 2 et 3. — Ce jurisconsulte aurait dû nous expliquer ce qu’il entend par le passé relativement à des lois qui, suivant lui, sont éternelles. [^25]: Traité de législation civile et pénale, ch. 13, n. 10, t. I, pag. 133-136. [^26]: M. Bentham, en considérant les peines et les plaisirs comme sanctions des lois, divise les biens et les maux en quatre classes : physiques, moraux, politiques, religieux. Il dit ensuite que les peines et les plaisirs qu’on peut éprouver ou attendre dans le cours ordinaire de la nature, agissant par elles-mêmes sans intervention de la part des hommes, composent la sanction physique ou naturelle. Mais comment n’a-t-il pas conclu de l’existence de la sanction qui agit sans intervention de la part des hommes, et qu’il nomme naturelle, l’existence même de la loi ? On aperçoit encore ici l’erreur, qui consiste à ne considérer comme naturel rien de ce qui est le résultat de l’ordre social. Voyez les Traités de législation civile et pénale, t. I, ch. 7, p. 46-47. [^27]: Le mensonge et l’erreur sont les seuls moyens qui puissent produire un tel effet. [^28]: De toutes les puissances, la plus naturelle, la plus incontestable et la plus bienfaisante, est celle d’un père sur ses enfants : celle-là du moins n’est le résultat ni de la violence ni de l’usurpation, ni de la fraude ; on peut en dire autant de la puissance du mari sur sa femme. Il est remarquable cependant qu’en reconnaissant et en consacrant ces deux puissances, les législateurs ne les ont pas considérées comme des droits * ; cela résulte du titre même des lois où il en est question. La conversion de l’autorité des magistrats en droits, * est le signe le plus infaillible de la tyrannie : c’est le caractère auquel on peut reconnaître qu’un peuple est considéré comme une possession. [^29]: Certains philosophes s’accordent avec quelques hommes qui poussent jusqu’à la manie l’amour du despotisme, à faire intervenir la religion dans la formation des lois ; ils diffèrent en un seul point : ceux-ci veulent que les lois protègent Dieu * et qu’elles en soient protégées à leur tour ; ceux-là veulent qu’elles soient l’expression de la volonté des dieux, ou qu’elles soient sanctionnées par eux. Suivant Raynal, les lois pénales tombent en désuétude, à moins que le code ne soit sous la sanction des dieux. Pourquoi des dieux * ? Les écrivains qui veulent faire du mensonge le fondement de la morale et de la législation, emploieraient-ils le pluriel de peur de passer pour des hommes crédules s’ils employaient le singulier ? Penseraient-ils que, la religion chrétienne ne faisant plus de miracles, il faut en faire faire par les dieux d’Homère et de Virgile ? [^30]: Contrat social, liv. 1, ch. 8 et 9. [^31]: Ibid. liv. 2, ch. 6. [^32]: Contrat social, liv. 1, ch. 6. [^33]: Contrat social, liv. 1, ch. 3. [^34]: Contrat social, liv. 2, ch. 3. [^35]: Ibid. ch. 6. [^36]: On a souvent comparé un peuple à un individu ; on a parlé en conséquence de son enfance, de sa jeunesse, de sa maturité, de sa vieillesse, et même de sa taille, et l’on a gravement raisonné sur ces mots comme s’ils représentaient quelque chose. Ce n’est pas là le moins absurde des systèmes. [^37]: Contrat social, livre 2, ch. 8. [^38]: Ibid, liv. 2, ch. 2, note. [^39]: Contrat social, liv. 4, ch. 2. [^40]: Contrat social, liv. 2, ch. 1. [^41]: Contrat social, liv. 4, ch. 2. [^42]: Contrat social, liv. 1, ch. 4, 8, et 9. [^43]: Contrat social, liv. 1, ch. 7. [^44]: Ibid, liv. 2, ch. 5. [^45]: Contrat social, liv. 2, ch. 6. [^46]: Rousseau aurait-il pensé que, sous les gouvernements asiatiques, les lois sont l’expression de la volonté générale * ? On pourrait être tenté de le croire, si on en jugeait par l’admiration qu’il a manifestée pour les Turcs dans plusieurs parties de ses ouvrages, et surtout par ce qu’il dit à la fin du chapitre Ier du livre 2 du Contrat social. « Ce n’est point, dit-il, que les ordres des chefs ne puissent passer pour des volontés générales, tant que le souverain libre de s’y opposer ne le fait pas. En pareil cas, du silence universel, on doit présumer le consentement du peuple. » D’où l’on peut conclure que, dans l’empire turc, les volontés du sultan sont l’expression de la volonté générale * jusqu’au jour où on l’étrangle. Il est vrai que, l’imprimerie étant inusitée en Turquie, il et difficile que des idées se répandent d’une manière assez régulière pour former ure volonté générale. Mais l’imprimerie n’est point nécessaire pour cela, et le gouvernement turc, qui en a défendu l’usage, a rendu service aux mœurs et à la liberté. Ainsi du moins le pensait Rousseau. [^47]: Contrat social, liv. 2, ch. 6, 7 et 8. [^48]: On verra plus loin ce qui arrive lorsque les législateurs s’avisent de régler les devoirs moraux des membres de la société. [^49]: Th. Raynal pensait, à cet égard, comme Rousseau. [^50]: Quand Figen, empereur du Japon, voulut faire enseigner la morale dans ses états, les bonzes lui opposèrent une si forte résistance et en furent si irrités, que, pour ne pas être la victime de leur zèle sacré, il fut obligé d’abdiquer. Charlevoix, Histoire générale du Japon, livre préliminaire, ch. 9. [^51]: Voyez le Traité des garanties individuelles, par M. Daunou. [^52]: Un théologien célèbre, saint Augustin, a prétendu que les gouvernements ne s’étaient emparés de la religion que pour disposer plus facilement des peuples (de Civitate Dei, cap. 32) ; et il est certain, en effet, qu’il n’y a pas de despotisme plus terrible que celui d’un gouvernement qui a joint au pouvoir civil et militaire l’autorité religieuse. Mais ne peut-on pas dire des prêtres qui envahissent le pouvoir civil, ce que saint Augustin dit des chefs des gouvernements, qui se font un instrument de la religion ? Que le magistrat s’arroge l’autorité du prêtre, ou que le prêtre s’arroge l’autorité du magistrat, n’est-ce pas exactement la même chose pour le public ? Ne sont-ce pas toujours des hommes qui réunissent les deux pouvoirs dans leurs personnes ? [^53]: Jean-Jacques Rousseau admire beaucoup les législateurs qui ont fait de la religion la base de la morale et des lois. « Mahomet, dit-il, eut des vues très saines, il lia bien son système politique, et tant que la forme de son gouvernement subsista sous les califes ses successeurs, ce gouvernement fut exactement un, et bon en cela. » Ailleurs, il approuve la religion des Japonais ; la raison qu’il en donne est que « C’est une espèce de théocratie, dans laquelle on ne doit point avoir d’autre pontife que le prince, ni d’autres prêtres que les magistrats. Alors mourir pour son pays, c’est aller au martyre ; violer les lois, c’est être impie ; et soumettre un coupable à l’exécration publique, c’est le dévouer au courroux des dieux. » La religion chrétienne parait, au contraire, à Rousseau destructive de l’ordre social ; et, après en avoir fait le plus grand éloge, il cherche à prouver qu’elle est de toutes la plus mauvaise. Il résume ces observations en ces termes : « Mais je me trompe en disant une république chrétienne ; chacun de ces deux mots exclut l’autre. Le christianisme ne prêche que servitude et dépendance. Son esprit est trop favorable à la tyrannie, pour qu’elle n’en profite pas toujours. Les vrais chrétiens sont faits pour être esclaves ; ils le savent et ne s’en émeuvent guère : cette courte vie a trop peu de prix à leurs yeux. » Contrat social, liv. 4, ch. 8.
Pour compléter le parallèle qu’a fait Rousseau des diverses religions, il ne lui manquait plus que de prouver que les hommes avaient fait bien plus de progrès au Japon et dans l’empire de Mahomet, que chez les peuples chrétiens de France, d’Angleterre ou des États-Unis d’Amérique. S’il eût entrepris de prouver que les arts, les sciences, le commerce, les mœurs et les lois, étaient plus avancés chez les Japonais et chez les Turcs que chez aucun peuple chrétien, il n’eût manqué ni de raisons, ni d’admirateurs ; il eût trouvé bien plus de morale et de liberté à Constantinople qu’à Philadelphie.
Pour compléter le parallèle qu’a fait Rousseau des diverses religions, il ne lui manquait plus que de prouver que les hommes avaient fait bien plus de progrès au Japon et dans l’empire de Mahomet, que chez les peuples chrétiens de France, d’Angleterre ou des États-Unis d’Amérique. S’il eût entrepris de prouver que les arts, les sciences, le commerce, les mœurs et les lois, étaient plus avancés chez les Japonais et chez les Turcs que chez aucun peuple chrétien, il n’eût manqué ni de raisons, ni d’admirateurs ; il eût trouvé bien plus de morale et de liberté à Constantinople qu’à Philadelphie. [^54]: Bentham. (B. M.) [^55]: On reconnaît volontiers, au moins en paroles, que le bien public * ou * l’utilité générale doit être le résultat de la législation ; mais chacun entend par bien public ou par utilité générale, l’utilité ou le bien exclusif de la nation dont il fait partie. Un Anglais, par exemple, dira, de très bonne foi, que les ministres de son roi, avant de proposer une loi au parlement, doivent calculer les biens et les maux qui en résulteront pour la nation anglaise, et se déterminer pour le parti qui produira le plus de bien ; mais, fut-il président d’une société biblique, il se moquera de vous, si vous lui dites que ses ministres doivent faire entrer dans leurs calculs les biens et les maux que la même loi produira pour les autres nations. Demandez-lui cependant pourquoi les ministres *doivent * consulter autre chose que leur intérêt personnel et immédiat, ou pourquoi ils ne doivent pas consulter l’intérêt de tous les hommes en général ? Il ne saura que répondre, à moins d’avoir recours au contrat social, à des *conventions primitives, * ou à d’autres absurdités de ce genre. Ainsi, même lorsqu’on admet le principe de l’utilité générale comme base de la législation, on d’entend qu’une utilité privée relativement au genre humain ; d’où il résulte que la morale n’a point de base, et que tout se réduit à savoir quel est le plus fort dans un moment donné. J’ai cité de préférence un Anglais, parce que c’est un des peuples qui raisonnent le mieux sur la législation ; mais j’aurais pu tout aussi-bien prendre mon exemple en France ou même en Amérique. [^56]: Il suit évidemment de là que la législation et la morale ne peuvent faire des progrès durables et assurés, que par une grande diffusion de lumières, et par l’action générale du genre humain sur les individus ou sur les collections d’individus qui cherchent leur bien particulier dans les maux du grand nombre, et qui se sentent dispensés à demander pourquoi le bonheur public *doit * être l’objet du législateur. Je me trouve ici en opposition avec un écrivain dont on peut ne pas partager toujours les opinions, mais dont on ne saurait du moins contester ni l’esprit, ni les talents, ni la persévérance à défendre la liberté : c’est M. Benjamin Constant. Voici comment il s’exprime :
« Depuis que les hommes d’État de l’Europe ont adopté pour maxime que toute amélioration doit venir du pouvoir seul, être accordée exclusivement par lui, et n’être accordée que lorsque les peuples n’ont fait aucune tentative pour imposer des conditions ou tracer des limites à l’autorité, personne, ce semble, ne doit intervenir dans ce qui touche au gouvernement ; personne ne le peut sans affronter des périls inutiles, et, ce qui est plus grave, sans appeler sur sa tête une responsabilité morale qui me paraît un trop lourd fardeau.
« En effet, n’est-il pas incontestable qu’en démontrant l’existence d’un abus, la nécessité d’une réforme, on s’expose à en faire naître le désir dans l’esprit d’une multitude qui souffre de cet abus, ou qui gagnerait à cette reforme ? Et qui peut prévoir le résultat d’un désir né de la conviction, et devenu plus ardent par les obstacles mêmes ? Mais si ce désir entraîne les nations à des réclamations trop hardies, ou à des actes irréguliers, il s’ensuivra qu’elles seront privées pour un temps beaucoup plus long des biens qu’elles sollicitent. C’est à ce triste résultat que je ne veux contribuer d’aucune manière.
« Je ne m’exagère point l’influence qu’exercent les écrivains : je ne la crois point aussi étendue que les gouvernements la supposent ; mais cette influence existe pourtant. C’est à elle qu’on a dû l’abolition des rigueurs religieuses, la suppression des entraves du commerce, l’interdiction de la traite des noirs, et beaucoup d’améliorations de divers genres.
« Dans tout autre temps cette conviction, eût ajouté au courage, elle arrête maintenant la conscience. Il est établi que d’en haut seulement doit venir la lumière. Les vœux que celle qui viendrait d’en has suggérerait aux peuples seraient une raison pour que l’accomplissement de ces vœux fut indéfiniment ajourné, pour peu que leur manifestation fut imprudente.
« Je me tairai donc sur la politique. Le pouvoir a réclamé pour lui seul la totalité de nos destinées » Commentaires sur l’ouvrage de Filangieri, par M. Benjamin Constant, II° partie, ch. Ier.
Ce qu’il y a de plus remarquable dans les opinions de M. Benjamin Constant sur le sujet qui nous occupe, c’est qu’après avoir démontré la nécessité de ne point éclairer le public de peur qu’il ne manifeste imprudemment le désir d’obtenir de bonnes institutions, l’auteur démontre la nécessité de donner de l’énergie au sentiment religieux, afin que la cause de la liberté ne manque pas de martyrs ; d’où l’on pourrait conclure que le fanatisme dépourvu de lumières, est ce qu’il y a au monde de plus propre pour réformer de mauvaises lois ou pour en établir de bonnes. Voy. la préface de l’ouvrage intitulé : De la Religion.
« Depuis que les hommes d’État de l’Europe ont adopté pour maxime que toute amélioration doit venir du pouvoir seul, être accordée exclusivement par lui, et n’être accordée que lorsque les peuples n’ont fait aucune tentative pour imposer des conditions ou tracer des limites à l’autorité, personne, ce semble, ne doit intervenir dans ce qui touche au gouvernement ; personne ne le peut sans affronter des périls inutiles, et, ce qui est plus grave, sans appeler sur sa tête une responsabilité morale qui me paraît un trop lourd fardeau.
« En effet, n’est-il pas incontestable qu’en démontrant l’existence d’un abus, la nécessité d’une réforme, on s’expose à en faire naître le désir dans l’esprit d’une multitude qui souffre de cet abus, ou qui gagnerait à cette reforme ? Et qui peut prévoir le résultat d’un désir né de la conviction, et devenu plus ardent par les obstacles mêmes ? Mais si ce désir entraîne les nations à des réclamations trop hardies, ou à des actes irréguliers, il s’ensuivra qu’elles seront privées pour un temps beaucoup plus long des biens qu’elles sollicitent. C’est à ce triste résultat que je ne veux contribuer d’aucune manière.
« Je ne m’exagère point l’influence qu’exercent les écrivains : je ne la crois point aussi étendue que les gouvernements la supposent ; mais cette influence existe pourtant. C’est à elle qu’on a dû l’abolition des rigueurs religieuses, la suppression des entraves du commerce, l’interdiction de la traite des noirs, et beaucoup d’améliorations de divers genres.
« Dans tout autre temps cette conviction, eût ajouté au courage, elle arrête maintenant la conscience. Il est établi que d’en haut seulement doit venir la lumière. Les vœux que celle qui viendrait d’en has suggérerait aux peuples seraient une raison pour que l’accomplissement de ces vœux fut indéfiniment ajourné, pour peu que leur manifestation fut imprudente.
« Je me tairai donc sur la politique. Le pouvoir a réclamé pour lui seul la totalité de nos destinées » Commentaires sur l’ouvrage de Filangieri, par M. Benjamin Constant, II° partie, ch. Ier.
Ce qu’il y a de plus remarquable dans les opinions de M. Benjamin Constant sur le sujet qui nous occupe, c’est qu’après avoir démontré la nécessité de ne point éclairer le public de peur qu’il ne manifeste imprudemment le désir d’obtenir de bonnes institutions, l’auteur démontre la nécessité de donner de l’énergie au sentiment religieux, afin que la cause de la liberté ne manque pas de martyrs ; d’où l’on pourrait conclure que le fanatisme dépourvu de lumières, est ce qu’il y a au monde de plus propre pour réformer de mauvaises lois ou pour en établir de bonnes. Voy. la préface de l’ouvrage intitulé : De la Religion. [^57]: La Politique d’Aristote, liv. 3, chap. 4, § 7, et chap. 5, §§ 1 et 4. [^58]: Cic. de Off., lib. I, c. 25. [^59]: Voici les propres expressions de Grotius : « Sed sicut cujusque civitatis jura utilitatem suæ civitatis respiciunt, ita inter civitates aut omnes aut plerasque ex consensu jura quædam nasci potuerunt, et nata apparet, quæ utilitatem respicerent non cætrum singulorum, sed magnæ illius universilatis. » De jure pacis ac belli, prolegomena, pag. 2 et 3 de l’édition d’Amsterdam de 1660. [^60]: Wolff, Instit jur. nat. et gent., § 12. — Vattel a adopté les principes de Wolff dans ses Questions de droit naturel. [^61]: *Fundamenta jurisprudentiæ naturalis, * § 19, p. 5. [^62]: La Politique, liv. 3, chap. 7, § 267. [^63]: Fundamenta jurisprudentiæ naturalis, §. 1. 267. [^64]: Les hommes mêmes qui ont établi les systèmes les plus funestes ont eu ou ont dit avoir pour but l’utilité. Hobbes ne cherche à établir le despotisme qu’en se fondant sur ce principe. J.-J. Rousseau, dans son Contrat Social, dit, en commençant son système, qu’il tâchera d’allier toujours dans ses recherches ce que le droit permet avec ce que l’intérêt prescrit, afin que la justice et l’utilité * ne se trouvent point divisées. Enfin, il n’y a pas jusqu’à ceux qui ont combattu le principe de l’utilité et de l’intérêt bien entendu, qui n’aient pris ce principe pour base de leurs raisonnements ; ils ont voulu remplacer le système de l’utilité par un système plus utile, et substituer à l’intérêt bien entendu * un intérêt mieux entendu. * C’est à cela que se réduit tout le système de M. Benjamin Constant sur le sentiment religieux. [^65]: L’objection dont je parle ici, n’est pas une vaine supposition. Discutant un jour avec un de mes amis sur le fondement des lois et de la morale, je prétendais qu’il n’y avait pas de fondement plus solide que celui que M. Bentham a si bien développé : l’utilité générale. Ce principe, me répondit-il, est bon pour nous qui nous croyons soumis à des devoirs ; mais comment prouverons-nous à des législateurs qui se moquent du public, et qui ne croient pas à l’enfer, que le bonheur public doit être leur objet, ou que l’utilité générale doit être le principe de leurs raisonnements ? Pour des hommes semblables, le mot devoir a-t-il une signification ? Cette objection faite par un homme d’un sens profond et d’un sentiment moral très délicat, me laissa, je l’avoue, sans réponse. Il a fallu у réfléchir longtemps pour me convaincre qu’une vaste diffusion de lumières est le seul moyen de faire faire à la législation et même à la morale des progrès assurés. Il faut que les peuples deviennent assez éclairés, pour que les hommes investis du pouvoir, qui mettent des intérêts individuels au-dessus de l’utilité générale, et qui ne croient pas à un autre monde, trouvent au moins leur enfer dans celui-ci. [^66]: Quelquefois on considère les lois suivant lesquelles un peuple existe et se perpétue, comme étant des conséquences ou des développements d’un acte établi par un prince ou par une assemblée. On dit alors que cet acte, auquel on donne le nom de charte ou de constitution, est une loi fondamentale qui sert de base à l’ordre social tout entier, et à laquelle ou ne peut porter atteinte sans que la société tombe en ruine. On dirait qu’il en est des peuples comme de ces édifices construits aux frais du public, dont certains magistrats prétendent poser la première pierre, par la raison qu’ils regardent faire les maçons. Il est vrai que ces lois fondamentales * et éternelles sont fort souvent détruites sans que les peuples s’en trouvent plus mal ; quelquefois même ils en sont beaucoup mieux.
« La loi fondamentale de tout pays, dit Voltaire, est qu’on sème du blé, si l’on veut avoir du pain ; qu’on cultive le lin ou le chanvre, si l’on veut avoir de la toile ; que chacun soit le maître de son champ, soit que ce champ appartienne à un garçon ou à une fille ; que le Gaulois demi-barbare tue tout autant de Francs, entièrement barbares, qui viendront des bords du Mein, pour s’emparer de ce champ qu’ils ne savent pas cultiver, ravir ses moissons et ses troupeaux, sans quoi le Gaulois deviendra serf du Franc, ou sera assassiné par lui.
« C’est sur ce fondement que porte l’édifice. L’un bâtit son fondement sur un roc, et la maison dure ; l’autre sur du sable, et elle s’écroule. » Dictionnaire philosophique. LOI SALIQUE.
« La loi fondamentale de tout pays, dit Voltaire, est qu’on sème du blé, si l’on veut avoir du pain ; qu’on cultive le lin ou le chanvre, si l’on veut avoir de la toile ; que chacun soit le maître de son champ, soit que ce champ appartienne à un garçon ou à une fille ; que le Gaulois demi-barbare tue tout autant de Francs, entièrement barbares, qui viendront des bords du Mein, pour s’emparer de ce champ qu’ils ne savent pas cultiver, ravir ses moissons et ses troupeaux, sans quoi le Gaulois deviendra serf du Franc, ou sera assassiné par lui.
« C’est sur ce fondement que porte l’édifice. L’un bâtit son fondement sur un roc, et la maison dure ; l’autre sur du sable, et elle s’écroule. » Dictionnaire philosophique. LOI SALIQUE. [^67]: Nous sommes si disposés à étendre notre existence, en nous reportant à une époque où nous n’existions pas encore, ou à une époque à laquelle nous aurons, depuis longtemps, cessé d’exister, que nous considérons souvent comme nous étant personnelles les actions honorables qui ont appartenu à nos ancêtres, ou que nous supposons devoir être exécutées par nos descendants. Nous parlons des victoires que nous avons remportées il y a des siècles, sur nos ennemis, des trahisons ou des cruautés qu’ils avaient commises contre nous, comme si ces peuples existaient encore, comme si notre existence individuelle avait trois ou quatre siècles de durée. C’est par une suite de ce sentiment que les vengeances se transmettent de génération à génération, chez les peuples barbares, et que, chez les peuples civilisés, nous voyons des hommes si ridiculement vains de ce qui a été fait, dit ou écrit, il y a plusieurs siècles, par d’autres que par eux. C’est ce ridicule qu’a si bien exprimé Shakespeare dans une de ses meilleures comédies. Abraham Slender, énumérant les titres de son cousin Robert Shallow : « Esquire, in the county of Gloster, justice of peace, and coram » ajoute : « And a gentleman born, who writes himself*, armigero, * in any bill, warrant, quittance or obligation, armigero. »
À quoi Shallow répond : « Ay, that we do, and have done any time those three hundred years. » (The Merry Wives of Windsor.)
C’est sur une illusion de ce genre, qu’est fondé tout l’orgueil nobiliaire.
À quoi Shallow répond : « Ay, that we do, and have done any time those three hundred years. » (The Merry Wives of Windsor.)
C’est sur une illusion de ce genre, qu’est fondé tout l’orgueil nobiliaire. [^68]: Les jurisconsultes ont distingué deux sortes de lois : les lois écrites et les lois non écrites. Ils se seraient exprimés d’une manière plus juste, s’ils avaient dit que les peuples ont des lois non décrites et des lois dont on a fait la description. En considérant les codes comme de simples descriptions, on aurait compris que, pour transporter les lois d’une nation chez une autre, il ne suffisait pas d’y transporter ou d’y faire réimprimer un livre. La facilité avec laquelle les peuples d’Europe se sont appropriés le code de Justinien, me fait croire que la plupart de ces lois existaient déjà, et qu’on avait besoin seulement qu’elles fussent bien décrites. L’état de barbarie dans lequel étaient alors la plupart des langues modernes, et la clarté, la précision et même l’élégance avec laquelle les jurisconsultes romains décrivaient les faits qui se passaient sous leurs yeux, suffiraient pour expliquer l’admiration que leurs décisions excitèrent, et qu’elles inspirent encore à ceux qui les étudient. J’aurai occasion de démontrer ailleurs que les peuples d’Europe n’adoptèrent pas de lois nouvelles, en s’emparant du recueil publié par ordre de Justinien, et que ce recueil n’obtint un si grand succès, que parce qu’il renfermait une description exacte de ce qui se passait dans la société, et qu’il fournissait le moyen de satisfaire des besoins préexistants. Les jurisconsultes romains avaient décrit les actes de la vie civile, comme Hippocrate les symptômes des maladies ; et ce qui a fait le succès du dernier a fait le succès des premiers : l’exactitude des descriptions, la justesse des observations. [^69]: C’est faute d’avoir compris cela que les peuples ont vu quelquefois des garanties dans des promesses dont rien n’assurait l’exécution, pas même la bonne foi des promettants. Qu’un gouvernement, par exemple, dise à un peuple, Je garantis à chacun la liberté de publier ses opinions ; cela constituera-t-il une garantie contre lui-même ou contre les exécuteurs de ses volontés ? Non assurément, puisque la garantie sera inutile tant qu’il ne la rendra pas lui-même nécessaire, et qu’on ne la trouvera plus, aussitôt qu’on en sentira le besoin. Suivant Hume, les rois d’Angleterre ont confirmé la grande charte trente fois. Que de temps et de violences il a fallu à la nation anglaise, pour lui faire comprendre que des déclarations, des confirmations, des promesses et même des serments ne sont absolument rien, aussi longtemps qu’il n’existe pas dans la société une puissance indépendante qui ait le désir et la force de les faire respecter par ceux qui en sont les auteurs ! [^70]: L’action qu’exercent les peuples sur eux-mêmes par l’intermédiaire de leur gouvernement, et qui constitue un des éléments de la loi, est celle que les mauvais gouvernements subissent avec le plus d’impatience. Il n’y a pas un individu, vivant ou aspirant à vivre aux dépens du public, qui ne considère comme une calamité, et presque comme un crime, toute tentative par laquelle une nation cherche à agir sur sa propre destinée, en agissant sur les idées ou sur les passions de ceux qui la gouvernent. [^71]: Voyez Montesquieu, Esprit des lois. [^72]: Des révolutions de ce genre, dont on a vu des exemples dans quelques pays, ne sont guère possibles dans un pays libre où tous les magistrats sont élus par le peuple, comme aux États-Unis d’Amérique. [^73]: Les esprits même les plus judicieux, les plus exempts de préjugés, n’ont pas toujours évité l’erreur qui consiste à prendre la description pour la chose décrite. « Londres n’est devenue digne d’être habitée, dit Voltaire, que depuis qu’elle fut réduite en cendres. Les rues, depuis cette époque, furent élargies et alignées : Londres fut une ville pour avoir été brulée*. Voulez-vous avoir de bonnes lois ? Brûlez les vôtres et faites-en de nouvelles. * » Diction. philosoph. V° Loi Salique.
C’est comme si l’un disait à un homme qui se plaindrait de sa laideur : Voulez-vous avoir une belle figure ? Brûlez votre portrait et faites-en faire un autre. On peut brûler des livres ; mais on ne peut pas plus brûler les lois d’un peuple, qu’on ne peut brûler ses passions, ses erreurs, ses préjuges, et les diverses classes de la population qui maintiennent les autres dans l’état où elles se trouvent. Avant le règne de Charles VII, aucune des nombreuses lois coutumières suivant lesquelles la France se régissait, n’avait encore été décrite. Si un philosophe avait dit aux peuples qui existaient alors,* vos lois sont mauvaises, jetez-les au feu*, ils auraient eu de la peine à comprendre comment il était possible de brûler des lois.
C’est comme si l’un disait à un homme qui se plaindrait de sa laideur : Voulez-vous avoir une belle figure ? Brûlez votre portrait et faites-en faire un autre. On peut brûler des livres ; mais on ne peut pas plus brûler les lois d’un peuple, qu’on ne peut brûler ses passions, ses erreurs, ses préjuges, et les diverses classes de la population qui maintiennent les autres dans l’état où elles se trouvent. Avant le règne de Charles VII, aucune des nombreuses lois coutumières suivant lesquelles la France se régissait, n’avait encore été décrite. Si un philosophe avait dit aux peuples qui existaient alors,* vos lois sont mauvaises, jetez-les au feu*, ils auraient eu de la peine à comprendre comment il était possible de brûler des lois. [^74]: Lorsque la cour de Cassation fut établie, la France n’était pas encore régie par une législation uniforme, et il fut ordonné que, dans cette cour, il у aurait des juges pris dans toutes les cours d’appel. Mais alors toutes les coutumes avaient été déjà décrites ; il existait un grand nombre de lois générales, et la France touchait au moment où elle allait être soumise à une législation uniforme. [^75]: Il est assez commun aux philosophes de décrire des lois imaginaires, et de les présenter ensuite aux nations sous le nom de constitutions ou de codes : c’est ainsi que nous avons eu des républiques, des monarchies constitutionnelles, etc. Il est douteux si les maux qu’ont produit ces codes imaginaires, n’ont pas excédé les biens qui en sont résultés. [^76]: Si une loi est conforme à l’intérêt du genre humain, il suffira sans doute pour bien l’entendre de connaître et de consulter cet intérêt ; mais si elle a été faite dans la vue de favoriser quelques individus aux dépens du public, si elle est oppressive ou tyrannique, comment peut-on espérer de bien l’entendre et de bien l’exécuter, si l’on ne recherche pas l’esprit ou la pensée du législateur ? Cette objection est fondée ; mais il reste à démontrer qu’il est du devoir des peuples de bien entendre des lois tyranniques, et de les appliquer dans l’esprit qui les a dictées ; il reste à démontrer que les hommes sont obligés, en conscience, de conformer leur conduite aux idées d’un despote ou d’un esprit faux, même lorsqu’ils ont la puissance de se conduire autrement. Si une loi est bonne, on l’entendra bien en consultant l’intérêt public ; si elle a été faite dans de mauvais desseins, il faut encore consulter l’intérêt public, car il est bon qu’elle soit détruite. Dans tous les cas, la pensée du législateur est hors de la question. [^77]: Un homme qui est agité de passions malfaisantes, est un homme qui souffre, parce que de telles passions engendrent la douleur ; mais il ne s’ensuit pas qu’un homme qui souffre, soit toujours agité de passions malfaisantes. On dit souvent d’un homme pauvre, *c’est un misérable * ; mais on ne dirait pas d’un homme qui est misérable : c’est un homme pervers. [^78]: Si nous n’avons pas la même sympathie pour un individu qui éprouve un plaisir ou une peine physique, que pour celui qui éprouve une jouissance ou une peine morale, il est aisé de voir les motifs de la différence. Un plaisir physique ne peut se répandre hors de l’individu qui l’éprouve ; on peut se procurer des plaisirs de ce genre, non seulement sans que personne en soit plus heureux, mais en faisant le malheur d’un grand nombre d’individus. Mais une jouissance morale ne peut, en général, exister qu’autant que plusieurs personnes sont heureuses en même temps, il faut, pour qu’elle soit réelle, qu’elle soit produite par des affections bienveillantes, par celles qui engendrent des plaisirs pour d’autres personnes. Les peines et les jouissances morales sont plus sociales, et appartiennent plus spécialement à l’homme ; les jouissances physiques tendent plus à l’isolement : elles peuvent être le partage des animaux les plus solitaires et les plus grossiers. [^79]: Diderot, Vie de Sénèque. [^80]: Jérémie Bentham, Traité de législation. [^81]: Denys d’Halicarnasse, liv. 6, § 62. [^82]: Lorsque le sénat envoya des députés à Marcius pour l’exhorter à ne pas faire la guerre à Rome, ces députés le menacèrent d’égorger à ses yeux sa mère, sa femme et ses deux enfants. « Si vous assiégez nos remparts, lui dirent-ils, on n’épargnera personne de votre famille ; il n’y aura point d’opprobre et de supplice par où on ne les fasse passer. » Denys d’Halicarnasse, liv. 8, § 28.
Lorsque Cassius fut mis à mort comme ayant aspiré à la tyrannie, ses biens furent confisqués, sa maison rasée, et il fallut un décret particulier du sénat pour exempter du supplice ses jeunes enfants ; jusqu’à cette époque, on avait égorgé les enfants toutes les fois que les pères avaient été trouvés coupables. Denys d’Halicarnasse, liv. 8, § 80.
Lorsque Cassius fut mis à mort comme ayant aspiré à la tyrannie, ses biens furent confisqués, sa maison rasée, et il fallut un décret particulier du sénat pour exempter du supplice ses jeunes enfants ; jusqu’à cette époque, on avait égorgé les enfants toutes les fois que les pères avaient été trouvés coupables. Denys d’Halicarnasse, liv. 8, § 80. [^83]: Volney. [^84]: Plutarque, Vie de Coriolan. [^85]: J’exposerai ailleurs la nature, les causes et les effets de l’esclavage, chez les anciens et chez les modernes. [^86]: Plutarque, Vies de Marius et de Sylla. [^87]: Plutarque, Vies de Caton le censeur et de Flaminius. [^88]: Plutarque, Vies de Publicola et de Cicéron. — Voyez les Vies de Marius, de Sylla, de César, de Pompée, d’Antoine, de Cicéron et de Caton d’Utique. [^89]: Les stoïciens avaient, pour inspirer le mépris des richesses, une raison que je n’ai pas développée ici, c’est qu’elles exposaient le possesseur à être proscrit, et le tenaient dans un état d’alarmes continuel. Quand Sénèque suppliait Néron de reprendre les riches présents qu’il lui avait faits, il lui demandait, en termes polis, de lui rendre la sécurité dont il l’avait privé. [^90]: On peut voir le système de morale des stoïciens dans la théorie des sentiments moraux d’Adam Smith. — Cette doctrine est exactement la même que celle de M. Bentham. [^91]: Si l’on avait toujours jugé les actions humaines par les effets qu’elles produisent, se serait-on jamais avisé de dire que c’est l’opinion des peuples qui rend leurs actions vertueuses ou vicieuses ? Un philosophe eût-il jamais écrit le passage que voici : « Peut-on trouver nulle part des nuances intermédiaires entre la fidélité conjugale, imposée par nos mœurs, et la prostitution honorée chez les peuplades disséminées sur le grand Océan ? Il est donc des vertus et des vices, comme il est une beauté et une laideur, de localité et de convention : changez de latitude, la laideur se change en beauté, le vice est changé en vertu » ? Fleurieu, Voyage du capitaine Marchand, t. 1, ch. 3, p. 238.
Les lois de la morale ne sont pas plus arbitraires que les lois du monde physique ; mais on peut ignorer les premières comme les secondes, et l’ignorance n’en suspend pas les effets.
Les lois de la morale ne sont pas plus arbitraires que les lois du monde physique ; mais on peut ignorer les premières comme les secondes, et l’ignorance n’en suspend pas les effets. [^92]: Le système qui suppose que tout le bien et tout le mal qui arrivent dans la société sont produits par l’action du gouvernement, est au fond le même que celui de Hobbes ; il n’en diffère qu’en un seul point ; Hobbes suppose qu’un individu qui commande va toujours droit, et que la population va toujours de travers ; dans le système où l’on prétend que tout le bien se fait par le gouvernement, on place dans une assemblée ou dans un conseil le privilège que Hobbes place dans un individu ; mais, dans l’un comme dans l’autre, le genre humain est considéré sous le même point de vue. [^93]: Un législateur de l’antiquité jugea qu’il ne devait pas faire de lois pour réprimer le parricide. Nos gouvernements ont été plus prévoyants, et sans doute ils ont eu raison. Je ne suis pas très convaincu cependant que leur imprévoyance à cet égard et à quelques autres, eût beaucoup plus troublé la sécurité publique parmi nous, que ne la troubla chez les Athéniens l’imprévoyance de Solon. [^94]: Macartney, Voyage en Chine et en Tartarie, t. 2, сh. 4, p. 378. — Barrow, Voyage en Chine, t. 3, ch. 13, p. 94 et 95. [^95]: Macartney, Voyage en Chine et en Tartarie, t. 4, ch. 3, p. 209. [^96]: Barrow, Voyage en Chine, t. 1, ch. 4, p. 283 et 286. [^97]: Id. p. 295. [^98]: Barrow, Voyage en Chine, t. 1, ch. 2, p. 126 et 127, et ch. 4, p. 286 et 287 ; t. 3, p. 280. — Macartney, t. 3, ch. 4, p. 299 et 329. [^99]: Lorsque l’on compare le nombre des enfants qui sont abandonnés par leurs parents dans les États de l’Europe, et particulièrement dans les grandes villes, au nombre de ceux qui sont abandonnés dans l’empire de la Chine, et que l’on prend, en même temps, en considération les différences de population et de richesse, on est surpris de trouver, sous ce rapport, un immense avantage en faveur des mœurs chinoises. On croirait que nombre des enfants exposés annuellement dans une ville de trois millions d’habitants est beaucoup plus grand que ne le disent les voyageurs, s’ils ne nous apprenaient pas que tous ces enfants sont portés dans un même lieu ; que les missionnaires jésuites s’y rendent tous les matins pour administrer le baptême à ceux qui respirent encore, ou pour les conserver, et que c’est de ces missionnaires eux-mêmes qu’ils tiennent les faits qu’ils rapportent. [^100]: Macartney, Voyage en Chine et en Tartarie, t. 2, chap. 4, p. 382. [^101]: Barrow, Voyage en Chine, t. 3, ch. 12, p. 56. [^102]: Id. t. 2, ch. 8, p. 194 et 195. — Macartney, Voy. en Chine et en Tartarie, t. 2, ch. 4, p. 318 et 319 ; et t. 3, ch. 4, p. 231. [^103]: Les voyageurs nous font des tableaux effrayants des effets que produit en Chine le défaut de tout acte de gouvernement, qui réprime l’infanticide et l’exposition des enfants, et qui oblige les parents à nourrir et à élever ceux auxquels ils donnent le jour. Mais lorsqu’on réduit à leur juste valeur les faits qu’ils rapportent, on tombe dans une surprise extrême en voyant combien est petite la somme de bien que peut produire à cet égard l’action du gouvernement, à laquelle on donne cependant exclusivement le nom de loi. Dans les États de l’Europe, où certes les gouvernements ne manquent ni d’activité ni de surveillance, où l’on décrète que les pères et mères nourriront leurs enfants, où l’on punit de mort l’infanticide, où l’on punit de peines qui ne sont guère moins sévères, les suppressions et les suppositions d’état, où l’on se vante de posséder une religion pure et une morale éclairée, il y a, toute proportion gardée, dix fois plus d’expositions ou d’infanticides qu’il n’y en a dans l’empire chinois où le gouvernement croit ne devoir jamais se placer entre les parents et leurs enfants pour mettre obstacle à l’action des premiers sur les seconds. Les Chinois auraient-ils désespéré de trouver, pour protéger les enfants, des magistrats plus attentifs, plus surveillants, plus affectionnés que les pères ? [^104]: Suétone, Vie de César, ch. 44. [^105]: Voltaire, Essai sur les mœurs, ch. 81 et 121, tom. 11, p. 233 et 484, édit. de Lefèvre. [^106]: Tomlins’ law dictionary, v° Luxury. [^107]: J. Barrow, Voyage en Chine, t. I, ch. 4, p. 250. [^108]: Voltaire, Essai sur les mœurs des nations, ch. 81. [^109]: Je ne donne pas à un tel règlement le nom de loi, par la raison qu’il ne peut produire le résultat désiré. [^110]: Plutarque, Vie de M. Caton, p. 404. [^111]: J. Barrow, Voyage en Chine, t. 1, ch. 4, p. 250*.* [^112]: Les gouvernements se sont tellement considérés comme les conservateurs du genre humain, qu’ils ont paru croire qu’il était nécessaire d’employer la force pour obliger les peuples à vivre et à se reproduire : ils ont fait des lois pour obliger les hommes à se marier, et à perpétuer ainsi leur espèce ; ils en ont fait ensuite pour déclarer que les pères et mères nourriraient leurs enfants, et pour les empêcher de les détruire ; ils en ont fait d’autres pour leur enjoindre de ne pas se ruiner en folles dépenses, et ne pas s’exposer à mourir de faim ; enfin ils en ont fait même pour leur enjoindre de supporter la vie, et de ne pas se laisser mourir volontairement. Il fallait que les peuples fussent bien misérables, puisque leurs gouvernants ou leurs maîtres croyaient avoir besoin d’employer une force artificielle pour les empêcher de se détruire eux-mêmes ; car je ne pense pas que les princes ou les ministres par lesquels ces lois ont été faites, jugeassent tous les hommes d’après eux-mêmes, et éprouvassent la tentation de renoncer à leur budget, d’étrangler leurs enfants, et de se pendre. [^113]: Je n’ai pas fait entrer dans le calcul des maux, les inconvénients inséparables de l’établissement de tout ordre judiciaire ; mais ces inconvénients dépendent de tant de circonstances, que je serais entraîné trop loin si je voulais les indiquer. On peut en juger, au reste, par ce que j’en ai dit précédemment, pages 445 et 446. [^114]: Je ne parle ici que de la conservation des biens dans la famille, et non de la distribution qui a lieu entre les membres dont elle se compose ; c’est un sujet que je traiterai ailleurs. [^115]: L’identité était si bien établie aux yeux des jurisconsultes romains, que la famille tout entière ne faisait en quelque sorte qu’un individu dont la volonté résidait dans la personne du père. Si le père mourait, ses enfants étaient considérées comme une continuation de lui-même. [^116]: Il est assez commun que les sophistes profitent de l’existence de ces deux genres d’inclinations pour recommander de grands scélérats à l’estime publique, ou pour flétrir les plus beaux caractères. Si un tyran ou quelques-uns de ses satellites laissent échapper une de ces lueurs qui annoncent qu’ils appartiennent encore à l’humanité ; si, après avoir plongé dans le deuil et la désolation des populations entières, ils donnent quelques faibles marques de bienveillance à un petit nombre d’individus qu’ils oublient l’instant qui suit ; si, après avoir réduit des nations à l’état de servitude le plus intolérable, ils donnent une ombre de liberté à quelqu’un de leurs esclaves, on oublie tous les crimes présents et passés, pour ne présenter aux yeux des peuples que ces actes d’une bienveillance extraordinaire. Mais aussi, si un homme qui a rendu à l’humanité les plus grands services, qui a répandu la lumière sur son siècle, ou qui n’a signalé sa vie que par des bienfaits, a le malheur de montrer un moment de faiblesse, de laisser échapper quelques mouvements de vanité, d’impatience ou de mauvaise humeur, cela suffit pour flétrir tout le bien qu’il a fait. On justifie les crimes des premiers par la supposition de bonnes intentions qu’ils n’ont pas eues ; on condamne les belles actions des seconds, en les attribuant à de mauvais motifs qui leur sont étrangers. [^117]: Vie de Caton. [^118]: En Angleterre, les lois prononcent encore des peines contre le suicide ; mais les jurés en éludent toujours l’application au moyen d’un mensonge : dans tous les cas, ils déclarent que la mort a été le résultat de la folie, insanity. Nous avons vu en France, sous le gouvernement impérial, des décrets qui punissaient la mutilation de soi-même, et l’expatriation : c’était une conséquence de l’esclavage. Un gouvernement est jugé, quand ses sujets croient de pouvoir se conserver que par la fuite ou par le sacrifice de leurs membres. [^119]: Une loi de Justinien voulait qu’une femme de mauvaise vie fût considérée comme n’ayant jamais failli, du moment qu’elle revenait à la vertu. Cod. lib. 5, tit. 4, 1. 23. [^120]: The Times, december 31, 1824. [^121]: Paris n’a qu’un hôpital où l’on reçoive les femmes qui ne peuvent ou ne veulent pas faire leurs couches chez elles : Londres en compte onze, et dans ces onze on reçoit annuellement quatre mille personnes, sans compter les secours qu’ils donnent à l’extérieur. Londres compte plus de quatre maisons où sont reçues les femmes que leur mauvaise conduite a jetées hors de la société : Magdalen hospital, London female penitentiary, the Asylum, Refuge for the destitute, sans compter beaucoup d’autres établissements dont l’effet moral ne vaut pas mieux. Plusieurs dispositions de la législation anglaise, dont j’aurai occasion de parler ailleurs, concourent à rendre encore plus certains les mauvais résultats de ces établissements. [^122]: Les conséquences de ces lois sont si étendues que je serai oblige d’en parler ailleurs. [^123]: Les Américains, par les honneurs qu’ils ont rendus à M. de Lafayette, ont fait plus pour leur indépendance, que s’ils avaient hérissé les États-Unis de places fortes. Quand une nation accorde des honneurs semblables aux hommes qui l’ont servie, et qu’elle transmet de génération en génération la mémoire des services qu’elle a reçus, on peut être assuré qu’elle ne manquera jamais d’hommes qui se dévouent à sa défense. [^124]: Des savants se sont divisés sur la question de savoir s’il faut désigner les peuples noirs, blancs, cuivrés ou basanés, sous le nom de races, de variétés ou d’espèces. Je ne résous point cette question, par des raisons que j’exposerai ailleurs ; mais comme je suis obligé de me servir d’une de ces dénominations, faute d’en trouver une qui laisse la question indécise, chaque lecteur peut substituer à celle que j’emploie telle autre qui lui conviendra mieux. [^125]: Voyez le tome I, liv. II, chap. I, p. 278 et suiv. [^126]: La misère ou la prospérité d’une partie de la population influe généralement sur le sort des autres parties ; mais il peut très bien arriver que certaines classes de la société vivent dans l’abondance, possèdent de riches ameublements, de belles maisons et des campagnes agréables, tandis que d’autres classes vivent dans la misère, sont mal vêtues, et habitent de misérables luttes. J’aurai occasion d’en faire voir plus d’un exemple. [^127]: Anderson, 3e voyage de Cook, liv. I, ch. VI, tom. I, p. 234 ; Cook, 2° voyage, liv. III, ch. I, tom. 5, p. 1 et 2. [^128]: Kolbe, Description du cap de Bonne-Espérance, tome I, ch. VI, et XVII, p. 83 et 368. [^129]: De Humboldt, Voyage aux rég. équinox. tome VI, liv. VII, ch. 19. p. 223, 324 et 331. [^130]: Robertson’s History of America. Voltaire, Dictionnaire philosophique, au mot Barbe. [^131]: Al. de Humboldt, Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, tome I, liv. II, ch. 6, p. 398. [^132]: Cuvier, Anatomie comparée, tome II, p. 6. [^133]: V. Denon, Voyage dans la basse et la haute Égypte, tome II, p. 20. [^134]: Rollin, Voyage de La Pérouse, tome IV, p. 89. [^135]: 12] C’est cette tendance qu’a chaque espèce à se considérer comme le type de la perfection, qui les a toutes déterminées à faire leurs dieux semblables à elles, et à se prosterner devant leurs propres images. Si les triangles faisaient un dieu, a dit un philosophe, ils lui donneraient trois côtés. Si je voulais prouver que, dans les théories que les peuples ont faites sur le beau, ils ont toujours pris pour modèle leur propre espèce, je serais obligé de m’écarter beaucoup de mon sujet. Je me bornerai à faire connaître les traits auxquels les indigènes du nord de l’Amérique reconnaissent la beauté : « Demandez à un Indien du Nord, dit Hearne, en quoi elle consiste ? Il vous répondra qu’une figure large et plate, de petits yeux, des joues creuses, trois ou quatre traits noirs à travers chacune d’elles, un front bas, un grand menton, un nez gros et recourbé, une peau basanée et une gorge pendante constituent la véritable beauté. » Voyage à l’Océan du Nord, ch. 4, p. 84.
Chez les nègres, le blanc est la couleur de la tristesse et du deuil ; c’est sous cette couleur qu’ils se figurent les esprits infernaux ; les esprits célestes et bienfaisants sont noirs comme eux. Nous jugeons autrement ; et la meilleure raison que nous puissions donner de notre jugement, c’est que nous sommes blancs.
Chez les nègres, le blanc est la couleur de la tristesse et du deuil ; c’est sous cette couleur qu’ils se figurent les esprits infernaux ; les esprits célestes et bienfaisants sont noirs comme eux. Nous jugeons autrement ; et la meilleure raison que nous puissions donner de notre jugement, c’est que nous sommes blancs. [^136]: Si l’on jugeait de l’intelligence de certains animaux par la forme extérieure de leur tête, on la croirait beaucoup plus étendue qu’elle ne l’est réellement. Les Athéniens ne jugèrent peut-être pas autrement, lorsqu’ils firent du hibou l’oiseau de Minerve. [^137]: La dénomination de chaque espèce ne me paraît pas très bien choisie : ces dénominations supposent résolues des questions d’origine qui ne le sont point du tout. Des dénominations tirées des caractères distinctifs de chaque espèce, auraient été plus convenables que celles qu’on a tirées des lieux d’où on les suppose originaires : les peuples peuvent changer de lieu, mais ils portent partout les caractères qui les distinguent. On désignerait beaucoup mieux, par exemple, les indigènes d’Amérique par la dénomination d’espèce cuivrée, et les peuples qui ont la peau noire, par la dénomination d’espèce nègre, qu’on ne les désigne par les dénominations d’espèce américaine et d’espèce éthiopienne. Il n’est pas aisé de voir pourquoi les peuples noirs répandus dans les îles de l’océan Pacifique, sont désignés sous le nom d’espèce éthiopienne ; ni pourquoi les peuples cuivrés qu’on suppose une variété de l’espèce dite caucasienne, porteraient le nom d’espèce américaine, lorsque l’Amérique presque tout entière est couverte d’individus d’une autre espèce, qui sont également nés sur le sol, et qui, dans le système suivant lequel tous les peuples appartiennent à la même souche, ont avec eux une origine commune. [^138]: Les Anglais écrivent Feejee. [^139]: « Le sang des Mingreliens, dit Chardin, est fort beau ; les hommes sont bien faits, les femmes sont très belles. Celles de qualité ont toutes quelque trait et quelque grâce qui charment. J’en ai vu de merveilleusement bien faites, d’air majestueux, de visage et de taille admirables ; elles ont outre cela un regard engageant qui caresse tous ceux qui les regardent, et semble leur demander de l’amour. » Voyage en Perse, tome I, p. 168 et 169. [^140]: Tous les peuples de race nègre n’ont pas les caractères que leur attribuent ici Blumenbach et Lawrence. Il en est plusieurs, ainsi qu’on le verra plus loin, qui ont les organes aussi bien formés que les peuples de race caucasienne les mieux constitués. Les descriptions des physiologistes seraient différentes, si, au lieu d’avoir été faites sur quelques individus appartenant à certaines peuplades, elles avaient été faites sur des individus appartenant à d’autres peuplades. Les faits particuliers qui ont servi de base à leurs descriptions générales, sont si peu nombreux, qu’il est douteux qu’ils puissent servir à caractériser des races entières. Le portrait que Blumenbach et W. Lawrence font des peuples de race éthiopienne, ne ressemble pas plus aux Cafres et à d’autres peuples africains, que les paysans de la Basse-Bretagne ne ressemblent aux statues grecques. [^141]: Ce tableau qu’a tracé W. Lawrence des caractères particuliers à l’espèce américaine, n’est ni complet, ni même tout à fait exact.
Les individus de cette espèce ont, presque sans exception, les mains et les pieds petits et bien faits ; c’est un caractère qu’on a observé chez tous les peuples de cette race, depuis les Patagons jusqu’aux habitants du Canada. Wallis, Voyage autour du Monde, tome II, ch. I ; p. 18 et 19. — Ulloa, Discours philosophiques, t. II, disc. 17, p. 4. — Azara, Voyage dans l’Amérique méridionale, tome II, ch. X, p. 9.
Ils ont les yeux petits, noirs et enfoncés. Rollin, Voyage de La Pérouse, t. IV, p. 52 et 53. — Dampier, Voyage autour du Monde, t. I, ch. VII, p. 183. — De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, tome III, liv. 3, ch. IX, p. 278. Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, tome I, liv. 2, ch. VI, p. 387 et 388. — Ulloa, Discours philosophiques, tome II, p. 4.
Mais c’est surtout dans la forme de la tête que les indigènes d’Amérique diffèrent de tous les autres peuples. « L’ostéologie nous apprend, dit M. de Humboldt, que le crâne de l’Américain diffère essentiellement de celui de la race mongole : le premier offre une ligne faciale plus inclinée, quoique plus droite que celle du nègre ; il n’y a pas de race sur le globe dans laquelle l’os frontal soit plus déprimé en arrière, ou qui ait le front moins saillant. L’Américain a les os de la pommette presque aussi proéminents que le Mongol ; mais les contours en sont plus arrondis, à angles moins aigus : la mâchoire inférieure est plus large que chez le nègre ; les branches en sont moins écartées que dans la race mongole ; l’os occipital est moins bombé, et les protubérances qui correspondent au cervelet, et auxquelles le système de M. Gall donne une grande importance, sont peu sensibles. » Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, tome I, liv. II, ch. VII, p. 397, 398 et 399.
Les os du crâne ont, chez les individus de cette espèce, plus d’épaisseur qu’ils n’en ont chez l’espèce caucasienne. Ulloa, Disc. philosoph., tome II, disc. 17, p. 12 et 13.
Les individus d’espèce cuivrée ont aussi la peau plus épaisse, et semblent doués de moins de sensibilité. Ulloa, tome II, p. 12. — Azara, tome II, ch. II, p. 181.
Leurs os, déposés dans la terre, se dissolvent dans un moindre espace de temps. Azara, tome II, ch. X, p. 59.
Ils ne sont sujets à perdre ni les dents ni les cheveux. Ils ne grisonnent que très rarement et fort tard. Azara, Voyage dans l’Amérique méridionale, tome II, ch. X, p. 9. — De Humboldt, Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, tome I, liv. II, ch. 6, p. 394. Dans les contrées où ils ne sont pas détruits par la guerre ou par des excès, ils parviennent à une vieillesse plus avancée que nous. Azara, tome II, ch. X, p. 24, 25, 104 et 110. — De Humboldt, Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, tome I, liv. II, ch. 6, p. 394. — Ulloa, tome II, p. 35. — Charlevoix, Nouvelle-France, t. III, liv. II, p. 18. — Lalontan, tome II, p. 96.
Les hommes ont les parties sexuelles comparativement petites ; les femmes ont les diamètres du bassin et les parties sexuelles très grands. Elles accouchent sans le secours de personne, avec la plus grande facilité, et presque sans douleur. L’accouchement ne les oblige pas d’interrompre leurs travaux habituels. Elles sont très sujettes aux avortements. Rollin, Voyage de La Pérouse, tome IV, p. 58. — Azara, Voyage dans l’Amérique méridionale, tome II, ch. X, p. 59, 152, 180 et 181. — Stedman, Voyage à Surinam, tome II, ch. XIV, p. 122 et 123.
Les individus de cette espèce ont, presque sans exception, les mains et les pieds petits et bien faits ; c’est un caractère qu’on a observé chez tous les peuples de cette race, depuis les Patagons jusqu’aux habitants du Canada. Wallis, Voyage autour du Monde, tome II, ch. I ; p. 18 et 19. — Ulloa, Discours philosophiques, t. II, disc. 17, p. 4. — Azara, Voyage dans l’Amérique méridionale, tome II, ch. X, p. 9.
Ils ont les yeux petits, noirs et enfoncés. Rollin, Voyage de La Pérouse, t. IV, p. 52 et 53. — Dampier, Voyage autour du Monde, t. I, ch. VII, p. 183. — De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, tome III, liv. 3, ch. IX, p. 278. Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, tome I, liv. 2, ch. VI, p. 387 et 388. — Ulloa, Discours philosophiques, tome II, p. 4.
Mais c’est surtout dans la forme de la tête que les indigènes d’Amérique diffèrent de tous les autres peuples. « L’ostéologie nous apprend, dit M. de Humboldt, que le crâne de l’Américain diffère essentiellement de celui de la race mongole : le premier offre une ligne faciale plus inclinée, quoique plus droite que celle du nègre ; il n’y a pas de race sur le globe dans laquelle l’os frontal soit plus déprimé en arrière, ou qui ait le front moins saillant. L’Américain a les os de la pommette presque aussi proéminents que le Mongol ; mais les contours en sont plus arrondis, à angles moins aigus : la mâchoire inférieure est plus large que chez le nègre ; les branches en sont moins écartées que dans la race mongole ; l’os occipital est moins bombé, et les protubérances qui correspondent au cervelet, et auxquelles le système de M. Gall donne une grande importance, sont peu sensibles. » Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, tome I, liv. II, ch. VII, p. 397, 398 et 399.
Les os du crâne ont, chez les individus de cette espèce, plus d’épaisseur qu’ils n’en ont chez l’espèce caucasienne. Ulloa, Disc. philosoph., tome II, disc. 17, p. 12 et 13.
Les individus d’espèce cuivrée ont aussi la peau plus épaisse, et semblent doués de moins de sensibilité. Ulloa, tome II, p. 12. — Azara, tome II, ch. II, p. 181.
Leurs os, déposés dans la terre, se dissolvent dans un moindre espace de temps. Azara, tome II, ch. X, p. 59.
Ils ne sont sujets à perdre ni les dents ni les cheveux. Ils ne grisonnent que très rarement et fort tard. Azara, Voyage dans l’Amérique méridionale, tome II, ch. X, p. 9. — De Humboldt, Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, tome I, liv. II, ch. 6, p. 394. Dans les contrées où ils ne sont pas détruits par la guerre ou par des excès, ils parviennent à une vieillesse plus avancée que nous. Azara, tome II, ch. X, p. 24, 25, 104 et 110. — De Humboldt, Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, tome I, liv. II, ch. 6, p. 394. — Ulloa, tome II, p. 35. — Charlevoix, Nouvelle-France, t. III, liv. II, p. 18. — Lalontan, tome II, p. 96.
Les hommes ont les parties sexuelles comparativement petites ; les femmes ont les diamètres du bassin et les parties sexuelles très grands. Elles accouchent sans le secours de personne, avec la plus grande facilité, et presque sans douleur. L’accouchement ne les oblige pas d’interrompre leurs travaux habituels. Elles sont très sujettes aux avortements. Rollin, Voyage de La Pérouse, tome IV, p. 58. — Azara, Voyage dans l’Amérique méridionale, tome II, ch. X, p. 59, 152, 180 et 181. — Stedman, Voyage à Surinam, tome II, ch. XIV, p. 122 et 123. [^142]: W. Lawrence’s lectures on physiology, zoology and the natural history of man, sect. 2, ch. 10, p. 549-572.
Les peuples de race malaie sont ceux qui se rapprochent le plus de la race caucasienne. Ils n’ont pas tous les cheveux noirs comme l’a pensé W. Lawrence. Ceux des îles Marquises de Mendoça offrent dans leurs cheveux les mêmes variétés que les Européens : chez eux on voit des cheveux blonds, de châtains, de noirs, de longs, de frisés, et quelquefois de très lisses et même de très rudes. Ces peuples ont les traits réguliers et agréables, dans le sens que nous attachons à ces mots. Leur teint, sans être blanc, approche cependant du nôtre chez les personnes qui ne s’exposent pas au soleil. Ce qui les distingue, c’est une teinte jaunâtre, et l’absence des couleurs particulières aux visages des peuples de race caucasienne. (Rollin, Voyage de La Pérouse, t. IV, p. 20. — Fleurieu, Voyage du capitaine Marchand, tome I, ch. II, p. 97, 152 et 153. — Krusenstern, Voyage autour du monde, tome I, ch. IX, p. 205.) Cook observe que les Malais n’ont point sur les joues les teintes que nous appelons du nom de couleurs. (Premier Voyage, liv. I, ch. XVII, t. II, p. 537 et 338.) Ce trait leur est commun avec toutes les autres espèces. Les individus d’espèce caucasienne sont les seuls qui ont été doués de la faculté de rougir.
Les peuples de race malaie sont ceux qui se rapprochent le plus de la race caucasienne. Ils n’ont pas tous les cheveux noirs comme l’a pensé W. Lawrence. Ceux des îles Marquises de Mendoça offrent dans leurs cheveux les mêmes variétés que les Européens : chez eux on voit des cheveux blonds, de châtains, de noirs, de longs, de frisés, et quelquefois de très lisses et même de très rudes. Ces peuples ont les traits réguliers et agréables, dans le sens que nous attachons à ces mots. Leur teint, sans être blanc, approche cependant du nôtre chez les personnes qui ne s’exposent pas au soleil. Ce qui les distingue, c’est une teinte jaunâtre, et l’absence des couleurs particulières aux visages des peuples de race caucasienne. (Rollin, Voyage de La Pérouse, t. IV, p. 20. — Fleurieu, Voyage du capitaine Marchand, tome I, ch. II, p. 97, 152 et 153. — Krusenstern, Voyage autour du monde, tome I, ch. IX, p. 205.) Cook observe que les Malais n’ont point sur les joues les teintes que nous appelons du nom de couleurs. (Premier Voyage, liv. I, ch. XVII, t. II, p. 537 et 338.) Ce trait leur est commun avec toutes les autres espèces. Les individus d’espèce caucasienne sont les seuls qui ont été doués de la faculté de rougir. [^143]: M. Bory de Saint-Vincent a divisé le genre humain en quinze espèces. Il n’admet point qu’il n’existe qu’une espèce primitive qui s’est divisée en plusieurs variétés. Il pense, au contraire, que les divisions qu’on a considérées comme de simples variétés, forment autant d’espèces primitives. On peut voir les raisons sur lesquelles il se fonde, dans le Dictionnaire classique d’Histoire naturelle, au mot Homme. [^144]: « Les peuples qui ont la peau blanche, dit M. Alexandre de Humboldt, commencent leur cosmogonie par des hommes blancs. Selon eux, les nègres et tous les peuples basanés ont été noircis ou brunis par l’ardeur excessive du soleil. » Cette théorie adoptée par les Grecs, quoique non sans contradiction, s’est propagée jusqu’à nos jours. Buffon a redit en prose ce que Théodectes avait exprimé en vers deux mille ans avant « que les nations portent la livrée des climats qu’elles habitent ».
« Si l’histoire avait été écrite par des peuples noirs, ils auraient soutenu ce que récemment des Européens même ont avancé, que l’homme est originairement noir ou d’une couleur très basanée, qu’il a blanchi dans quelques races par l’effet de la civilisation et d’un affaiblissement progressif, de même que les animaux, dans l’état de domesticité, passent d’une teinte obscure à des teintes plus claires.
« Dans les plantes et dans les animaux, des variétés accidentelles, formées sous nos yeux, sont devenues constantes, et se sont propagées sans altération. Mais rien ne prouve que, dans l’état actuel de l’organisation humaine, les différentes races d’hommes noirs, jaunes, cuivrés et blancs, lorsqu’elles restent sans mélange dévient considérablement de leur type primitif, par l’influence des climats, de la nourriture, et d’autres agents extérieurs. » Voyage aux régions équinoxiales, livre III, chapitre IX, pages 367 et 369.
« Si l’histoire avait été écrite par des peuples noirs, ils auraient soutenu ce que récemment des Européens même ont avancé, que l’homme est originairement noir ou d’une couleur très basanée, qu’il a blanchi dans quelques races par l’effet de la civilisation et d’un affaiblissement progressif, de même que les animaux, dans l’état de domesticité, passent d’une teinte obscure à des teintes plus claires.
« Dans les plantes et dans les animaux, des variétés accidentelles, formées sous nos yeux, sont devenues constantes, et se sont propagées sans altération. Mais rien ne prouve que, dans l’état actuel de l’organisation humaine, les différentes races d’hommes noirs, jaunes, cuivrés et blancs, lorsqu’elles restent sans mélange dévient considérablement de leur type primitif, par l’influence des climats, de la nourriture, et d’autres agents extérieurs. » Voyage aux régions équinoxiales, livre III, chapitre IX, pages 367 et 369. [^145]: Cette erreur, qui consiste à juger, par analogie, des lois auxquelles la nature humaine est soumise, par les lois que suivent des animaux d’un genre tout différent, est une erreur fort commune ; elle sert de base, ainsi qu’on le verra ailleurs, à un grand nombre des sophismes de J.-J. Rousseau.
« Dans l’homme, dit M. de Humboldt, les déviations du type commun à la race entière portent plutôt sur la taille, sur la physionomie, sur la forme du corps que sur la couleur. Il n’en est point ainsi chez les animaux, où les variétés se trouvent plutôt dans la couleur que dans la forme. Le poil des mammifères, les plumes des oiseaux, et même les écailles des poissons, changent de teinte, selon l’influence prolongée de la lumière et de l’obscurité, selon l’intensité de la chaleur et du froid.
« Dans l’homme la matière colorante paraît se déposer dans le système dermoïde par la racine ou la bulbe des poils, et toutes les bonnes observations prouvent que la peau varie de couleur par l’action du stimulus extérieur, dans les individus, et non héréditairement dans la race entière. » Voyage aux régions équinoxiales, tome III, livre chapitre IX, pages 366 et 367.
« Dans l’homme, dit M. de Humboldt, les déviations du type commun à la race entière portent plutôt sur la taille, sur la physionomie, sur la forme du corps que sur la couleur. Il n’en est point ainsi chez les animaux, où les variétés se trouvent plutôt dans la couleur que dans la forme. Le poil des mammifères, les plumes des oiseaux, et même les écailles des poissons, changent de teinte, selon l’influence prolongée de la lumière et de l’obscurité, selon l’intensité de la chaleur et du froid.
« Dans l’homme la matière colorante paraît se déposer dans le système dermoïde par la racine ou la bulbe des poils, et toutes les bonnes observations prouvent que la peau varie de couleur par l’action du stimulus extérieur, dans les individus, et non héréditairement dans la race entière. » Voyage aux régions équinoxiales, tome III, livre chapitre IX, pages 366 et 367. [^146]: J’observe, dit ce savant voyageur, que la figure des nègres représente précisément cet état de contraction que prend notre visage lorsqu’il est frappé par la lumière et une forte réverbération de chaleur. Alors le sourcil se fronce, la pomme des joues s’élève, la paupière se serre, la bouche fait la moule. Cette contraction qui a lieu perpétuellement dans le pays nu et chaud des nègres, n’a-t-elle pas dû devenir le caractère propre de la figure ? » Voyage en Syrie et en Égypte, tome Ier, page 74. [^147]: De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales. [^148]: La Pérouse, tome IV, page 54 et 55. — Fleurieu, Voyage du capitaine Marchand, tome II, ch. IV, p. 48 et 49. — Cook, troisième Voyage, tome V, liv. 4, ch. V, p. 247. [^149]: Henri Salt, Voyage en Abyssinie, tom. I, chap. I, pag. 50. — Degrandpré, Voyage à la côte occidentale d’Afrique, tom. II, chap. IV, pag. 38 et 39. [^150]: Il y a même à cet égard beaucoup d’exceptions individuelles. [^151]: De tous les peuples connus, les Arabes du Désert sont ceux dont la race s’est conservée la plus pure ; jamais ils n’ont été asservis ; jamais ils ne se sont mêlés à d’autres races ; ils habitent aujourd’hui sur le même sol qu’ils habitaient dans les siècles les plus reculés ; ils ont les mœurs qu’ils avaient dans les temps les plus antiques dont l’histoire ou la tradition fassent mention ; et cependant, quoique placés sous un ciel brûlant et exposés au grand air, ils n’ont pris ni la couleur, ni les cheveux, ni les traits des Éthiopiens ; suivant J. Bruce, plusieurs de leurs femmes sont, au contraire, très blondes*. Voyage aux sources du Nil,* tome II, liv. I, ch. 6, p. 270.
Les Maures qui s’exposent au grand air ont le teint très brun ; mais ceux qui vivent continuellement dans l’intérieur des maisons sont très blancs. « Les femmes des villes, dit Poiret, n’étant point comme les montagnardes brûlées par le soleil et accablées de travaux, sont presque toutes d’une grande beauté, d’une blancheur éblouissante, et d’une taille très avantageuse. » Poiret, Voyage en Barbarie, ou Lettres écrites de l’ancienne Numidie, t. I, lett. XXI, p. 144, 145 et 146.
Les Maures qui s’exposent au grand air ont le teint très brun ; mais ceux qui vivent continuellement dans l’intérieur des maisons sont très blancs. « Les femmes des villes, dit Poiret, n’étant point comme les montagnardes brûlées par le soleil et accablées de travaux, sont presque toutes d’une grande beauté, d’une blancheur éblouissante, et d’une taille très avantageuse. » Poiret, Voyage en Barbarie, ou Lettres écrites de l’ancienne Numidie, t. I, lett. XXI, p. 144, 145 et 146. [^152]: W. Lawrence’s, lectures on physiology, zoology, etc., section II, ch. 9, p. 522 et 523. [^153]: Description du cap de Bonne-Espérance, tome I, ch. 7, p. 91. [^154]: Labillardière, tome II, chapitre XIV, page 276. [^155]: Bougainville, Voyage autour du monde, deuxième partie, tome II, p. 122. — Dentrecasteaux, Voyage à la recherche de La Pérouse, tome I, chapitre V, page 124. — Labillardière, tome I, chapitre VI, page 227. [^156]: Dentrecasteaux, ibid., chapitre VI, page 132 ; Labillardière, chapitre VII, pages 254 et 263. [^157]: Bougainville, deuxième partie, chapitre IV, tome II, page 90. [^158]: Cook, deuxième voyage, tome IV, chapitre V, page 97. [^159]: Cook, deuxième voyage, tome V, chapitre I, pages 1 et 2. [^160]: Cook, troisième voyage, livre I, chapitre VI, tome I, pages 192 et 193. [^161]: Péron, Voyage de découvertes aux terres australes, tome II, livre IV, chapitre XXVII, section 2, page 182. [^162]: Il y a, à cet égard, des exceptions que Péron paraît n’avoir pas connues. Labillardière, Voyage à la recherche de La Pérouse, tome I, chapitre V, page 176. C’est particulièrement au nord de la Nouvelle-Hollande, c’est-à-dire, dans la partie la plus éloignée de la terre de Van-Diemen, qu’on trouve une race de nègres à cheveux laineux. Dampier, Nouveau Voyage autour du monde, tome II, chapitre XVI, page 141. [^163]: Péron, Voyage de découvertes aux terres australes, tome II, livre IV, chapitre XXVIII, section I, pages 163 et 164. — Labillardière, Voyage à la recherche de La Pérouse, tome II, chapitre X, pages 33 et 34. — L. Freycinet, Voyage de découvertes aux terres australes, livre II, chapitre IX, page 292. — De Papy qui écrivait avant la découverte de la plupart des îles de l’océan Pacifique, a prétendu, comme Buffon, que la différence de la température des climats avait produit les différences de couleur qu’on observe entre les peuples d’espèce éthiopienne et ceux d’espèce caucasienne. « Il n’existe nulle part des nègres, dit-il, sinon dans les pays excessivement chauds du globe : il n’y en a point hors des bornes de la zone torride. » Recherches philosophiques sur les Américains, tome I, première partie, section II, page 178. [^164]: Les peuples compris sous la dénomination d’espèce éthiopienne, se subdivisent en une multitude de races différentes ayant chacune des caractères particuliers qui se transmettent par la génération, et sur lesquels le climat paraît n’avoir aucune influence. Les nomades Tibbos et Tuaryks sont les seuls que le plus ou le moins de chaleur affecte : « Ils offrent, dit M. de Humboldt, un phénomène physiologique bien remarquable ; car quelques-unes de leurs tribus sont, suivant la nature du climat, blanches, jaunâtres ou presque noires, mais sans avoir les cheveux crépus ni les traits nègres. » Tableau de la Nature, tome I, page 101.
On a prétendu, en Amérique, qu’un nègre, nommé Henri Moss, était devenu blanc, et que ses cheveux étaient devenus lisses et châtains comme ceux des Européens. On ne dit pas si son nez devint aquilin, si ses lèvres s’amincirent, si sa figure devint perpendiculaire, si son cerveau se développa. M. de Larochefoucault-Liancourt parle de cette transmutation, dans son Voyage aux États-Unis, tome V, pages 124, 525 et 526 ; et Volney assure avoir vu, non le fait, mais un procès-verbal authentique de la transformation ; Tableau du climat et du sol des États-Unis, tome II, page 437. — Voltaire était persuadé qu’à aucun âge les indigènes d’Amérique n’avaient de barbe ; et il fondait sa croyance sur des attestations juridiques d’hommes en place. Dictionnaire philosophique, au mot Barbe.
On a prétendu, en Amérique, qu’un nègre, nommé Henri Moss, était devenu blanc, et que ses cheveux étaient devenus lisses et châtains comme ceux des Européens. On ne dit pas si son nez devint aquilin, si ses lèvres s’amincirent, si sa figure devint perpendiculaire, si son cerveau se développa. M. de Larochefoucault-Liancourt parle de cette transmutation, dans son Voyage aux États-Unis, tome V, pages 124, 525 et 526 ; et Volney assure avoir vu, non le fait, mais un procès-verbal authentique de la transformation ; Tableau du climat et du sol des États-Unis, tome II, page 437. — Voltaire était persuadé qu’à aucun âge les indigènes d’Amérique n’avaient de barbe ; et il fondait sa croyance sur des attestations juridiques d’hommes en place. Dictionnaire philosophique, au mot Barbe. [^165]: Ulloa, Discours philosophiques, tom. II, D. 17, pag. 3, 4 et 5. — Alexandre de Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, liv. III, chap. IX, tom. III, pag. 277 et 278. [^166]: Cook, troisième voyage, liv. I, chap. V, tom. II, pag. 336. — Bougainville, Voyage autour du Monde, prem. part., chap. VIII, tom. I, pag. 163 et 164. — Wallis, Voyage autour du Monde, tom. II, ch. I, pag. 18 et 19. [^167]: De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, tom. III, liv. III, chap. 9, pag. 227 et 278. — Dampier, Nouveau Voyage autour du Monde, tom. I, chap. XVII, pag. 183. [^168]: Hearne, Voyage à l’océan du Nord, chap. IX, pag. 285. [^169]: Lahontan, Voyage dans l’Amérique septentrionale, tom. II, pag. 93 et 94. — Ellis, Voyage à la baie d’Hudson, pag. 233. — Mackenzie, Voyage dans l’Amérique septentrionale, tome I, p. 230, 231, 281 et 282. — Weld, Voyage au Canada, tome III, ch. 35, page 63. [^170]: Weld, Voyage au Canada, tome II, ch. XXX, p. 247. [^171]: Raynal, Histoire philosophique, tome III, liv. VI, p. 519. [^172]: De Humboldt, Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, tome I, liv. II, ch. VI, p. 385. [^173]: Ulloa, Discours philosophique, tome II, Dis. XVII, p. 3. [^174]: La Pérouse, Voyage autour du Monde, tome II, ch. IX, p. 229 et 230. — De Humboldt, Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, tome I, liv. II, ch. VI, p. 387 et 388. — Cook, troisième voyage, tome V, liv. IV, ch. II, p. 100 et 106. [^175]: Tableau du climat et du sol des États-Unis, tome II, p. 437.
Sans discuter ici les effets que produit la lumière sur les corps, on conviendra du moins qu’elle ne produit pas sur tous des effets semblables. Nous voyons croître sur le même sol, et sous les rayons d’un soleil également ardent, des roses de toutes les couleurs ; les cygnes, blancs dans les climats froids, ne deviennent pas gris sous les climats tempérés, et noirs sous la zone torride ; les lis demeurent blancs sous le ciel le plus ardent, comme sous le climat le plus froid où il leur est possible de se développer.
Sans discuter ici les effets que produit la lumière sur les corps, on conviendra du moins qu’elle ne produit pas sur tous des effets semblables. Nous voyons croître sur le même sol, et sous les rayons d’un soleil également ardent, des roses de toutes les couleurs ; les cygnes, blancs dans les climats froids, ne deviennent pas gris sous les climats tempérés, et noirs sous la zone torride ; les lis demeurent blancs sous le ciel le plus ardent, comme sous le climat le plus froid où il leur est possible de se développer. [^176]: Voyage au Canada, tome III, ch. XXXV, p. 64 et 65. [^177]: Hennepin, Mœurs des sauvages de la Louisiane, p. 34. [^178]: Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, tome I, liv. II, ch. VI, p. 388 et 389. — L’exception qu’observe M. de Humboldt à l’égard de la race cuivrée, a été observée par Campe à l’égard des races nègres, et par Kolbe à l’égard des Hottentots. [^179]: Voyage aux régions équinoxiales, liv. III, ch. IX, tome III, p. 277 et 278. [^180]: Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, tome II, ch. VI, p. 385.
On trouve, dans le Voyage aux régions équinoxiales de M. de Humboldt, des observations qui confirment celles qu’il a faites dans son Essai politique. Ce savant voyageur divise la population qui existait en Amérique avant la conquête, en plusieurs races ; voici dans quels termes il parle de ceux qui appartiennent à la race cuivrée : « Les hommes qui appartiennent à cette seconde branche sont plus grands, plus forts, plus guerriers, plus taciturnes. Ils offrent aussi des différences très remarquables dans la couleur de la peau. Au Mexique, au Pérou, dans la Nouvelle-Grenade, à Quito, sur les rives de l’Orénoque et de l’Amazone, dans toute la partie de l’Amérique méridionale que j’ai examinée, dans les plaines comme sur les plateaux très froids, les enfants indiens, à l’âge de deux ou trois mois, ont le même teint bronzé que l’on observe dans les adultes. L’idée que les naturels pourraient bien être des blancs hâlés par l’air et le soleil, ne s’est jamais présentée à un Espagnol, habitant de Quito, ou des rives de l’Orénoque. » Liv. III, ch. IX, tome III, p. 360 et 366.
On trouve, dans le Voyage aux régions équinoxiales de M. de Humboldt, des observations qui confirment celles qu’il a faites dans son Essai politique. Ce savant voyageur divise la population qui existait en Amérique avant la conquête, en plusieurs races ; voici dans quels termes il parle de ceux qui appartiennent à la race cuivrée : « Les hommes qui appartiennent à cette seconde branche sont plus grands, plus forts, plus guerriers, plus taciturnes. Ils offrent aussi des différences très remarquables dans la couleur de la peau. Au Mexique, au Pérou, dans la Nouvelle-Grenade, à Quito, sur les rives de l’Orénoque et de l’Amazone, dans toute la partie de l’Amérique méridionale que j’ai examinée, dans les plaines comme sur les plateaux très froids, les enfants indiens, à l’âge de deux ou trois mois, ont le même teint bronzé que l’on observe dans les adultes. L’idée que les naturels pourraient bien être des blancs hâlés par l’air et le soleil, ne s’est jamais présentée à un Espagnol, habitant de Quito, ou des rives de l’Orénoque. » Liv. III, ch. IX, tome III, p. 360 et 366. [^181]: Anderson, troisième voyage de Cook, liv. I, ch. VIII, tome I, p. 319 et 321. — Dentrecasteaux, Voyage à la recherche de la Pérone. [^182]: Cook, deuxième Voyage, tome III, ch. I, p. 140. — Rollin, Voyage de la Pérouse, tome IV, p. 19 et 20. [^183]: Cook, troisième Voyage, liv. II, ch. X, tome III, p. 90. Labillardière dit que les femmes qui se tiennent constamment à l’abri du soleil, ont le teint très blanc. (Voyage à la recherche de La Pérouse, tom. II, ch. XI, p. 117.) Mais son témoignage se trouve en opposition avec celui des nombreux voyageurs qui ont visité ces îles. Les îles Sandwich, placées à la même distance de l’équateur que les îles des Amis, sont soumises à la même influence. Les habitants des unes et des autres, appartenant à la même espèce, doivent par conséquent être d’une couleur égale, lorsqu’ils se trouvent dans les mêmes rangs. J’ai vu, en Angleterre, le chef de la première de ces îles, ainsi que sa femme et les personnes de leur suite ; et, loin de trouver leur teint très blanc, je l’ai trouvé olivâtre, ou d’un brun très foncé. On ne peut pas croire cependant que le soleil les eût plus noircis que les femmes observées par Labillardière. Si, au lieu de comparer le teint des femmes des îles des Amis, au teint des hommes basanés qui les environnaient, ou au teint des matelots de l’équipage, ce voyageur l’eût comparé au teint de la plupart des Européennes, il est douteux qu’il l’eût trouvé très blanc. Cook dit qu’il vit chez ces peuples trois individus d’une blancheur parfaite ; mais, ajoute-t-il, je présume que leur couleur est plutôt une maladie qu’un phénomène de la nature. Troisième Voyage, livre II, ch. X, tome III, p. 90. Chez ces peuples, un grand nombre d’individus prennent cependant des soins extrêmes pour se blanchir le teint ; ils passent plusieurs mois sans sortir de leurs maisons ; ils portent une quantité considérable d’étoffes pour se mettre à l’abri du contact de l’air, et ils ne mangent que du fruit de l’arbre à pain, qui, suivant eux, a la propriété de blanchir la peau. Anderson, troisième Voyage de Cook, liv. III, ch. IX, tome IV, p. 113. [^184]: Krusenstern, Voyage autour du Monde, tome I, ch. IX, p. 205. — Fleurieu, Voyage du capitaine Marchand, tome I, ch. II, p. 97, 152 et 153. [^185]: Chardin, Voyage en Perse, tome III, ch. XI, p. 403, et tome VIII, p. 177. [^186]: Macartney, Voyage en Chine et en Tartarie, tom. III, ch. IV, p. 58. [^187]: La Pérouse, Voyage autour du Monde, tome III, ch. XIX, pages 104 et 105. [^188]: Hearne, Voyage à l’océan du Nord, chapitre VI, page 157 ; — Ellis, Voyage à la baie d’Hudson, pages 172 et 173.
Les Esquimaux du Groenland, du Labrador et de la côte septentrionale de la baie d’Hudson, les habitants du détroit de Béring, de la péninsule d’Alaska, et du golfe du prince Guillaume, appartiennent tous à la même race. « Le rameau oriental et le rameau occidental de cette race polaire, les Esquimaux et les Tchogazes, malgré l’énorme distance de huit cents lieues qui les sépare, sont liés par l’analogie la plus intime des langues. Cette analogie s’étend même, comme cela a été prouvé récemment, d’une manière indubitable, jusqu’aux habitants du nord-est de l’Asie ; car l’idiome des Tchouktches, à l’embouchure de l’Anadyr, a les mêmes racines que la langue des Esquimaux qui habitent la côte de l’Amérique opposée à l’Europe. Les Tchouktches sont les Esquimaux de l’Asie. Voyage aux régions équinoxiales, livre III, chapitre IX, pages 360 et 361.
Les Esquimaux du Groenland, du Labrador et de la côte septentrionale de la baie d’Hudson, les habitants du détroit de Béring, de la péninsule d’Alaska, et du golfe du prince Guillaume, appartiennent tous à la même race. « Le rameau oriental et le rameau occidental de cette race polaire, les Esquimaux et les Tchogazes, malgré l’énorme distance de huit cents lieues qui les sépare, sont liés par l’analogie la plus intime des langues. Cette analogie s’étend même, comme cela a été prouvé récemment, d’une manière indubitable, jusqu’aux habitants du nord-est de l’Asie ; car l’idiome des Tchouktches, à l’embouchure de l’Anadyr, a les mêmes racines que la langue des Esquimaux qui habitent la côte de l’Amérique opposée à l’Europe. Les Tchouktches sont les Esquimaux de l’Asie. Voyage aux régions équinoxiales, livre III, chapitre IX, pages 360 et 361. [^189]: Chardin, Voyage en Perse, tome III, ch. XI, p. 403 et 404, et tome VIII, p. 177. [^190]: Macartney, Voyage en Chine et en Tartarie, tome III, ch. IV, p. 252 et 257. [^191]: De La Pérouse, Voyage autour du Monde, tome III, ch. XIX, p. 104 et 105. — Rollin, Voyage de La Pérouse, tome IV, p. 90, 91, 98 et 99. [^192]: Thumberg, Voyage en Afrique, en Asie et au Japon, ch. XIII, p. 411 et 412. [^193]: La Pérouse, tome III, ch. XXI, p. 193. [^194]: Coxe, Nouvelles découvertes des Russes. [^195]: Fleurieu, Voyage du capitaine Marchand, tome II, ch. IV, p. 46, 47 et 48. — La Pérouse, tome I, ch. IX, p. 231 et 232. — Cook, troisième Voyage, liv. IV, ch. V, tome V, p. 240 et 241. — Hearne, Voyage à l’Océan du Nord, ch. VI, p. 157. — Ellis, Voyage à la baie d’Hudson, p. 172 et 173. [^196]: Chardin, Voyage en Perse, tome VI, ch. XVI, p. 82 et 83. — Thumberg, Voyage en Afrique et en Asie, et principalement au Japon, ch. II, p. 47. — De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, liv. II, ch. IX, tome III, p. 292 et 293. [^197]: Péron, Voyage de découvertes aux terres Australes, liv. II, ch. VII, p. 144. [^198]: Barrow, Nouveau Voyage dans la partie méridionale de l’Afrique, tome I, ch. I, p. 148. [^199]: Voyage dans les îles de la Trinidad, de Tabago, etc., tome I, ch. I, p. 118. — Molien, Voyage dans l’intérieur de l’Afrique, tome I, ch. IV, p. 289 et 290. [^200]: Voy. Malte-Brun, Précis de la Géographie universelle, tome V, liv. XCIII, p. 94 et 108. [^201]: Cook, troisième Voyage, tome V, ch. I, p. 1 et 2. [^202]: Forster, deuxième Voyage de Cook, tome IV, ch. III, p. 97. — Cook, deuxième Voyage, tome IV, ch. III, p. 128. [^203]: Labillardière, tome II, ch. XIV, p. 275 et 276. [^204]: Labillardière, tome I, ch. VII, p. 254. [^205]: Discours philosophique, tome II, disc. XVII, p. 5. [^206]: Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, tome I, liv. II, ch. VI, p. 81 et 82. [^207]: Buffon, Voltaire, Robertson et de Paw, ont prétendu que les individus de race américaine n’avaient point de barbe ; c’est une erreur qui n’a presque plus besoin d’être réfutée. Les hommes de cette espèce ont de la barbe comme ceux de l’espèce mongole ; ils l’ont rare mais forte et grossière. C’est le soin qu’ils prennent à s’épiler, qui a fait croire qu’ils n’en avaient point du tout. S’il se rencontre des individus qui en soient privés, ce sont des exceptions rares, et qui ne s’étendent jamais à une peuplade. De Humboldt, Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, tome I, liv. II, ch. VI, p. 389 et 390, et Voyage aux régions équinoxiales, liv. III, ch. IX, tome III, p. 293 et 294. — Depons, Voyage à la Terre-Ferme, tome I, ch. IV, p. 298. — La Pérouse, Voyage autour du Monde, tome II, ch. 18, p. 229 et 230. — Rollin, Voyage de La Pérouse, t. IV, p. 52, 53 et 58. — Stedmann, Voyage à Surinam, tome II, ch. XIV, p. 93 et 95. — Dixon, Voyage autour du Monde, t. II, p. 10 et 11. — Hearne, Voyage à l’Océan du Nord, ch. IX, p. 285. — Mackenzie, Voyage dans l’intérieur de l’Amérique septentrionale, tome I, p. 230 et 231, et 282 et 283. — Les philosophes qui, sur la foi de quelques voyageurs superficiels, ont prétendu que les Américains n’avaient point de barbe, ont longuement exposé les raisons de ce prétendu phénomène. Ceux qui seraient curieux de les connaître peuvent consulter de Paw, Recherches philosophiques sur les Américains, tome I, 1ère partie. Il est difficile d’exposer avec plus de talent les causes d’un fait qui n’existe pas. [^208]: Rollin, Voyage de La Pérouse, tome IV, p. 19 et 30. [^209]: Krusenstern, Voyage autour du Monde, tome I, ch. IX, p. 206. — Fleurieu, Voyage du capitaine Marchand, tome I, ch. 2, p. 97, 151 et 153. [^210]: La population mexicaine, dit M. de Humboldt, est composée des mêmes éléments que ceux qu’offrent les colonies espagnoles. On distingue sept races : 1° les individus nés en Europe vulgairement appelés Gachupières ; 2° les Espagnols créoles, ou les blancs de race européenne nés en Amérique ; 3° les métis (Mestizos), descendants de blancs et d’Indiens ; 4° les mulâtres, descendants des blancs et des nègres ; 5° les Zambos, descendants de nègres et d’Indiens ; 6° les indiens mêmes ou la race cuivrée des indigènes ; 7° les Nègres africains. Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, t. I, liv. II, ch. VI, p. 367. [^211]: Si nous faisions l’histoire de la plupart des fausses opinions qui gouvernent les hommes, nous trouverions qu’elles sont nées presque toutes, non seulement avant que les faits qui auraient dû en être la base eussent été observés, mais avant même qu’il eût été possible de les connaître. C’est ainsi que l’opinion sur l’influence des climats émise d’abord par Hippocrate et par Diodore de Sicile, dans un temps où la plus grande partie du globe était inconnue aux hommes les plus éclairés, fut aveuglément adoptée par Bodin, dans sa République, lequel la transmit à Chardin, qui la transmit à l’abbé Dubos et à Montesquieu, qui à leur tour l’ont transmise à Robertson, à Gibbon, à l’abbé Raynal, et à la plupart des écrivains qui sont venus après eux. Si, en lisant l’Esprit des Lois, on s’aperçoit que l’opinion de Chardin у est adoptée sans examen, on s’aperçoit en lisant Robertson qu’il a aveuglément adopté l’opinion de Montesquieu. L’historien fait arriver les faits pour justifier un système, au lieu de faire naître ses opinions de l’exposé des faits : History of America, Book IV, vol. II, p. 138 et 139, the 10th edit. — M. Malte-Brun a très bien aperçu l’erreur dans laquelle sont tombés les écrivains qui ont fondé un système sur l’opinion d’Hippocrate relativement à l’influence des climats : Précis de Géographie universelle, tome III, liv. XLVI, p. 19 et 22, 2e édit. [^212]: Chardin, Voyages et Perse, tome IV, ch. XVII, p. 91. [^213]: Ibid., tome VI, ch. XII, p.9. [^214]: Esprit des Lois, liv. XIV, ch. II. [^215]: Esprit des Lois, liv. XIV, ch. III. [^216]: Ibid, ch. IV, VII, IX et X ; liv. XV, ch. VI et VIII. [^217]: Esprit des Lois, liv. XIV, ch. X. [^218]: Ibid. ch. XI, XII et XV. [^219]: Gibbon, à l’exemple de Montesquieu, considère comme un effet du climat la haute stature attribuée par Tacite à quelques peuples germains : The History of the decline and fall of the roman empire, vol. I, ch. IX, p. 348. [^220]: Larochefoucault-Liancourt, Voyage aux États-Unis d’Amérique, deuxième partie, t. IV, p. 55. — Weld, Voyage au Canada, tome I, ch. VI, p. 119 et 120. [^221]: Les habitants de la Nouvelle-Calédonie, pour se délivrer de l’importunité des moustiques, sont obligés d’avoir toujours du feu et de la fumée dans leurs étroites cabanes. L’habitude du feu les rend si frileux, que, quoique placés entre les tropiques et sur un sol peu élevé, ils n’osent pas s’exposer à la fraîcheur de la nuit. « Ils paraissaient transis de froid, dit Dentrecasteaux, quand ils venaient à bord les jours où le temps était frais ; aussi recevaient-ils avec plaisir toutes les espèces d’habillements qu’on leur donnait, et s’en couvraient-ils très volontiers. » Voyage à la recherche de La Pérouse, tome I, ch. XXVI, p. 356.
Les habitants des îles des Amis, placés sous la même latitude, mais n’étant pas obligés de faire usage du feu pour se délivrer des insectes, couchent nus dans des cabanes ouvertes à tous les vents et couvertes seulement d’un peu de feuillage, et ils ne sont pas accessibles au froid. Bougainville, Voyage autour du monde, deuxième partie, tome II, ch. I, p. 50.
Les habitants des îles des Amis, placés sous la même latitude, mais n’étant pas obligés de faire usage du feu pour se délivrer des insectes, couchent nus dans des cabanes ouvertes à tous les vents et couvertes seulement d’un peu de feuillage, et ils ne sont pas accessibles au froid. Bougainville, Voyage autour du monde, deuxième partie, tome II, ch. I, p. 50. [^222]: Hearne, Voyage à l’océan du Nord, chap. VI, p. 157. — De Paw, Recherches philosophiques sur les Américains, tome I, troisième partie, p. 259. [^223]: Ellis, Voyage à la baie d’Hudson, page 172. [^224]: Raynal, Hist. philosoph., tome VIII, liv. XVII, p. 357. [^225]: Hearne, Voyage à l’océan du Nord, ch. IX, p. 284. [^226]: Lahontan, Voyage dans l’Amérique septentrionale, tome II, page 93. [^227]: Hearne, ch. IV, p. 83. [^228]: Weld, Voyage au Canada, tome III, ch. XXXV, p. 68. [^229]: Michaux, Voyage à l’ouest des monts Alleghanis, ch. XXII, page 236. [^230]: Hennepin, Mœurs sauvages de la Louisiane, pag. 14 et 17. Les femmes, à la Louisiane, dit Hennepin, ont tant de vigueur qu’il y a peu d’hommes en Europe qui en aient autant quelles ; elles portent des fardeaux que deux ou trois de nous autres auraient peine à soulever. Quelquefois elles prennent sur leur dos, lorsque leurs maris ont fait bonne chasse, trois cents livres de viande, et jettent leurs enfants par-dessus leur fardeau, qui ne leur paraît pas plus à charge que l’épée au côté d’un soldat. Elles font ainsi plus de deux cents lieues à travers les forêts. Hennepin, ibid, p. 17, 82 et 123. — Les hommes qui habitent à l’extrémité boréale du continent américain sont considérés comme appartenant à l’espèce mongole, et les hommes de cette espèce sont généralement plus petits que les autres ; mais on verra plus loin que les hommes de cette espèce qui habitent des pays froids sont plus petits que ceux qui habitent des pays chauds ou tempérés. [^231]: Plusieurs voyageurs ont pensé qu’en Amérique le climat était sans influence sur la taille et la force des hommes. Ulloa, Discours philosophiques, tome II, D. XVII, p. 5. — Azara, Voyage dans l’Amérique méridionale, tome II, ch. XI, p. 17 et 178. [^232]: Mackenzie, Voyages dans l’intérieur de l’Amérique septentrionale, tome I, ch. 2, p. 383 et 384. [^233]: Cook, troisième voyage, liv. IV, ch. V, tome V, p. 240 et 241. [^234]: La Pérouse, Voyage autour du monde, tome II, ch. IX, p. 208, 229 et 230. [^235]: Cook, troisième voyage, liv. IV, ch. II, tome V, p. 100 et 106. [^236]: Broughton, Voyage de découvertes, tome I, liv. I, ch. III, page 93. [^237]: Azara, Voyage dans l’Amérique méridionale, tome II, ch. X et XI, p. 105, 149, 182 et 183. [^238]: De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, liv. VII, ch. XIX, tome VI, p. 257 et 258.
Il ne faut pas confondre les Caribes dont parle ici M. de Humboldt, avec les Zambos dégénérés de l’île de Saint-Vincent, qu’on désignait jadis sous le même nom ou sous celui de Caraïbes.
Il ne faut pas confondre les Caribes dont parle ici M. de Humboldt, avec les Zambos dégénérés de l’île de Saint-Vincent, qu’on désignait jadis sous le même nom ou sous celui de Caraïbes. [^239]: De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, tome II, liv. II, ch. V, p. 360 et 361, et tome VI, liv. VII, p. 379 et 580. [^240]: De Humboldt, Essai politique, tome I, liv. II, ch. V, p. 362. [^241]: Ibid, tome IV, liv. IV, ch. XI, p. 36 et 37. [^242]: Bougainville, Voyage autour du monde, tome I, première partie, ch. IX, p. 196. [^243]: Cook, Voyage autour du monde, deuxième partie, tome V, liv. III, ch. V. [^244]: Byron, Relation des Voyages autour du monde, ch. II, p. 34 et suivantes. [^245]: Azara, Voyage dans l’Amérique méridionale, tome II, ch. X, pages 50 et 51. [^246]: Bougainville, Voyage autour du monde, tome I, première partie, ch. VIII, p. 166. [^247]: Ce qui me porte à croire que les peuples qui vivent au sud de la Plata, jusqu’au détroit de Magellan, sont nomades, c’est la nature même du sol, qui ne permet pas à l’homme d’y avoir des demeures fixes. Ce sol, dépourvu d’arbres, est trop salé pour qu’on puisse s’y livrer à la culture des céréales. « On peut dire que depuis la rivière de la Plata jusqu’au détroit de Magellan il n’existe point d’arbres, et qu’on ne trouve pas même un buisson. » Azara, Voyage dans l’Amérique méridionale, tome I, liv. V, p. 103 et 104, et liv. VI, p. 141.
En admettant que les peuples qui habitent au sud de la rivière de la Plata sont nomades, comme cela paraît prouvé, on ne sera plus étonné des contradictions dans lesquelles paraissent tombés les voyageurs qui ont visité la côte des Patagons ; les peuplades vues par les uns, peuvent ne pas être les mêmes que celles qui ont été vues par les autres. Bougainville n’a pas mis en doute que ces peuples ne fussent nomades. Voyage autour du monde, première part., ch. VII, tome I, p. 166.
En admettant que les peuples qui habitent au sud de la rivière de la Plata sont nomades, comme cela paraît prouvé, on ne sera plus étonné des contradictions dans lesquelles paraissent tombés les voyageurs qui ont visité la côte des Patagons ; les peuplades vues par les uns, peuvent ne pas être les mêmes que celles qui ont été vues par les autres. Bougainville n’a pas mis en doute que ces peuples ne fussent nomades. Voyage autour du monde, première part., ch. VII, tome I, p. 166. [^248]: Azara, Voyage dans l’Amérique méridionale, tome II, ch. X, p. 35, 41, 42, 50 et 51. [^249]: De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, tome III, liv. II, ch. 18, p. 277 et 278. [^250]: Ulloa, Discours philosophiques, tome II, disc. XVI, p. 5. — Azara, Voyage dans l’Amérique méridionale, tome II, ch. XI, pages 17 et 18. [^251]: Fleurieu, Voyage du capitaine Marchand, tome I, ch. II, pag. 151 et 152. — Cook, deuxième voyage, tome III, ch. IV, pag. 179 et 199. [^252]: Krusenstern, Voyage autour du monde, tome I, ch. VII et IX, p. 164, 180, 203, 204 et 206. — Langsdorff’s Voyages and travels in various parts of the world, tome V, p. 108. — Cook, deuxième voyage, tome III, ch. V, p. 217 et 218.
Cook donne sur les habitants des îles Marquises des détails moins circonstanciés que le capitaine Marchand ; mais il porte de la beauté de leur constitution un jugement semblable ; il dit qu’ils sont la plus belle race des habitants de cette mer, et paraissent surpasser toutes les autres nations par la régularité de leur taille et de leurs traits ; il ajoute en parlant des jeunes gens qui n’étaient pas encore tatoués : « Leur beauté était si frappante qu’elle excitait notre admiration ; nous mettions la plupart d’entre eux à côté des modèles fameux de l’antiquité. »
Cook donne sur les habitants des îles Marquises des détails moins circonstanciés que le capitaine Marchand ; mais il porte de la beauté de leur constitution un jugement semblable ; il dit qu’ils sont la plus belle race des habitants de cette mer, et paraissent surpasser toutes les autres nations par la régularité de leur taille et de leurs traits ; il ajoute en parlant des jeunes gens qui n’étaient pas encore tatoués : « Leur beauté était si frappante qu’elle excitait notre admiration ; nous mettions la plupart d’entre eux à côté des modèles fameux de l’antiquité. » [^253]: La Pérouse, Voyage autour du monde, tome III, ch. XXV, p. 272 et 273. [^254]: La Pérouse, tome III, ch. XXV, p. 234 et 274. [^255]: Ibid., p. 278. [^256]: Bougainville, Voyage autour du monde, deuxième partie, tome II, ch. I, p. 51. [^257]: Cook, premier voyage, liv. I, ch. XVII, tome II, p. 537 et 538 ; deuxième voyage, tome II, ch. I, p. 82 et 83. [^258]: Cook, deuxième Voyage, tome II, ch. II, p. 163 et 164. — Bligh, Voyage à la mer du Sud, ch. V, p. 88. [^259]: Bougainville, Voyage autour du Monde, deuxième partie, tome II, p. 51. [^260]: Cook, troisième Voyage, liv. II, ch. X, tome III, p. 88. [^261]: Labillardière, Voyage à la recherche de La Pérouse, ch. XII, tome II, p. 176. [^262]: La Pérouse, Voyage autour du Monde, tome III, ch. XXVI, page 303. [^263]: Bougainville, deuxième partie, ch. III, tome II, p. 51. — Dentrecasteaux, tome I, ch. XIV, p. 320. — Cook, premier Voyage, liv. I, ch. XVII, tome II, p. 537 et 538. [^264]: La Perouse, tome IV, p. 25. [^265]: Cook, troisième Voyage, liv. V, ch. VII, tome VII, p. 83. [^266]: Broughton, Voy. de découvertes, t. I, liv. I, ch. IV, p. 103. [^267]: Wallis, Relation d’un voyage fait autour du Monde, ch. IV, tome II, p. 102, de la collection d’Hawkesvorth. [^268]: Rollin, Voyage de La Pérouse, tome IV, p. 19 et 20. — Forster, deuxième Voyage de Cook, t. II et III, p. 90, 91 et 141. [^269]: Cook, troisième Voyage, liv. I, ch. VIII, tome I, p. 319 et 321. [^270]: Cook, premier Voyage, liv. II, ch. X, tome III, p. 311 et 313. — Dans un combat à la manière anglaise, engagé entre un matelot de Cook et un indigène, le premier a eu l’avantage ; mais cet avantage peut être attribué autant à l’adresse qu’à la force. — Cook, deuxième Voyage, tome I, ch. VIII, p. 424 et 425. [^271]: Cook, troisième Voyage, liv. I, ch. VI, tome I, p. 198, 234 et 236. —Dentrecasteaux, Voyage à la recherche de La Pérouse, tome I, ch. II, p. 240. — Péron, Voyage de découvertes aux terres australes, tome I, liv. III, ch. XII, p. 280 et 283. [^272]: Péron, Voyage de découvertes aux terres australes, tome I, ch. XIII et XX, p. 280, 281, 286 et 449. [^273]: Ibid., liv. III, ch. XX, p. 450. [^274]: Cook, premier voyage, liv. II, ch. IV, t. IV, p. 48 et 49. — L. Freycinet, Voyage de découvertes aux terres australes, liv. II, ch. IX, p. 292. [^275]: Péron, Voyage de découvertes aux terres australes, tome I, liv. III, ch. XX, p. 451. [^276]: Péron, liv. II, ch. V, p. 81. [^277]: Forrest, cité par Malte-Brun, Précis de Géographie universelle, tome IV, liv. LXVIII, p. 380. [^278]: Cook, deuxième Voyage, tome IV, ch. III, p. 97. [^279]: Dentrecasteaux, Voyage à la recherche de La Pérouse, tome I, ch. XXV, p. 330. [^280]: Cook, deuxième Voyage, tome IV, chapitre III, pages 97 et 128. [^281]: Ibid., ch. VI, p. 346. — Bougainville, Voyage autour du Monde, deuxième partie, ch. IV, tome II, p. 90, ch. V, p. 114. — Dentrecasteaux, Voyage à la recherche de La Pérouse, tome I, ch. XIX, p. 414. — Dampier, nouveau Voyage autour du Monde, tome II, ch. XII et XVI, p. 3, 141 et 146. [^282]: Dentrecasteaux, Voyage à la recherche de La Pérouse, t. I, ch. XV, p. 330. — Labilladière, tome II, ch. XIII, page 210. — Cook, deuxième Voyage, liv. III, tome V, ch. I, p. 1, 2 et 4. [^283]: La Pérouse, Voyage autour du Monde, tome III, ch. XX, p. 127 et 128. [^284]: Ibid. ch. XIX, p. 104 et 105. [^285]: La Pérouse, Voyage autour du Monde, tome IV, p. 98 et 99. — Krusenstern, Voyage autour du Monde, tome II, ch. XV, p. 89. [^286]: La Pérouse, tome III, ch. XVIII, XX et XXI, p. 75, 125, 127, 128, 156, et tome IV, p. 90 et 91. [^287]: Mac-Leod, Voyage de l’Alceste, p. 110. — Macartney, Voyage en Chine et en Tartarie, tome III, ch. IV, p. 257. [^288]: Chardin, Voyage en Perse, tome III, ch. II, p. 403 et 404. [^289]: Voyage en Perse, tome VIII, p. 177. [^290]: Fischer et Georgi, cités par Malte-Brun, Précis de Géographie universelle, tome III, liv. LIX, p. 372 et 380. [^291]: Volney, Voyage en Syrie et en Égypte, tome I, ch. XXII, p. 357, 358 et 359. — Niebuhr, Description de l’Arabie, p. 45. [^292]: Kolbe, Description du cap de Bonne-Espérance, tome I, ch. IX, p. 333. [^293]: Peron, Voyages de découvertes aux terres australes, tome II, liv. IV, ch. XXXIII, p 308 et 309. — Le jugement que Barrow porte du Boschismans ou Bosjesmen est le même que celui de Péron. Sparrman, tome I, ch. V, p. 63 ; — Levaillant, deuxième voyage, tome III, p. 165, 166 et 181. [^294]: Sparrman, tome I, ch. V, p. 64 et 65. [^295]: Dampier, Nouveau Voyage autour du Monde, tome II, ch. XX, p. 215. [^296]: Sparrman, Voyage au cap de Bonne-Espérance, tome I, ch. V, p. 236 et 238. [^297]: Levaillant, deuxième Voyage dans l’intérieur de l’Afrique, tome III, p. 87 et 88. [^298]: Thumberg, Voyage en Afrique, ch. II, p. 117. — Barrow, nouveau Voyage dans la partie méridionale de l’Afrique, tome I, ch. I, p. 142. [^299]: Levaillant, premier Voyage dans l’intérieur de l’Afrique, tome II, p. 250 et 251. [^300]: Barrow, nouveau Voyage dans la partie méridionale de l’Afrique, tome I, ch. I, p. 148.
Barrow, après avoir dit que les Cafres ont les plus belles figures qu’il ait jamais vues, ajoute qu’un jeune homme d’environ vingt ans haut de six pieds dix pouces (anglais), avait la figure la plus belle qui eût peut-être été jamais créée. Il était, dit-il, un parfait Hercule ; et une statue faite sur son modèle n’aurait pas été déplacée sur le piédestal de cette divinité dans le palais Farnèse. Ibid.
Barrow, après avoir dit que les Cafres ont les plus belles figures qu’il ait jamais vues, ajoute qu’un jeune homme d’environ vingt ans haut de six pieds dix pouces (anglais), avait la figure la plus belle qui eût peut-être été jamais créée. Il était, dit-il, un parfait Hercule ; et une statue faite sur son modèle n’aurait pas été déplacée sur le piédestal de cette divinité dans le palais Farnèse. Ibid. [^301]: Salt, Voyage en Abissinie, tome I, ch. I, p. 46, 47, et 48. [^302]: Les peuples de ces côtes sont généralement peu connus : plusieurs sont un mélange de diverses espèces ou variétés. Voy. Malte-Brun, Précis de la Géographie universelle, tome V, liv. CXIII, p. 94 et 108. [^303]: De Grandpré, tome II, p. 13. [^304]: Histoire naturelle du Sénégal, p. 21 et 22. [^305]: « La hauteur des plus grands Lapons, dit Regnard, n’excède pas trois coudées, et je ne vois pas de figure plus propre à faire rire. Ils ont la tête grosse, le visage large et plat, le nez écrasé, les yeux petits, la bouche large, une barbe épaisse qui leur pend sur l’estomac. Tous leurs membres sont proportionnés à la petitesse du corps : leurs jambes sont déliées ; les bras longs, et toute cette petite machine semble remuée par un ressort... Voilà la description de ce petit animal qu’on appelle Lapon, et l’on peut dire qu’il n’y en a point, après le singe, qui approche plus de l’homme. » Voyage de Laponie, tome I, p. 118 et 119, édit. de 1823.
On peut comparer cette description des peuples qui habitent au-delà du soixante-cinquième degré de latitude boréale, à celle des hommes qui habitaient jadis dans la partie la plus méridionale de l’Europe, et qui servirent aux sculpteurs grecs de modèle pour faire l’image de leurs dieux.
On peut comparer cette description des peuples qui habitent au-delà du soixante-cinquième degré de latitude boréale, à celle des hommes qui habitaient jadis dans la partie la plus méridionale de l’Europe, et qui servirent aux sculpteurs grecs de modèle pour faire l’image de leurs dieux. [^306]: Des physiologistes anglais en ont été particulièrement frappés. W Lawrence’s Lectures on physiology, zoology, and the natural history of man, delivered at the royal college of Surgeons, chap. IV, p. 352 et 353. [^307]: Cæs. Bell. gall., lib. I, cap. VIII.
Si les descendants des Gaulois faisaient aujourd’hui la description des descendants des Germains, ils vanteraient sans doute leur courage ; mais ils n’en feraient pas cependant un portrait si effrayant. Faut-il penser que les uns ont dégénéré et que les autres se sont perfectionnés ? Le climat d’Allemagne est-il devenu plus chaud, ou celui de France s’est-il refroidi ? Il est remarquable que César fait lui-même sur les Gaulois une observation analogue à celle que les Gaulois faisaient eux-mêmes sur les Germains. « Leur taille avantageuse, dit-il, fait mépriser aux Gaulois la petitesse de la nôtre » (Ibid. c. VII) ; d’où l’on pourrait conclure ou que les Romains étaient des nains, ou que les Germains étaient des géants.
Si les descendants des Gaulois faisaient aujourd’hui la description des descendants des Germains, ils vanteraient sans doute leur courage ; mais ils n’en feraient pas cependant un portrait si effrayant. Faut-il penser que les uns ont dégénéré et que les autres se sont perfectionnés ? Le climat d’Allemagne est-il devenu plus chaud, ou celui de France s’est-il refroidi ? Il est remarquable que César fait lui-même sur les Gaulois une observation analogue à celle que les Gaulois faisaient eux-mêmes sur les Germains. « Leur taille avantageuse, dit-il, fait mépriser aux Gaulois la petitesse de la nôtre » (Ibid. c. VII) ; d’où l’on pourrait conclure ou que les Romains étaient des nains, ou que les Germains étaient des géants. [^308]: Cæs, Bell. gall. lib. VI, cap. IV. [^309]: Esprit des lois, liv. XIV, ch. II. [^310]: « Nulle part, dit M. Alexandre de Humboldt, on ne reconnaît mieux l’ordre admirable avec lequel les différentes tribus de végétaux se suivent comme par couches, les unes au-dessus des autres, qu’en montant depuis le port de la Vera-Cruz vers le plateau de Perote. C’est là qu’à chaque pas on voit changer la physionomie du pays, l’aspect du ciel, le port des plantes, la figure des animaux, les mœurs des habitants et les genres de culture auxquels il se livrent. » Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, tome II, liv. III, ch. VIII, p. 336.
Ce savant voyageur dit ailleurs : « Ces considérations générales sur la division physique de la Nouvelle-Espagne, offrent un grand intérêt politique. En France, même dans la plus grande partie de l’Europe, l’emploi du territoire et les divisions agricoles dépendent presque entièrement de la latitude géographique ; dans les régions équinoxiales du Pérou, dans celles de la Nouvelle-Grenade et du Mexique, le climat, la nature des productions, l’aspect, j’ose le dire, la physionomie du pays, sont uniquement modifiés par l’élévation du sol au-dessus de la surface des mers. L’influence de la position géographique se perd auprès de l’effet de cette élévation. Des lignes de culture semblables à celles qu’Arthur Young et M. Decandolle ont tracées sur les projections horizontales de la France ne peuvent être indiquées que sur des profils de la Nouvelle-Espagne.
« Sous les dix-neuvième et vingt-deuxième degrés de latitude, le sucre, le coton, surtout le cacao et l’indigo, ne viennent abondamment que jusqu’à six ou huit cents mètres de hauteur. Le froment d’Europe occupe une zone qui, sur la pente des montagnes, commence généralement à quatorze cents, et finit à trois mille mètres. Le bananier (musa paradisiaca), plante bienfaisante qui constitue la nourriture principale de tous les habitants des tropiques, ne donne presque plus de fruit au-dessus de quinze cent cinquante mètres. Les chênes du Mexique ne végètent qu’entre huit cents mètres et trois mille cents mètres. Les pins ne descendent vers les côtes de la Vera-Cruz que jusqu’à dix-huit cent cinquante mètres ; mais aussi ces pins ne s’élèvent, près de la limite des neiges perpétuelles, que jusqu’à quatre mille mètres de hauteur. »
Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, tome I, liv. I, ch. 21, p. 290 et 291.
Ce savant voyageur dit ailleurs : « Ces considérations générales sur la division physique de la Nouvelle-Espagne, offrent un grand intérêt politique. En France, même dans la plus grande partie de l’Europe, l’emploi du territoire et les divisions agricoles dépendent presque entièrement de la latitude géographique ; dans les régions équinoxiales du Pérou, dans celles de la Nouvelle-Grenade et du Mexique, le climat, la nature des productions, l’aspect, j’ose le dire, la physionomie du pays, sont uniquement modifiés par l’élévation du sol au-dessus de la surface des mers. L’influence de la position géographique se perd auprès de l’effet de cette élévation. Des lignes de culture semblables à celles qu’Arthur Young et M. Decandolle ont tracées sur les projections horizontales de la France ne peuvent être indiquées que sur des profils de la Nouvelle-Espagne.
« Sous les dix-neuvième et vingt-deuxième degrés de latitude, le sucre, le coton, surtout le cacao et l’indigo, ne viennent abondamment que jusqu’à six ou huit cents mètres de hauteur. Le froment d’Europe occupe une zone qui, sur la pente des montagnes, commence généralement à quatorze cents, et finit à trois mille mètres. Le bananier (musa paradisiaca), plante bienfaisante qui constitue la nourriture principale de tous les habitants des tropiques, ne donne presque plus de fruit au-dessus de quinze cent cinquante mètres. Les chênes du Mexique ne végètent qu’entre huit cents mètres et trois mille cents mètres. Les pins ne descendent vers les côtes de la Vera-Cruz que jusqu’à dix-huit cent cinquante mètres ; mais aussi ces pins ne s’élèvent, près de la limite des neiges perpétuelles, que jusqu’à quatre mille mètres de hauteur. »
Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, tome I, liv. I, ch. 21, p. 290 et 291. [^311]: « La nature, dit Raynal, avait pourvu au bonheur des Malais ; un climat doux, sain, et rafraîchi par les vents et les eaux, sous le ciel de la zone torride ; une terre prodigue de fruits délicieux, qui pourraient suffire à l’homme sauvage, ouverte à la culture de toutes les productions nécessaires à la société ; des bois d’une verdure éternelle ; des fleurs qui naissent à côté des fleurs mourantes ; un air parfumé ; des odeurs vives et suaves qui s’exhalent de tous les végétaux d’une terre aromatique, allument le feu de la volupté dans les êtres qui respirent la vie. » Histoire philosophique des deux Indes, tome I, liv. I, p. 172. [^312]: Alexandre de Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, liv. II, ch. V, tome II, p. 377 et 378 ; et tome III, liv. III, ch. IX, p. 259 et 260. [^313]: Roberson’s History of America, book VII. Voyez aussi les Lettres de Carli, les Discours philosophiques d’Ulloa, et l’Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, liv. II, chapitre V, par M. de Humboldt. [^314]: Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, tome II, liv. III, ch. VIII, p. 142. [^315]: Ibid., p. 268. [^316]: Robertson’s History of America, b. iv, vol. II, pag. 141 et 142. [^317]: Ibid., p. 139, 140 et 141. [^318]: De Humboldt, Tableaux de la nature, tome I, p. 62. [^319]: Depons, Voyage à la partie orientale de la Terre-Ferme, tome I, ch. IV, p. 309 et 311. [^320]: « La diversité et la multitude d’insectes dont il se forme un nuage qui couvre ces îles, les rendent inhabitables pour quiconque n’y a pas vu le jour. Cette incommodité en a éloigné jusqu’ici les missionnaires. » Depons, t. I, p. 310 et 311. [^321]: Tableaux de la nature, tome I, p. 39 et 40. [^322]: Azara, Voyage dans l’Amérique méridionale, tome II, ch. X et XI, p. 56, 57, 173 et 174. [^323]: Depons, Voyage à la partie orientale de la Terre-Ferme, tome I, ch. IV, p. 295. — Cette communauté de biens qui annonce l’enfance de la civilisation, est cependant démentie par Robertson, dont le témoignage pourrait balancer au moins celui d’Azara et de Depons si la même communauté n’avait pas été également constatée chez les Indiens du Nord. Robertson’s History of America, vol. II, note 35, p. 396. [^324]: Depons, Voyage à la partie orientale de la Terre-Ferme, tome III, ch. XI, p. 318. [^325]: De Humboldt, Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, tome II, liv. III, ch. VIII, p. 409. [^326]: Tableaux de la nature, tome I, p. 62 et 63. [^327]: De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, tome III, liv. III, ch. IX, p, 259 et 260 ; et tome VI, liv. VII, ch. XIX, p. 165, 268 et 269. [^328]: Histoire philos. des deux Indes. [^329]: Ulloa, Discours philosophiques, tome II, Dis. XXI, p. 94. Les vieillards péruviens civilisés ne savent pas même tenir compte du nombre de leurs années*. Ibid.,* tome II, p. 33 et 35. — M. de Humboldt a observé la même ignorance au Mexique. Essai polit., tome I, liv. II, ch. vi, p. 393. [^330]: De Humboldt, Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, tome I, liv. II, ch. VI, p. 429. — Depons, Voyage à la partie orientale de la Terre-Ferme, tome I, ch. III, p. 263. [^331]: Depons, tome I, ch. IV, p. 340. [^332]: Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, tome I, liv. II, ch. V, p. 357. [^333]: De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, tome II, ch. IV. p. 259 ; et tome VI, liv. VII, ch. XIX, p. 301. — Tableaux de la nature, tome I, p. 62, 195 et 201. [^334]: « Les missionnaires profitent de ces occasions pour les catéchiser, dit Depons en parlant des Indiens qui vont vendre du poisson aux Espagnols ; mais s’il faut en juger par le peu de succès de leur morale depuis plus d’un siècle, ces Indiens persistent dans la vie sauvage plus par convenance que par l’ignorance des avantages que promet la vie civile. » Voyage à la partie orientale de la Terre-Ferme, tome I, ch. IV, pag. 310 et 311. — Quels avantages en effet, s’ils sont tels que nous les décrit M. de Humboldt et Depons lui-même ! [^335]: « Sous la zone torride, dit M. de Humboldt, les peuples chasseurs sont extrêmement rares. » Voyage aux régions équinox., liv. III, ch. IX, tome III, p. 297 et 298. [^336]: Robertson’s Hist. of America, vol. II, p. 396. [^337]: Azara, Voyage dans l’Amérique mérid., tome II, chap. XI, p. 176 et 177. [^338]: Ulloa, Discours philosophiques, tome II, Disc. XXII, p. 126, et Azara, Voyage dans l’Amérique méridionale, tome II, chap. X, page 144. [^339]: De Humboldt, Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, tome II, liv. III, ch. VIII, p. 377 et 378. — Azara, Voyage dans l’Amérique méridionale, tome II, ch. X, p. 13, 17, 152 et 163. [^340]: Azara, ibid., p. 52. [^341]: Bougainville, Voyage autour du Monde, première partie, ch. VIII, tome I, p. 164, 165 et 166. [^342]: De Humboldt, Essai polit. sur la Nouvelle-Espagne, tome II, liv. III, ch. VIII, p. 377 et 398. — Azara, Voyage dans l’Amérique méridionale, tome II, ch. X, p. 12. [^343]: Wallis, Relation d’un Voyage fait autour du Monde, ch. II, tome II, p. 65 et 66. [^344]: Cook, premier Voyage, liv. I, chi V, tome II, p. 335. [^345]: Wallis, Relation d’un Voyage fait autour du Monde, tome II, ch. II, p. 44, 45, 65, 66 et 67. [^346]: Bougainville, Voyage autour du Monde, première partie, ch. IX, tome I, p. 196. — Cook, premier voyage, liv. I, chap. III, tome II, p. 321. — Wallis, Voyage autour du Monde, chap. II, tome II, p. 47. [^347]: Cook, premier Voyage, livre I, chap. V, tome II, p. 341, et deuxième Voyage, ch. V, tome V, p. 205. — Bougainville, Voyage autour du Monde, première partie, chap. IX, tome I, page 198. — Wallis, Voyage autour du Monde, chap. II, tome II, pages 65 et 66. [^348]: Ellis, Voyage à la baie d’Hudson, p. 177 et 178. [^349]: Mackenzie, premier Voyage dans l’intérieur de l’Amérique septentrionale, ch. IV, tome II, p. 23.
Raynal assure que les Esquimaux passent l’hiver sous des huttes construites de cailloux liés entre eux par un ciment de glace ; et que la chaleur de leur sang et de leur haleine, jointe au feu d’une lampe, suffit pour changer leurs cases en étuves. Voilà, sans contredit, des étuves bien cimentées. Histoire philosoph. des deux Indes, tome VIII, liv. XVII, p. 359.
Raynal assure que les Esquimaux passent l’hiver sous des huttes construites de cailloux liés entre eux par un ciment de glace ; et que la chaleur de leur sang et de leur haleine, jointe au feu d’une lampe, suffit pour changer leurs cases en étuves. Voilà, sans contredit, des étuves bien cimentées. Histoire philosoph. des deux Indes, tome VIII, liv. XVII, p. 359. [^350]: Lahontan, Voyage dans l’Amérique septentrionale, tome I, lettre XIII, p. 101. [^351]: Charlevoix, Nouvelle-France, tome II, liv. IX, p. 158.
Voyez, sur l’agriculture des indigènes de l’Amérique du nord, Lahontan, Voyage dans l’Amérique septentrionale, tome I, p. 100, 117, 161 et 170, et tome II, p. 110 et 153 ; — Charlevoix, Nouvelle-France, tome I, liv. IV, p. 230 ; tome II, liv. IX, p. 158 ; liv. X, p. 252 ; liv. XI, p. 355 ; tome III, liv. XVI, p. 253 et 295 ; tome IV, liv. XX, p. 119 ; — Weld, Voyage au Canada, tome III, ch. XXXIV, p. 32 ; — Lervis et Clarke, Voyage à l’océan Pacifique, p. 71, 73, 83, 84, 94, 402, 420 et 421 ; — Hennepin, Description de la Louisiane, p. 83, 84, 137 et 138 ; — Charlevoix, Nouvelle-France, tome III, liv. XII, p. 22 et 23 ; tome IV, liv. XX, p. 192.
Voyez, sur l’agriculture des indigènes de l’Amérique du nord, Lahontan, Voyage dans l’Amérique septentrionale, tome I, p. 100, 117, 161 et 170, et tome II, p. 110 et 153 ; — Charlevoix, Nouvelle-France, tome I, liv. IV, p. 230 ; tome II, liv. IX, p. 158 ; liv. X, p. 252 ; liv. XI, p. 355 ; tome III, liv. XVI, p. 253 et 295 ; tome IV, liv. XX, p. 119 ; — Weld, Voyage au Canada, tome III, ch. XXXIV, p. 32 ; — Lervis et Clarke, Voyage à l’océan Pacifique, p. 71, 73, 83, 84, 94, 402, 420 et 421 ; — Hennepin, Description de la Louisiane, p. 83, 84, 137 et 138 ; — Charlevoix, Nouvelle-France, tome III, liv. XII, p. 22 et 23 ; tome IV, liv. XX, p. 192. [^352]: G. Dixon, Voyage autour du Monde, tome II, p. 11 et 12. [^353]: La Pérouse, Voyage autour du Monde, tome II, ch. IX, p. 233. — Fleurieu, Voyage du capitaine Marchand, tome II, ch. IV, V et VI, p. 4-236. — G. Dixon, Voyage autour du Monde, tome II, p. 11 et 24. — Cook, troisième Voyage, liv. IV, ch. III ; tome v, p. 129 et 161. [^354]: G. Dixon, Voyage autour du Monde, tome I, p. 435 et 436. — Vancouver, Voyage à la côte nord-ouest de l’Amérique septentrionale, tome II, p. 24-25. [^355]: On a découvert, sur le Missouri, une fortification de mille deux cent cinquante toises de long, et parallèle à cette rivière, « La description de cette fortification correspond exactement à celle des nombreuses fortifications anciennes, découvertes dans la partie de l’ouest, et qui sont représentées comme étant généralement d’une forme oblongue, et situées dans une position forte et bien choisie, en même temps qu’elles sont contiguës à quelque rivière. D’après l’examen qui a été fait de ces ouvrages, on a supposé qu’ils avaient été construits depuis plus de mille ans, ou sept cents ans avant la découverte de l’Amérique par Colomb. Il paraît qu’ils ont tous été érigés à la même époque dans toute la vaste étendue ou du moins dans la plus grande partie du pays borné par les monts Alleghany à l’est, par les montagnes pierreuses à l’ouest, et qui sont placées sous les latitudes les plus favorables de l’Amérique septentrionale. » Lewis et Clarke, Voyage à l’océan Pacifique, chap. III, pag. 40 et 41.
Il existe dans l’Amérique méridionale, comme sur le Missouri et à l’ouest des monts Alleghany, des traces d’un peuple plus civilisé que les habitants actuels, et qui avait disparu même avant la conquête des Espagnols. De Humboldt, Voyage aux régions équinox., liv. VI, ch. XVII, tome VI, p. 65 et 66.
Il existe dans l’Amérique méridionale, comme sur le Missouri et à l’ouest des monts Alleghany, des traces d’un peuple plus civilisé que les habitants actuels, et qui avait disparu même avant la conquête des Espagnols. De Humboldt, Voyage aux régions équinox., liv. VI, ch. XVII, tome VI, p. 65 et 66. [^356]: Volney, Tableau du climat et du sol des États-Unis. [^357]: La Pérouse, Voyage autour du Monde, tome III, ch. XXV, p. 275 et 277. — Fleurieu, Voyage du capitaine Marchand, tome I, ch. II, p. 190. — Bougainville, Voyage autour du Monde, tome II, deuxième partie, ch. II, p. 62. — Labillardière, Voyage à la recherche de La Pérouse, tome II, ch. XII, p. 118 et 144. [^358]: Cook, premier Voyage, tome II, liv. I, ch. XVIII, p.590. [^359]: Le défrichement qui précède une plantation, dit Cook en parlant des habitants de Tanna, doit être un travail bien pénible, en considérant les instruments aratoires dont se servent les habitants, et qui, quoique inférieurs à ceux des îles de la Société, sont faits sur le même modèle. Leur pratique néanmoins est judicieuse et aussi expéditive qu’elle peut l’être. Ils coupent les petites branches des grands arbres, creusent la terre sous les racines, et ils brûlent les branches, les arbustes et toutes les plantes qu’ils déracinent. Cook, deuxième Voyage, tome IV, ch. V, p. 292. Ce peuple, placé sous le dix-neuvième degré trente-deux minutes de latitude australe, appartient à une variété de nègres. [^360]: Krusenstern, Voyage autour du Monde, tome I, chap. IX, p. 204 et 220, — Forster, cité dans le deuxième Voyage de Cook, tome III, ch. IV, p. 197 et 200. [^361]: Fleurieu, Voyage du capitaine Marchand, tome I, ch. II, page 190. [^362]: La Pérouse, Voyage autour du Monde, tome III, ch. XXIV, p. 235 et 236. [^363]: La Pérouse, ch. XXV, p. 282. [^364]: La Pérouse, Voyage autour du Monde, tome III, ch. XXIV, p. 235 et 236. [^365]: Ibid., tome III, ch. XXV, p. 275 et 281. [^366]: Cook, deuxième Voyage, tome II, p. 45, 46, 47 et 135. [^367]: Bougainville, Voyage autour du Monde, deuxième partie, ch. III, tome II, p. 68. — Dentrecasteaux, Voyage à la recherche de La Pérouse, tome I, ch. XIV, p. 311. [^368]: Cook, troisième Voyage, liv. II, ch. X, tome III, p. 79 et 80. [^369]: Cook, premier Voyage, liv. I, ch. XVII, tome II, p. 601, et Bougainville, deuxième partie, ch. III, tome II, p. 68. [^370]: Cook, troisième Voyage, liv. III, ch. VIII, tome IV, p. 91. — Wallis, Voyage autour du Monde, chap. VIII, tome II, pages 194 et 195. [^371]: Cook, premier Voyage, liv. I, ch. XIX, tome II, p. 603, 604, 611 et 613. [^372]: Dentrecasteaux, Voyage à la recherche de La Pérouse, tome I, ch. XIV, p. 318. — Labillardière, ch. XII, tome II, p. 149. [^373]: Cook, deuxième Voyage, liv. II, ch. II, tome II, p. 331, et troisième Voyage, liv. II, ch. IV et VIII, p. 139 et 295. [^374]: Dentrecasteaux, Voyage à la recherche de La Pérouse, tome I, ch. XIV, p. 308. [^375]: Cook, troisième Voyage, tome VII, liv. V, ch. V, VI et VII. [^376]: La Pérouse, Voyage autour du Monde, tome II, chap. VI, page 128. [^377]: Cook, troisième Voyage, tome IV, liv. III, ch. XI, p. 287, et tome VII, liv. V, ch. VII, p. 92. [^378]: Cook, deuxième Voyage, tome III, ch. II, p. 159 et 160. [^379]: La Pérouse, tome II, ch. V, p. 116. [^380]: Forster, cité dans le deuxième Voyage de Cook, tome III, p. 126 et 127. — La Pérouse, tome II, ch. IV, p. 107. [^381]: La Pérouse, tome II, ch. IV, p. 106. — Cook, deuxième Voyage, tome III, ch. II, p. 136. [^382]: Forster, deuxième voyage de Cook, tome III, ch. II, p. 106. — La Pérouse, tome II, ch. IV, p. 106. [^383]: La Pérouse, tome II, ch. IV, p. 101. [^384]: Cook, deuxième Voyage, tome III, ch. III, p. 147. [^385]: Cook, premier Voyage, tome III, liv. II, ch. III, IV et XI, p. 79, 144 et 340. — Troisième Voyage, tome I, liv. I, chap. VIII, page 327. [^386]: Forster, cité dans le deuxième Voyage de Cook, tome II, liv. II, ch. IV, page 445. [^387]: Anderson, troisième Voyage de Cook, tome I, liv. I, ch. VIII, p. 331 et 332. [^388]: Forster, cité dans le deuxième Voyage de Cook, tome I, ch. VII, p. 424 et 439. [^389]: Cook, troisième Voyage, tome I, liv. I, ch. VII, pages 259 et 290. [^390]: Anderson, troisième Voyage de Cook, tome I, liv. I, ch. VI, p. 232 et 233. [^391]: Dentrecasteaux, Voyage à la recherche de La Pérouse, tome I, ch. IV, p. 56. — Cook, troisième Voyage, tome I, liv. I, ch. VI, p. 199. — Labillardière, Voyage à la recherche de la Pérouse, tome I, ch. V, p. 167, et tome II, ch. X et XI, p. 55, 56 et 72. [^392]: Dentrecasteaux, Voyage à la recherche de La Pérouse, tome I, ch. XI, p. 229. Labillardière, tome II, ch. X, pages 35 et 50. — Péron, Voyage de découvertes aux terres australes, tome I, liv. III, ch. XII, p. 229 et 230. [^393]: Péron, Voyage de découvertes aux terres australes, tome I, liv. III, ch. XX, p. 448. — Dentrecasteaux, Voyage à la recherche de La Pérouse, tome I, ch. IV, p. 61. [^394]: L. Freycinet, Voyage de découvertes aux terres australes, liv. II, ch. I, p. 44 et 61. — Dentrecasteaux, tome I, ch. IV, p. 93. — Labillardière, tome I, ch. V, p. 184 et 185. [^395]: Péron, tome I, liv. II, ch. XIII, p. 269. — Dentrecasteaux, tome I, ch. IV, p. 56. — Labillardière, tome I, ch. V, p. 177. — Cook, troisième Voyage, tome I, liv. I, ch. VI, p. 200. — Anderson, troisième Voyage de Cook, liv. I, ch. VI, tome I, p. 232. [^396]: L. Freycinet, Voyage de découvertes aux terres australes, liv. II, ch. I, p. 43. — Péron, Voyage de découvertes aux terres australes, tome I, liv. III, ch. XX, p. 448. [^397]: Cook, premier Voyage, tome IV, liv. III, ch. VI, p. 145. — Péron, Voyage aux terres australes, tome II, liv. V, ch. XXXVIII, page 372. [^398]: L. Freycinet, Voyage de découvertes aux terres australes, liv. II, ch. IV et V, p. 148 et 162. — Péron, Voyage de découvertes aux terres australes, tome II, liv. IV, ch. XXVII, p. 151. — Dampier, nouveau Voyage autour du Monde, tome II, ch. XVI, p. 143. — Phillip., Voyage à Botany-Bay, ch. XIV, p. 162. [^399]: White, Voyage à la Nouvelle-Galles du sud, p. 135. [^400]: Péron, Voyage aux terres australes, tome II, liv. IV, ch. XXX, p. 207 et 214. [^401]: Cook, premier Voyage, tome III, liv. III, ch. I, p. 400, et tome IV, ch. VI, p. 159 et 161. — L. Freycinet, Voyage de découvertes, livre II, ch. IX, p. 293. [^402]: Dampier, nouveau Voyage autour du Monde, tome II, ch. XVI, p. 143. [^403]: L. Freycinet, Voyage de découvertes aux terres australes, liv. II, ch. IX, p. 294. [^404]: Péron, Voyage de découvertes aux terres australes, tome I, liv. III, ch. XX, p. 450. [^405]: Labillardière, Voyage à la recherche de La Pérouse, tome II, ch. XIII, p. 193. [^406]: Cook, deuxième Voyage, tome IV, ch. VIII, p. 434, 447, 451 et 452. — Dentrecasteaux, Voyage à la recherche de La Pérouse, tome I, ch. VI, p. 356. — Labillardière, tome II, ch. XIII, p. 212. [^407]: Labillardière, tome II, ch. XII, p. 247. [^408]: Cook, deuxième Voyage, tome IV, ch. VI, p. 356. [^409]: Cook, deuxième Voyage, tome IV, ch. V et VI, p. 232, 259, 292 et 336. — Forster, ibid., p. 271. [^410]: Cook, deuxième Voyage, tome IV, ch. III, p. 126. [^411]: Hawkesbury et Abel Tasman, cités par Malte-Brun, tome IV, liv. LXXVIII, p. 380 et 381. [^412]: Les habitants de la terre de Van-Diemen et de la Nouvelle-Hollande, n’appartiennent pas à l’espèce malaie, ainsi que je l’ai déjà fait observer ; mais l’infériorité des premiers ne peut pas être attribuée à la différence d’espèce ou de race ; premièrement parce que cette infériorité se trouve en grande partie chez les habitants de la Nouvelle-Zélande, qui sont incontestablement d’espèce malaie ; et, en second lieu, parce qu’il existe, entre les peuples de la terre de Van-Diemen, et des peuples de même espèce plus avancés vers l’équateur, des différences intellectuelles très marquées. [^413]: Voyez Malte-Brun, Précis de la Géographie universelle, tome III, liv. XLVI, p. 5 et suiv. [^414]: Raynal, tome III, liv. V, p. 129 et 130. [^415]: Voyez le Voyage de Pallas. [^416]: Krusenstern, Voyage autour du Monde, tome II, ch. XXI, p. 288 et 290. — La Pérouse, tome III, ch. III, p. 208. [^417]: Broughton, Voyage de découvertes, tome II, liv. II, ch. VI, page 208. [^418]: La Pérouse, tome III, ch. XXI, p. 150 et 151. [^419]: La Pérouse, tome III, ch. XIX, p. 105 et 106, et tome IV, page 1oo. [^420]: La Pérouse, tome III, ch. XVII, p.46. — Broughton, tome II, liv. II, ch. VII, p. 235 et 241. [^421]: Coxe, Nouvelles découvertes des Russes entre l’Asie et l’Amérique, première partie, ch. XII et XV, p. 160 à 166. [^422]: La Pérouse, tome III, ch. XIX, p. 115. [^423]: La Pérouse, tome III, ch. XVIII, p. 73 et 78. [^424]: Ibid., ch. XX, pag. 126. — Rollin, Voyage de La Pérouse, tome IV, p. 94 et 95. [^425]: La Pérouse, tome III, ch. XVI, p. 73 et 78. [^426]: Broughton, tome I, liv. I, ch. V, p. 142, 145 et 162. [^427]: Broughton, tome II, liv. II, ch. II et III. [^428]: Les Chinois, même lorsqu’ils ont admis chez eux des Européens qu’ils voulaient honorer, tels que des ambassadeurs, ne leur ont pas laissé la liberté de visiter le pays. « Nous résidions au milieu de Pékin, dit lord Macartney ; mais on ne nous permettait pas de nous y promener à notre gré ; nous étions, au contraire, gardés chez nous comme dans une espèce de prison. » Voyage en Chine et en Tartarie, tome V, ch. I, p. 226. [^429]: Macartney, tome II, ch. III et IV, p. 234, 270 et 324 ; et tome IV, ch. I et II, p. 21, 115 et 116. — Barrow, Voyage en Chine, tome II, p. 227, et tome III, ch. XII, p. 73 et 74. — Raynal, Hist. philosph., tome I, liv. I, p. 193. [^430]: Marcartney, tome IV, ch. II, p. 116. [^431]: Barrow, Voyage en Chine, tome III, ch. XII, p. 69 et 70. [^432]: Voyage en Chine et en Tartarie, t. III, ch. IV, p. 258 et 259. [^433]: Barrow, Voyage en Chine, tome II, ch. VII, p. 53 et 54. [^434]: Ibid., tome I, ch. IV, p. 297. [^435]: Ibid., tome III, ch. XIII, P. 106. [^436]: Mac-Leod, Voyage de l’Alceste, ch. V, p. 197. — Macartney, tome V, ch. I, p. 222. — Barrow, tome II, ch. VII, p. 18 et 23. [^437]: Macartney, tome III, ch. IV, p. 263. [^438]: Ibid., ch. I, p. 165 et 169. [^439]: Barrow, Voyage en Chine, tome I, ch. III, p. 154, 155, 172 et 210. — Macartney, tome II, ch. III, p. 229. [^440]: Barrow, Voyage en Chine, tome I, ch. III, p. 182 et 183. [^441]: Chardin, Voyage, en Perse, tome III, p. 267 et 268. [^442]: Niebuhr, Voyage en Arabie, tome II, p. 137. — Chardin, tome III, p. 269 et 270. [^443]: Chardin, tome IV, ch. XVII, p. 97. [^444]: Niebuhr, tome II, p. 98. — Chardin, tome II, p. 304 et 305. [^445]: Langlès, mémoire sur Persépolis, inséré dans sa collection de Voyages. [^446]: Chardin, tome IV, p. 136. [^447]: « En Orient, dit Chardin, les négociants sont des gens sacrés à qui on ne touche jamais ; même durant la guerre, eux et leurs effets passent libres au milieu des armées. C’est à leur égard surtout que la sûreté des chemins est si grande en toute l’Asie, et particulièrement en Perse. » Tome IV, ch. XIX, p. 159. [^448]: Chardin, tome IV, ch. II, p. 225 et 231. [^449]: Si les proverbes d’un peuple ne sont pas toujours une preuve de la bonté de ses mœurs, ils sont du moins une preuve de son intelligence. Voici quelques-uns de ceux que Chardin a recueillis en Perse :
« L’ignorance est une rosse qui fait broncher à chaque pas celui qui la monte, et qui rend ridicule celui qui la mène.
« Qui augmente ses expériences, augmente sa science ; qui augmente sa crédulité augmente ses erreurs.
« Quiconque n’apprend pas une profession à son enfant, ne fait pas autrement que s’il lui enseignait la filouterie.
« La faim est un nuage d’où il sort une pluie d’éloquence et de science ; la satiété est un nuage d’où il sort une pluie d’ignorance et de grossièreté ; quand le ventre est vide, le corps devient esprit ; mais quand il est rempli l’esprit devient corps.
« Ne prenez jamais de maison dans un quartier dont le menu peuple est tout ensemble ignorant et dévot.
« N’ayez jamais de querelle contre trois hommes à la fois, de peur qu’un ne se fasse partie et les deux autres témoins.
« Craignez qui vous craint. » Chardin, tome V, ch. XII.
« L’ignorance est une rosse qui fait broncher à chaque pas celui qui la monte, et qui rend ridicule celui qui la mène.
« Qui augmente ses expériences, augmente sa science ; qui augmente sa crédulité augmente ses erreurs.
« Quiconque n’apprend pas une profession à son enfant, ne fait pas autrement que s’il lui enseignait la filouterie.
« La faim est un nuage d’où il sort une pluie d’éloquence et de science ; la satiété est un nuage d’où il sort une pluie d’ignorance et de grossièreté ; quand le ventre est vide, le corps devient esprit ; mais quand il est rempli l’esprit devient corps.
« Ne prenez jamais de maison dans un quartier dont le menu peuple est tout ensemble ignorant et dévot.
« N’ayez jamais de querelle contre trois hommes à la fois, de peur qu’un ne se fasse partie et les deux autres témoins.
« Craignez qui vous craint. » Chardin, tome V, ch. XII. [^450]: Kolbe, Description du cap de Bonne-Espérance, tome I, ch. VI, p. 58 et 59. [^451]: Sparrman, Voyage au cap de Bonne-Espérance, tome I, ch. V, p. 263 à 265. — Thumberg, Voyage en Afrique et en Asie, ch. VI, p. 120, 150 et 151. — Kolbe, tome I, ch. XVI, p. 241. — Levaillant, premier voyage dans l’intérieur de l’Afrique, tome II, p. 283, 284, 298 et 299 ; et deuxième Voyage, tome I, p. 128, 129, 199, 229 et 232, et tome III, p. 412 et 413. [^452]: Dampier, tome II, ch. XX, p. 215. — Kolbe, tome I, ch. XIX, p. 289 à 291. — Sparrman, Voyage au cap de Bonne-Espérance, tome I, ch. V, p. 256 à 258. — Levaillant, premier Voyage, tome II, p. 37 et 38. [^453]: Dampier, t. II, ch. XX, p. 214. — Thumberg, ch. III, p. 108. [^454]: L. Degrandpré, Voyage à la côte occidentale d’Afrique, tome II, p. 186 et 187. — Dampier, tome II, ch. XX, p. 213. Kolbe, tome I, ch. XVI. [^455]: Histoire polit. et philosoph, des deux Indes, tome I, livre II, page 393. [^456]: Levaillant, premier Voyage, tome II, p. 228, 255 et 256. [^457]: Barrow, nouveau Voyage dans la partie méridionale de l’Afrique, tome I, ch. I, p. 144 et 145. [^458]: H. Salt, Voyage en Abyssinie, tome I, p. 15 et 16. [^459]: Mollien, Voyage dans l’intérieur de l’Afrique, tome I, ch. II, p. 103 et 104 ; ch. III, p. 255 et 256, et ch. IV, p. 287 et 288. [^460]: J. Mathews, A voyage to the river Sierra-Leone, lett. II, III, IV, V et VI. — J. Degrandpré, Voyage à la côte occidentale d’Afrique, chap. I et II. — Mollien, Voyage dans l’intérieur de l’Afrique, ch. II et V. [^461]: L’Égypte a été si souvent décrite, qu’on ne peut rien dire sur ses monuments, sans répéter ce que presque tout le monde sait. Cependant, je ne puis m’empêcher de faire connaître ici l’impression que produisit sur un voyageur l’aspect des ruines qui couvrent le sol de ce pays :
« Qu’on ne me parle plus de Rome, écrivait Norden au baron Stosch ; que la Grèce se taise, si elle ne veut pas être convaincue qu’elle n’a jamais rien su que par le moyen de l’Égypte. Quelle vénérable architecture ! quelle magnificence ! quelle mécanique ! quelle nation enfin, qui a eu le courage d’entreprendre des ouvrages si surprenants ; ils surpassent, en vérité, l’idée qu’on s’en peut former. » Norden, Voyage d’Égypte et de Nubie, p. 46 de la préface. L’armée française tout entière éprouva à l’aspect des mêmes ruines un sentiment semblable à celui de Norden. Denon, tome II, p. 27.
« Qu’on ne me parle plus de Rome, écrivait Norden au baron Stosch ; que la Grèce se taise, si elle ne veut pas être convaincue qu’elle n’a jamais rien su que par le moyen de l’Égypte. Quelle vénérable architecture ! quelle magnificence ! quelle mécanique ! quelle nation enfin, qui a eu le courage d’entreprendre des ouvrages si surprenants ; ils surpassent, en vérité, l’idée qu’on s’en peut former. » Norden, Voyage d’Égypte et de Nubie, p. 46 de la préface. L’armée française tout entière éprouva à l’aspect des mêmes ruines un sentiment semblable à celui de Norden. Denon, tome II, p. 27. [^462]: Dans une partie de la nation, dit M. de Humboldt, le développement intellectuel peut faire des progrès très marquants, sans que la situation des dernières classes devienne plus heureuse. Presque tout le nord de l’Europe nous confirme cette triste expérience ; il y existe des pays dans lesquels, malgré la civilisation vantée des hautes classes de la société, le cultivateur vit encore aujourd’hui dans le même avilissement sous lequel il gémissait trois ou quatre siècles plus tôt. Essai politique, tome I, livre II, chap. VI, page 421 Même en comparant les classes instruites entre elles, la supériorité demeure aux peuples des pays chauds. Que peuvent opposer tous les peuples des pays froids du monde entier aux œuvres du Dante, de Pétrarque, de Boccace, du Tasse, de l’Arioste, de Métastase, d’Alfieri, de Galilée, de Gassendi, de Torricelli, de Machiavel, de Davila, de Bentivoglio, de Guichardini, de Raphaël, de Michel-Ange, de Canova et d’une multitude d’autres savants, poètes ou artistes qu’a produite la seule Italie, même depuis l’invasion des barbares ? [^463]: La Chine est le pays qui a principalement servi de base au système de Montesquieu ; mais la Chine n’est pas un climat très chaud ; elle jouit, au contraire, d’une température fort douce. « Tout ce que dit de la Chine cet éloquent et ingénieux écrivain, et principalement ce qui a rapport au climat, est absolument inexact, et les conséquences qu’il en tire sont fausses... La Chine jouit d’un climat tempéré d’un bout de l’empire à l’autre. » Barrow, Voyage en Chine, tome I, ch. IV, p. 249 et 250.
La Chine jouissant d’un climat tempéré, les Chinois devraient être, d’après le système de Montesquieu, le peuple le plus inconstant et le plus changeant du monde.
La Chine jouissant d’un climat tempéré, les Chinois devraient être, d’après le système de Montesquieu, le peuple le plus inconstant et le plus changeant du monde. [^464]: Raynal a partagé l’opinion de Montesquieu sur les climats, et celle de Rousseau sur les effets moraux de la civilisation. « À mesure que les sociétés s’accroissent et durent, dit-il, la corruption s’étend ; les délits, surtout ceux qui naissent de la nature du climat dont l’influence ne cesse point, se multiplient, et les châtiments tombent en désuétude, à moins que le code ne soit mis sous la sanction des dieux. » Hist. philosoph., tome I, liv. i, p. 88.
Voilà, dans cinq lignes, quatre erreurs, chacune desquelles, si elle était pleinement adoptée, suffirait pour plonger ou pour retenir à jamais un peuple dans la barbarie.
Voilà, dans cinq lignes, quatre erreurs, chacune desquelles, si elle était pleinement adoptée, suffirait pour plonger ou pour retenir à jamais un peuple dans la barbarie. [^465]: « Les religions ont toujours été cruelles dans les pays arides, sujets aux inondations, aux volcans ; et elles ont toujours été douces dans les pays que la nature a bien traités. Toutes portent l’empreinte du climat où elles sont nées. » Raynal, Hist. philos., tome II, liv. III, p. 36. [^466]: Voici comment un abbé physicien, Giraud Soulavie, explique les révolutions qui, à des époques diverses, se sont opérées parmi les hommes : « Les basaltes et les amygdaloïdes augmentent la charge électrique de l’atmosphère, et influent sur le moral des habitants, en les rendant légers, révolutionnaires et enclins à abandonner la religion de leurs pères. » De Humboldt, Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, tome II, liv. V, ch. XII, p. 496.
« Je pourrais citer, dit un autre écrivain en parlant de l’adoucissement des mœurs, les atrocités qui ont souillé la Révolution et qui ont fait croire que Paris n’était pas ce bon peuple tant vanté ; ces atrocités n’ont été exercées que par des malheureux étrangers aux habitudes du café. » Robin, Voyage dans la Louisiane, tome I, ch. VIII, p. 137.
« Je pourrais citer, dit un autre écrivain en parlant de l’adoucissement des mœurs, les atrocités qui ont souillé la Révolution et qui ont fait croire que Paris n’était pas ce bon peuple tant vanté ; ces atrocités n’ont été exercées que par des malheureux étrangers aux habitudes du café. » Robin, Voyage dans la Louisiane, tome I, ch. VIII, p. 137. [^467]: Tel est l’aspect général sous lequel se sont présentés les peuples d’Amérique, lorsque les Européens en ont fait la découverte ; mais des différences de position ont produit plusieurs exceptions à cette division générale des peuples. Chez les nations même les plus civilisées, les parties de la population qui vivent sur les rivages de la mer, sur des golfes, ou sur les bords des fleuves, tirent de la pêche une partie considérable de leurs subsistances. Il en a été de même des peuplades américaines, sous quelque latitude qu’elles se soient trouvées situées ; plus la pêche a été facile ou plus les produits en ont été abondants, et moins les peuples se sont sentis disposés à adopter tout autre genre d’industrie. La difficulté ou l’impossibilité de cultiver le sol s’est jointe quelquefois à la facilité de la chasse ou de la pêche pour arrêter les progrès d’un peuple. [^468]: Robertson observe qu’il faut, à une tribu composée de deux ou trois cents individus vivant des produits de la chasse, un territoire aussi étendu que quelques-uns des royaumes de l’Europe. History of America, b. iv, vol. II, p. 128 et 129. [^469]: Ellis, Voyage à la baie d’Hudson, p. 181. [^470]: Charlevoix, Nouvelle-France, tome II, liv. VIII, p. 97. [^471]: Mackenzie, premier Voyage, tome II, ch. V, p. 59. [^472]: Lewis et Clarke, Voyage à l’océan Pacifique, ch. V, p. 84 et 85. — Hennepin, Description de la Louisiane, p. 121. [^473]: Hearne, Voyage à l’océan du nord, ch. II, IV, et IX, p. 12, 13, 23, 64, 65, 66 et 307. — Weld, Voyage au Canada, tome III, ch. IV, pag. 49. — Hennepin, Mœurs des sauvages de la Louisiane, pages 14 et 15. [^474]: Charlevoix, Nouvelle-France, tome I, liv. I, pag. 51. — De Humboldt, Nouvelle-Espagne, tome III, liv. IV, ch. IX, p. 32 et 46. [^475]: Lahontan, Voyage dans l’Amérique septentrionale, tome II, p. 145. — Hearne, ch. IV, p. 66. — Volney, Tableau du climat et du sol des États-Unis, tome II, p. 445 et 446. — La Pérouse, tome IV, p. 59. [^476]: Charlevoix, Nouvelle-France, tome II, liv. VIII, p. 115. — Mackenzie, deuxième Voyage, tome I, p. 298, et tome III, ch. IX, p. 126. — Hearne, ch. IX, p. 305. [^477]: Ellis, Voyage à la baie d’Hudson, p. 250 et 251. — Mackenzie, premier Voyage, tome II, ch. VII, p. 148 et 149. — Hearne, ch. II, VI, VII et IX, p. 32, 33, 151, 152, 186, 302 et 303. — Hennepin, p. 296 et 297. [^478]: Hearne, ch. IV, p. 42. [^479]: Hearne, ch. VI et VIII, p. 153 et 268. — La Pérouse, tome IV, p. 6 et 62. — Fleurieu, Voyage du capitaine Marchand, tome II, ch. IV, p. 83 et 84. — Azara, tome II, ch. X, p. 15, 54 et 63. — Bougainville, première partie, ch. VIII, tome I, p. 166. [^480]: Lahontan, tome II, p. 110. — Weld, tome III, ch. XXXV, p. 115. — Hearne, ch. IX, p. 321. — Hennepin, Mœurs des sauvages de la Louisiane, p. 53. [^481]: Charlevoix, Nouvelle-France, tome III, p. 266 et 267. — Robertson’s History of America, tome II, b. IV, pages 134 et 135. [^482]: Robertson, vol. II, b. IV, p. 132 et 133. — Azara, tome II, ch. X, p. 62. [^483]: Robertson observe que le gouvernement des indigènes du nord de l’Amérique a pour objet les affaires étrangères bien plus que les affaires domestiques ; et son opinion est fondée sur le témoignage de presque tous les voyageurs qui ont vécu chez ces peuples. Cependant, puisque les chasses et les pêches se font en commun, puisque c’est également en commun que la terre est cultivée et que c’est dans des magasins publics que les produits en sont déposés, n’a-t-il pas fallu une autorité quelconque pour faire la distribution ou le partage, soit du gibier, soit du maïs ? Mais peut-être les repas se font-ils aussi en commun. [^484]: Raynal, tome VII, liv. XIII, p. 25. [^485]: Azara, tome II, ch. X, p. 15 et 62. [^486]: Hearne, ch. V et VIII, p. 116, 154 et 165. [^487]: Volney, Tableau du climat et du sol des États-Unis, tome II, page 451. [^488]: Cook, troisième Voyage, tome V, liv. IV, ch. I, p. 45. [^489]: Hennepin, pag. 205 et 206. — Lewis et Clarke, chap. XVII, page 283. [^490]: Hearne, ch. V, p. 97, 98, 99, 100, 101 et 104. — Mackenzie, deuxième Voyage, tome II, ch. II, p. 195 et 196. — Des hommes qui ont si peu de respect pour les propriétés de leurs compatriotes, doivent en avoir moins encore pour celles qui appartiennent à des étrangers ; aussi se montrent-ils généralement très disposés et très habiles à s’emparer de tout ce qui les tente. « Nous avions déjà éprouvé, dit La Pérouse en parlant de ceux de la côte nord-ouest, que les Indiens étaient très voleurs ; mais nous ne leur supposions pas une activité et une opiniâtreté capables d’exécuter les projets les plus longs et les plus difficiles : nous apprîmes bientôt à les mieux connaître. Ils passaient toutes les nuits à épier le moment le plus favorable pour nous voler ; mais nous faisions bonne garde.... Bientôt, ils m’obligèrent à lever l’établissement que j’avais sur l’île : ils y débarquaient la nuit du côté du large ; ils traversaient un bois très fourré dans lequel il nous était impossible de pénétrer le jour ; et, se glissant sur le ventre comme des couleuvres, sans remuer presqu’une feuille, ils parvenaient, malgré nos sentinelles, à dérober quelques-uns de nos effets : enfin, ils eurent l’adresse d’entrer la nuit dans la tente où couchaient MM. Lauriston et Darbaud, qui étaient de garde à l’observatoire ; ils enlevèrent un fusil garni d’argent ainsi que les habits de ces deux officiers qui les avaient placés par précaution sous leur chevet : une garde de douze hommes ne les aperçut pas, et les deux officiers ne furent point réveillés. » Tome II, ch. VII, p. 177, 178 et 179. — Voyez Cook, troisième Voyage, liv. IV, ch. I et II ; tome V, pag. 40 et 122. — Hennepin, p. 91. [^491]: Charlevoix, Nouvelle-France, tome IV, liv. XIX, pag. 7. — Weld, tome III, ch. XXXV, p. 109. — Lahontan, tome II, p. 102. — J. Long, ch. IX, pag. 149. — La Pérouse, tome II, ch. IX, p. 216 et 217. [^492]: Weld, tome II, ch. XXX, p. 248 et 249. [^493]: J. Long, ch. IX, p. 147. — Weld, tome III, ch. XXXV, p. 109 — Michaux, Voyage à l’ouest des monts Alleghanys, ch. XVII, p. 175 et 176. — J. F. D. Smith, tome I, ch. XLIII, p. 173 et 174. [^494]: Volney, Tableau du climat et du sol des États-Unis, tome II, p. 158 et 159. — Weld, tome II, ch. XIX, p. 248 et 249. [^495]: Ulloa, Discours philosoph., tome II, disc. XVIII, p. 28. [^496]: Un chef de sauvages du Canada s’étant enivré, en rencontra un autre contre lequel il portait, depuis vingt-deux ans, un sentiment de vengeance. Se voyant seul, il profita de l’occasion et le tua. Le lendemain toute la famille en armes demanda sa mort. Il vint au fort Miami, dit Volney, trouver le capitaine Marshal, commandant, de qui je tiens le fait, et lui dit : « Qu’ils veuillent me tuer, cela est juste ; mon cœur a éventé mon secret : la liqueur m’a rendu fou, mais tuer mon fils comme ils en menacent, cela n’est pas juste. Père, voyez si cela peut s’arranger. Je leur donnerai tout ce que je possède : deux chevaux, mes bijoux d’or et d’argent, mes plus belles armes ; excepté une paire. S’ils ne veulent pas accepter, qu’ils prennent jour et lieu ; je me rendrai seul et ils me tueront. » Tableau du climat et du sol des États-Unis, tome II, p. 458 et 459. — Voyez Charlevoix, Nouvelle-France, tome III, liv. XV, p. 180 et 181. — J. Long, ch. VII, VIII, X et XI, pag. 97, 99, 111, 125, 163 et 197. — Ellis, pag. 242. — J. F. D. Smith, tome I, ch. XXIV, p. 93 et 94. — Weld, tome III, ch. XXXV, pag. 116. — Dampier, tome I, ch. I, pag. 14. — Ulloa, Disc. philos., disc. XVII, pag. 15, 16, 17 et 19. — Robertson’s, History of America, vol. II, b. IV, p. 152, et note 38, p. 398. [^497]: Lahontan, tome II, pag. 102. — Charlevoix, N.-F., tome IV, liv. XIX, p. 7. —Michaux, ch. XVII, p. 175 et 176. — Stedman, tome II, ch. XIV, p. 92 et 93. — Depons, tome III, ch. X, p. 112 et 113. — Ulloa, tome II, p. 19. — Raynal, tome V, liv. X, p. 256. — Cook, troisième Voyage, tome V, liv. IV, ch. II, p. 119. [^498]: Charlevoix, Nouvelle-France, tome I, liv. V, p. 285 ; tome II, liv. VIII, p. 81 et 82. — Hennepin, p. 227. — J. Long, ch. X, p. 184 et 185. — J. F. D. Smith, tome I, ch. XXXIV, p. 173 et 174. — Robin, tome II, ch. LIV, p. 370. [^499]: Hearne, ch. IX, p. 286, 287 et 288. [^500]: Weld, tome III, ch. XXXV, p. 117. — Lahontan, tome II, page 117. [^501]: Hearne, ch. IX, p. 287. [^502]: La Pérouse, tome II, ch. IX, p. 218. [^503]: Charlevoix, N. F., tome I, liv. II, p. 82 et 83 ; tome III, liv. XIII, p. 16. [^504]: Hearne, ch. IX, p. 286. [^505]: Hearne, p. 316 et 317, et ch. III, p. 49. [^506]: Lahontan, tome II, p. 102. — Hennepin, p. 35 et 51. — De Humboldt, Essai politique, tome I, liv. II, ch. VI, p. 414. — Azara, tome II, ch. X, p. 60. [^507]: Hearne, ch. IX, p. 312. — Weld, tome III, ch. XXXV, p. 137. — De Humboldt, Nouvelle-Espagne, tome I, liv. II, ch. VI, p. 414. [^508]: Mackenzie, Premier voyage, tome I, p. 252. [^509]: Hearne, ch. IV, p. 85. — Raynal, tome V, liv. X, p. 253. [^510]: Ellis, p. 244 et 245. [^511]: Hearne, ch. IX, p. 291, 292 et 293. — Mackenzie, tome I, p. 289 et 290. [^512]: Lahontan, tome II, pages 138 et 139. — Hearne, chap. IV, p. 86 et 87. [^513]: Mackenzie, deuxième Voyage, tome II, ch. I, p. 161 et 162. [^514]: J. Long, ch. XIII, p. 248. — Hennepin, p. 38. [^515]: Hearne, ch. IX, p. 289. — Mackenzie, tome I, p. 289. [^516]: Hearne, ch. V, p. 99, 121, 122 et 123. — Mackenzie, tome I, p. 289. — Lahontan, tome II, p. 143. — Weld, tome III, ch. XXXII et XXXIV, p. 21 et 61. — Lewis et Clarke, ch. VI, p. 108, et ch. XVIII, p. 299. — Fleurieu, Voyage du capitaine Marchand, tome II, ch. V, p. 173 et 198. — Hennepin, p. 34, 35 et 36. — Azara, tome II, chap. X, p. 60. [^517]: Hearne, ch. IV et V, p. 83, 88, 117, 118 et 122. — Mackenzie, deuxième Voyage, tome II, p. 204, et tome III, p. 268. — Charlevoix, N.-F., tome II, liv. VIII, p. 115. — J. Long, ch. X, p. 180. — Hennepin, p. 37 et 38. — Depons, tome I, ch. IV, p. 304 et 305. [^518]: Mackenzie, deuxième Voyage, tome III, ch. XII, p. 268. — Charlevoix, tome I, liv. I, p. 43, et liv. III, p. 194. — Hennepin, page 33. [^519]: La Pérouse, tome II, ch. XI, p. 303, et tome IV, p. 61. — Dauxion-Lavaysse, tome I, ch. VI, p. 344. [^520]: Hearne, ch. V, pag. 192. — Lahontan, tome II, pag. 141. — Hennepin, p. 37 et 38. [^521]: Hearne, p. 122 et 123. [^522]: Lahontan, tome II, p. 130 et 131. — Azara, tome II, ch. X ; p. 60. — Raynal, tome VIII, liv. XV, p. 36 et 37. [^523]: Hearne, ch. V, p. 104. — Mackenzie, prem. Voy., t. I, p. 289. [^524]: Mackenzie, tome I, p. 282. — Hearne, chap. V, pag. 121. — Depons, tome I, ch. IV, p. 305 et 306. — Charlevoix, N.-F., tome I, liv. III, p. 194. — La Pérouse, tome II, ch. XI, p. 307. [^525]: « Je n’assistais jamais à un de ces combats, dit Hearne, sans être vivement ému de voir l’objet de la querelle attendant, dans un morne silence, ce que le sort déciderait d’elle, tandis que son mari la disputait à son rival. À la pitié que je ressentais pour la pauvre victime se joignait la plus vive indignation, quand je la voyais passer entre les mains d’un homme qu’elle haïssait peut-être mortellement. La répugnance qu’éprouvent alors ces malheureuses à suivre leurs nouveaux maris va quelquefois si loin, que ceux-ci ont recours à la violence envers elles. J’ai vu plusieurs de ces infortunées mises absolument nues, et amenées de force à leur nouveau logement. » Ch. V, p. 100 et 101. — Cet usage de lutter pour la propriété des femmes a lieu chez toutes les tribus du Nord. Ibid., p. 99. [^526]: Heargo, ch. IV, p. 83. [^527]: J. F. D. Smith, tome I, ch. XIV, pag. 97. — Volney, Tableau, etc., tome II, p. 451. — Larochefoucault, tome I, p. 266 et 267. — Hennepin, p. 36. — Dampier, tome I, ch. I, p. 14. [^528]: Hearne, ch. III, IV et V, p. 52, 84, 99 et 118. — Mackenzie, premier Voyage, tome I, pag. 241 et 242, et deuxième Voyage, tome II, ch. II, p. 200 et 201. — Hennepin, p. 36. — Robin, tome II, ch. IV, p. 372 et 373. — J. Long, ch. XIII, p. 250 et 251. [^529]: Mackenzie, deuxième Voyage, tome II, ch. II, p. 200 et 201. — Dauxion-Lavaisse, tome I, ch. VI, p. 127, 330 et 331. [^530]: Weld, tome III, ch. XXXV, p. 133 et 138. — Azara, tome II, ch. X, p. 17. [^531]: Hearde, ch. IV, p. 86. — Hennepin, p. 18. [^532]: Hearne, ch. V, p. 107. [^533]: J. Long, ch. XIII, p. 250. — Hearne, ch. VIII, p. 246. — Mackenzie, premier Voyage, tome I, p. 282. [^534]: Hearne, ch. X, p. 347. [^535]: Mackenzie, premier Voyage, tome I, p. 282 et 283 ; deuxième Voyage, tome II, p. 199 et 200. — Hearne, ch. IX, p. 289. [^536]: J. Long, ch. X, p. 177. [^537]: La Pérouse, tome II, liv. VIII, pag. 205 et 206. — Fleurieu, Voyage du capitaine Marchand, tome II, ch. IV, p. 94. [^538]: Charlevoix, N.-Fr., tome I, liv. III, p. 194 et 195, et tome II, liv. VIII, p. 99. — Hennepin, p. 38. [^539]: Lahontan, tome II, p. 139. — La Pérouse, tome II, p. 303, et tome IV, p. 61. — Azara, tome II, ch. X, pag. 60. Dans la Guyane les maris sont très jaloux ; ils tuent à l’instant les femmes infidèles. Stedman, tome II, ch. XIV, p. 92. — Hennepin, p. 296 et 297. [^540]: Hearne, ch. IX, p. 389. [^541]: Hearne, ch. V, p. 122. [^542]: Mackenzie, premier Voyage, tome I, pag. 289. — Hearne, ch. IX, p. 290 et 291. — J. F. D. Smith, tome I, ch. XXIV, p. 95. — Lahontan, tome II, pag. 135. Hennepin, p. 34. — Depons, tome I, ch. IV, p. 305. [^543]: Hennepin, p. 35 et 36. [^544]: Weld, tome III, ch. II, p. 62. — Mackenzie, premier Voyage, tome I, p. 241 et 242. [^545]: Mackenzie, premier Voyage, tome I, p. 241 et 242. — Raynal, tome IV, liv. VII, p. 116. — Azara, tome II, ch. II, p. 93, 94, 115, 146, 152 et 156. [^546]: Hearne, ch. IV, p. 83. [^547]: Hearne, ch. IX, p. 312. — Quelque misérable que soit l’état des femmes, elles ont sur l’esprit de leurs maris beaucoup d’influence ; leur ascendant n’est nul que pour ce qui concerne leur propre état. — Mackenzie, premier Voyage, tome I, p. 289 ; et deuxième Voyage, tome II, ch. II, p. 200 et 201. [^548]: Lahontan, tome II, p. 132 et 137. [^549]: Weld, tome II, ch. XXII, p. 53. [^550]: Lahontan, tome II, p. 132. [^551]: Weld, tome III, ch. XXXIV, p. 61. [^552]: Hearne, ch. V, p. 118 et 119. [^553]: Fleurieu, Voyage du capitaine Marchand, tome II, ch. IV, p. 96 et 97. — La Pérouse, tome II, ch. IX, p. 228. [^554]: Mackenzie, deuxième Voyage, tome II, ch. II, p. 199 et 200. [^555]: Hearne, ch. IX, p. 290 et 291. [^556]: Mackenzie, premier Voyage, tome I, p. 241 et 242. [^557]: Mackenzie, deuxième Voyage, tome III, ch. XII, p. 268. — Lewis et Clarke, ch. XVIII, p. 299. — Charlevoix, N.-F., tome III, liv. XIII, p. 23. — Hennepin, p. 34 et 35. — Azara, tome II, ch. XV, page 293. [^558]: Charlevoix, N.-Fr., tome II, liv. VIII, page 118, et livre IX, p. 228. — George-Dixon, tome II, p. 12 et 13. [^559]: Mackenzie, importuné par les chiens des sauvages, près de la rivière à laquelle il a donné son nom, en tua un d’un coup de pistolet. « La femme à laquelle le chien appartenait, dit-il, en paraissait très chagrine, et déclara que la perte de cinq enfants, qui étaient morts l’hiver précédent, ne l’avait pas tant affectée que celle de cet animal... Quelques grains de verre suffirent pour dissiper sa douleur. » Premier Voyage, tome II, ch. VI, p. 87. [^560]: Hearne, ch. IV, p. 86 et 87. [^561]: Weld, tome III, ch. XXXV, p. 89. [^562]: Tableau du climat et du sol des États-Unis, tome II, p. 452. — La Pérouse, tome II, ch. IX, p. 219. — Ulloa, tome II, disc. XVII, p. 9. — Depons, tome I, ch. IV, p. 306. [^563]: Hennepin, p. 33 et 34. [^564]: La Pérouse, tome II, ch. XI, p. 305. [^565]: Hearne, ch. IX, p. 321. [^566]: Ellis, pag. 245. — Volney, Tableau du climat et du sol des États-Unis, tome II, p. 444 et 445. [^567]: Robertson’s History of America, vol. II, b. IV, p. 219. — Mackenzie, premier Voyage, tome I, p. 301 et 302, et deuxième Voyage, tome II, ch. II, p. 188, et tome III, ch. IX, pag. 95. — Hearne, ch. VII, p. 190 et 191. [^568]: Hearne, ch. IX, pag. 317. — Mackenzie, deuxième Voyage, tome II, ch. II, p. 188. [^569]: Lahontan, tome II, p. 110. — Weld, tome III, ch. XXXV, page 115. [^570]: Weld, tome, III, ch. XXXV, p. 115. — La Pérouse, tome II, ch. XI, p. 305. — Hennepin, p. 52, 53 et 56. — Depons, tome I, ch. IV, p. 306 et 307. — Azara, tome II, ch. X, p. 23. — Le seul individu pour lequel un sauvage de l’Amérique ait une véritable affection, est l’ami qu’il a choisi. Le sentiment de l’amitié a quelquefois chez ces peuples une grande énergie. Hearne, ch. V, p. 121 et 122. — Volney, Tableau du climat et du sol des États-Unis, tome II, page 452. [^571]: Robertson’s History of America, vol. II, note XXXV, p. 396. [^572]: Weld, tome II, ch. XXX, p. 248 et 249. — Volney, tome II, p. 158 et 159. — Ulloa, tome II, disc. XVIII, p. 28. [^573]: Hearne, ch. VIII, pag. 248. — Mackenzie, premier Voyage, tome I, p. 291 ; tome II, ch. V, p. 59 ; deuxième Voyage, tome II, ch. VII, p. 406. — Charlevoix, N.-Fr., tome III, liv. XIV, p. 85. — Lewis et Clarke, ch. III, p. 59. — G. Dixon, tome I, p. 512 et 513, et tome II, p. 8. — Vancouver, tome IV, liv. IV, ch. VI, p. 18 et 39, et tome V, liv. V, ch. X, p. 236. [^574]: Hearne, ch. VI, p. 144 et 145. — Mackenzie, premier Voyage, tome I, p. 291. — Charlevoix N.-F., tome II, liv. VII, p. 3 et 4. — Lahontan, tome II, p. 181 et 182. — Hennepin, p. 63. [^575]: Hearne, ch. V, p. 108 et 110. — Lahontan, tome II, p. 85. — Hennepin, p. 304. Les sauvages voient plus d’honneur à détruire leur ennemi par surprise qu’à le détruire en l’attaquant à force ouverte : telle était aussi la manière de voir des Spartiates : « À Sparte, dit Plutarque, le capitaine qui, par astuce ou par amiable voie, a fait ce qu’il a voulu, sacrifie aux dieux un bœuf : et celui qui l’a fait par bataille et force d’armes sacrifie un coq. » Vie de Marcellus. [^576]: Mackenzie, premier Voyage, tome I, p. 158, 159 et 180. — Charlevoix, N.-F., tome I, liv. VI, pag. 377 et 378, et tome II, liv. VI et VIII, p. 19, 29, 43, 62 et 107. — Hennepin, p. 7. [^577]: Hennepin, p. 53. [^578]: Hennepin, p. 68. — Raynal, tome VIII, liv. XVI, p. 296. [^579]: Lahontan, tome II, p. 184 et 185. [^580]: Hennepin. p. 41. — Charlevoix, Nouvelle-France. [^581]: Vancouver, tome IV, liv. IV, ch. VI, p. 28 et 39, et tome V, liv. V, ch. X, p. 236. — G. Dixon, tome I, p. 512 et 513, et tome II, p. 8. — Mackenzie, deuxième Voyage, tome II, ch. V, p. 310. — Lewis et Clarke, ch. XIV, p. 242. — Robin, tome II, ch. II, p. 305, [^582]: Hearne, ch. II, p. 22. — Lahontan, tome II, pag. 145. — Volney, tome II, p. 446 et 447. [^583]: Hennepin, p. 14 et 15. [^584]: Charlevoix, N.-F., tome III, liv. XIII, p. 16 et 17. [^585]: Montesquieu, qui a fait de la jalousie l’apanage des climats chauds, fait de l’ivrognerie l’apanage des climats froids. Cette dernière passion est une conséquence de la barbarie ou du défaut de développement intellectuel, et non une conséquence de la fraîcheur du climat : elle existe presque chez toutes les nations dont l’intelligence est peu développée. Les indigènes des Florides, ceux de la Guyane et de quelques autres parties de l’Amérique méridionale, n’y sont guère moins adonnés que les indigènes du Canada. Charlevoix, N.-F., tome III, liv. XIII, p. 16 et 17. — Dampier, tome I, ch. I, p. 14. — Ulloa, tome II, disc. XVII, pag. 15, 16, 17, 45 et 46. — Dauxion-Lavaysse, tome I, ch. VI, p. 338 et 339.
Il existe, d’un autre côté, dans les parties les plus élevées de l’Amérique septentrionale, quelques peuplades qui ont peu de goût pour les liqueurs fortes. Hearne, ch. IX, p. 288. — Mackenzie, premier Voyage, tome I, p. 292. — L’ivrognerie est fort commune en Perse, malgré la religion et l’influence du climat, ainsi qu’on peut le voir dans Chardin. Cependant il est vrai de dire que peuples des climats froids sont plus enclins à cette passion que ceux des climats chauds ; mais c’est encore plus à cause de leur barbarie qu’à cause du froid.
Il existe, d’un autre côté, dans les parties les plus élevées de l’Amérique septentrionale, quelques peuplades qui ont peu de goût pour les liqueurs fortes. Hearne, ch. IX, p. 288. — Mackenzie, premier Voyage, tome I, p. 292. — L’ivrognerie est fort commune en Perse, malgré la religion et l’influence du climat, ainsi qu’on peut le voir dans Chardin. Cependant il est vrai de dire que peuples des climats froids sont plus enclins à cette passion que ceux des climats chauds ; mais c’est encore plus à cause de leur barbarie qu’à cause du froid. [^586]: Hearne, ch. II, p. 24. [^587]: Hearne, ch. IV et V, p. 72, 73 et 111. [^588]: Weld, tome III, ch. XXXV, p. 118. [^589]: Hearne, ch. II, p. 24. [^590]: Mackenzie, premier Voyage, tome I, p. 291 et 300. [^591]: J. Long, ch. VII, pag. 101. — Weld, tome III, ch, XXXV, p. 140. — Raynal, tome VIII, liv. XV, p. 18. [^592]: La Pérouse, tome II, ch. IX, p. 216 et 217. [^593]: De Humboldt, Nouvelle-Espagne, tome II, liv. III, ch. VIII, page 419. [^594]: Weld, tome II, ch. XXX, p. 247. — Lewis et Clarke, ch. III, p. 59. — Fleurieu, Voyage du capitaine Marchand, tome II, ch. IV et V, p. 46, 170 et 172. — Ulloa, tome II, disc. XVII, p. 15. [^595]: Fleurieu, Voyage du capitaine Marchand, tome II, ch. IV, p. 88. — G. Dixon, tome II, p. 12 et 13. [^596]: La Pérouse, tome II, ch. IX, p. 221. — Hennepin, pages 53, 54 et 55. [^597]: Weld, tome III, ch. XXXV, p. 143 et 144. — La Pérouse, tome II, ch. IX, p. 221. — Fleurieu, Voyage du capitaine Marchand, tome II, ch. IV et V, pag. 94 et 144. — Cook, troisième Voyage, tome V, liv. IV, ch. III, p. 132 et 133. [^598]: Mackenzie, deuxième Voyage, tome II, ch. II, p. 205. — Charlevoix, N.-F., tome III, p. 261 et 318. — Raynal, tome VIII, liv. XV, p. 49. — G. Dixon, tome II, p. 25. — La Pérouse, tome II, ch. IX, p. 216, 217 et 235. — Fleurieu, Voyage du capitaine Marchand, tome II, ch. V, p. 177. — Robertson’s History of America, b. IV, vol. II, p. 213, 214. [^599]: Fleurieu, Voyage du capitaine Marchand, tome II, ch. IV, p. 88 et 89. — La Pérouse, tome IV, pag. 74 et 75. — G. Dixon, tome II, p. 12 et 13. — Raynal, qui oublie souvent les faits dont il vient de rendre compte, lorsqu’il s’agit de faire l’éloge des hommes de la nature, dit, en parlant des enfants : « Comme on ne leur apprend que ce qu’ils doivent savoir, ils sont les enfants les plus heureux de la terre. » Tome VIII, liv. XV, p. 43. Il dit ailleurs qu’on leur apprend à boire le sang de leurs ennemis, et à dévorer leur chair palpitante, ce qui vaut mieux sans doute que de leur apprendre à lire ; mais il oublie toutes les calamités inséparables de la vie sauvage ; on dirait qu’il n’y a de malheur que d’aller à l’école, et que la faim, le froid, la saleté, les maladies, l’abandon, ne sont rien ; ce n’est même rien que d’être enseveli vivant, car suivant lui-même c’est le sort réservé à tout enfant qui perd ses parents, et qui n’est pas assez fort pour se livrer à la chasse. Tome IV, liv. VII, p. 9 et 10. Il fait le tableau de tous les vices qui souillent la vie de l’homme sauvage ; puis il dit qu’il n’y a point de mauvais pères dans les forêts, et qu’ils sont tous dans les villes. Il ne manque plus que d’en dire autant pour les maris, après avoir fait le tableau de l’état des femmes. [^600]: Hearne, ch. ix, p. 312 et 313. — Fleurieu, Voyage du capitaine Marchand, tome I, ch. v, pag. 168. — Raynal, tome VIII, liv. xvil, p. 361 et 362. — La Pérouse, tome IV, p. 65, 66 et 73. [^601]: Hearne, ch. iv, p. 66. [^602]: Ellis, p. 241 et 242. — Lahontan, tome II, p. 144 et 154.Mackenzie, premier Voyage, tome 1, page 236. — La Pérouse, tome IV, p. 63. — Lewis et Clarke, ch. XXI, p. 345. — Volney. [^603]: Raynal, tome VIII, liv. xvii, p. 361 et 362. — Lewis et Clarke, ch. xx, p. 341. — La Perouse, tome IV, p. 64 et 65. [^604]: La Pérouse, tome IV, p. 63 et 64. — Charlevoix, N.-F., tome I, liv. VI, p. 379. — Lahontan, tome II, p. 154. — Hearne, ch. IX, page 312. [^605]: Charlevoix, N.-F., tome I, liv. V, p. 296 ; tome II, livre IX, p. 221 et 222 ; tome III, liv. XVIII, p. 394, 413 et 414. — Weld, tome III, ch. XXXIV, p. 63. [^606]: Mackenzie, premier Voyage, tome I, p. 33-36. [^607]: Charlevoix, N.-F., tome I, liv. IV, p. 230. — Lahontan, tome II, p. 102. — Hennepin, p. 14 et 51. — Azara, tome II, ch. X, p. 14 et 60. — De Humboldt, Essai politique, tome I, liv. II, ch. VI, page 414. [^608]: Hearne, ch. IX, p. 308 et 309. [^609]: Lahontan, tome II, p. 96, 97 et 151. — Volney, Tableau du climat et du sol des États-Unis, tome II, p. 452. [^610]: Lahontan, tome II, p. 195. [^611]: Charlevoix, N.-F., tome I, liv. IV et VI, passim. — Hennepin, J. Long, etc. [^612]: Tome VIII, liv. XV, p. 52 et 53. [^613]: Hennepin, p. 62. — Charlevoix, N.-F., tome I, liv. III, p. 199, et tome II, liv. VII, p. 73 et 74. — Lahontan, tome II, p. 98. — Weld, tome III, ch. XXXIII et XXXV, p. 14 et 81. — Robertson’s, History of America, vol. II, b. IV, pag. 237. — Ces sauvages, sans renoncer à leur orgueil, ont cependant fini par reconnaître la supériorité des blancs. J. Long, ch. VIII, p. 133. [^614]: De Paw, Recherches philosoph. sur les Américains, tome I, troisième partie, p. 354 et 355. [^615]: Hennepin, pag. 38 et 39. — Lahontan, tome II, pag. 93, 98 et 131. — Volney, tome II, p. 493. — Weld, tome III, pag. 115 et 116. — Raynal, tome VIII, liv. XV, p. 29. [^616]: Les admirateurs de l’état de nature parlent rarement de morale sans se livrer à quelques déclamations sur les vices des peuples civilisés. Il existe sans doute des vices chez les nations civilisées ; mais ces vices ne sont pas le fruit de la civilisation ; ils ont été presque tous apportés de l’état de barbarie dont ils sont de malheureux restes. La passion de la vengeance et celle de la pitié peuvent se rencontrer chez tous les peuples du monde ; mais il est curieux de suivre la marche que ces deux passions ont suivie depuis les temps les plus barbares jusqu’à nos jours : il suffit pour cela de comparer le sort des prisonniers de guerre aux principales époques. « Quand ils sont près de leurs villages, dit Hennepin en parlant des guerriers sauvages de l’Amérique, ils font de grands cris auxquels ceux de leur nation connaissent que ce sont leurs guerriers qui reviennent avec des esclaves. En même temps les hommes et les femmes mettent leurs beaux atours, et les vont recevoir à l’entrée du village, où ils se rangent en haie pour faire passer les esclaves au milieu ; mais c’est une pitoyable réception pour ces infortunés ; car ces canailles se jettent sur eux comme des chiens sur leur proie, commençant dès lors à les tourmenter, pendant que les guerriers passent à la file, tout superbes de leurs exploits. Les uns donnent des coups de pied à ces pauvres esclaves, les autres des coups de bâton, plusieurs des coups de couteau, quelques-uns leur arrachent les oreilles, leur coupent le nez ou les lèvres, en sorte que la plupart succombent et meurent à cette pompeuse entrée ; ceux qui ont plus de vigueur sont réservés à un plus grand supplice. » Mœurs des sauvages de la Louisiane, p. 64 et 65.
Chez les Romains, dont les mœurs étaient un peu moins barbares que celles des Iroquois, les prisonniers de guerre suivaient le char du vainqueur à travers une insultante multitude ; mais ils n’étaient ni déchirés, ni mis à mort ; on se contentait de faire périr leurs chefs sous la hache ou dans des cachots ; les autres étaient vendus comme esclaves.
Chez les modernes les prisonniers de guerre sont différemment traités. Nous avons vu, en 1814, après une guerre de plus de trente ans, des troupes de prisonniers traverser Paris, dans l’état le plus misérable, au moment où cette ville allait être prise. La multitude ne les a point insultés ; elle leur a porté du pain.
Si nous faisions l’histoire des autres passions vicieuses, de la perfidie, de la paresse, de l’intempérance, même du jeu, nous trouverions qu’elles ont perdu de leur empire au moins autant que la vengeance.
Chez les Romains, dont les mœurs étaient un peu moins barbares que celles des Iroquois, les prisonniers de guerre suivaient le char du vainqueur à travers une insultante multitude ; mais ils n’étaient ni déchirés, ni mis à mort ; on se contentait de faire périr leurs chefs sous la hache ou dans des cachots ; les autres étaient vendus comme esclaves.
Chez les modernes les prisonniers de guerre sont différemment traités. Nous avons vu, en 1814, après une guerre de plus de trente ans, des troupes de prisonniers traverser Paris, dans l’état le plus misérable, au moment où cette ville allait être prise. La multitude ne les a point insultés ; elle leur a porté du pain.
Si nous faisions l’histoire des autres passions vicieuses, de la perfidie, de la paresse, de l’intempérance, même du jeu, nous trouverions qu’elles ont perdu de leur empire au moins autant que la vengeance. [^617]: Robertson’s History of America, book IV, note 35, tome II, p. 395 et 396. [^618]: Robertson’s History of America, vol. II, b. IV, p. 139. [^619]: Robertson’s History of America, vol. III, b. IV, p. 287 et 288. [^620]: Robertson, vol. III, b. VII, p. 283. [^621]: Ibid., vol. II, b. VII, p. 339. [^622]: Robertson, ibid., p. 338. [^623]: Robertson, vol. II, b. IV, p. 145. [^624]: Robertson, vol. III, b. VII, p. 341. [^625]: Une femme, par exemple, est obligée de porter le fardeau dont il plait à son mari de la charger ; mais elle est souvent obligée de porter, en outre, le fardeau de l’individu qui a encore plus de force que son mari. [^626]: Cette dénomination ferait soupçonner ou que les Incas n’appartenaient pas à une race de conquérants, ou qu’à l’époque de la conquête, ils étaient déjà très civilisés. Les conquérants et leurs descendants se glorifient, en effet, des triomphes qu’ils ont obtenus sur des hommes : ils se vantent d’avoir massacré des armées, incendié des villes, asservi des nations ; mais il n’y a que des hommes très civilisés, je pourrais même dire des savants ou des philosophes, qui se glorifient des triomphes qu’ils obtiennent sur les choses, en faveur de l’humanité.
Les honneurs rendus à l’agriculture par les incas du Pérou sont analogues aux honneurs que rend à cet art l’empereur de la Chine.
Les honneurs rendus à l’agriculture par les incas du Pérou sont analogues aux honneurs que rend à cet art l’empereur de la Chine. [^627]: Robertson, vol. III, b. VII, p. 336, 341 et 342. [^628]: Robertson, vol. III, b. VII, p. 295 et 323. [^629]: Charlevoix, tome I, liv. I, p. 42. [^630]: Robertson, vol. III, b. VII, p. 337. [^631]: Charlevoix, N.-F., tome II, liv. XI, p. 354, et tome III, liv. XIII, p. 49, 50 et 51. — Hennepin, pages 39 et 40. — Cook, troisième Voyage, tome V, liv. IV, ch. I, p. 39. — La Pérouse, tome II, ch. IX, p. 240 et 241. [^632]: Robertson, vol. III, b. VII, p. 326. [^633]: Robertson, vol. III, b. VII, p. 334. — Robertson attribue la douceur des mœurs et du gouvernement des Péruviens à la douceur de leur religion (vol. III, b. VII, p. 336) ; et c’est à la férocité de la religion mexicaine, qu’il attribue la dureté des mœurs et du gouvernement du peuple du Mexique. Mais quelles étaient les causes qui avaient produit une religion douce chez le premier de ces peuples et une religion atroce chez le second ? Si Robertson se fût livré à cette recherche, peut-être aurait-il trouvé que les mêmes causes qui avaient déterminé la nature des deux religions, avaient aussi déterminé la nature des mœurs et des gouvernements des deux peuples. [^634]: Azara, tome II, ch. X et XI, p. 20 et 173. — De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, tome VI, live VI, chap. XVIII, p. 218 et 219. — Hennepin, Mœurs des sauvages, p. 68 et 69. [^635]: De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, tome III, ch. IX, p. 297 et 298. [^636]: Azara, tome II, ch. X, p. 22 et 23. [^637]: Ibid., p. 92. [^638]: Azara, tome II, ch. X, p. 160. [^639]: De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, tome III, liv. III, ch. IX, p. 296. — Azara, tome II, ch. X, p. 13 et 14. — Ulloa dit qu’en général les Indiens du Pérou, civilisés ou sauvages, sont très inhumains ; que ceux qui sont civilisés ne se livrent point à leur inclination parce que le gouvernement les en empêche ; mais qu’on leur voit faire à l’égard des animaux des choses qui ne laissent aucun doute sur leur barbarie naturelle. (Tome II, d. XVII, p. 10 et 11). Mais il est difficile de concilier ce qu’il dit ici, avec ce qu’il a dit ailleurs en parlant des mêmes peuples « Ils ont, dit-il, pour tous les animaux domestiques, mais surtout pour leurs llamas, un genre d’affection qui ne se voit chez aucun peuple de la terre ; toutes leurs démonstrations extérieures le manifestent assez... Avant de l’avoir mis au service, ajoute-t-il en parlant du llama, ils l’ont en général traité avec tant de modération que jamais, ou rarement, par la suite, ils ne le traitent durement en route ; au contraire, ils s’assujettissent absolument à sa marche, et se servent d’un sifflet pour le guider. » Tome I, disc. VII, p. 160.
Les Guaraoüns qui vivent aux bouches de l’Orénoque, sont moins indolents que les autres sauvages de l’Amérique méridionale, passionnés pour la danse, gais, sociables et hospitaliers. Ils sont habiles pêcheurs. Ils ont des chiens dont ils se servent pour prendre les poissons dans les bas-fonds. Ils caressent continuellement ces animaux et les traitent avec bienveillance. Dauxion- Lavaysse, tome I, ch. I, p. 3 et 4.
Les Guaraoüns qui vivent aux bouches de l’Orénoque, sont moins indolents que les autres sauvages de l’Amérique méridionale, passionnés pour la danse, gais, sociables et hospitaliers. Ils sont habiles pêcheurs. Ils ont des chiens dont ils se servent pour prendre les poissons dans les bas-fonds. Ils caressent continuellement ces animaux et les traitent avec bienveillance. Dauxion- Lavaysse, tome I, ch. I, p. 3 et 4. [^640]: Ulloa, tome II, disc. XVII, p. 41. — Les Européens se sont montrés plus traitables quand on les a dépouillés de leurs libertés communales. [^641]: De Humboldt, Essai politique, tome I, liv. II, chap. VI, page 422. [^642]: Hearne, ch. IX, p. 320. [^643]: La Pérouse, tome II, ch. IX, p. 219. [^644]: Bougainville, Voyage autour du Monde, deuxième partie, ch. II, tome II, p. 5. — Dentrecasteaux, Voyage à la recherche de La Pérouse, tome I, ch. XIV, p. 320. — Cook, premier Voyage, liv. I, ch. XVII, tome II, p. 537 et 538. [^645]: Cook, troisième Voyage, liv. II, ch. X, p. 61 et 62. [^646]: Ibid. ch. IV, tome II, p. 131, et deuxième Voyage, t. III, ch. VIII, p. 388. [^647]: Cook, troisième Voyage, liv. II, ch. XI, tome III, p. 154. [^648]: Bougainville, Voyage autour du Monde, deuxième partie, ch. III, tome II, p. 69. — Cook, deuxième Voyage, liv. II, ch. III, tome II, pag. 413, et troisième Voyage, liv. II, ch. XI, tome III, pages 141 et 142. [^649]: Cook, premier Voyage, liv. I, ch. XIX, tome II, p. 360. [^650]: Dentrecasteaux, Voyage à la recherche de La Pérouse, tome I, ch. XIV, p. 303. — Labillardière, tome II, ch. XII, p. 164 et 165. [^651]: Cook, troisième Voyage, liv. II, ch. XI, tome III, p. 152. [^652]: Bougainville, Voyage autour du Monde, deuxième partie, ch. III, tome II, p. 56. [^653]: Cook, troisième Voyage, liv. III, ch. II, tome III, p. 229. [^654]: Cook, troisième Voyage, liv. III, ch. IX, tome IV, p. 166. Les fils, pour succéder à l’autorité et aux terres de leurs pères, ont besoin de recevoir l’investiture du chef ou roi. Cook, troisième Voyage, liv. II, ch. XI, tome III, p. 30. [^655]: Labillardière, tome II, ch. XII, p. 126, 127 et 163. — Cook, troisième Voyage, liv. II, ch. XI, tome III, p. 148. [^656]: Cook, troisième Voyage, liv. II, ch. VIII, tome II, pag. 320 et 321. [^657]: Cook, troisième Voyage, liv. II, ch. XI, tome III, p. 143, et liv. III, ch. VII, tome IV, p. 68 et 69. — Dentrecasteaux, Voyage à la recherche de La Pérouse, tome I, ch. IV, p. 303 et 309. [^658]: Cook, premier Voyage, liv. II, ch. I, tome III, p. 30, troisième Voyage, liv. II, ch. VI, tome II, p. 197 et 198. [^659]: Cook, premier Voyage, liv. I, ch. XVII, tome II, p. 562. [^660]: Bougainville, deuxième partie, ch. II, tome II, p. 58. — La Pérouse, ch. XII, tome II, pag. 151. — Dentrecasteaux, tome I, ch. XIV, pag. 309, 310 et 315. — Cook, troisième Voyage, livre II, ch. XI, tome III, p. 130. [^661]: Cook, troisième Voyage, liv. II, ch. VIII, tome II, p. 314 ; liv. II, ch. IX, tome III, p. 19, et liv. III, ch. IX, tome IV, p. 165 et 166. [^662]: Cook, troisième Voyage, liv. I, ch. XI, tome III, p. 143. [^663]: Cook, premier Voyage, liv. I, ch. XIX, tome II, pages 628, 629 et 630. [^664]: Bougainville, Voyage autour du Monde, deuxième partie, ch. III, tome II, p. 70. [^665]: Bougainville, 2e partie, ch. III, tome II, p. 70. [^666]: Cook, premier Voyage, liv. I, ch. XIX, tome II, p. 629 et 630. [^667]: Cook, troisième Voyage, liv. II, ch. XI, tome III, pag. 132 et 133. [^668]: Bougainville, deuxième partie, ch. III, tome II, pag. 69. — Cook, troisième Voyage, liv. III, ch. XI, tome IV, p. 231 et 232. [^669]: King, troisième Voyage de Cook, liv. V, ch. VIII, tome VII, page 152. [^670]: Bougainville, deuxième partie, ch. III, tome II, p. 69. — Cook, deuxième Voyage, tome II, liv. I, ch. IV, p. 277. — Quelquefois c’est le chef qui ordonne le sacrifice, qui choisit lui-même la victime. Cook, troisième Voyage, liv. III, ch. II, tome III, page 249. [^671]: Cook, troisième Voyage, liv. III, ch. II, tome III, pag. 234, 240 et 257. [^672]: Cook, troisième Voyage, liv. II, ch. XI, tome III, pag. 139 et 141, et liv. III, ch. II, tome III, p. 256. [^673]: Les prêtres, auxquels la faculté de choisir les victimes donne un pouvoir terrible sur les hommes asservis, persuadent aux rois qu’ils ne peuvent renoncer aux sacrifices des victimes humaines sans courir le plus grand danger. « Nous demandâmes, dit Cook, la raison de ces meurtres barbares. On se contenta de nous répondre qu’ils étaient nécessaires à la Natche (Dieu), et que la divinité exterminerait sûrement le roi, si on ne se conformait pas à l’usage. » Troisième Voyage, liv. II, ch. IX, tome III, p. 32.
Pour dominer plus sûrement sur l’esprit du peuple, ces prêtres ont dans leur temple une espèce de coffre que le même voyageur compare à l’arche des Juifs. « Lorsque nous en demandâmes le nom au valet de Tupia, il nous dit qu’il s’appelait Ewharee-no-Eatua, la maison de Dieu. » Premier Voyage, liv. II, chap. I, tome III, pages 7 et 8.
Pour dominer plus sûrement sur l’esprit du peuple, ces prêtres ont dans leur temple une espèce de coffre que le même voyageur compare à l’arche des Juifs. « Lorsque nous en demandâmes le nom au valet de Tupia, il nous dit qu’il s’appelait Ewharee-no-Eatua, la maison de Dieu. » Premier Voyage, liv. II, chap. I, tome III, pages 7 et 8. [^674]: Les Anglais écrivent taboo. [^675]: Cook, troisième Voyage, liv. II, ch. IX, tome III, p. 6. [^676]: Ibid., p. 46 et 47. [^677]: Anderson, troisième Voyage de Cook, liv. II, ch. IX, tome IV, pages 165 et 166. [^678]: Anderson*, ibid*., p. 170. — Cook, troisième Voyage, liv. III, ch. IX, tome IV, p. 134. [^679]: Cook, troisième Voyage, liv. II, ch. XI, tome III, p. 151, et liv. III, ch. IX, tome IV, pag. 130. — Les prêtres ont trouvé le moyen de soumettre les rois eux-mêmes au tabou. Vancouver, liv. V, ch. I, tome IV, p. 169 et 170. [^680]: Cook, premier Voyage, liv. I, ch. XVII, tome II, pag. 170 et 172. — Forster, deuxième Voyage de Cook, tome III, chap. X, pages 433 et 442. [^681]: Anderson, troisième Voyage de Cook, l. III, ch. IX, tome IV, pag. 135 et 137. — Forster, deuxième Voyage de Cook, tome III, ch. III, p. 433 et suivantes. [^682]: Cook, troisième Voyage, liv. II, ch. VI, tome IV, p. 30 et 31. [^683]: King, troisième Voyage de Cook, liv. V, ch. VII, tome VII, p. 101 et 102. [^684]: Cook, premier Voyage, liv. I, ch. XIX, tome II, p. 629 et 630. [^685]: Bougainville, Voyage autour du Monde, deuxième partie, ch. III, tome II, p. 70. — Labillardière, Voyage à la recherche de La Pérouse, tome II, ch. XII, p. 115. — Cook, troisième Voyage, liv. II, tome III, p. 123 et 124, et liv. V, ch. VII, tome VII, page 111. [^686]: Cook, premier Voyage, liv. I, ch. XVII, tome II, p. 515. [^687]: Cook, Ibid., p. 541. [^688]: Dentrecasteaux, Voyage à la recherche de La Pérouse, tome I, ch. XIV, p. 320. [^689]: Cook, premier Voyage, liv. I, ch. XIX, tome II, p. 630. — Anderson, troisième Voyage de Cook, liv. II, ch. IX, tome IV, p. 165. — Cook, troisième Voyage, liv. III, ch. VI, tome IV, p. 31. [^690]: Cook, troisième Voyage, liv. V, ch. VIII, tome VII, p. 136. — Rollin, Voyage de La Pérouse, tome IV, p. 26. [^691]: King, troisième Voyage de Cook, ch. V, tome VII, liv. V, page 152. [^692]: De Larochefoucault-Liancourt, Voyage aux États-Unis d’Amérique, première partie, tome III, p. 22. [^693]: Cook, troisième Voyage, liv. II, ch. XI, tome III, p. 151. [^694]: Cela peut expliquer comment le capitaine Marchand n’a vu dans les îles Marquises que des hommes grands et forts, comme le sont tous ceux des hautes classes, tandis que d’autres navigateurs en ont vu un grand nombre qui appartenaient à la classe asservie. Voyage cité par M. de Larochefoucault-Liancourt, tome III, première partie, p. 22. [^695]: Cook, premier Voyage, liv. I, ch. XVII, tome II, pages 569 et 570. [^696]: Bougainville, deuxième partie, ch. I, tome II, p. 21 et 22. — La Pérouse, tome II, ch. IV, pag. 105 et 106. — Cook, troisième Voyage, liv. III, ch. IX, tome IV, p. 134. — Wallis, tome II, ch. VI, page 184. [^697]: La Pérouse, Voyage autour du Monde, tome II, chap. IV, p. 105 et 106. — Fleurieu, Voyage du capitaine Marchand, tome I, ch. II, p. 172 ; ch. III, p. 237, et tome II, ch. VII, p. 285. — Krusenstern, tome I, ch. VII, p. 160. [^698]: Bougainville, deuxième partie, ch. III, tome II, pag. 58. — Labillardière, tome II, ch. XII, p. 151. — Dentrecasteaux, tome I, ch. XIV, pages 309, 310 et 315. — Cook, troisième Voyage, liv. II, ch. XI, tome III, p. 130. [^699]: Bougainville, deuxième partie, ch. III, tome II, pag. 70. — Cook, premier Voyage, liv. I, ch. XVII, tome II, p. 564 ; troisième Voyage, liv. III, ch. IX, tome IV, p. 133, et liv. V, ch. VII, tome VII, p. 113 et 114. — Krusenstern, tome I, ch. IX, p. 216 et 217. [^700]: Bougainville, deuxième partie, ch. II, tome II, p. 58. [^701]: Ibid., p. 70. [^702]: Anderson, troisième Voyage de Cook, liv. III, ch. IX, tome IV, p. 139 et suivantes. [^703]: Cook, troisième Voyage, liv. II, ch. XI, tome III, p. 131. [^704]: Voyage autour du Monde, tome III, ch. XXV, p. 274. [^705]: Labillardière, tome II, ch. XII, p. 172. — Cook, troisième Voyage, liv. II, ch. XI, tome III, p. 131. — Bougainville, deuxième partie, ch. I, tome II, p. 21 et 22. [^706]: Anderson, troisième Voyage de Cook, liv. II, chapitre IX, tome IV, p. 170. [^707]: Dentrecasteaux, tome I, ch. XIV, pag. 308. — Labillardière, tome I, ch. VII, p. 251 et 252, et tome II, ch. XII, p. 99, 111 et 112. — Cook, premier Voyage, liv. I, ch. XI, tome II, p. 340 et 434, et troisième Voyage, liv. II, ch. IV, tome II, p. 133. [^708]: Labillardière, tome II, ch. XII, pag. 96. — Cook, troisième Voyage, liv. V, ch. I, tome VI, pag. 272. — G. Dixon, tome I, page 327. [^709]: King, troisième Voyage de Cook, liv. V, ch. VIII, tome VII, pages 143 et 144. [^710]: Cook, troisième Voyage, liv. II, ch. VI, tome II, p. 221, et liv. II, ch. XII, tome IV, p. 321. [^711]: Labillardière, tome II, ch. XI, p. 115 et 136. — Bougainville, deuxième partie, ch. III, tome II, p. 54 et 55. [^712]: Labillardière, tome I, ch. VII, p. 261. [^713]: Cook, troisième Voyage, tome II, liv. II, chap. VI et VIII, p. 201, 305, 316 et 317 ; liv. III, ch. IX, tome IV, p. 162 et 163. — Dentrecasteaux, tome I, ch. XIV, p. 307 et 309. — Labillardière, tome II, ch. XII, p. 172. — G. Dixon, tome I, p. 280 et 281. [^714]: La Pérouse, tome II, ch. IV, p. 94 et 105. — Labillardière, tome II, ch. XI, p. 155 et 157. — Fleurieu, Voyage du capitaine Marchand, tome I, ch. I, p. 49. — Krusenstern, tome I, ch. IX, p. 223. — Cook, premier Voyage, liv. I, ch. X, tome II, p. 404 et 405 ; deuxième Voyage, tome III, ch. II et IV, p. 87 et 202 ; troisième Voyage, liv. II, ch. IV et X, p. 97 et 155. — Broughton, tome I, liv. I, ch. IV, p. 114. [^715]: King, troisième Voyage de Cook, liv. V, chap. I, tome VI, page 274. [^716]: Labillardière, tome II, ch. XII, p. 141, 142, 143 et 155. [^717]: Anderson, troisième voyage de Cook, liv. III, ch. IX, t. IV, p. 335. [^718]: Ne serait-ce pas ici le secret de la plupart des guerres qui ont déchiré l’Europe ? [^719]: Bougainville, deuxième partie, ch. III, tome II, page 55. — Cook, troisième Voyage, liv. III, ch. III et IX ; tome III, page 287, et tome IV, p. 116. [^720]: Anderson, troisième Voyage de Cook, liv. III, ch. XVIII. — King, Ibid, liv. V, ch. VII, tome VII, p. 95. — Krusenstern, tome I, ch. IX, p. 246. [^721]: Cook, liv. II, ch. V, tome II, p. 486. [^722]: Cook, troisième Voyage, liv. II, ch. II, tome III, p. 287. — King, troisième Voyage de Cook, liv. V, ch. VII, tome VII, page 97. [^723]: G. Bligh, Voyage à la mer du Sud, ch. V, p. 97 et 98. — Vancouver, tome III, liv. II, ch. VII, pages 197 et 123. — Broughton, tome I, liv. I, ch. II et IV, p. 58, 59, 60, 62 et 104. [^724]: Cook, deuxième Voyage, tome III, ch. X, p. 494 et 495 ; troisième Voyage, liv, III, ch. VI et VII, tome IV, p. 32, 81 et 82. — Broughton, liv. I, ch. II, tome I, p. 53.
« Je crois, dit Cook, que la conquête de ces îles n’a procuré à Pouni (le roi) d’autres avantages qu’un moyen de récompenser ses nobles, qui, en effet, se sont emparés de la meilleure partie des terres. » Lorsqu’un roi, fils d’un ancien conquérant, est dépossédé par un conquérant nouveau, il persiste à conserver le titre que la conquête donna jadis à ses ancêtres. Cook, premier Voyage, liv. I, ch. XIX, tome II, p. 631.
« Je crois, dit Cook, que la conquête de ces îles n’a procuré à Pouni (le roi) d’autres avantages qu’un moyen de récompenser ses nobles, qui, en effet, se sont emparés de la meilleure partie des terres. » Lorsqu’un roi, fils d’un ancien conquérant, est dépossédé par un conquérant nouveau, il persiste à conserver le titre que la conquête donna jadis à ses ancêtres. Cook, premier Voyage, liv. I, ch. XIX, tome II, p. 631. [^725]: Cook, deuxième Voyage, tome III, ch. VII, p. 300. [^726]: Cook, premier Voyage, liv. I, ch. XV, tome II, p. 492. [^727]: Si jamais il s’établissait dans ces archipels une classe manufacturière ou commerçante, ces guerres deviendraient moins fréquentes, parce que l’aristocratie territoriale pourrait lever, sur cette partie de la population, des impôts suffisants pour enrichir ou du moins pour faire vivre ses cadets. On aurait alors un ordre social analogue à celui qui existe en Angleterre. [^728]: Krusenstern, tome I, ch. IX, p. 240 et 243. [^729]: Fleurieu, Voyage du capitaine Marchand, tome I, chap. II, page 199. [^730]: Krusenstern, tome I, ch. IX, p. 240. — Forster, cité dans le deuxième Voyage de Cook, tome III, ch. IV, p. 199. [^731]: Cook, premier Voyage, liv. I, ch. VIII, tome II, pag. 581 et 382. — Anderson, troisième Voyage de Cook, liv. III, chap. IX, tome IV, p. 116 et 117. [^732]: Bougainville, deuxième partie, ch. II, tome II, p. 24 et 31. [^733]: Cook, troisième Voyage, liv. II, ch. X, tome III, p. 95 et 96. — Forster, cité dans le deuxième Voyage de Cook, tome IV, ch. II, p. 34. — Vancouver, liv. III, ch. VII, tome III, p. 110, 111 et 112. [^734]: La Pérouse, tome II, ch. VI, p. 130, 131 et 132. — Rollin, Voyage de La Pérouse, tome IV, p. 25. [^735]: Ibid., tome II, ch. II, p. 88 et 89. [^736]: Cook, premier Voyage, liv. II, ch. VII et X, tome III, p. 234, 236 et 237 ; deuxième Voyage, liv. II, ch. III et V, p. 234, 235 et 490.
On n’a observé dans l’île de Pâques et dans la Nouvelle-Zélande, ni distinctions de rangs, ni maîtres, ni serviteurs, ni race conquise, ni race conquérante. L’anarchie la plus complète a paru régner dans l’île de Pâques ; cependant les terres y sont partagées en propriétés particulières. Cook, deuxième Voyage, tome III, ch. II et III, p. 109 et 149. — La Pérouse, tome II, ch. V, p. 116, et tome IV, p. 120. Dans la Nouvelle-Zélande, l’autorité d’aucun individu ne paraît s’étendre au-delà de sa famille. Si le besoin de la défense commune oblige un village à choisir un chef, on prend celui qui montre le plus de courage et de prudence. Anderson, troisième Voyage de Cook, liv. I, ch. III, tome I, p. 335.
On n’a observé dans l’île de Pâques et dans la Nouvelle-Zélande, ni distinctions de rangs, ni maîtres, ni serviteurs, ni race conquise, ni race conquérante. L’anarchie la plus complète a paru régner dans l’île de Pâques ; cependant les terres y sont partagées en propriétés particulières. Cook, deuxième Voyage, tome III, ch. II et III, p. 109 et 149. — La Pérouse, tome II, ch. V, p. 116, et tome IV, p. 120. Dans la Nouvelle-Zélande, l’autorité d’aucun individu ne paraît s’étendre au-delà de sa famille. Si le besoin de la défense commune oblige un village à choisir un chef, on prend celui qui montre le plus de courage et de prudence. Anderson, troisième Voyage de Cook, liv. I, ch. III, tome I, p. 335. [^737]: La Pérouse, tome II, ch. VI, p. 134 et 135. [^738]: La Pérouse avait emporté, dans ses voyages, les idées que donne J.-J. Rousseau sur l’innocence de la vie sauvage et sur les vices qu’enfante l’état social. Il dit en conséquence que les Malais ne doivent pas être pris pour des sauvages ; qu’ils ont, au contraire, fait de très grands progrès dans la civilisation, et qu’il les croit aussi corrompus qu’ils peuvent l’être relativement aux circonstances où ils se trouvent. Mais à mesure qu’il a avancé dans ses voyages, l’expérience a corrigé cette erreur ; il a fini par se convaincre par de funestes expériences, ainsi qu’on le verra plus loin, que plus les hommes sont près de l’état sauvage et plus leurs vices sont multipliés. Dentrecasteaux, parti avec la même erreur, s’en est corrigé de la même manière. [^739]: La Pérouse, tome II, ch. IV, p. 105. [^740]: La Pérouse, tome III, ch. XIV, p. 279. [^741]: Wallis, Voyage autour du Monde, tome II, chapitre V, pages 130 et 133. [^742]: Broughton, Voyage de découvertes, tome I, liv. I, ch. II, page 56. [^743]: Anderson, troisième Voyage de Cook, liv. I, ch. VIII, tome I, page 334. [^744]: Cook, deuxième Voyage, tome I, ch. VIII, p. 445 et 446. [^745]: Cook, premier Voyage, liv. II, ch. IV, tome III, pages 152 et 156. [^746]: Ibid., ch. VII, tome III, p. 231. [^747]: Troisième Voyage, liv. I, ch. VII, tome I, p. 257. [^748]: Dentrecasteaux, tome I, ch. XII, p. 272. — Labillardière, tome II, ch. XII, p. 86. — Cook, premier Voyage, liv. II, ch. VII et XI, tome III, p. 322, 328 et 349, et deuxième Voyage, tome I, ch. VII, p. 397, et liv. II, ch. V, tome II, p. 485. — Forster, ibid., p. 488 ; troisième Voyage, liv. I, ch. VII, tome I, p. 283 et 284.
On peut être étonné que ces peuples aient montré un très bon caractère aux voyageurs anglais ; mais ce phénomène est facile à expliquer quand on connaît leur hypocrisie : « On leur inspira la terreur par les armes à feu, on leur fit des signes d’amitié, et on finit par gagner leur confiance. » Cook, premier Voyage, liv. II, tome III.
On peut être étonné que ces peuples aient montré un très bon caractère aux voyageurs anglais ; mais ce phénomène est facile à expliquer quand on connaît leur hypocrisie : « On leur inspira la terreur par les armes à feu, on leur fit des signes d’amitié, et on finit par gagner leur confiance. » Cook, premier Voyage, liv. II, tome III. [^749]: Cook, troisième Voyage, liv. I, ch. VII, tome I, p. 289. [^750]: Forster, cité dans le deuxième Voyage de Cook, tome I, ch. VIII, p. 418 et 419 ; et Cook*, ibid*., p. 454. [^751]: Forster, cité dans le deuxième Voyage de Cook, liv. II, ch. V, tome II, p. 483 et 484. — « Les habitants de la Nouvelle-Zélande, dit Cook, semblent faire moins de cas des femmes que les insulaires de la mer du Sud, et telle était l’opinion de Tuipa, un de ces insulaires, qui s’en plaignait comme d’un affront fait au sexe. » Premier Voyage, liv. II, ch. XI, tome III, p. 353. [^752]: Cook, troisième Voyage, liv. I, ch. VII, tome I, p. 289. [^753]: Cook, troisième Voyage, liv. I, ch. VII, tome I, pages 282 et 283. — Il existe entre les habitants de la Nouvelle-Zélande et ceux des îles de la Société une différence qui mérite d’être observée. Les premiers n’ont chez eux aucune classe aristocratique, et en conséquence les femmes n’y sont pas élevées pour les plaisirs des grands ; aussi a-t-on observé chez elles des sentiments de pudeur qu’on n’a point remarqués chez les autres. Cook, premier Voyage, liv. II, ch. X, tome III, p. 328 et 329. [^754]: La Pérouse, tome II, ch. IV, p. 94, 95, 105, 107 et 108. [^755]: Labillardière, tome II, ch. XII, p. 146, 175 et 176. — Cook, troisième Voyage, liv. II, ch. XI, tome III, p. 132 et 133. — Vancouver, liv. III, ch. VII, tome III, p. 110, 10 et 112. [^756]: Bougainville, deuxième partie, ch. II, tome II, pag. 58. — Cook, troisième Voyage, liv. II, ch. XI, t. III, p. 108, 110 et 111. [^757]: Cook, troisième Voyage, liv. III, ch. XII, tome IV, p. 288. — King, troisième Voyage de Cook, liv. V, ch. VII, tome VII, p. 90. [^758]: Bougainville, deuxième partie, ch. II, tome II, pag. 53. — Fleurieu, Voyage du capitaine Marchand, tome I, ch. II, p. 179. — King, troisième Voyage de Cook, liv. V, chap. VII, tome VII, page 113. [^759]: La Pérouse, tome III, ch. XXIV, p. 237 et 238. [^760]: Ibid. [^761]: Cook, deuxième Voyage, tome III, ch. IV, p. 174.
La Pérouse défendait de tirer sur les voleurs, et pour prévenir les querelles il payait à ses matelots la valeur de ce qui leur était enlevé ; aussi trouva-t-il les insulaires plus audacieux.
La Pérouse défendait de tirer sur les voleurs, et pour prévenir les querelles il payait à ses matelots la valeur de ce qui leur était enlevé ; aussi trouva-t-il les insulaires plus audacieux. [^762]: Fleurieu, Voy. du cap. Marchand, tome I, ch. I, p. 73. [^763]: Krusenstern, tome I, ch. IX, p. 240. — Le penchant irrésistible que ces insulaires ont pour le vol est cependant pour tous les voyageurs un sujet de crainte. [^764]: Krusenstern, tome I, ch. IX, p. 242. [^765]: Ibid., p. 242 et 243. [^766]: Fleurieu, Voyage du capitaine Marchand, tome I, ch. II, page 196. [^767]: Fleurieu, Voyage du capitaine Marchand, t. I, ch. II, p. 206. [^768]: Labillardière, tome I, ch. VII, p. 261. [^769]: Dentrecasteaux, tome I, ch. XI, p. 235 et 236. — Labillardière, tome II, ch. X, p. 55. [^770]: Cook, deuxième Voyage, tome I, p. 386 et 387. — Péron, tome I, liv. II, ch. XI, p. 269 — Labillardière, tome I, chap. V, p. 184 et 185. — L. Freycinet, liv. II, ch. I, p. 43. [^771]: Péron, tome I, liv. III, ch. XII, p. 252, 253, 255 et 256. [^772]: Dentrecasteaux, tome I, ch. XI, p. 236 et 237. — Labillardière, tome II, ch. X, p. 52, 53 et 54. — Péron, tome I, liv. III, ch. XII, p. 255 et 256. [^773]: Péron, tome I, liv. III, ch. XI, p. 254 et 255. [^774]: Ibid., ch. XIII, p. 280. [^775]: Péron, tome I, liv. III, ch. XI, p. 282. [^776]: Dentrecasteaux, tome I, ch. XI, pag. 235. — Labillardière, tome II, ch. X, p. 56. [^777]: Cook, troisième Voyage, liv. I, ch. VI, tome I, p. 212. — Les femmes des îles de la Société et des îles des Amis, qui ont paru si prodigues de leurs faveurs, lorsqu’on leur a expliqué les mœurs des peuples d’Europe, les ont admirées, et ont prouvé par cela même combien peu leur volonté a d’influencé sur leur conduite. [^778]: Péron, tome I, liv. III, ch. XX, sect. IV, p. 454. [^779]: Péron, tome I, liv. III, ch. XIII, p. 236, 237, 244 et 285. — L. Freycinet, liv. II, p. 43 et 61. [^780]: Ibid., p. 238. — Dentrecasteaux, qui n’avait vu ces peuples qu’un moment et qui avait l’imagination remplie des idées de J.-J. Rousseau sur la perfection de l’homme de la nature, a d’abord porté d’eux un jugement très favorable ; il s’exprime à leur égard avec l’enthousiasme de l’auteur du discours sur l’origine de l’inégalité parmi les hommes. Mais comme son opinion n’est prouvée par aucun fait, comme elle est démentie, au contraire, par les faits même qu’il cite, et comme une cruelle et longue expérience l’a obligé plus tard de la rétracter, j’ai jugé inutile de la rapporter ici. [^781]: Péron, tome I, liv. III, ch. XX, p. 450. [^782]: Ibid., p. 454 et 455. [^783]: Phillip, ch. XIV, p. 161. [^784]: L. Freycinet, liv. II, ch. IX, p. 292 et 293. [^785]: Ces entailles existent souvent jusqu’à la hauteur de quatre-vingts pieds, et sont faites avec une hache de pierre. Collins, cité par Maithus, tome I, ch. III, p. 39 et 40 de la cinquième édition. [^786]: Péron, tome I, liv. III, ch. XX, p. 463. Des déportés anglais se sont quelquefois réfugiés dans les forêts parmi les sauvages, pour échapper aux travaux auxquels ils sont condamnés ; mais la famine les a toujours contraints de revenir prendre leurs chaînes. Les fatigues et les privations de la vie sauvage ont paru excéder les fatigues et les privations auxquelles les condamnés sont assujettis. Phillip, ch. XII, p. 140 et 141. — Broughton, tome I, liv. I, ch. I, page 24. [^787]: Péron, tome II, liv. IV, ch. XXIII, p.50. — Freycinet, liv. II, ch. IX, p. 292 et 293. — Phillip, ch. XIV, p. 161. — Broughton, tome I, liv. I, ch. I, p. 26. — Dampier, tome II, ch. XVI, p. 142. [^788]: Collins, cité par Malthus, tome I, ch. III. [^789]: Phillip, ch. IX, p. 95. [^790]: Freycinet, liv. II, ch. IX, p. 293. [^791]: Phillip, ch. XIV, p. 164. [^792]: Péron, tome I, liv. II, ch. V, p. 89. — Labillardière, tome I, ch. IX, p. 415. — Cook, premier Voyage, liv. III, ch. IV, tome IV, p. 46 et 47. — Phillip, ch. VII, p. 69. — Broughton, tome I, liv. I, ch. I, p. 23. [^793]: Cook, premier Voyage, liv. III, ch. VI, tome IV, p. 141. — Phillip, ch. XIV, p. 165. [^794]: Labillardière, tome II, ch. XIII, p. 212. [^795]: Dentrecasteaux, tome I, ch. XVI, p. 350. [^796]: Labillardière, tome II, ch. XIII, p. 247. — Dentrecasteaux, tome I, ch. XVI, p. 349. [^797]: Forster, cité dans le deuxième Voy. de Cook, tome IV, ch. VIII, p. 479 et 492. — Labillardière, tome II, ch. XII, p. 226 et 227. [^798]: Forster, deuxième Voyage de Cook, tome IV, ch. VIII, p. 479. [^799]: Dentrecasteaux, tome I, ch. XVI, p. 251 et 252. [^800]: Labillardière, tome II, ch. XIII, p. 232. — Dentrecasteaux, ch. XV et XVI, p. 341 et 355. [^801]: Dentrecasteaux, tome I, ch. XV et XVI, p. 341 et 355. — Labillardière, Voyage à la recherche de La Pérouse, tome II, ch. XIII, p. 197, 215, 216, 217 et 233. [^802]: Cook, deuxième Voyage, tome IV, ch. VIII, p. 439. — Forster, ibid., p. 484 et 485. [^803]: Labillardière, tome II, ch. XI, p. 184. [^804]: Dentrecasteaux, tome I, ch. XVI, p. 355. [^805]: Dentrecasteaux, tome I, ch. XV, pag. 340. — Labillardière, tome II, ch. XIII, p. 205, 206, 209 et 214. — Les nègres de Guinée ont l’habitude de manger une sorte de terre onctueuse qu’ils mêlent à leurs aliments et qui se dissout comme le beurre. (J. Mathews, lett. II et IV, p. 23 et 38.) L’habitude de manger de la terre leur en rend le besoin si grand, qu’ils ne peuvent s’en passer dans les colonies d’Amérique ; mais celle qu’ils mangent sur ce continent leur est toujours funeste. Alexandre de Humboldt, Tableaux de la Nature, tome I, p. 202 et 203. [^806]: Labillardière, tome II, ch. XIII, p. 197. [^807]: Ibid., p. 191 et 217. — Dentrecasteaux, ch. XV, p. 133 et 139. [^808]: Cook, deuxième Voyage, tome IV, ch. IV, p. 163 et 164. — Forster, ibid., p. 369. [^809]: Cook, deuxième Voyage, tome IV, ch. V, p. 249. [^810]: Ibid., ch. IV, p. 193, et ch. V, p. 210 et 211. [^811]: Forster, cité dans le deuxième Voyage de Cook, tome IV, ch. V, p. 237 et 286. — Cook*, ibid.,* ch. VI, p. 351. [^812]: Forster, deuxième Voyage de Cook, tome IV, ch. VIII, p. 479. [^813]: Forster*, ibid.,* ch. V, p. 271 et 272. [^814]: Cook, deuxième Voyage, tome IV, ch. IV, p. 195. [^815]: Forster, deuxième Voyage de Cook, tome IV, ch. V, p. 256. [^816]: Cook, deuxième Voyage, tome IV, ch. II, p. 126. [^817]: Barrow, nouveau Voyage dans la partie méridion. de l’Afrique, tome I, ch. I, p. 143 et 144. — Thumberg, Voyage en Afrique et en Asie, ch. III, p. 119. [^818]: Levaillant, premier Voyage dans l’intérieur de l’Afrique, tome II, p. 227, 228 et 263. [^819]: Levaillant, premier Voyage dans l’intérieur de l’Afrique, tome II, p. 255. — Barrow, nouveau Voyage, etc., tome I, ch. 1, page 147. [^820]: Thumberg, ch. III, p. 119. [^821]: Levaillant, premier Voyage, tome II, pag. 255, 262, 263 et 264. [^822]: Levaillant, premier Voyage, tome II, p. 212, 213, 226 et 229. [^823]: Ibid., p. 262. [^824]: Barrow, Voyage dans la partie méridionale de l’Afrique, tome II, ch. V, p. 171 et 172. [^825]: Levaillant, premier Voyage, tome II, p. 151. [^826]: Levaillant, premier Voyage, tome I, p. 230 et 231 ; tome II, p. 90, et deuxième Voyage, tome III, p. 459 et 460. — Les capitaines ont cependant quelquefois assez de puissance pour s’emparer des femmes qui leur conviennent. Kolbe, tome I, ch. VI, p. 67. [^827]: Levaillant, deuxième Voyage, tome II, p. 411, et tome III, p. 17 et 18. [^828]: Sparrman, Voyage au cap de Bonne-Espérance, tome II, ch. VIII, page 90. — Levaillant, premier Voyage, tome II, page 55 et 56. [^829]: Kolbe, tome I, ch. XV, p. 235, 236 ct 237. [^830]: Kolbe, tome I, ch. XV, p. 238, 239, 240 et 252. — Levaillant deuxième Voyage, tome II, p. 187.
Kolbe dit que les femmes hottentotes ont le privilège de manger du lièvre ; mais on voit aisément à quoi se réduit ce privilège quand ont lit dans le voyage de Levaillant : « Les Hottentots ont pour la chair de lièvre une répugnance invincible, et ne peuvent se résoudre à en manger. »
Kolbe dit que les femmes hottentotes ont le privilège de manger du lièvre ; mais on voit aisément à quoi se réduit ce privilège quand ont lit dans le voyage de Levaillant : « Les Hottentots ont pour la chair de lièvre une répugnance invincible, et ne peuvent se résoudre à en manger. » [^831]: Kolbe, tome I, ch. XV et XVIII, p. 237, 282 et 283. [^832]: Levaillant, premier Voyage, tome II, p. 51 et 52. — Kolbe, tome I, ch. XVII, p. 268 et 269. [^833]: Levaillant, premier Voyage, tome II, p. 54 et 55. [^834]: Kolbe, tome I, ch. VI, p. 59. — Levaillant, premier Voyage, tome II, p. 56, et deuxième Voyage, tome III, p. 89 et 90. [^835]: Sparrman, tome II, ch. VIII, p. 93 et 94. — Kolbe, tome I, ch. XVII, p. 263. [^836]: Kolbe, tome I, ch. XXV, p. 264, 265 et 267. — Sparrman, tome II, ch. VIII, p. 91, 92 et 94. [^837]: Levaillant, premier voyage. [^838]: Levaillant, premier Voyage, tome II, p. 87 et 88. [^839]: Dampier, nouveau Voyage autour du Monde, tome II, ch. XX, p. 213, 214 et 218. — Kolbe, tome I, chap. VI, VII, XVI et XVII, pages 80, 81, 83, 84, 87, 89, 249 et 260. — Sparrman, tome I, chapitre V. — Levaillant, premier Voyage, tome II, pages 219 et 220. — Degrandpré, tome II, p. 186 et 187. — Thumberg, ch. III, page 108. [^840]: Description du cap de Bonne-Espérance, tome I, chap. VI, page 80. [^841]: Levaillant, premier Voyage, tome I, pag. 287 et 288. — Le moyen que Levaillant rapporte comme un fait incroyable est employé par les nègres de Mallicolo et même par les Arabes. Mollien, tome I, ch. I, p. 14. [^842]: Levaillant, deuxième Voyage, tome III, p. 18 et 19. — Kolbe, tome I, ch. XVI, p. 250 et 251. [^843]: Levaillant, premier Voyage, tome II, pag. 283, 287, 288 et 297 ; deuxième Voyage, tome I, p. 199, 229 et 230. — Barrow, Voyage dans la partie méridionale de l’Afrique, tome I, chap. I, pages 139 et 140. [^844]: Thumberg, Voyage en Afrique et au Japon, ch. II, p. 120. — Levaillant. [^845]: Levaillant, deuxième Voyage, tome I, p. 128 et 129. [^846]: Kolbe, tome I, ch. XVI, p. 243. — On peut être étonné que des peuples pasteurs soient si souvent réduits à la famine, et qu’ils se nourrissent d’aliments si grossiers. La raison en est qu’ils élèvent des animaux, non pour les manger, mais pour en boire le lait ou pour transporter leurs bagages. Ce n’est que très rarement qu’ils peuvent se permettre de tuer un bœuf ou un mouton. Leurs pâturages ne sont ni assez étendus ni assez grands pour que chaque famille puisse avoir un nombreux troupeau. Levaillant, premier Voyage, tome II, p. 67. [^847]: Levaillant, deuxième Voyage, tome II, p. 75. [^848]: Kolbe, tome I, ch. VI, p. 67. [^849]: Kolbe, tome I, ch. III et VI, p. 29, 60 et 61. — Leraillant, deuxième Voyage, tome I, p. 158 et 159, et tome III, p. 95, 98 et 99. — Barrow, Voyage dans la partie méridionale de l’Afrique, tome I, ch. I, p. 118, 135 et 136. — Raynal, tome I, liv. I, p. 393. [^850]: Levaillant, premier Voyage, tome I, p. 232. [^851]: Sparrman, tome I, ch. V, p. 263 et 264. [^852]: Levaillant, deuxième Voyage, tome III, pag. 163 et 164. — Sparrman, tome I, ch. V, p. 263 et 264. [^853]: Levaillant, tome I, ch. V, p. 259 et 260. [^854]: Levaillant, premier Voyage, tome II, p. 305 et 306. — Ce voyageur, croit comme Kolbe, que les Boschismans, dont il n’a vu que trois qui traversaient une montagne opposée à celle sur laquelle il était, ne sont que des esclaves déserteurs de la colonie ; cette opinion est démentie par d’autres voyageurs plus instruits. [^855]: Sparrman, tome II, ch. VIII, p. 22. — Levaillant, premier Voyage, tome II, p. 220 et 222. [^856]: Péron, Voyage de découvertes aux terres australes, tome II, liv. IV, ch. XXXIII, p. 310. — Sparrman, tome I, ch. V, p. 264 et 265. [^857]: Voyage de découv. aux terres australes, t. II, liv. IV, ch. XXXII, p. 310 et 311. — Péron croit que la manière dont les colons traitent ces enfants est la cause de leur attachement à la vie sauvage ; et il rapporte à l’appui de cette opinion un fait qui paraît décisif. Si ce voyageur philosophe eût eu le temps d’étudier les mœurs des colons, ce qui pour lui n’était qu’un doute se fut changé en certitude. [^858]: Sparrman, tome I, ch. V, p. 265. [^859]: L. Degrandpré, Voyage à la côte occidentale d’Afrique, tome I, ch. III, p. 171 et 172. — J. Mathews, Voyage to the river Sierra-Leone, on the coast of Africa, lett. V, p. 74. — G. Mollien, Voyage dans l’intérieur de l’Afrique, aux sources du Sénégal et de la Gambie, tome I, ch. II, p. 148. [^860]: On peut voir quelles sont les plantes alimentaires de ce pays dans le Précis de la Géographie universelle, tome V, liv. XC, p. 7, et dans les auteurs cités par M. Malte-Brun. [^861]: Voyage à la côte occidentale d’Afrique, tome I, ch. III, p. 167. [^862]: Degrandpré, tome I, ch. II, p. 105, 106 et suiv. [^863]: Voyage à la côte occidentale d’Afrique, tome I, ch. II, p. 52, 53, 54 et 55. — Les mêmes épreuves se pratiquent au Sénégal. Mollien, Voyage dans l’intérieur de l’Afrique, tome I, chap. II, page 105. [^864]: Ibid., ch. III, p. 210. [^865]: L. Degrandpré, tome I, ch. I et II, pag. 52 et suivantes. — G. Mollien, tome I, ch. III, pag. 148. — J. Mathew’s Voyage to the river Sierra-Leone, lett. V, p. 74. [^866]: L’état social des peuples de la côte occidentale d’Afrique explique un phénomène dont on avait eu de la peine à se rendre raison : l’établissement à Saint-Domingue d’une monarchie complète, par le nègre Christophe. On trouvait, dans cette monarchie, les mêmes rangs, les mêmes titres, les mêmes dignités que dans le gouvernement impérial créé par Napoléon. Les admirateurs de ce conquérant ne doutaient pas que le roi Christophe ne l’eût pris pour modèle ; mais ses détracteurs disaient au contraire, que c’était au roi nègre qu’appartenait le mérite de l’invention. Si l’on eût songé aux institutions établies, de temps immémorial, chez les nègres de la côte occidentale d’Afrique, on n’eût pas contesté le mérite de Christophe : on eût reconnu qu’il avait transporté à Saint-Domingue les institutions de son pays natal ; qu’il s’était conformé, par conséquent, au génie de sa nation, et qu’il ne devait pas être mis au rang des serviles imitateurs. Ceci n’est pas un reproche aux auteurs immortels des institutions impériales ; c’est un sujet d’admiration pour le profond génie des nègres, qui ont atteint, dans un état encore barbare, ce haut point de perfection sociale que plusieurs de nos philosophes et de nos hommes d’État ont admiré. [^867]: J.-G. Stedman, Voyage à Surinam et dans l’intérieur de la Guyane, tome III, ch. XXV, p. 73 et 74. [^868]: L. Degrandpré, tome I, ch. III, p. 197. [^869]: Mollien, Voyage dans l’intérieur de l’Afrique, tome I, ch. III, p. 143. — Degrandpré, tome II, ch. IV, p. 54, 55 et 56. [^870]: Mollien, tome I, ch. II, p. 47 et 48. [^871]: J. Mathew’s, lett. VI, pag. 116. — L. Degrandpré, tome I, ch. II, p. 101, 102 et 149. — Raynal, Hist. philosoph., tome VI, liv. XI, p. 92. [^872]: Degrandpré, tome I, ch. II, p. 109, 110 et 111. [^873]: Mollien, tome I, ch. IV, p. 292 et 293. [^874]: Mollien, tome I, ch. IV, p. 292 et 293. — Raynal, tome VI, liv. II, p. 192 et 193. — Degrandpré, tome I, ch. II, p. 102 et 103. [^875]: J. Mathew’s Voyage to the river Sierra-Leone, 5th. lett., pag. 86 et 87. [^876]: Il est bien évident que je ne m’occupe ici que des grandes masses : je n’ai nul besoin, pour l’objet que je me propose, ni de m’occuper des exceptions, ni de discuter l’origine de ces diverses populations. [^877]: Liv. III, ch. XIV. [^878]: Depuis près d’un siècle que les Russes se sont emparés de ces contrées, les indigènes ont été presque entièrement détruits : leurs gouvernements, leurs mœurs, leur religion ont été presque complètement effacés. Le petit nombre d’individus qui existent encore dans les îles Aléoutiennes ou dans la presqu’île du Kamtchatka ne sont plus en quelque sorte que des instruments de chasse, dont les Russes se servent pour se procurer des fourrures. [^879]: Coxe, Nouvelles découvertes des Russes, ch. X, XI, XIII et XV. [^880]: Thumberg, ch. XIII. [^881]: Krusenstern, Voyage autour du Monde. [^882]: Thumberg, ibid. [^883]: Thumberg, ch. XI, XII et XIII. [^884]: Les lois pénales d’un peuple sont quelquefois un moyen assez juste d’apprécier ses mœurs et surtout celles des hommes qui les gouvernent. Ce moyen n’est cependant pas infaillible ; et quand même il serait vrai que les lois pénales du Japon sont aussi sévères que l’a prétendu un voyageur, il ne s’ensuivrait pas que les mœurs de la masse de la population sont cruelles. Ces lois d’ailleurs sont sur quelques points moins sévères que celles d’aucun peuple de l’Europe. L’assassinat du prince, qui est en même temps le chef de leur religion, est puni de la mort simple ; quand le coupable est convaincu, il reçoit une épée du magistrat et se frappe lui-même. Que l’on compare ce procédé au supplice de Damiens et qu’on nous parle ensuite des mœurs atroces des Japonais. [^885]: Broughton, Voyage de découvertes, tome II, liv. II, ch. II, page 52. [^886]: Barrow, Voyage en Chine, tome II, ch. VII, p. 214 et 217. [^887]: « En Chine, tout male d’origine tatare reçoit une paie depuis le moment de sa naissance, et est inscrit parmi les serviteurs du prince. Ces Tatars forment la garde à laquelle il confie la sûreté de sa personne. » Macartney, Voyage en Chine et en Tartarie, tome III, ch. II, p. 132 et 133 ; tome V, ch. II, p. 235, 236 et 243. [^888]: Macartney, tome III, ch. II, p. 132. [^889]: Voyage en Chine et en Tartarie, tome IV, ch. I, p. 49. [^890]: Barrow, Voyage en Chine, tome II, ch. VIII, p. 217. — Macartney, tome III, ch. II, p. 43. [^891]: Macartney, tome IV, ch. II, p. 122. [^892]: Macartney, tome III, ch. II, p. 133 et 134, et ch. III, p. 338. — Les Chinois se rappellent encore que, lorsque les Tatars s’emparèrent de Pékin, pour la première fois, ils plantèrent des tentes pour eux, et logèrent leurs chevaux dans les palais des empereurs chinois*. Ibid.* [^893]: Macartney, Voyage en Chine et en Tartarie, tome V, ch. III, page 339. [^894]: Barrow, Voyage en Chine, tome I, ch. IV, p. 270, 271 et 301, et tome II, ch. VII, p. 157 et 163. — Macartney, tome IV, ch. I, pages 39 et 40. [^895]: « Non seulement le peuple (dans le dernier siècle) était attaché à la servitude de la glèbe ; mais les grands, les princes mêmes dont les ancêtres avaient été des souverains, étaient, au moindre signe du despote, déchirés par les fouets ou meurtris par les baguettes.
« Si, ce qui n’était pas rare, une dame de la cour, dans un état d’ivresse, manquait à quelqu’un de ses devoirs, elle était publiquement fouettée. » Leveque, Histoire de Russie, tome IV, p. 134 et 135.
« Si, ce qui n’était pas rare, une dame de la cour, dans un état d’ivresse, manquait à quelqu’un de ses devoirs, elle était publiquement fouettée. » Leveque, Histoire de Russie, tome IV, p. 134 et 135. [^896]: Barrow, tome I, ch. IV, pag. 272. — Macartney, tome III, ch. IV, p. 273 et 274. [^897]: Macartney, tome II, ch. IV, p. 332. [^898]: Barrow, tome I, ch. IV, p. 250. [^899]: Macartney. [^900]: J’ai souvent entendu vanter, sur le continent, la manière dont les constables anglais font la police. Armés, dit-on, d’une légère baguette, il leur suffit de faire un signe pour se faire obéir par le peuple. J’ai vu faire cette police, particulièrement les jours où il y a grande réception à la cour. La légère baguette des constables est un bâton bariolé de diverses couleurs, court, et gros par un des deux bouts, à la manière des casse-têtes des sauvages ; un seul coup bien appliqué suffirait pour assommer un homme. Les constables qui en sont armés, et qui n’ont pas d’autres signes de leur autorité, sont si nombreux qu’on peut les croire redoutables. Cette police m’a rappelé la description que donne le capitaine Cook de la police en usage dans les îles de l’océan Pacifique. L’une et l’autre ont probablement la même origine : à tout prendre, les petits fouets des Chinois sont encore préférables. [^901]: Un homme peut se vendre pour assister son père dans la détresse et pour le faire enterrer convenablement. [^902]: Krusenstern, Voyage autour du Monde, tome II, ch. XXIV, p. 450. — Barrow, Voyage en Chine, tome II, ch. VIII, pag. 193 et 196. — Macartney, tome IV, ch. I, p. 31, 32, 41, 44, 45, 60 et 61 ; tome II, ch. IV, p. 377, et tome III, ch. II, p. 134 et 135. — Barrow, Voyage dans la partie méridionale de l’Afrique, tome II, ch. V, p. 252. [^903]: Macartney, Voyage en Chine, tome III, ch. IV, pag. 266 et 263 ; tome II, ch. IV, p. 307 ; tome IV, ch. II, p. 173. — Barrow, Voyage en Chine, tome II, ch. VI, pag. 185 ; ch. X, pag. 320, et 331. — Mac-Leod, ch. VI, p. 194 et 195. [^904]: Barrow, Voyage en Chine, tome II, ch. X, p. 320. [^905]: Ibid. ch. VIII, p. 181 et 182. [^906]: « En Chine, dit Barrow, la presse est aussi libre qu’en Angleterre, et chacun peut exercer la profession d’imprimeur ; ce qui est une chose singulière, et unique peut-être dans un gouvernement despotique. » Voyage en Chine, tome II, ch. VI, p 180.
Je suis loin de refuser le titre de gouvernement despotique au gouvernement chinois ; cependant, lorsque c’est par opposition à leur propres gouvernements que des Européens lui donnent cette qualification, il est impossible de ne pas se rappeler le mot de ce gentilhomme canadien qui, à demi nu, n’ayant ni propriété, ni industrie, et ne sachant vivre que de chasse, disait, en parlant d’un Indien, bon cultivateur et propriétaire d’une bonne ferme : Je vais dîner chez Thomas ; c’est le meilleur de tous les sauvages.
Je suis loin de refuser le titre de gouvernement despotique au gouvernement chinois ; cependant, lorsque c’est par opposition à leur propres gouvernements que des Européens lui donnent cette qualification, il est impossible de ne pas se rappeler le mot de ce gentilhomme canadien qui, à demi nu, n’ayant ni propriété, ni industrie, et ne sachant vivre que de chasse, disait, en parlant d’un Indien, bon cultivateur et propriétaire d’une bonne ferme : Je vais dîner chez Thomas ; c’est le meilleur de tous les sauvages. [^907]: Barrow, Voyage en Chine, tome I, ch. IV, p. 243 et 246. [^908]: « Il semble, dit Chardin, que cette façon d’épouser une femme sans l’avoir vue auparavant, ne devrait produire que des mariages malheureux ; mais cela n’est point, et même l’on peut dire, en général, que les mariages sont plus heureux dans les pays où l’on épouse les femmes avant que de les avoir vues, que dans ceux où elles sont vues et fréquentées. » Tome II, p. 238. [^909]: Macartney, Voyage en Chine et en Tartarie, tome V, ch. II, pages 341 et 342. [^910]: Barrow, tome I, ch. IV, p. 248 et 250. [^911]: Macartney, tome III, ch. II, p. 134. [^912]: Barrow, tome III, ch. XII, p. 76. [^913]: Macartney, tome III, ch. III, p. 173. [^914]: Ibid., tome III, ch. III, p. 171. [^915]: Krusenstern, Voyage autour du Monde, tome II, ch. XXIII, p. 370 et 371. — La maxime générale d’obéir au prince, dit Macartney, pourrait bien ne pas tenir dans toutes les âmes contre la nouvelle doctrine du droit sacré et du devoir de résister à l’oppression. » Tome III, ch. III, p. 174. [^916]: Barrow, Voyage en Chine, tome III, ch. XII, p. 68 et 79. [^917]: Macartney, tome II, ch. I, p. 50. [^918]: « Il n’est pas très rare, pour un Anglais qui se trouve à Macao, d’être accosté par un Portugais portant un habit râpé, une bourse à cheveux, une épée, et demandant l’aumône. » Macartney, Voyage en Chine et en Tartarie, tome IV, ch. II, p. 174 et 175. [^919]: Mac-Leod, Voyage de l’Alceste, ch. VII, p. 223. [^920]: Thumberg, Voyage en Afrique, en Asie et au Japon, ch. VIII, p. 222 et 228. — Cook, premier Voyage, tome IV, liv. III, ch. XII, p. 345 et 346. — Dentrecasteaux, Voyage à la recherche de La Pérouse, tome I, ch. VII, p. 155 et 159, et ch. XXI, pag. 471. — Labillardière, tome II, ch. XV, p. 312 et 313. — Mac-Leod, ch. IX, p. 305 et 323. — Raynal, tome I, liv. II, p. 419, 432 et 446. [^921]: Voyage dans la partie méridionale de l’Afrique et aux Indes, tome I, p. 36 de l’introduction. [^922]: Voyage en Chine, tome I, ch. IV, p. 297. [^923]: Raynal, Hist. philosoph., tome I, liv. II, p. 350. [^924]: Histoire philosophique des deux Indes, tome I, livre I, pages 176 et 177. [^925]: Ils disent, par exemple, que la propriété y est mal garantie, et ils assurent en même temps que sur un territoire qui a huit fois l’étendue de la France, on ne voit pas un coin de verre en friche (Macartney, tome II, ch. III, p. 202, et tome IV, ch. II, p. 117), et que « les Chinois sont tellement accoutumés à regarder une ferme comme leur propriété, tant qu’ils continuent à en payer la rente, qu’un particulier de Macao a couru risque de perdre la vie, pour avoir voulu augmenter la rente de ses fermiers chinois. » (Barrow, tome II, ch. VII, p. 189.) — Ils disent que leurs lois sont très bonnes en théorie ; qu’ils ont des maximes remplies de sagesse, mais que leurs mœurs sont vicieuses ; et ils assurent, en même temps, que là tout ancien proverbe a autant de force qu’une loi. (Barrow, t. I, ch. IV, p. 269.) — Comment donc les lois sont-elles sans force ? Comment la conduite est-elle en contradiction avec les maximes ? [^926]: Barrow, tome I, ch. II, p. 134 et 135. [^927]: Voyage en Chine et en Tartarie, tome III, ch. IV, p. 267. [^928]: Barrow, Voyage en Chine, tome I, ch. IV, p. 303. [^929]: Voyage autour du Monde, tome II, p. 179. [^930]: Macartney, Voyage en Chine et en Tartarie, tome IV, ch. II, p. 124. — Les Tongouths abandonnent leurs pères infirmes ou accablés de vieillesse, comme quelques-uns des peuples du nord de l’Amérique. Barrow, Voyage en Chine, tome III, pag. 188. [^931]: Voyage en Perse, tome V, ch. I, p. 219 et 220. [^932]: Si le roi ordonne à un homme de tuer son père ou son fils, cet homme doit obéir, car il n’est pas contraire au droit divin de tuer son père quand le roi le commande ; mais s’il ordonne à un prêtre de rendre un bien usurpé, il ne doit pas être obéi, car le droit divin défend à l’Église de rendre au propriétaire le bien qu’elle possède, même quand elle l’a reçu d’un usurpateur : telle est la morale religieuse des prêtres de Perse. Chardin, tome V, ch. I et V, p. 219 et 381. [^933]: Chardin, Voyage en Perse, tome IX, p. 97 et 98. [^934]: Ibid., tome III, ch. XII, p. 435. [^935]: Chardin, tome V, ch. IV, p. 308. [^936]: Ibid., tome II, p. 110. [^937]: On voit que les Perses, en attribuant aux ministres tous les actes du prince, ne sont pas dans une ligne moins constitutionnelle que Delolme et que la plupart de nos écrivains. Ils sont également fort constitutionnels sous le rapport de la responsabilité ministérielle : il est peu de ministres dont tous les biens ne soient tôt ou tard confisqués, ou qui ne soient étranglés ou même écorchés. Enfin, les Perses sont plus constitutionnels qu’aucun peuple de l’Europe sous le rapport du droit de pétition ; le palais de leur roi est habituellement environné de huit ou dix mille plaignants ou pétitionnaires, arrivés de tous les points de l’empire. Chardin, tome V, ch. II, p. 280... Le respect pour ces maximes n’est cependant ni un obstacle pour les mauvais ministres, ni une protection pour le public. Il ne faut pas conclure de là, sans doute, que ces maximes sont funestes ; la seule conséquence que je veuille en tirer c’est que la sécurité dont jouit un peuple est en raison des mœurs, des lumières et de l’organisation des diverses classes dont il se compose, et non en raison d’un certain nombre de maximes qu’on adopte ou qu’on rejette selon les circonstances. [^938]: Chardin, Voyage en Perse, tome V, ch. III, p. 241 et 247, et ch. IV, p. 295. — On verra ailleurs quelle est en Perse et dans d’autres pays l’influence qu’exercent les prêtres sur la morale, les lois et la nature du gouvernement. [^939]: Chardin peint en quatre mots le caractère des prêtres de Perse : ils sont, dit-il, faux et envieux, avides et perfides. Tome IX, page 198. [^940]: Chardin, Voyage en Perse, tome III, p. 121 et 122 ; tome IV, ch. ix, p. 318 et 319 ; tome V, ch. u, p. 232, 241 et 242 ; tome IX, p. 212, 213 et 226. [^941]: Chardin, tome II, p. 224, 228 et 241 ; tome III, p. 271 et 272 ; tome VI, ch. XII, p. 8, 19, 26 et 30. [^942]: Chardin, tome V, ch. VI, p. 391 et 392. [^943]: Chardin, tome IV, ch. XIV, p. 22. [^944]: Ibid., tome III, ch. XI, p. 431 et 432 ; tome IV, ch. XVII, p. 91 et 93. [^945]: Chardin, tome III, ch. XI, p. 408. [^946]: Ibid., tome III, p. 272. [^947]: Voyage en Perse, tome VI, ch. XVII, p. 99 et 100. [^948]: Chardin, tome VIII, p. 176 et 177. [^949]: Voyage en Perse, tome VIII, pag. 360. [^950]: Savary, tome III, lett. II, p. 31, 33 et 37. — Volney, tome I, ch. XXIII, p. 338 et 339. — Niebuhr, Description de l’Arabie, p. 327 et 329. — Bruce, tome II, liv. I, ch. VI. [^951]: Les Turcs avaient déjà pénétré dans les provinces les plus riches de l’Arabie ; mais le pacha d’Égypte, Mohammed-Aly, vient de soumettre à l’empire du sultan l’Arabie tout entière. Félix Mengin, Histoire de l’Égypte sous Mohammed Aly. [^952]: Savary, Lettres sur l’Égypte, tome III, lett. II, p. 22 et 23. [^953]: Niebuhr, Voyage en Arabie, tome II, sect. XXV, chap. V, p. 219. — Description de l’Arabie, p. 9. [^954]: Niebuhr, Voyage en Arabie, sect. XXIV, ch. II, p. 175 et 179. — Description de l’Arabie, p. 328 et 329. [^955]: Le chef qui gouvernait les tribus arabes au temps où Niebuhr les visita, comptait dans sa famille cent cinquante individus ayant tous le titre de scheck. Description de l’Arabie, p. 334. [^956]: Niebuhr, Voyage en Arabie, tome II, sect. XXIV, chap. I, p. 170 et 171. [^957]: Volney, Voyage en Syrie et en Égypte, tome I, ch. XXII, p. 367 et 368. [^958]: Niebuhr, Voyage en Arabie, tome II, sect. XVI, ch. IV, et sect. XXIV, ch. II, p. 18, 19 et 175. [^959]: Volney, Voyage en Syrie et en Égypte, tome I, ch. XXIII, page 371. [^960]: Niebuhr, Voyage en Arabie, tome II, sect. XXVI, chap. I, pages 227 et 228. [^961]: Ibid., p. 228 et 229. [^962]: Niebuhr, Voyage en Arabie, tome II, p. 228, 229 et 330. [^963]: Ibid., p. 227 et 236. — Description de l’Arabie, p. 31 et 32. [^964]: Niebuhr, Voyage en Arabie, tome II, sect. XXVII, chap. II, page 279. [^965]: Niebuhr, Description de l’Arabie, pag. 334. — Voyage en Arabie, tome II, sect. XXIV, ch. I, II et III, p. 170, 171, 176 et 182. [^966]: Niebuhr, Description de l’Arabie, p. 14 et 15. — Voyage en Arabie, tome II, sect. XXV, ch. V, p. 217, 218 et 219. [^967]: Niebuhr, Voyage en Arabie, tome II, sect. XXV, chap. IV, p. 210, 211 et suivantes. — Description de l’Arabie, p. 26 et 27. — Volney, tome I, ch. XXI, p. 362 et 363. [^968]: Volney, Voyage en Syrie et en Égypte, tome I, ch. VI et XXIII, p.71, 361, 362 et 378. [^969]: Niebuhr, Description de l’Arabie, p. 330. [^970]: Volney, Voyage en Syrie et en Égypte, tome I, ch. XXI, pages 359 et 360. — Niebhur, Description de l’Arabie, tome II, sect. XVI, ch. IV, p. 21 et 22. — Hasselquist, Voyage dans le Levant, deuxième partie, p. 56 et 57. — Mollien, Voyage dans l’intérieur de l’Afrique, tome I, ch. I, pag. 14. — De Forbin, Voyage dans le Levant, p. 96 et 153.
Les Juifs, établis en Arabie, mangent des sauterelles comme les Arabes, et ils croient que ces insectes dont on voit en Orient de si fréquents nuages, furent l’aliment dont leurs ancêtres se nourrirent dans le désert. Ils se moquent des traducteurs européens de la Bible, qui, suivant eux, ont pris des sauterelles pour des oiseaux, et ont fait un miracle d’un phénomène tout naturel. Niebuhr, Description de l’Arabie, p. 152. — Job Ludolphe, dans le Traité des sauterelles, mis à la fin du supplément de sa Description d’Abyssinie, a adopté l’opinion des Juifs arabes. Voyez aussi la remarque, page 421, dans la traduction allemande de l’Histoire universelle, deuxième partie.
Les Juifs, établis en Arabie, mangent des sauterelles comme les Arabes, et ils croient que ces insectes dont on voit en Orient de si fréquents nuages, furent l’aliment dont leurs ancêtres se nourrirent dans le désert. Ils se moquent des traducteurs européens de la Bible, qui, suivant eux, ont pris des sauterelles pour des oiseaux, et ont fait un miracle d’un phénomène tout naturel. Niebuhr, Description de l’Arabie, p. 152. — Job Ludolphe, dans le Traité des sauterelles, mis à la fin du supplément de sa Description d’Abyssinie, a adopté l’opinion des Juifs arabes. Voyez aussi la remarque, page 421, dans la traduction allemande de l’Histoire universelle, deuxième partie. [^971]: Volney, tome I, ch. XXII, p. 376. [^972]: Il n’existe chez les Bédouins aucune corporation de prêtres qui leur inspire de l’antipathie contre les personnes qui ne partagent pas leurs croyances, comme il en existe chez les Turcs. V. Denon, tome I, p. 94. [^973]: Description de l’Arabie, p. 41 et 42. [^974]: Voyage en Syrie et en Égypte, t. I, ch. XXII, p. 277 et 278. [^975]: Volney, tome II, ch. XXXVII, p : 376. [^976]: Niebuhr, Description de l’Arabie, p. 330, 331 et 332. — Voyage en Arabie, tome II, sect. XXIV, ch. I, p.171. — C’est à peu près de la même manière que les choses se passent en Europe. Si un individu, étranger ou non étranger, cherche à faire passer des marchandises sur le territoire d’un gouvernement sans payer les droits d’entrée, ce gouvernement s’en empare s’il les découvre ; personne ne s’avise pour cela de dire que les officiers des douanes sont des voleurs. [^977]: Niebuhr, Description de l’Arabie, p. 13. [^978]: Félix Mengin, Histoire de l’Égypte sous le gouvernement de Mohammed-Aly, tome II, p. 173, 174 et 175. [^979]: Félix Mengin, p. 176. [^980]: Ibid., p*.* 181, 182 et 183. [^981]: Niebuhr, Description de l’Arabie, p. 36 et 40. — Voyage en Arabie, tome I, p. 256, 264 et 275. [^982]: Lettres sur l’Égypte, tome III, lett. II, p. 26 et 27. [^983]: Niebuhr, Voyage en Arabie, tome II, sect. XXVIII, ch. II, p. 315 et 316.
Les Turcs, après avoir longtemps semé la division parmi les tribus arabes,* en distribuant des queues de cheval tantôt à un scheck et tantôt à un autre* (Niebuhr, Description de l’Arabie, p. 337.), sont parvenus enfin à les asservir. S’ils peuvent établir leur domination parmi eux, il ne faut pas douter qu’ils n’achèvent de corrompre leur caractère moral, qu’ils avaient déjà beaucoup altéré.
Les Turcs, après avoir longtemps semé la division parmi les tribus arabes,* en distribuant des queues de cheval tantôt à un scheck et tantôt à un autre* (Niebuhr, Description de l’Arabie, p. 337.), sont parvenus enfin à les asservir. S’ils peuvent établir leur domination parmi eux, il ne faut pas douter qu’ils n’achèvent de corrompre leur caractère moral, qu’ils avaient déjà beaucoup altéré. [^984]: Chardin a décrit les mœurs de quelques-unes de ces peuplades dans le premier et le second volume de son Voyage. Voyez aussi les auteurs cités par Malte-Brun, Précis de la Géographie universelle, tome III, liv. XLVII. [^985]: Les peuples qui vivent sur le revers des montagnes ou dans les vallées qui portent leurs eaux dans le Nil, présentent un phénomène qui mérite d’être observé. Ceux qui sont situés à la source de ce fleuve et dans toute l’étendue de l’Abyssinie appartiennent, suivant la description que Bruce en a donnée, à l’espèce caucasienne, et professent le christianisme. Ceux que l’on rencontre ensuite, soit qu’on suive le cours du fleuve, soit qu’on se dirige vers l’ouest, tels que les habitants de Sennar, de Kordofan et de Darfour, appartiennent à l’espèce éthiopienne et professent la religion musulmane. Enfin, les Coptes, qui sont les plus anciens habitants d’Égypte, sont classés dans les peuples de race caucasienne, et professent le christianisme. En général, toutes les terres qui portent leurs eaux dans le même fleuve, sont habitées par des peuples qui appartiennent à la même espèce et qui parlent la même langue ou du moins des dialectes de la même langue. Nous rencontrons ici une exception qui mérite d’être remarquée. [^986]: J. Bruce, tome IX, liv. VI, ch. X, p. 80. [^987]: J. Bruce, tome X, liv. VII, ch. IV, p. 167, 168 et 169. [^988]: Ibid., tome IX, liv. VI, ch. X, p. 75, 76, 78 et 79. [^989]: J. Bruce, tome XI, liv. VII, ch. XI, p. 44. [^990]: J. Bruce, tome X, liv. VII, ch. I, p. 47. [^991]: Ibid., ch. III, p. 132 et 133, et ch. VIII, p. 311 ; tome VIII, liv. V, ch. XI, p. 56. [^992]: Ibid., tome VIII, liv. VI, ch. VII, pag. 358, et tome IX, liv. VI, ch. IX, p. 59. [^993]: Ibid., tome VIII, liv. V, ch. XI, p. 62, et tome X, livre VII, ch. V, p. 193, et ch. VII, p. 291. [^994]: Ibid., tome VIII, liv. V, ch. XI, p. 62. [^995]: J. Bruce, tome VIII, liv. V, ch. XI, p. 32, 33, 34, 48 et 56. — Les rois d’Abyssinie peuvent dire à leurs conseillers, comme Xerxés aux siens : « Je vous ai fait venir ici, afin qu’on ne pense pas que j’agis d’après ma seule opinion ; mais je suis bien aise de vous dire en même temps que votre devoir est de vous conformer à mes volontés, plutôt que de chercher à me donner des conseils et à me faire des remontrances. » Hérodote, liv. VI. [^996]: J. Bruce, tome VIII, liv. V, ch. XI, p. 32, 59, 60 et 61, et tome X, liv. VII, ch. III, p. 128, 129 et 130. [^997]: J. Bruce, tome VIII, liv. V, ch. XI, p. 44, 45 et 46. — Pendant le séjour de Bruce en Abyssinie, le roi s’amusait à lui envoyer de ces pétitionnaires qui allaient gémir et se lamenter à sa porte, et qui, lorsqu’ils étaient fatigués, lui demandaient à boire afin de pouvoir continuer. [^998]: J. Bruce, tome VIII, liv. V, ch. XI, p. 55 et 36 ; tome X, liv. VII, ch. II, VI et VII, p. 133, 242, 250 et 309. — Depuis que les jésuites ont pénétré dans ce pays, les rois ont cessé d’être inviolables dans les cas où le ciel est intéressé, et plusieurs ont été assassinés. Bruce, tome VIII, p. 35. [^999]: J. Bruce, tome VIII, liv. V, ch. XI, p. 30 et 31. — Les ministres ne sont pas inviolables par les maximes de l’État, mais ils le sont plus que le roi, par la raison qu’il n’existe aucune puissance au-dessus de la leur. [^1000]: J. Bruce, tome VIII, liv. V, ch. XI, p. 106. [^1001]: J. Bruce, tome VIII, liv. V, ch. XI, p. 100 et 101. [^1002]: Ibid., p. 28 et 29. [^1003]: J. Bruce, tome VIII, liv. V, ch. XI, p. 100 et 101. [^1004]: Ibid., tome X, liv. VII, ch. IV, p. 150. [^1005]: Ibid., tome VIII, liv. V, ch. XI, p. 100 et 101, et tome XI, liv. VII, ch. X, p. 26. [^1006]: Ibid., tome XI, liv. VII, ch. XI, p. 50. [^1007]: J. Bruce, tome VIII, liv. V, ch. XI, p. 35 et 36, et tome X, liv. VII, ch. III, VI et VIII, p. 133, 242, 250 et 309. [^1008]: Ibid., tome VIII, liv. VI, ch. III, p. 243. [^1009]: J. Bruce, tome XI, liv. VII, ch. XI, p. 44. — Les étrangers qui veulent se rendre maîtres de ces peuples emploient le même moyen que les ministres et les grands du pays : ils s’emparent de l’individu dont on a fait pour le public un objet d’adoration ; ils l’environnent de gens dévoués à leurs intérêts, et ils se trouvent ainsi maîtres de la terre et des habitants. Ce moyen d’asservir une nation en s’emparant d’un chef héréditaire, est pratiqué même par les peuples les plus stupides : « Cette politique, dit Bruce, est très remarquable chez cette nation barbare des Funges, et il faut qu’elle leur ait bien réussi, car ils y sont constamment attachés. Dès qu’ils soumettent un pays, ils choisissent le prince qui y règne pour leur lieutenant, et le laissent jouir sous leurs ordres de leur autorité première. » Bruce, tome XII, liv. vin, ch. ix, p. 40. — Voyez des exemples dans le chapitre X du même livre. C’est par un moyen semblable que les Espagnols se rendirent maîtres de l’Amérique, et que les Anglais se sont rendus maîtres de l’Hindoustan. Les Romains en firent jadis un fréquent usage. [^1010]: J. Bruce, tome VII, liv. V, ch. VIII, pag. 326, 327, 351, 352 et 356. [^1011]: J. Bruce, tome VIII, liv. V, ch. XI, p. 68 et 69. [^1012]: Ibid., p. 39. [^1013]: J. Bruce, tome IX, liv. VI, ch. XIX, p. 394 et 395. [^1014]: Ibid., tome VII, liv. V, ch. V, p. 190 et 191. [^1015]: J. Bruce, tome X, liv. VII, ch. III, p. 140. [^1016]: Ibid., ch. II, p. 85. [^1017]: Ibid., ch. I, p. 33. [^1018]: J. Bruce, tome VII, liv. V, ch. IV, p. 163. [^1019]: Ibid., tome VII, liv. V, ch. V, p. 232, et tome VIII, liv. V, ch. IX, p. 96 et 97. [^1020]: Samuel, ch. XIV, vers. XXXI et XXXII. [^1021]: J. Bruce, tome VIII, liv. VI, ch. IV, p. 251. [^1022]: J. Bruce, tome VII, liv. V, ch. XI, p. 75, 76, 96 et 101. [^1023]: J. Bruce, tome VII, liv. V, ch. II, p. 143, 144 et suivantes. [^1024]: J. Bruce, tome XI, liv. VIII, ch. IV, p. 190. [^1025]: J. Bruce, tome VII, liv. V, ch. IV, p. 163 et 185 ; tome XI, liv. VIII, ch. I, p. 93, et tome XII, liv. VIII, ch. X, p. 90 et 91. [^1026]: J. Bruce, tome XII, liv. VIII, ch. IX, p. 18. — Félix Mengin, Histoire de l’Égypte sous le gouvernement de Mohammed-Aly, tome II, p. 225, 232 et 233. [^1027]: J. Bruce, tome XII, liv. VIII, ch. IX, p. 18. [^1028]: Ibid. ch. IX, p. 22. [^1029]: Félix Mengin, tome II, p. 218 à 222. [^1030]: Sonnini, Voyage dans la haute et basse Égypte, tome III, ch. V, p. 87 et 88. [^1031]: Cette division des terres, attestée par les historiens, n’a pas cependant paru très claire à d’Anville. Mémoires sur l’Égypte ancienne et moderne, p. 28. [^1032]: Il est bien prouvé, aux yeux de la plupart des Européens, que des hommes, en vertu de leur naissance et sans avoir fait aucune étude, peuvent posséder les lumières, les vertus et l’indépendance nécessaires à des magistrats et à des législateurs ; mais il n’est pas encore prouvé que le droit de la naissance fasse seul des médecins, des architectes, des peintres, ni même des cordonniers. [^1033]: V. Denon, Voyage dans la haute et la basse Égypte, tome II, pages 114 et 115. [^1034]: Sous un gouvernement théocratique, on ne distingue pas la maison du Dieu de la maison du prêtre. Dans Athalie, Racine fait dire au jeune Éliacin :
Ce temple est mon pays, je n’en connais point d’autre.
Et il est évident que le grand-prêtre, sa femme et ses enfants, et même les simples lévites, n’ont pas d’autre habitation. M. Denon a conjecturé que le roi d’Égypte avait sa demeure dans le temple même où il était élevé, servi et conseillé par des prêtres. « J’ajouterai aux diverses descriptions que j’ai faites de ce gigantesque monument, dit-il en parlant d’un temple de Karnak, qu’à la partie sud de la première cour, il y a un édifice particulier, compris dans la circonvallation générale, composé d’un mur d’enceinte... Est-ce là enfin les palais des rois, ou plutôt leur noble prison ? Ce qui pourrait le faire croire, ce sont les figures sculptées sur les parties latérales de la porte, représentant des héros tenant pas les cheveux des figures subjuguées ; des divinités leur montrent de nouvelles armes, comme pour leur promettre de nouvelles victoires tant qu’ils auront recours à elles pour les obtenir. » V. Denon, Voyage dans la basse et la haute Égypte, tome II, p. 255 et 256.
Ce temple est mon pays, je n’en connais point d’autre.
Et il est évident que le grand-prêtre, sa femme et ses enfants, et même les simples lévites, n’ont pas d’autre habitation. M. Denon a conjecturé que le roi d’Égypte avait sa demeure dans le temple même où il était élevé, servi et conseillé par des prêtres. « J’ajouterai aux diverses descriptions que j’ai faites de ce gigantesque monument, dit-il en parlant d’un temple de Karnak, qu’à la partie sud de la première cour, il y a un édifice particulier, compris dans la circonvallation générale, composé d’un mur d’enceinte... Est-ce là enfin les palais des rois, ou plutôt leur noble prison ? Ce qui pourrait le faire croire, ce sont les figures sculptées sur les parties latérales de la porte, représentant des héros tenant pas les cheveux des figures subjuguées ; des divinités leur montrent de nouvelles armes, comme pour leur promettre de nouvelles victoires tant qu’ils auront recours à elles pour les obtenir. » V. Denon, Voyage dans la basse et la haute Égypte, tome II, p. 255 et 256. [^1035]: Savary, Lettres sur l’Égypte, lett. X, tome I, p. 106. [^1036]: Voltaire reproche aux Égyptiens d’avoir été le peuple le plus lâche de la terre, et de s’être laissé vaincre par tous les peuples qui ont tenté de le conquérir. Ce peuple fut lâche, ignorant ou crédule, quand, pour la première fois, il fut soumis par une aristocratie militaire et sacerdotale ; mais ses descendants ne se montrèrent pas lâches lorsqu’ils laissèrent exterminer leurs dominateurs nationaux ou étrangers ; ils ne se montrèrent pas lâches quand ils laissèrent détruire les rois, les soldats et les prêtres qui les avaient dépouillés, par les Assyriens, les Assyriens par les Grecs, les Grecs par les Romains, les Romains par des Arabes, les Arabes par des Mamlouks, les Mamlouks par les Turcs. Quand des hommes se laissent rendre esclaves, ils condamnent leurs descendants à être la proie de tous ceux qui auront assez de force pour détruire ou déposséder leurs maîtres. [^1037]: Gibbon’s History of the decline and fall of the roman empire, vol. IX, ch. II, p. 437. [^1038]: Hasselquist, Voyage dans le Levant, première partie, p. 163. — Savary, Lettres sur l’Égypte, lett. II, tome I, p. 26. [^1039]: Mémoires de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, tome XXI, p. 551. — Sonnini, Voyage dans la haute et la basse Égypte, tome II, ch. XXXIII, pag. 312 et 313. — Savary, tome II, lett. XV, p. 191.
Ce ne fut qu’après plusieurs révolutions que la domination des Arabes s’éteignit, et que le pouvoir des Mamlouks s’établit. Les races qui succédèrent aux califes, venues d’un climat comparativement froid, furent beaucoup plus barbares qu’eux. On peut voir d’Herbelot, Bibliothèque orientale ; et Deguignes. James Wilson’s History of Egypt, vol. II, b. VII, ch. II, p. 191 and 192, ch. III, p. 234 and 235, b. VIII, ch. I, p. 371 and 372.
Ce ne fut qu’après plusieurs révolutions que la domination des Arabes s’éteignit, et que le pouvoir des Mamlouks s’établit. Les races qui succédèrent aux califes, venues d’un climat comparativement froid, furent beaucoup plus barbares qu’eux. On peut voir d’Herbelot, Bibliothèque orientale ; et Deguignes. James Wilson’s History of Egypt, vol. II, b. VII, ch. II, p. 191 and 192, ch. III, p. 234 and 235, b. VIII, ch. I, p. 371 and 372. [^1040]: Savary, Lettres sur l’Égypte, tome II, lett. XV, p. 192 et suivantes. — Denon, tome II, p. 159.
L’état des Mamlouks peut nous expliquer un phénomène que nous avons observé en Perse : c’est l’honneur attaché au titre d’esclave, et l’avilissement attaché au titre qui correspond à celui de sujet ou de subjugué (subjectus). Il est évident que l’individu qui est acheté pour prendre part à l’exploitation d’une population conquise, doit se croire moins avili, quoique esclave, que les individus qui sont exploités. Il peut s’enorgueillir d’un titre qui le fait participer aux privilèges des maîtres.
L’état des Mamlouks peut nous expliquer un phénomène que nous avons observé en Perse : c’est l’honneur attaché au titre d’esclave, et l’avilissement attaché au titre qui correspond à celui de sujet ou de subjugué (subjectus). Il est évident que l’individu qui est acheté pour prendre part à l’exploitation d’une population conquise, doit se croire moins avili, quoique esclave, que les individus qui sont exploités. Il peut s’enorgueillir d’un titre qui le fait participer aux privilèges des maîtres. [^1041]: Volney, Voyage en Syrie et en Égypte, tome I, chap. XII, pages 181 et 182. [^1042]: J. Bruce, Voyage aux sources du Nil, tome I, liv. I, ch. I, p. 161 et 162. — Sonnini, tome II, ch. XXXIII, p. 309 et 310. [^1043]: Le mépris que manifestent tous les conquérants pour les peuples vaincus et pour leurs usages, et l’adoption de leur langage et de leurs mœurs, sont deux phénomènes qui paraissent contradictoires, mais qui sont cependant universels. De profonds publicistes, sans se mettre en peine de rechercher si leurs explications n’étaient pas démenties par les faits, ont attribué le triomphe de la langue et des mœurs des peuples asservis, à la politique ou à la condescendance des conquérants. Il est de ce phénomène une raison plus puissante : les vainqueurs mettent ordinairement au rang de leurs privilèges, de s’emparer des filles ou des femmes des vaincus, si elles leur plaisent ; c’est aussi parmi les vaincus qu’ils prennent leurs esclaves ou leurs domestiques. Or, les enfants parlent la langue de leur mère et des personnes qui prennent soin d’eux, de préférence à celle de leur père ; il n’est pas nécessaire d’en indiquer la raison. L’adoption de la langue entraîne nécessairement l’adoption des idées, des préjugés et d’une partie des mœurs. Cela explique comment les peuples du nord, qui s’emparèrent des Gaules et de quelques autres parties du midi de l’Europe, ne purent y établir la langue germanique, et comment l’idiome normand a été en grande partie étouffé en Angleterre par la langue des peuples conquis. Cela peut aussi nous faire réduire à sa juste valeur la sagesse et la modération si vantées des conquérants de la Chine. Quand deux peuples se confondent, c’est celui qui a le plus d’idées qui fournit naturellement à la langue le plus de termes. [^1044]: Volney, Voyage en Syrie et en Égypte, tome I, ch. VII, p. 98, 99 et 100. — Raynal, Hist. philosophique des deux Indes, tome VI, liv. XI, p. 10 et 11. — Wilson’s History of Egypt, vol. III, b. IX, ch. I, p. 55 et 56. — Les Ottomans sont dans le même cas que les Mamlouks ; ils ne peuvent perpétuer leur race qu’en épousant des indigènes. C’est ici un des exemples les plus remarquables de l’influence des climats et des lieux sur la nature d’un gouvernement, si, en effet, l’impuissance de se reproduire est causée par la nature des lieux ou du climat. [^1045]: Tous les beys d’Égypte ne descendaient pas cependant de parents chrétiens et n’avaient pas été achetés ; quelques-uns, quoique en petit nombre, étaient nés de parents mahométans et n’avaient jamais été esclaves. Niebuhr, Voyage en Arabie, tome I, p. 109. [^1046]: Le sultan Selim dit, dans le préambule de sa charte, qu’il accorde aux vingt-quatre sangiaks (ou beys ) un gouvernement républicain ; mais il résulte évidemment des dispositions de cette charte ou traité, qu’il se borne à confirmer l’ordre de choses précédemment établi, remplaçant seulement le sultan choisi par les beys, par un pacha, c’est-à-dire par un officier de son choix. La charte accordée aux Mamlouks est rapportée par Savary, tome II, lett. xv, p. 196, 197 et suivantes. [^1047]: Savary, tome I, lett. VIII, p. 90, et tome II, lett. XV, p. 201 202, 205 et 206. [^1048]: Niebuhr, Voyage en Arabie, tome II, p. 177. — Savary, tome II, lett. IV, p. 52 et 53. [^1049]: Bruce, tome II, liv. I, ch. IV, p. 167. [^1050]: Hasselquist, première partie, p. 168 et 169. [^1051]: Ibid., p. 152 et 159. [^1052]: Niebuhr, Voyage en Arabie, tome II, p. 177. [^1053]: J. Bruce, tome I, liv. I, ch. II, p. 160 et 161. [^1054]: Niebuhr, Voyage en Arabie, tome I, p. 112. — La réduction en corporations des diverses parties dont un peuple se compose, est un moyen si puissant d’établir ou de maintenir la servitude, que les barbaresques eux-mêmes ont jugé utile d’en faire usage pour mieux s’assurer la possession de leurs esclaves : « J’apprends, dit Niebuhr, qu’à Tripoli en Barbarie, les esclaves noirs choisissent entre eux un principal, et qui se fait connaître comme tel à la régence. On a expérimenté que ces sortes de gens y étaient quelquefois d’une grande utilité. Ils connaissent exactement tous leurs compatriotes, et ont l’œil sur ceux que chacun d’eux fréquente. Or, s’il arrive qu’un esclave noir déserte, le maître ne fait qu’en avertir le principal, et celui-ci ne tarde ordinairement guère à savoir quel chemin a pris le fugitif. » Niebuhr*, ibid.* [^1055]: Niebuhr, Voyage en Arabie, tome I, p. 112 et 113, et tome II, p. 239. — Il ne paraît pas qu’aucun de ces moyens de police ait été changé après le massacre des Mamlouks. [^1056]: Volney, Voyage en Syrie et en Égypte, tome II, ch. XXXIV, p. 356 et 357. [^1057]: Savary, tome III, lett. II, p. 19. [^1058]: Volney, Voyage en Syrie et en Égypte, tome I, chap. XII, page 179. [^1059]: Volney, Voyage en Syrie et en Égypte, tome I, chap. XII, pages 180 et 181. [^1060]: Lorsqu’une aristocratie, quels qu’en soient la nature et les éléments, est parvenue à se rendre maîtresse absolue d’un pays, tous ses efforts tendent à l’anéantissement des classes intermédiaires. Elle y est poussée par deux motifs : le premier est le désir de les dépouiller ; le second est le besoin d’assurer sa domination. Ce n’est jamais que dans son propre sein ou dans la classe moyenne que l’aristocratie trouve des hommes qui puissent lui opposer de la résistance. Les hommes des classes inférieures sont trop peu éclairés et trop occupés du soin de pourvoir à leur existence de chaque jour, pour opposer une résistance efficace quelque nombreux qu’ils soient d’ailleurs. [^1061]: Rulhière, Histoire de l’anarchie de Pologne. [^1062]: Volney, Voyage en Syrie, tome II, ch. XXXIII, p. 340, 341 et suivantes.
On voit que les Turcs ont placé dans le ciel la source de leur puissance ; ce moyen de mettre le principe de leur autorité hors de la portée de l’intelligence humaine a été employé par tous les conquérants, même par les plus barbares.
Le sultan, tenant son pouvoir de la Divinité même, ne peut pas être déposé, selon la doctrine des prêtres musulmans, quelques crimes qu’il ait commis contre son peuple ; mais il peut être déposé s’il viole les lois de l’Église, c’est-à-dire les prérogatives des prêtres. Les crimes qui ne tombent que sur les nations, ne sont pas des offenses faites à Dieu ; car, selon la théologie turque, Dieu a livré les peuples en proie à leurs despotes. Félix Mengin, Hist. d’Égypte, tome I, p. 166.
On voit que les Turcs ont placé dans le ciel la source de leur puissance ; ce moyen de mettre le principe de leur autorité hors de la portée de l’intelligence humaine a été employé par tous les conquérants, même par les plus barbares.
Le sultan, tenant son pouvoir de la Divinité même, ne peut pas être déposé, selon la doctrine des prêtres musulmans, quelques crimes qu’il ait commis contre son peuple ; mais il peut être déposé s’il viole les lois de l’Église, c’est-à-dire les prérogatives des prêtres. Les crimes qui ne tombent que sur les nations, ne sont pas des offenses faites à Dieu ; car, selon la théologie turque, Dieu a livré les peuples en proie à leurs despotes. Félix Mengin, Hist. d’Égypte, tome I, p. 166. [^1063]: Volney, Voyage en Syrie et en Égypte, tome II, chap. XLIV, pag. 344 et 345. [^1064]: Volney, p. 346 et 347. — On a cité, en faveur du despotisme turc, les soins que le sultan se donne pour le peuple de Constantinople ; mais ces soins qu’il rend à sa sûreté personnelle, n’existent pas pour le reste de l’empire ; l’on peut dire même qu’ils y ont de fâcheux effets ; car, si Constantinople manque de vivres, l’on affame dix provinces pour lui en fournir. Ibid., p. 345. [^1065]: Savary, tome II, lett. XV, p. 194, 195 et 196. [^1066]: Ceux qui pensent que les vices se développent de préférence sous les climats chauds, et les vertus sous les climats froids, n’ont qu’à comparer ce qu’était l’Égypte sous la domination des Arabes, à ce qu’elle est devenue sous les hommes venus de la Tartarie ou du Caucase. [^1067]: Sonnini, tome II, ch. XXXIII, p. 302. [^1068]: Sonnini*, ibid.*, p. 303. Sonnini assure qu’aucun des beys ne savaient ni lire ni écrire ; Savary a dit le contraire ; mais dans un pays où l’on ne lit que le Coran et où aucun livre ne s’imprime, un homme peut savoir lire et écrire sans avoir une idée ou un sentiment plus juste. [^1069]: Volney, Voyage en Égypte et en Syrie, tome I, chap. XII, p. 172, 179 et 180. — Savary, tome II, lett. VII, p. 280. — Raynal Histoire philosophique des deux Indes, tome VI, liv. XI, p. 8. [^1070]: Sonnini, tome I, ch. XIV, p. 238 ; tome II, ch. XXIV, p. 79 et 80, ch. XXXIII, p. 316. — Savary, tome II, lett. XVIII, p. 280 et 281. — Hasselquist, première partie, p. 159. [^1071]: Sonnini, tome II, ch. XXXIII, p. 314 et 315. [^1072]: Savary, tome II, lett. III, p. 48. — « Régner quelques jours, dit Savary en parlant des beys, se livrer sans mesure à leurs passions, s’enivrer de tous les plaisirs, se détruire mutuellement, font toute leur ambition. J’en ai vu onze dans l’espace de trois ans, passer ainsi du sein des voluptés à la mort. Ils ont péri par le fer de leurs collègues, qu’un sort semblable attend. Un plus grand nombre s’est sauvé par la fuite. » Tome II, lett. VIII, p. 114. [^1073]: Savary, tome I, lett. VIII, p. 90, et tome II, lett. XV et XVI, p. 205, 206, 210, 211 et 212. [^1074]: Savary, tome II, lett. XVIII, p. 280. — Volney, Voyage en Syrie et en Égypte, tome I, ch. XII, p.172. [^1075]: Savary, tome II, lett. XVIII, p. 280. [^1076]: Sonnini, tome III, ch. LII, p. 304 et 312. [^1077]: Sonnini, tome III, ch. III, pag. 312. — Savary, tome II, lett. I, p. 48. [^1078]: Volney, Voyage en Syrie et en Égypte, tome I, chap. XII, p. 174, 175, 179 et 180. [^1079]: Niebuhr, Voyage en Arabie, tome I, pag. 112. — Norden, Voyage d’Égypte et de Nubie, troisième partie, tome I, p. 99. — Savary, tome II, lett. XIV, p. 184. — Volney, Voyage en Syrie et en Égypte, tome II, ch. XXXIII, p. 353, 354 et 355. — Les actes de rigueur contre les marchands qui vendaient à faux poids ou à fausse mesure n’ont jamais été capables d’introduire la bonne foi dans le commerce : « Il n’est pas de pays, dit Volney en parlant de l’empire turc, où l’on vende plus à faux poids ; les marchands en sont quittes pour veiller au passage de l’ouâli ou du mohteseb (inspecteur du marché). Sitôt qu’ils paraissent à cheval, tout s’esquive et se cache, ou produit un autre poids : souvent les débitants font des traités avec les valets qui marchent devant les deux officiers : et moyennant une rétribution, ils sont sûrs de l’impunité. » Voyage en Syrie et en Égypte, tome II, ch. XXXIII, p. 354 et 355. [^1080]: Volney, Voyage en Syrie et en Égypte, tome II, ch. XXXIV, p. 356, 357 et 359. — De Forbin, Voyage dans le Levant, p. 247. [^1081]: Voyage en Syrie et en Égypte, tome II, ch. XXIV, pag. 358 et 359 [^1082]: Sonnini, tome III, ch. LII, p. 337 et 338. [^1083]: Niebuhr, Voyage en Arabie, tome II, p. 277 et 278. — Hasselquist, première partie, p. 251 et 252. — Savary, tome II, lett. XVIII, p. 281. — Volney, tome II, ch. XXXIII, p. 346 et 347. — De Forbin, pages 76 et 77.
Les motifs qui agissent sur l’esprit des pachas agissent sur l’esprit de leurs subordonnés : « Cette ville, dit Volney en parlant de Ramlé, est presque aussi ruinée que Loudd même. On ne marche dans son enceinte qu’à travers des décombres : l’aga de Gaze y fait sa résidence dans un seraï dont les planchers s’écroulent avec les murailles. « Pourquoi, disais-je un jour à un de ses sous-aga, ne répare-t-il pas au moins sa chambre ? Et s’il est supplanté l’année prochaine, répondit-il, qui lui rendra sa dépense ? » Voyage en Syrie et en Égypte, tome II, ch. XXXI, p. 307.
Les motifs qui agissent sur l’esprit des pachas agissent sur l’esprit de leurs subordonnés : « Cette ville, dit Volney en parlant de Ramlé, est presque aussi ruinée que Loudd même. On ne marche dans son enceinte qu’à travers des décombres : l’aga de Gaze y fait sa résidence dans un seraï dont les planchers s’écroulent avec les murailles. « Pourquoi, disais-je un jour à un de ses sous-aga, ne répare-t-il pas au moins sa chambre ? Et s’il est supplanté l’année prochaine, répondit-il, qui lui rendra sa dépense ? » Voyage en Syrie et en Égypte, tome II, ch. XXXI, p. 307. [^1084]: Volney, Voyage en Syrie et en Égypte, tome II, ch. XXVIII et XXXI, p. 158, 159 et 311.
Il est un genre de propriétés qui ne sont pas exposées aux mêmes dangers que les autres : ce sont celles qui appartiennent aux prêtres. Si un homme veut mettre ses propriétés à l’abri de la violence, il lui suffit de faire ce que l’on appelle un ouaqf, c’est-à-dire une attribution ou une fondation d’un bien à une mosquée. Dès ce moment, il devient le concierge inamovible de son fonds ; et, au lieu d’en voir les produits enlevés par la puissance militaire, il les voit dévorés par les humbles desservants des mosquées. Volney, tome II, ch. XXXVI, p. 369 et 370. — Raynal, tome VI, liv. XI, p. 8. — Félix Mengin, Histoire de l’Égypte sous le gouvernement de Mohammed-Aly, tome I, p. 401 et 402.
Il est un genre de propriétés qui ne sont pas exposées aux mêmes dangers que les autres : ce sont celles qui appartiennent aux prêtres. Si un homme veut mettre ses propriétés à l’abri de la violence, il lui suffit de faire ce que l’on appelle un ouaqf, c’est-à-dire une attribution ou une fondation d’un bien à une mosquée. Dès ce moment, il devient le concierge inamovible de son fonds ; et, au lieu d’en voir les produits enlevés par la puissance militaire, il les voit dévorés par les humbles desservants des mosquées. Volney, tome II, ch. XXXVI, p. 369 et 370. — Raynal, tome VI, liv. XI, p. 8. — Félix Mengin, Histoire de l’Égypte sous le gouvernement de Mohammed-Aly, tome I, p. 401 et 402. [^1085]: Denon, Voyage dans la basse et la haute Égypte. [^1086]: Hasselquist, première partie, pag. 160 et 224. — Norden, tome II, cinquième partie, p. 32. — Savary, tome II, lett. III et IV, p. 47 et 52. — Sonnini, tome III, ch. XXXIX et XLVIII, p. 32, 33, 227 et 228. — Volney, tome I, ch. XII, p. 173. — Denon, tome I, p. 222, 223, 281 et 282. — De Forbin, p. 203. [^1087]: Savary, tome I, lett. II, p. 26 et 27. — Le canton sur lequel fut bâtie Alexandrie était stérile et dépourvu d’eau douce ; mais c’était le seul port de mer de l’Égypte. D’Anville, Mémoires sur l’Égypte ancienne et moderne, § VII, p. 52. [^1088]: Savary, tome II, lett. VIII, p. 106. [^1089]: Sonnini, tome I, ch. XX, p. 395. — Savary, tome II, lett. IX et XI, p. 129 et 148. — Denon, tome II, p. 43 et 44. [^1090]: Savary, tome II, lett. VI, IX et XI, p. 81, 84, 129 et 148. Les villes les plus célèbres de l’Asie Mineure ont subi le même sort que celles de l’Égypte. Tyr, dont aucune ville semble n’avoir encore égalé la splendeur et les richesses, est ensevelie sous ses ruines : dix cabanes de pêcheurs remplacent cette cité célèbre. Hasselquist, première partie, p. 236 et 238. [^1091]: Savary, tome II, lett. III et IV, p. 47, 51 et 52. — Sonnini, tome III, ch. XL, p. 41 et 42. — Denon, tome I, p. 88 et 89. [^1092]: Savary, lett. XXII, p. 256. — De Forbin, p. 192, 193, 194 et 195. — Dans l’empire turc, il n’y a point d’auberge pour loger les voyageurs ; mais ils trouvent dans les villes des bâtiments qu’on appelle kans ou kervan-serâï et qui leur servent d’asile. Ces hospices, toujours placés hors de l’enceinte des villes, sont composés de quatre ailes régnant autour d’une cour carrée qui sert de parc. Les logements sont des cellules où l’on ne trouve que les quatre murs, de la poussière, et quelquefois des scorpions. Le gardien de ce kan est chargé de donner la clef et une natte ; le voyageur a dû se fournir du reste. Volney, Voyage en Syrie et en Égypte, t. II, ch. XXXVII, pages 383 et 384. [^1093]: Savary, tome III, lett. I, p. 15, 16 et suivantes. [^1094]: De Forbin, p. 208, 209 et 249. En 1823, le Caire avait 31 000 maisons ; sur ce nombre, 25 000 seulement étaient soumises à l’impôt, parce qu’il y en avait 6 000 qui étaient ou ruinées ou abandonnées. (Félix Mengin, Histoire de l’Égypte sous Mohammed-Aly, tome II, p. 317.) — Même dans les plus grandes villes les maisons sont basses, et n’ont que des jours rares, et marqués par des treillages : leur seul aspect annonce la présence du despotisme. Volney, Voyage en Égypte et en Syrie, tome I, ch. I, p. 4. [^1095]: De Forbin, p. 76 et 77. [^1096]: Hasselquist, première partie, p. 182, 251 et 252. — Volney, Voyage en Syrie et en Égypte, tome II, ch. XXIX et XXXVII, p. 216 et 376. Denon, tome I, p. 193. [^1097]: Hasselquist, deuxième partie, p. 17 et 18. — Sonnini, tome I, ch. XVII, p. 312 et 313 ; tome II, ch. III et XXII, pag. 20, 21, 301 et 302, et tome III, ch. XI, p. 61 et 62. — Volney, tome II, ch. III, p. 355 et 356. — Denon, tome I, p. 50. [^1098]: Hasselquist, deuxième partie, p. 116. [^1099]: Savary, tome I, lett. II et V, pag. 28, 29 et 58, et tome II, lett. II et XVII, p. 38, 276, 277 et suivantes. — Sonnini, tome I, ch. X et XX, p. 143, 144, 145 et 395 ; tome II, ch. XXII, p. 20 et 21, et tome III, ch. LII, p. 302 et 303. [^1100]: Denon, tome I, p. 246. [^1101]: Savary, tome II, lett. XVIII, p. 278 et 279. [^1102]: Denon, tome I, p. 271 et 272. [^1103]: Il paraît cependant que du temps même de Strabon, il n’y avait en Égypte de terres susceptibles de culture que celles qui pouvaient être arrosées par le Nil ; ce qui prouve que, si la culture s’est jadis étendue plus loin, la décadence est fort ancienne. Il faut bien admettre, en effet, qu’elle remonte à une époque très reculée, puisque du temps même de Pline il n’existait déjà plus de traces du lac Mœris. D’Anville, Mémoires sur l’Égypte, p. 22 et 153. [^1104]: J. Bruce, tome I, liv. I, ch. IV, p. 224 et 246. — Volney, tome II, ch. XXXVII, p. 379. — Denon, tome II, p. 24. [^1105]: Volney, tome II, ch. XXXVII, p. 378.
La Syrie offre le même spectacle que l’Égypte ; les villes n’y présentent plus que des ruines ; des terres jadis fertiles, y sont converties en déserts ; les laboureurs ne sèment, les artisans ne travaillent que pour se procurer ce qui leur est absolument nécessaire pour vivre ; ils cachent avec le plus grand soin leurs faibles produits ; ils n’ont pour habitations que de misérables huttes, pour vêtement qu’une chemise de toile bleue et une pagne de laine, pour aliment que de mauvais pain noir et des ognons. Le paysan vit dans la détresse, dit Volney, mais du moins il n’enrichit pas ses tyrans. Il n’y a d’exception à cet état habituel de détresse que pour les habitants des montagnes, que les Turcs n’ont pas pu atteindre.
La Syrie offre le même spectacle que l’Égypte ; les villes n’y présentent plus que des ruines ; des terres jadis fertiles, y sont converties en déserts ; les laboureurs ne sèment, les artisans ne travaillent que pour se procurer ce qui leur est absolument nécessaire pour vivre ; ils cachent avec le plus grand soin leurs faibles produits ; ils n’ont pour habitations que de misérables huttes, pour vêtement qu’une chemise de toile bleue et une pagne de laine, pour aliment que de mauvais pain noir et des ognons. Le paysan vit dans la détresse, dit Volney, mais du moins il n’enrichit pas ses tyrans. Il n’y a d’exception à cet état habituel de détresse que pour les habitants des montagnes, que les Turcs n’ont pas pu atteindre. [^1106]: Niebuhr, Voyage en Arabie, tome II, p. 179. [^1107]: Si, dans les temps les plus reculés, l’Égypte renfermait dix-huit ou vingt mille villes, comme l’attestent Diodore et Hérodote sur la foi des anciens Egyptiens, il fallait que chaque lieue carrée de terrain en renfermât neuf ou dix ; et comme, dans le nombre, il en était de très populeuses, la plupart ne pouvaient être que des hameaux ou tout au plus de très petits villages. Voyez d’Anville, Mémoires sur l’Égypte ancienne et moderne, p. 28 et 29. [^1108]: Savary, tome I, lett. II, pag. 28 et 29. — Sonnini, tome I, ch. VII, p. 114. — Félix Mengin porte les habitants d’Alexandrie, en 1823, à 12 528. [^1109]: Savary, tome I, lett. V, p. 58. [^1110]: D’Anville, Mémoires sur l’Égypte ancienne et moderne. [^1111]: C’est sous l’aristocratie et le despotisme militaire des Romains que les arts, et nous pouvons même dire la civilisation, reçurent les coups les plus funestes, en Europe, en Afrique et dans l’Asie Mineure. Ce peuple, du temps de ses conquêtes, avait détruit de fond en comble les villes les plus florissantes et éteint dans presque tous les États la partie la plus éclairée de la population. Lorsque ses empereurs furent devenus chrétiens, Théodose, sollicité par les prêtres, ordonna le renversement de tous les temples consacrés aux anciens cultes, et le monde civilisé ne présenta plus que des monceaux de ruines. Les Égyptiens se révoltèrent contre l’exécution de cet ordre ; mais ils furent vaincus. James Wilson’s History of Egypt, vol. II, b. VI, ch. II, p. 90, 91 et 92. [^1112]: Savary, tome II, lett. XVIII, p. 279. [^1113]: Savary. Ibid. [^1114]: Histoire de l’Égypte sous Mohammed-Ali, tome II, p. 317. Il est difficile de croire que de 1779 à 1823, c’est-à-dire dans un espace de 44 ans, une population de quatre millions ait diminué de près de 150 000 individus. Ce qui me détermine surtout à croire que Savary a évalué trop haut la population totale de l’Égypte, c’est l’évaluation qu’il donne de la population de quelques villes particulières : suivant lui, le Caire avait de son temps 900 000 habitants ; suivant M. Mengin elle n’en a que 200 000 ; suivant Savary, Damiette avait 80 000 âmes ; suivant Mengin, elle n’en a que 13 600 ; une différence à peu près égale se trouve dans l’évaluation de la population de Rosette. — Savary, tome I, lett. XXII, p. 281 et 282, et tome III, lett. I, p. 15 et 16. — M. Mengin a évalué la population par le dénombrement des maisons fait par les soins du gouvernement. Histoire d’Égypte, tome II, p. 315 et 316. [^1115]: Savary, tome II, lett. XVII, pag. 279. — D’Anville n’évalue l’étendue de la terre cultivable de l’Égypte qu’à deux mille cent lieues carrées de vingt-cinq au degré, en comprenant dans cette étendue le terrain occupé par plusieurs lacs ; il croit même que ce nombre doit être réduit à deux mille. Mémoires sur l’Égypte, p. 25 et 26. Si, dans le temps de la plus grande prospérité de ce pays, la population s’éleva à huit millions d’habitants, chaque lieu carrée en renfermait quatre mille. Cette population est près de quatre fois plus forte que celle de la France ; mais on ne la trouvera pas cependant exagérée, si l’on fait attention que le pays très fertile ne renfermait ni montagnes, ni bois, ni pâturages, ni terres incultes, que les habitants des pays chauds consomment une quantité d’aliments bien moins considérable que celle que nous consommons, et que le sol peut fournir plusieurs récoltes dans le cours de la même année. En portant à huit millions la population de l’Égypte, le bassin du Nil, depuis la mer jusqu’aux premières cataractes, était peuplé dans la même proportion que l’est aujourd’hui le bassin de la Tamise. [^1116]: Volney, tome I, ch. XII, p. 4, 173 et 174. [^1117]: El Gezzar, le boucher. [^1118]: De Forbin, Voyage dans le Levant, p. 70 et 71. [^1119]: Sonnini, tome I, ch. XVI, pag. 288 et 289, et tome III, ch. XXXIX, p. 27 et 28. — Savary, tome II, lett. III et V, p. 46, 65 et 66. — Volney, tome I, ch. I, p. 4, et tome II, ch. XXXVII, p. 379. — De Forbin, p. 246. [^1120]: Savary, tome I, lett. XIII, p. 127 et 128. — Les cultivateurs ne pouvant pas se perdre dans la foule, comme les habitants des grandes villes, craignent encore plus d’attirer les regards des hommes puissants ; c’est surtout chez l’Arabe cultivateur que cette crainte se manifeste. « L’argent qu’il peut cacher, et qui représente toutes les jouissances dont il se prive, est tout ce qu’il peut croire véritablement à lui ; aussi, l’art de l’enfouir est-il sa principale étude : les entrailles de la terre ne le rassurent pas ; des décombres, des haillons, toute la livrée de la misère, c’est en ne représentant que ces tristes objets aux regards de ses maîtres qu’il espère soustraire ce métal à leur avidité ; il lui importe d’inspirer la pitié : ne pas le plaindre ce serait le dénoncer ; inquiet en amassant ce dangereux argent, troublé quand il le possède, sa vie se passe entre le malheur de n’en point avoir, ou la terreur de se le voir ravir. » Denon, tome I, p. 90 et 91. [^1121]: Norden, Voyage d’Égypte et de Nubie, tome I, troisième partie, p. 86. — Sonnini, tome II, ch. XXIV, p. 66 et 67. — Volney, tome I, ch. XII, pag. 172 et 173, et tome II, ch. XXXVII, p. 397 et 398. [^1122]: Voyage à Tripoli, ou relation d’un séjour de dix années en Afrique, traduit de l’anglais par Mac-Carthy, tome I, pag. 234 et 235. [^1123]: Denon, tome I, p. 282 et 283. [^1124]: Volney, tome I, ch, XII, p. 177. — Dans les montagnes du Liban et de Nablous, les paysans, lorsqu’il y a disette, recueillent les glands de chêne, et, après les avoir fait bouillir ou cuire sous la cendre, ils les mangent*. Ibid.,* tome II, ch. XXXVII, p. 379. [^1125]: Ibid., tome I, ch. XVII, p. 223. [^1126]: Ibid., p. 217 et 218. [^1127]: Sonnini, tome III, ch. III, p. 314 et 315. — La nature du sol et du climat contribue à produire quelques-unes de ces maladies ; mais la misère et le défaut de propreté sont les principales causes : les classes les plus misérables y sont les plus sujettes. [^1128]: Savary, tome I, lett. IV, pag. 50 et 51, et tome II, lett. V, p. 65 et 66. — De Forbin, p. 192, 193 et 246. [^1129]: Savary, tome I, lett. XII, p. 18, 19 et suivantes. — Denon, tome I, p. 176, 177 et suivantes. [^1130]: Denon, tome I, p. 176, 177 et suivantes. [^1131]: Comme la confiscation est toujours une conséquence de la peine de mort, les moindres délits commis par les personnes riches ou aisées sont punis du dernier supplice ; les individus qui n’ont aucune propriété et qui, par conséquent, éprouvent des tentations plus fortes de porter atteinte à la sûreté d’autrui, sont traités beaucoup moins sévèrement. [^1132]: Sonnini, tome I, ch. VII, p. 118, 119 et 120. — Savary, tome III, lett. II, p. 22 et 23. — Cet esprit de vengeance porté à l’excès rend les Turcs attentifs à ne pas s’offenser mutuellement, et leur donne une sorte de politesse. Hasselquist, première partie, page 115. [^1133]: Savary, tome I, lett. XII, p. 118, 119 et 120. [^1134]: Denon, tome I, p. 189, 190 et 191. [^1135]: Savary a fait un tableau séduisant des danses et du chant de ces institutrices, qui, dit-il, se font payer fort cher et ne vont que chez les grands seigneurs et les gens riches. (Tome I, lett. XIV, p. 131, 132, 133 et suivantes.) Mais des voyageurs moins amis du merveilleux, ou, pour parler avec plus d’exactitude, plus amis de la vérité, n’ont vu dans les danses et les chants de ces femmes que des leçons de la plus grossière licence et de la plus dégoûtante obscénité. Hasselquist, première partie, p. 88 et 89. — Sonnini, tome III, ch. LIV, p. 145 et 146. — Volney, tome II, ch. XXXVIII et XL, p. 404, 447 et 448. — Denon, tome I, p. 153, 154 et suivantes. [^1136]: Savary, tome I, lett. XIV, p. 136 et 137. [^1137]: Sonnini, tome II, ch. XXXV, p. 373 et 374. — Volney, tome II, ch. XXXVIII, p, 404. [^1138]: Volney, tome II, ch. XL, p. 41 et 42. [^1139]: Savary, tome III, lett. III, p. 46 et 47. [^1140]: Sonnini, tome II, ch. XXII, p. 23 et 24. — Savary, tome I, lett. XV, p. 138 et 139. — Denon, tome II, p. 198, 199 et 200. Les femmes sont esclaves partout où leurs parents, au lieu de leur assurer une dot en les mariant, en reçoivent une valeur des hommes auxquelles ils les livrent ; et c’est ce qui se passe en Égypte. (Sonnini, tome II, ch. XXXV, p. 377 et 378.) Il est clair qu’alors un père livre sa fille, non à l’homme qu’elle désire prendre pour époux, mais à celui qui en paie le plus haut prix ; de son côté l’individu qui a payé pour obtenir une femme, la considère comme l’équivalent de ce qu’il a donné, et la traite comme une propriété acquise. [^1141]: Volney, tome II, ch. XL, p. 446 et 447. [^1142]: De Forbin, p. 291. [^1143]: Sonnini, t. I, ch. XV, p. 277, 278 et 279 ; t. III, ch. II, p. 297. [^1144]: Sonnini, tome I, ch. XV, p. 280. [^1145]: S’il s’agit de leur toucher le pouls elles présentent un poignet et une main bien enveloppés d’un linge, et ne laissent que la place pour appliquer les doigts sur l’artère ; s’il s’agit de les saigner, elles veulent ne laisser voir que le pli du bras, et il faut que le médecin use presque de violence pour obtenir que l’avant-bras reste libre ; si elles ont mal aux yeux, on exige que le médecin les guérisse sans les voir. « Je sortais presque toujours de ces retraites de la stupidité, dit Sonnini, l’âme remplie d’indignation contre des prêtres qui, loin de chercher à développer les germes de la raison, en faisaient disparaître la plus faible lueur. » Tome III, ch. XLIX, p. 233 et 234. [^1146]: Denon, tome I, p. et 72. [^1147]: J. Bruce, Voyage aux sources du Nil, tome I, ch. II, p. 159. [^1148]: Savary, lett. VI, tome I, p. 67. — Le Coran, tome I, p. 66. [^1149]: Denon, tome I, p. 90 et 91. [^1150]: Denon, tome I, p. 191 et 192. [^1151]: Savary, tome III, lett. II, p. 21. [^1152]: « J’ai habité le Caire, dit Félix Mengin, pendant vingt-deux ans ; je n’ai jamais eu connaissance qu’un Égyptien eût commis un de ces crimes de vol avec effraction, d’empoisonnement, d’assassinat prémédité. Ils semblaient réservés aux Mamlouks, comme ils le sont maintenant aux Turcs. » Histoire de l’Égypte sous le gouvernement de Mohammed-Aly, tome II, note de la page 299. [^1153]: Volney, tome II, ch. XL, p. 448 et 449. [^1154]: Ce sont toujours les classes qui profitent de la tyrannie ou qui vivent d’impostures, qui redoutent le plus toute communication d’idées avec des étrangers. Dans une insurrection qui eut lieu au Caire, pendant l’occupation de cette ville par les Français, les prêtres et les grands excitèrent du haut des minarets la populace au carnage ; mais le petit nombre de personnes qui appartenaient à la classe moyenne, se montrèrent humaines et généreuses envers les étrangers et en sauvèrent un grand nombre, quelles que fussent d’ailleurs les différences de mœurs, de religion et de langue. Denon, tome I, p. 205 et 206. [^1155]: Sonnini, tome I, ch. XV, p. 266 et 267. [^1156]: Hasselquist, première partie, p. 80. — Volney, tome I, ch. XV, page 209. [^1157]: Sonnini, tome II, ch. XXXV, p. 360 et 361. [^1158]: Volney, tome I, ch. XI, p. 153. [^1159]: Sonnini, tome II., ch. XXXIII, p. 305 et 306. [^1160]: Hasselquist, deuxième partie, p. 153 et 154, lettre à Linnæus. [^1161]: Niebuhr, Voyage en Arabie, tome I, p. 113 et 114, et Description de l’Arabie, p. 39. — Sonnini, tome II, ch. XXXIII, p. 305 et 306. —Volney, tome I, ch. XV, p. 209. [^1162]: Niebuhr, Voyage en Arabie, tome I, pag. 113. — Sonnini, tome II, ch. XXXIII, pag. 3o6 et 307. — En Angleterre, le dernier pays de l’Europe où des conquérants se sont établis, et où l’on est plus attaché qu’ailleurs aux anciens usages, les grands se font souvent précéder ou suivre, même quand ils vont à pied, par des valets armés de gros et longs bâtons comme ceux des valets turcs : cet usage fut sans doute établi par les Normands pour écarter de leur personne la canaille conquise, trop curieuse de les voir. [^1163]: Sonnini, tome I, ch. XV, p. 266 et 267. — Pour sentir l’étendue du mépris attaché à cette désignation, il faut se rappeler la manière dont les chiens sont considérés en Égypte. Les consuls des puissances européennes sont parvenus à obtenir l’autorisation d’aller à cheval le jour où le pacha daigne leur donner audience ; dans les autres occasions ils sont montés sur des ânes, et assujettis aux mêmes humiliations que tous les chrétiens. Niebuhr, Voyage en Arabie, tome I, p. 114. [^1164]: Hasselquist, deuxième partie, p. 153 et 154. — Dans une mascarade faite à Rosette, pendant le ramadan, en 1978, le chef des vidangeurs parut déguisé en Européen : la multitude, en le voyant paraître sous ce déguisement, le reçut avec des cris d’admiration et de joie. (Sonnini, tome III, ch. LIV, pag. 367.) Lorsque l’armée française se fut rendue maîtresse du Caire, les chefs demandèrent aux cheicks de leur faire amener les almés, qu’ils désiraient voir danser. « Le gouvernement du pays, dit Denon, des revenus duquel elles faisaient peut-être partie, mettait quelque difficulté à leur permettre de venir ; souillées par les regards des infidèles, elles pouvaient diminuer de réputation, perdre même leur état : ceci peut donner la mesure de l’abjection d’un Franc dans l’esprit d’un Musulman, puisque ce qu’il y a de plus dissolu chez eux, peut être encore profané par nos regards. » Tome I, p. 153, 154 et 155. [^1165]: Savary, lett. XXII, tome I, p. 254 et 255. [^1166]: Norden, Voyage d’Égypte et de Nubie, troisième partie, tome I, p. 93. — Denon, tome II, p. 81, 82 et 246. [^1167]: Sonnini, tome III, ch. L, p. 274 et 275. [^1168]: Sonnini, tome III, ch. XL, p. 53. — Denon, tome II, p. 271 et 272. [^1169]: Sonnini, tome III, ch. L, p. 274 et 275. [^1170]: Denon, tome II, p. 82 et 83. — Au Caire, si la multitude est misérable, il existe au moins un certain nombre de familles qui vivent dans l’aisance, et les chefs possèdent des richesses considérables ; mais il n’en est pas de même dans la haute Égypte. Voici la description que donne Sonnini, d’un prince arabe qui visitait ses possessions sur les ruines de Thèbes : « C’était un vieillard, petit, très laid, et tout perclus. Je le trouvai sous sa tente, enveloppé d’une méchante mandille de laine, toute déchirée et fort sale, qu’il entrouvrait à chaque instant pour cracher sur ses habits. Cet homme dégoûtant avait encore la coquetterie de teindre sa barbe en rouge. » Tome III, ch. XLVII, p. 209 et 210. [^1171]: Sonnini, tome II, ch. XXXIII, p. 316. [^1172]: Sonnini, tome III, ch. L, p. 277 et 281. — Denon, tome II, p. 267 et 268. [^1173]: Sonnini, tome I, ch. XV, p. 207 et 278. [^1174]: Sonnini, tome I, ch. XV, p. 266 et 267. — Norden, tome I, page 40. [^1175]: Sonnini, tome III, ch. XLIX, p. 243. [^1176]: Denon, tome II, p. 88. [^1177]: Sonnini, tome III, ch. XL et L, p. 53, 27 et 272. — Denon, tome II, p. 82 et 83. — Félix Mengin, Histoire de l’Égypte, tome I, p. 151. — « L’adresse des voleurs arabes, dit M. Jomard, était passée en proverbe parmi les troupes de l’expédition française : on ne peut lui comparer que l’audace de ces mêmes hommes. Ils dérobaient les armes, les équipages, les chevaux au milieu de nos campements ; les épées même au côté des officiers ; puis ils cachaient leur butin et eux-mêmes dans des moules de fourrage, au risque d’y étouffer. On a vu de ces gens, dans la haute Égypte, démolir le derrière des maisons pour dépouiller les soldats endormis, et cela avec une promptitude et une dextérité qui ne permettaient de s’en apercevoir que quand le voleur était déjà loin. Voici un trait dont j’ai été témoin sur le Nil. Un Arabe qui nageait derrière notre barque, parut subitement sur le tillac et enleva le turban du räys (pilote), puis se jeta dans le fleuve, qu’il traversa tout entier, nageant entre deux eaux ; il reparut ensuite sur la rive opposée, à quatre cents toises de nous. » Félix Mengin, Histoire de l’Égypte, tome I, note de la page 441. [^1178]: Sonnini, tome III, ch. XLVIII et LI, p. 231 et 297. [^1179]: Félix Mengin, Histoire de l’Égypte sous le gouvernement de Mohammed-Aly, tome I, p. 361, 362 et suivantes. [^1180]: Félix Mengin, tome I, p. 530 et 345 ; tome II, p. 337. — De Forbin, p. 243 et 244. [^1181]: De Forbin, p. 243 et 244. — Félix Mengin, tome II, p. 375. [^1182]: De Forbin, p. 309. — Félix Mengin, tome II, p. 394. [^1183]: Il a déjà porté, en effet, sa domination au centre de l’Arabie, où elle n’avait jamais été connue ; il est l’instrument le plus terrible dont le sultan se sert pour opprimer les Grecs, et il ne faut pas douter que, s’il vit assez longtemps, il ne détruise le peu d’indépendance qu’avaient toujours conservée les habitants des montagnes de la Syrie. [^1184]: Voyage dans le Levant, en 1817 et 1818, p. 250. [^1185]: De Forbin, Voyage dans le Levant, p. 247 et 248. [^1186]: Ibid., p. 309. [^1187]: Ibid., p. 209 et 210. [^1188]: Ibid., p. 249 et 300. [^1189]: Des personnes qui admirent ce pacha, ont trouvé entre lui et Napoléon Bonaparte une grande analogie : « On ne peut s’empêcher, dit M. Jomard, d’être frappé de la présence d’esprit et de la fermeté qui éclatent dans les paroles du vice-roi ; il semble qu’on y reconnaît le langage d’un conquérant trop fameux qui a exercé sur ses contemporains une si grande influence, par le seul ascendant de son caractère et de sa politique. On remarquera encore entre eux d’autres traits de ressemblance. Le vice-roi est d’une taille plus que médiocre ; ses déterminations sont subites ; ses marches promptes, inopinées. Ajoutez à ces traits communs une humeur violente et emportée. » Histoire de l’Égypte par Félix Mengin, tome I, note de la page 447.
M. Jomard aurait pu pousser beaucoup plus loin le parallèle : il eût pu comparer l’art avec lequel le pacha a trompé et détruit les Mamlouks, à l’art avec lequel Bonaparte trompa et perdit les amis de la liberté ; l’art que celui-ci mettait à faire fleurir les arts et à avilir les hommes, à étendre l’industrie et à en attirer les produits à lui par des impôts ; à l’art avec lequel celui-là exécuta les mêmes desseins ; enfin, il eût pu comparer la guerre que le pacha fait aux Grecs pour les soumettre au despotisme turc, aux guerres que Bonaparte fit aux républiques qu’il trouva établies, pour les soumettre au despotisme impérial.
M. Jomard aurait pu pousser beaucoup plus loin le parallèle : il eût pu comparer l’art avec lequel le pacha a trompé et détruit les Mamlouks, à l’art avec lequel Bonaparte trompa et perdit les amis de la liberté ; l’art que celui-ci mettait à faire fleurir les arts et à avilir les hommes, à étendre l’industrie et à en attirer les produits à lui par des impôts ; à l’art avec lequel celui-là exécuta les mêmes desseins ; enfin, il eût pu comparer la guerre que le pacha fait aux Grecs pour les soumettre au despotisme turc, aux guerres que Bonaparte fit aux républiques qu’il trouva établies, pour les soumettre au despotisme impérial. [^1190]: Les couffes sont des sacs de paille très usités en Asie. [^1191]: Volney, tome II, ch. XL, p. 438. [^1192]: Ibid., tome I, ch. XII, p. 184 et 185. [^1193]: Volney, tome I, ch. XII, p. 185 et 186. [^1194]: Denon, tome I, p. 322. [^1195]: Savary, tome III, lett. I, p. 2. [^1196]: Denon, tome I, p. 192 et 193. [^1197]: Ibid., tome II, p. 267 et 268. [^1198]: Denon, tome II, p. 267 et 268. [^1199]: Denon, tome II, p. 26 et 278. — Les changements de mœurs produits par l’établissement ou par la destruction du despotisme sont quelquefois très rapides. « Le gouvernement du Brésil, dit un voyageur, paraît tout à fait despotique, et il est pénible de voir que, sous une telle domination, les Anglais mêmes perdent cette franche liberté qui les caractérise. » Mac-Leod, Voyage de l’Alceste, ch. I, p. 9. [^1200]: D’Anville, Mémoires sur l’Égypte ancienne et moderne, page 30. [^1201]: Norden, Voyage d’Égypte et de Nubie, troisième partie, tome I, p. 93. [^1202]: Poiret, Voyage en Barbarie, ou Lettres écrites de l’ancienne Numidie, pendant les années 1785 et 1786, tome I, lett. XXIX, p. 210, 211 et 212. — Voyage à Tripoli, ou Relation d’un séjour de dix années en Afrique, traduit de l’anglais par Mac-Carthy, tome I, page 10. [^1203]: Poiret, tome I, lett. XV, p. 92, 93 et 94. [^1204]: Voyage à Tripoli, ou Relation d’un séjour de dix années en Afrique, tome I, p. 93, et tome II, p. 72 et 109. [^1205]: Voyage à Tripoli, tome I, p. 5. [^1206]: Voyage à Tripoli, tome I, pag. 11 et 14. — Poiret, tome I, lett. XV, p. 94, 95 et 96. [^1207]: Poiret, tome I, lett. XXII, p. 157. — Voyage à Tripoli, tome II, page 206. [^1208]: Poiret, tome I, lett. XXI, p. 140, 141 et 142. — Voyage à Tripoli, tome I, p. 258. [^1209]: Poiret, tome I, lett. XXI, p. 143 et 144. [^1210]: Poiret, lett. X, XVIII et XXI, p. 62, 115, 142 et 143. [^1211]: Poiret, tome I, lett. XV, p. 92 et 93. [^1212]: Poiret, tome I, lett. XXII. [^1213]: La police se fait à Constantinople exactement de la même manière qu’au Caire. J’ai exposé précédemment les mœurs des peuples de l’Arabie. Si le lecteur désirait connaître celles des peuples du bord de la mer Noire, il peut consulter les deux premiers volumes des Voyages de Chardin. [^1214]: Regnard, Voyage en Laponie, p. 101, 103, 109, 112, 157, 193 et 206. [^1215]: Autrefois les Russes, dans leurs négociations, tâchaient toujours de faire signer, par supercherie, une copie falsifiée des traités qu’ils signaient, et ils juraient sur cette fausse copie, croyant éluder par là la foi du serment. Rulhière, Hist. de l’anarchie de Pologne, tome II, liv. VIII, p. 552. [^1216]: Levesque, Histoire de Russie, tome I, pages 76, 77 et 85 ; tome III, p. 87 et 88. [^1217]: Rulhière, Hist. de l’anarchie de Pologne, tome III, liv. IX, p. 138 et 140. [^1218]: Levesque, Histoire de Russie, tome II, p. 59 à 77. [^1219]: Hist. de l’anarchie de Pologne, tome IV, liv. XII, p. 13 et 14. [^1220]: Levesque, Histoire de Russie, tome III, p. 71, 72, 73, 150 et 153 ; tome IV, p. 217, 220 et 222. [^1221]: Rulhière, Histoire de l’anarchie de Pologne, tome II, liv. V, p. 76, et tome III, liv. IX, p. 67.
Voici quels étaient les amusements d’un prince russe à la fin du seizième siècle : « Quelquefois, lorsque le czar voyait une foule de peuple rassemblée, il faisait lâcher les ours les plus vigoureux et les plus voraces de sa ménagerie. Il riait avec son fils de l’effroi des malheureux poursuivis par ces animaux féroces, de la douleur des époux dont ils enlevaient les femmes, des cris des faibles mères qui voyaient étouffer et déchirer leurs enfants sans pouvoir les secourir. Si les parents des victimes de ce barbare venaient se plaindre, on croyait leur faire grâce en leur donnant quelque argent, et en les assurant que le prince et son fils s’étaient bien divertis. » Levesque, Histoire de Russie, tome III, p. 149 et 150.
Voici quels étaient les amusements d’un prince russe à la fin du seizième siècle : « Quelquefois, lorsque le czar voyait une foule de peuple rassemblée, il faisait lâcher les ours les plus vigoureux et les plus voraces de sa ménagerie. Il riait avec son fils de l’effroi des malheureux poursuivis par ces animaux féroces, de la douleur des époux dont ils enlevaient les femmes, des cris des faibles mères qui voyaient étouffer et déchirer leurs enfants sans pouvoir les secourir. Si les parents des victimes de ce barbare venaient se plaindre, on croyait leur faire grâce en leur donnant quelque argent, et en les assurant que le prince et son fils s’étaient bien divertis. » Levesque, Histoire de Russie, tome III, p. 149 et 150. [^1222]: Levesque, Histoire de Russie, tome I, pag. 398 et 199, et tome III, p. 145, 157, 158, 222 et 225. [^1223]: Histoire de l’anarchie de Pologne, tome IV, pag. 318. — Levesque, tome IV, p. 120. [^1224]: Levesque, Histoire de Russie, tome III, p. 162 et 165, et tome IV, p. 119 et 131. [^1225]: Levesque, tome III, p. 164 et 165. [^1226]: Le tableau que Rulhière a tracé de la cour de la célèbre Catherine, peut nous donner une idée des mœurs d’une nation où la conduite des grands sert d’exemple à tout le reste : « Quoique la douceur de ce dernier règne, dit cet historien, eût donné quelque politesse aux esprits et quelque décence aux mœurs, le temps n’était pas éloigné où cette cour barbare avait célébré par une fête la noce d’un bouffon avec une chèvre. La nouvelle cour prit donc aisément l’air et le ton d’un corps-de-garde en joie. »
Mais quelle était cette décence que le dernier règne avait donnée aux mœurs ? Le même historien va nous l’apprendre ; il nous dit, en parlant du grand-duc, mari de l’illustre Catherine, « Il avait pris l’envoyé de ce prince (du roi de Prusse, Frédéric II) dans une singulière faveur. Il voulait que cet envoyé, avant le départ pour la guerre, eût toutes les jeunes femmes de la cour. Il l’enfermait avec elles, se mettait, l’épée nue, en faction à la porte ; et dans un pareil moment, le grand chancelier de l’empire étant arrivé pour un travail, il lui dit : Allez rendre compte au prince Georges ; vous voyez bien que je suis soldat. » Histoire de l’anarchie de Pologne, tome IV, p. 318 et 345.
Mais quelle était cette décence que le dernier règne avait donnée aux mœurs ? Le même historien va nous l’apprendre ; il nous dit, en parlant du grand-duc, mari de l’illustre Catherine, « Il avait pris l’envoyé de ce prince (du roi de Prusse, Frédéric II) dans une singulière faveur. Il voulait que cet envoyé, avant le départ pour la guerre, eût toutes les jeunes femmes de la cour. Il l’enfermait avec elles, se mettait, l’épée nue, en faction à la porte ; et dans un pareil moment, le grand chancelier de l’empire étant arrivé pour un travail, il lui dit : Allez rendre compte au prince Georges ; vous voyez bien que je suis soldat. » Histoire de l’anarchie de Pologne, tome IV, p. 318 et 345. [^1227]: Rulhière, tome IV, p. 341 et 342. [^1228]: Levesque, tome III, p. 179 [^1229]: Raynal, Hist. philosoph., tome X, liv. XIX, p. 47 et 48. — Levesque, tome IV, p. 215. [^1230]: Rulhière, Histoire de l’anarchie de Pologne, tome III, liv. IX, page 145. [^1231]: Ibid., tome IV, p. 300.* — Ibid.,* tome II, liv. VIII, p. 553. [^1232]: Rulhière, Histoire de l’anarchie de Pologne, tome III, liv. X, p. 316. — Volney, qui a fait un tableau si terrible de la servitude des sujets des sultans de Constantinople, en Syrie et en Égypte, a pensé cependant qu’ils étaient moins esclaves que les Russes. « Dans la Syrie et même dans tout l’empire turc, dit-il, les paysans sont, comme tous les autres habitants, censés esclaves du sultan ; mais ce terme n’emporte que notre sens de sujets. Quoique maître des biens et de la vie, le sultan ne vend point les hommes, il ne les lie point à un lieu fixe. S’il donne un apanage à quelque grand, l’on ne dit point, comme en Pologne et en Russie, qu’il donne cinq cents paysans ; en un mot, les paysans sont opprimés par la tyrannie du gouvernement, mais non dégradés par le servage de la féodalité. » Voyage en Syrie et en Égypte, tome II, ch. XXXVII, p. 372. [^1233]: Rulhière, Histoire de l’anarchie de Pologne, tome III, liv. IX, pages 144 et 145. [^1234]: Histoire de l’anarchie de Pologne, tome III, liv. IX, p. 67. [^1235]: Rulhière, tome III, liv. IX, p. 93 et 94. [^1236]: Rulhière, Histoire de l’anarchie de Pologne, tome I, liv. III, p. 220, et tome II, liv. VIII, p. 556 et 557. — Le tableau que fait Raynal de la Pologne, avant son asservissement, donne une idée bien peu favorable des mœurs de ses habitants :
« Parcourez ces vastes régions, dit-il, qu’y trouverez-vous ? La dignité royale avec le nom de république ; le faste du trône avec l’impuissance de se faire obéir ; l’amour outré de l’indépendance avec toutes les bassesses de la servitude ; la liberté avec la cupidité ; les lois avec l’anarchie ; le luxe le plus outré avec la plus grande indigence ; un sol fertile avec des campagnes en friche ; le goût pour les arts sans aucun art. » Histoire philosoph., tome X, liv. IX, pages 50 et 60.
« Parcourez ces vastes régions, dit-il, qu’y trouverez-vous ? La dignité royale avec le nom de république ; le faste du trône avec l’impuissance de se faire obéir ; l’amour outré de l’indépendance avec toutes les bassesses de la servitude ; la liberté avec la cupidité ; les lois avec l’anarchie ; le luxe le plus outré avec la plus grande indigence ; un sol fertile avec des campagnes en friche ; le goût pour les arts sans aucun art. » Histoire philosoph., tome X, liv. IX, pages 50 et 60. [^1237]: M. Al. de Humboldt a trouvé l’état des Indiens asservis par les Espagnols moins misérable que l’état des paysans de la Courlande, de la Russie et d’une partie de l’Allemagne septentrionale. Essai politique, tome II, liv. II, ch. VI, p. 421. [^1238]: Robertson, vol. II, b. IV, p. 23 et 24 ; p. 365, note XI. [^1239]: La même observation a été faite en Afrique : le colonel Gordon a constaté que depuis le cap de Bonne-Espérance jusqu’au vingt-et-unième degré de latitude australe le sol s’élève à deux mille mètres (mille toises) de hauteur. Labillardière, tome I, p. 89. [^1240]: Vol. II, b. IV, p. 23 et 24. [^1241]: Vol. II, b. IV, p. 338 et 139. [^1242]: Nous trouvons à peu près la même physionomie sociale à tous les peuples placés dans des circonstances analogues, quelle que soit d’ailleurs la race à laquelle ils appartiennent. La même analogie se trouve dans les animaux, et jusque dans les végétaux, même lorsqu’ils appartiennent à des espèces différentes. « Lors même que la nature ne produit pas les mêmes espèces sous des climats analogues, soit dans les plaines sur des parallèles isothernes, soit sur des plateaux dont la température approche de celle des lieux plus voisins des pôles, on observe cependant une ressemblance frappante de port et de physionomie dans la végétation des régions les plus éloignées. — Ce phénomène est un des plus curieux que présente l’histoire des formes organiques. » De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, t. IV, liv. IV, ch. XII, p. 228. [^1243]: Cela explique comment des hommes éclairés, placés dans une fausse position, ont des vices malgré leurs lumières ; et comment des hommes ignorants, placés dans une position plus heureuse, ont souvent de bonnes habitudes malgré leur ignorance. Cela explique aussi le peu de succès qu’ont obtenu les missionnaires qui se sont imaginé que, pour corriger les sauvages de leurs vices, il suffisait de les prêcher, et de leur enseigner des dogmes. [^1244]: Toutes les eaux que la France verse dans la Méditerranée ou dans l’Océan, y arrivent par quatre fleuves, et par quelques rivières peu considérables, et la langue française n’est parlée que par un sixième de la population. [^1245]: Montesquieu, ayant observé que les populations les plus nombreuses se trouvent souvent dans les ports de mer, a cherché les causes de ce phénomène : il a bien aperçu que la facilité de s’y procurer des subsistances y contribuait ; mais il a soupçonné qu’il existait une cause encore plus puissante : « Peut-être, dit-il, que les parties huileuses du poisson sont plus propres à fournir cette matière qui sert à la génération. Ce serait une des causes de ce nombre infini de peuple qui est au Japon et à la Chine, où l’on ne vit presque que de poisson. Si cela était, de certaines règles monastiques, qui obligent de vivre de poisson, seraient contraires à l’esprit du législateur même. » Esprit des Lois, liv. XXIII, ch. XIII. — Il paraît qu’aux yeux de ce célèbre philosophe, les obstacles à l’accroissement de la population étaient moins dans la difficulté de nourrir et d’élever des enfants, que dans la difficulté de les engendrer. On ne conçoit pas comment il a pu entrer dans l’esprit d’un homme aussi judicieux que Montesquieu, qu’un peuple qui est aussi nombreux que celui de la Chine, qui habite un territoire immense très fertile, et qui le cultive tout entier avec le même soin que nous cultivons nos jardins, ne vit presque que de poisson. Les Esquimaux, les Groenlandais, les indigènes de la Nouvelle-Hollande, les habitants de la terre de Feu, ceux des côtes nord-ouest de l’Amérique et ceux du Kamtchatka ne vivent que de poisson ; pourquoi ne sont-ils pas aussi nombreux que les Chinois ? [^1246]: Les gouvernements ont tenté quelquefois de fixer eux-mêmes les places où les villes seraient bâties ; mais leurs décrets sont restés sans effet, toutes les fois que la position et la nature des lieux n’y ont pas attiré ou multiplié la population. On en trouve plusieurs exemples dans les États-Unis d’Amérique, et particulièrement dans l’État de Virginie. Un écrivain qui s’est montré tout à la fois savant philosophe et habile homme d’État, a exprimé l’influence des lieux en termes aussi courts qu’énergiques. Après avoir fait l’énumération des villes de Virginie, il a dit : « There are other places at which, like some of the foregoing, the laws have said there shall be towns ; but nature has said there shall not, and they remain unworthy of enumeration ». Jefferson’s Notes on the state of Virginia, Query XII, page 175.
M. de Humboldt a fait une observation analogue dans l’Amérique méridionale : « C’est l’aspect du pays, dit-il, qui contribue puissamment aux progrès plus ou moins rapides des missions. Elles s’étendent avec lenteur dans l’intérieur des terres, dans des montagnes ou des steppes, partout où elles ne suivent pas le cours d’une rivière. » Voyage aux régions équinoxiales, tome VI, liv. VI, ch. XVIII, p. 164.
M. de Humboldt a fait une observation analogue dans l’Amérique méridionale : « C’est l’aspect du pays, dit-il, qui contribue puissamment aux progrès plus ou moins rapides des missions. Elles s’étendent avec lenteur dans l’intérieur des terres, dans des montagnes ou des steppes, partout où elles ne suivent pas le cours d’une rivière. » Voyage aux régions équinoxiales, tome VI, liv. VI, ch. XVIII, p. 164. [^1247]: Cette tendance, ou, pour mieux dire, ce besoin qu’éprouvent les peuples de se porter d’abord à l’embouchure des fleuves ou des rivières, d’en suivre les bords et de se répandre dans les vallées qui y portent leurs eaux, n’expliquerait-il pas la division des langues et des dialectes qui en dérivent ? Les langues ne se forment qu’à mesure que l’intelligence se développe, que les connaissances s’étendent, que les idées se multiplient. La langue d’un peuple qui n’a pas fait plus de progrès que les indigènes de la terre de Van-Diemen ou de la terre de Feu, se réduit nécessairement à un très petit nombre de mots. Or, qu’on suppose un peuple dans un état aussi barbare, se dirigeant vers les côtes de France, et se mettant en possession des embouchures de la Seine, de la Loire et de la Garonne, et se répandant graduellement sur le littoral de ces fleuves, au bout de quelques siècles ils ne s’entendront plus les uns les autres, quoique les trois langues qui se seront formées par les progrès qu’ils auront faits, aient un certain nombre de racines communes. Les peuples, après s’être divisés en se portant à l’embouchure des fleuves, peuvent se subdiviser en suivant le cours des rivières qui y portent leurs eaux, et de cette subdivision peuvent naître de nouveaux dialectes. [^1248]: Raynal, tome I, liv. II, p. 403. [^1249]: Barrow, Voyage dans la partie méridionale de l’Afrique, tome I, p. 34 et 35 de l’introduction. [^1250]: Tous les légumes qui croissent en Europe, à l’exception de l’asperge et de l’artichaut, croissent au cap de Bonne-Espérance (Levaillant, premier Voyage, tome I, p. 18.) ; mais la plupart des fruits d’Europe, tels que les poires, les pommes, les cerises, les groseilles, les noisettes, y dégénèrent en peu de temps, les arbres n’y portent pas de fruit, ou n’en portent que de mauvaise qualité ; les légumes y dégénèrent aussi promptement, et on a besoin de tirer les graines d’Europe ; la vigne, l’oranger, le figuier et l’amandier sont les seuls qui y donnent de bon fruit. Le vent du sud-est, qui y règne pendant trois mois, y oppose à l’agriculture des obstacles presque invincibles : « Ce vent, dit Levaillant, dessèche la terre au point de la rendre incapable de toute espèce de culture ; il souffle avec tant de furie, que, pour préserver les plantes, on est obligé de faire à tous les carreaux de jardin, un entourage de forte charmille. La même chose se pratique à l’égard des jeunes arbres, qui, malgré ces précautions, ne poussent jamais de branches du côté du vent, et se courbent toujours du côté opposé, ce qui leur donne une triste figure ; en général il est très difficile de les élever. — J’ai souvent été témoin des ravages de ce vent ; dans l’espace de vingt-quatre heures, les jardins les mieux fournis sont en friche et balayés. » Levaillant, premier Voyage, tome I, p. 17 et 18. — Thumberg, ch. II, p. 16 et 17.
Levaillant a tenté de pénétrer dans l’intérieur de l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance ; mais, si la description qu’il a faite du pays est exacte, il est encore plus difficile d’y voyager que dans les déserts de sable ; le sol est couvert de sel cristallisé dont les effets sont de détruire la vue, et de rendre impotable l’eau de pluie qui y tombe. Voyez le second Voyage, tome III, p. 128 et suivantes.
Levaillant a tenté de pénétrer dans l’intérieur de l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance ; mais, si la description qu’il a faite du pays est exacte, il est encore plus difficile d’y voyager que dans les déserts de sable ; le sol est couvert de sel cristallisé dont les effets sont de détruire la vue, et de rendre impotable l’eau de pluie qui y tombe. Voyez le second Voyage, tome III, p. 128 et suivantes. [^1251]: Raynal, tome I, liv. II, p. 402, 403 et 404. — Barrow, Voyage dans la partie méridionale de l’Afrique, tome II, ch. V, p. 114, 115 et 116. [^1252]: Cook, premier Voyage, tome IV, liv. III, ch. XIV, p. 374, 375 et 376. — Sparrman, tome I, ch. VI ; p. 325 et 326, et tome II, ch. VIII, p. 8 et 9. — Thumberg, ch. III, p. 96. — L. Degrandpré, tome II, p. 172 et 173. — Barrow, tome II, ch. IV, p. 59 et 60, et ch. V, pag. 114 et 115. — « Nous n’avons point vu, pendant notre voyage, dit Cook, après avoir parcouru une grande partie du globe, de pays qui présente un aspect plus désert, et qui dans le fait soit plus stérile que le Cap. » Ibid. — Barrow estime que les sept dixièmes du pays ne portent aucune trace de verdure*. Ibid.* [^1253]: Quoique deux des peuples les plus intelligents et les plus industrieux de l’Europe, les Hollandais et les Anglais, ayant employé leurs capitaux et leur industrie à rendre le sol du Cap fertile, ce pays peut à peine fournir les grains nécessaires à la subsistance de sa faible population. On est obligé d’y importer de Batavia le bois de charpente, et quoique les aliments y soient fort chers, il en coûte autant pour se chauffer que pour se nourrir. Cook, premier Voyage, tome IV, liv. III, ch. XIV, p. 376. — Barrow, tome II, chap. IV, pages 59 et 60. [^1254]: Cook, troisième Voyage, liv. I, ch. VI, tome I, p. 220. — Bligh, ch. IV, p. 71. — Dentrecasteaux, tome I, ch. IV et XII, p. 54 et 268. — Labillardière, tome I, ch. V, pag. 131, 133 et 164, et tome II, ch. X, p. 19, 20 et 21. — Péron, tome I, liv. III, ch. XII et XIII, p. 231, 232 et 264. [^1255]: Dentrecasteaux, tome I, ch. II, pag. 51. — Péron, tome I, liv. III, chapitre XII, page 239 et 245. — Bligh, chapitre IV, p. 66. [^1256]: Labillardière, tome I, ch. V, p. 128, 129 et 116. — Péron, tome I, liv. III, ch. XI, p. 233. [^1257]: Cook, troisième Voyage, liv. I, ch. VI, tome I, p. 222 et 224, et liv. III, ch. IX, tome IV, p. 109. — Labillardière, tome II, ch. X, p. 10, 19, 20 et 25. — Freycinet, liv. II, ch. I, p. 40 et 41. [^1258]: Cook, troisième Voyage, liv. I, ch. VI, tome I, pag. 27, 28 et 225. — Dentrecasteaux, tome I, ch. XI, p. 267. — Labillardière, tome II, ch. X et XI, p. 7, 65 et 79. — Péron, tome I, liv. III, ch. XIII, p. 301. [^1259]: Le pied cube de ce bois, lorsqu’il est vert, dit Hamelin dans son journal, ne pèse pas moins de 79 livres 1/2, ou à peu près 39 kilog. (L. Freycinet, liv. II, ch. I, p. 40.) — Il n’en faut pas davantage pour expliquer comment les indigènes de Van-Diemen n’ont jamais construit de bateaux, et comment ils se sont bornés à naviguer dans leurs baies sur des écorces d’arbres liées ensemble. [^1260]: Dentrecasteaux, tome I, ch. VI, p. 222. — Labillardière, tome I, ch. IX, p. 424. [^1261]: Péron, tome I, liv. II, ch. V, p. 81. [^1262]: Labillardière, tome I, ch. IX, p. 381, 382, 383 et 384. [^1263]: Dentrecasteaux, tome I, ch. IX, p. 198 et 199. [^1264]: Dampier, tome II, ch. XVI, p. 140, 143 et 144. — Cook, premier Voyage, liv. III, ch. VI, tome IV, p. 127. — White, p. 98, 129, 130 et 189. — Phillip, ch. XIII, p. 136. [^1265]: Cook, premier Voyage, liv. III, ch. IV, tome IV, p. 22 et 40. — Phillip, ch. XI, p. 118 et 119. [^1266]: Cook, premier Voyage, liv. III, ch. I et II, tome III, p. 393, 391, 444 et 445. — White, p. 125, 129 et 331. — Phillip, ch. XI, pages 123 et 119. [^1267]: Cook, premier Voyage, liv. III, ch. III, tome IV, p. 1 et 2. [^1268]: Tome I, ch. VI, p. 222. [^1269]: Péron, tome I, liv. III, ch. XIX, p. 412 et 413. [^1270]: Ibid, ch. XII et XIX, p. 260 et 397. [^1271]: Ibid, tome II, liv. V, ch. XXXVIII, p. 369 et 368. [^1272]: Freycinet. liv. II, ch. IX, p. 287. — Labillardière, tome I, ch. V, p. 131, 132 et 162. — Cook, premier Voyage, liv. III, ch. I, tome III, p. 406, et ch. VI, tome IV, p. 128. — White, Voyage à la Nouvelle-Galles du sud, p. 114. [^1273]: White, Voyage à la Nouvelle-Galles du sud, p. 164 et 165. — Phillip, Voyage à Botany-Bay, ch. VII, p. 71 et 72. [^1274]: Dentrecasteaux, tome I, ch. IV, p. 212. — Péron, tome I, liv. II, ch. V, p. 78, 79 et 93, et liv. II, ch. XX, p. 463 ; tome II, liv. V, ch. XXXVII, p. 358. — L. Freycinet, liv II, ch. III, IV, V et IX, p. 142, 150, 161, 287 et 288. — Dampier, tome II, ch. XVI, p. 140, 142 et 143. [^1275]: Labillardière, tome I, ch. IX, p. 414, 415 et 416. — Péron, tome I, liv. III, ch. XVII, p. 353, et t. II, liv. IV, ch. XXVI, p. 130. [^1276]: Le chien, que plusieurs peuples de l’océan Pacifique élèvent, ne peut offrir que peu de subsistances, parce qu’il ne se nourrit lui-même que des aliments que l’homme peut consommer. Les seuls animaux que des peuples peu civilisés puissent utilement multiplier, sont ceux qui se nourrissent de matières au moyen desquelles les hommes ne peuvent pas vivre, tels que sont les herbivores. [^1277]: Dentrecasteaux, tome I, ch. IV, pag. 212. — Labillardière, tome I, ch. IX, p. 412. — Péron, liv. II, ch. V et IX, pag. 78, 79 et 183 ; tome II, liv. IV, ch. XXIV, pag. 76. — Freycinet, liv. II, ch. III et IX, p. 142 et 288. — Cook, premier Voyage, liv. III, ch. V, tome IV, p. 74 et 75. — Dampier, tome III, ch. XVI, p. 140. — Phillip, pag. 177 et 225. — White, pag. 166 et 171. — Broughton, tome I, liv. I, ch. I, p. 32. [^1278]: Labillardière, tome I, ch. V, p. 156 et 157. — Péron, tome I, liv. II, ch. IX, p. 383. [^1279]: Dentrecasteaux, tome I, ch. IX, pag. 200. — L. Freycinet, liv. II, ch. IV, p. 148. — Cook, premier Voyage, liv. III, ch. IV et V, tome IV, p. 27, 33, 41, 52, 76, 133, 134 et 135. [^1280]: L. Freycinet, liv. II, ch. IX, p. 289. — Dampier, tome III, ch. XVI, p. 140. — White, p. 169. — Phillip, ch. XI, p. 130. [^1281]: La Nouvelle-Hollande, comme l’Afrique, a des rivières qui paraissent former les lacs intérieurs ; mais les moyens de communications quelles offrent, ne sont pas moins bornés dans un continent que dans l’autre. [^1282]: Niebuhr, Description de l’Arabie, tome II, sect. XXIX, ch. II, p. 334, 335 et 336. — D’Anville, Mémoire sur le golfe Arabique. [^1283]: Les Arabes cultivent le riz, le blé, le maïs, l’orge, les dattes et beaucoup d’autres plantes. Voyez, sur le genre de leur culture et sur la quantité de produits qu’ils en retirent, Félix Mengin, Histoire de l’Égypte sous Mohammed-Aly, tome II, p. 165 et suivantes. [^1284]: Niebuhr, Description de l’Arabie, tome II, sect. XXIX, ch. II, page 336. [^1285]: Montesquieu, qui a pensé qu’un climat froid est propre à donner à l’homme un grand corps, a pensé aussi que c’est par choix et par goût que les peuples des pays froids sont chasseurs et nomades : « Dans les pays du Nord, dit-il, une machine saine et bien constituée, mais lourde, trouve ses plaisirs dans tout ce qui peut mettre les esprits en mouvement, la chasse, les voyages, la guerre. » Autant vaudrait dire que le froid qui règne dans les déserts de Shamo et de Gobi, inspire aux habitants du dégoût pour la vie champêtre et pour la culture de la vigne. [^1286]: Volney, Tableau du climat et du sol des États-Unis, tome I, ch. XI, pag. 286 et 297. — Mackenzie, premier Voyage, tome III, p. 336 et 344. — De Humboldt, Essai politique, tome II, liv. III, ch. VIII, p. 479. — Jefferson’s Notes on the state of Virginia, query VII, page 134. [^1287]: Les hommes ont une tendance presque invincible à croire que tous les animaux et tous les végétaux qu’ils classent sous la même dénomination, sont issus de deux individus qui ont été le type de l’espèce. Les livres qui servent de base à la religion chrétienne, nous ayant enseigné que les hommes descendent de deux parents communs, nous ne pouvons nous empêcher d’étendre cette croyance à chaque espèce de bêtes et même à chaque espèce de végétaux. De là les recherches des savants pour découvrir le lieu dans lequel fut créé le premier père des moutons, la première mère des ânes ou même le premier grain de moutarde. Ces recherches supposent résolue une question qui ne l’est point, et qui probablement ne le sera jamais. Le continent américain, lorsqu’il fut découvert, renfermait une multitude d’animaux et de végétaux qui n’avaient pu s’y propager ni par le nord de l’Asie, ni par le courant des mers : comment donc y étaient-ils arrivés ? [^1288]: Charlevoix, N.-F., tome III, liv. XVII, p. 319. — Lahontan, tome I, lett. II, p. 13. [^1289]: Mackenzie, premier Voyage, tome I, pag. 302, et tome II, ch. IV et V, p. 27, 28, 43, 44, 45 et 49. [^1290]: Les variations de température sont si considérables qu’à Philadelphie, après un hiver comme ceux de Prusse, on a un été comme ceux de Naples. À proprement parler, on ne connaît pas de printemps en Amérique ; on passe subitement d’un froid extrême à une extrême chaleur. Souvent aux États-Unis la température varie, dans l’espace de quelques heures, de douze ou quinze degrés de la graduation de Réaumur. Jefferson’s Notes on the state of Virginia, query VII, pag. 130, 131 et 132. — Larochefoucault-Liancourt, deuxième partie, tome IV, p. 54, et quatrième partie, pag. 118 et 119. — Volney, Tableau du climat et du sol des États-Unis, tome I, ch. XI. — De Humboldt, Nouvelle-Espagne, tome IV, liv. V, ch. XI, p. 528. — Weld, Voyage au Canada, tome I, ch. XVII, pages 278 et 281. [^1291]: Il ne faut pas oublier que, par le degré de froid, cette latitude correspond à peu près au soixante-dix-huitième en Europe. [^1292]: Ellis, pag. 197, 217 et 320. — Mackenzie, premier Voyage, tome II, ch. IV et V, p. 26, 27 et 28, et tome III, p. 336 et 337. — Volney, Tableau, etc., tome I, ch. II, p. 9, 10, 11 et 12. [^1293]: Buffon a prétendu que l’Amérique ne contenait qu’un tiers des animaux de l’ancien continent ; il résulte, au contraire, de la table comparative des quadrupèdes de l’ancien et du nouveau monde, donnée par Jefferson, que les espèces sont plus nombreuses dans celui-ci que dans celui-là. (Notes on the state of Virginia, query VI, p. 77 et 78.) — Les individus appartenant à chaque espèce, si l’on fait exception des animaux domestiques, étaient aussi infiniment plus nombreux en Amérique que dans les autres parties du monde : pour en être convaincu, il suffit de connaître l’immense quantité de fourrures que les Français et les Anglais ont tirées du Canada. Voyez Lahontan, tome I, lett. IV, VI et XI, pag. 36, 69 et 80. — Charlevoix, N.-F., tome III, liv. XII, XIV et XV, pag. 18, 83, 159 et 194. — Hennepin, p. 3 et 4. — Ellis, p. 269. — Mackenzie, premier Voyage, tome I, p. 59 et 60. [^1294]: « Le vaste royaume de la Nouvelle-Espagne, soigneusement cultivé, dit M. de Humboldt, produirait lui seul tout ce que le commerce rassemble sur le reste du globe, le sucre, la cochenille, le cacao, le coton, le café, le froment, le chanvre, le lin, la soie, les huiles et le vin. » Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, tome I, liv. I, ch. II, p. 304 et 315.
Les communications qu’avaient les Mexicains avec leurs voisins, et qui pouvaient suffire à des peuples peu avancés, sont aujourd’hui insuffisantes pour un grand commerce : ce pays, du côté de l’est, manque de ports.
Les communications qu’avaient les Mexicains avec leurs voisins, et qui pouvaient suffire à des peuples peu avancés, sont aujourd’hui insuffisantes pour un grand commerce : ce pays, du côté de l’est, manque de ports. [^1295]: Charlevoix, N.-F., tome I, liv. I, p. 45 ; tome II, liv. X, p. 251, et tome III, liv. XII, p. 18 et 19. — Lahontan, tome II, p. 57, 58 et 60. — Hennepin, p. 2, 3, 88 et 89. — M. de Humboldt croit que la vigne ne se trouvait pas en Amérique à l’arrivée des Européens. (Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, tome II, liv. III, ch. VI, p. 441.) Cependant, Charlevoix, Hennepin et Lahontan assurent qu’ils ont trouvé sur les bords du Mississipi, dans les bois de la Floride et dans d’autres, des vignes qui y croissaient naturellement, qui s’étendaient sur les arbres et portaient des fruits excellents. Suivant Lahontan, le vin qu’on en faisait, après avoir longtemps cuvé, était noir comme de l’encre et était de la même qualité que celui des Canaries. [^1296]: Depons, tome I, ch. II, p. 123, et tome III, ch. XI, p. 301. — De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, tome VI, liv. VI et VII, ch. XVI et XIX, p. 106, 245 et 373. [^1297]: Voyage aux régions équinoxiales, tome VI, liv. VII, ch. XIX, p. 373, 374 et 395. [^1298]: De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, tome VI, liv. VI, ch. XVIII, p. 167 et 168. [^1299]: Stedman, tome II, ch. XX, pag. 263, 266 et 267. — Raynal, tome VI, liv. XII, p. 391, et tome VII, liv. XI, p. 52. [^1300]: Raynal, tome VI, liv. XII, p. 391. [^1301]: De Humboldt, Tableaux de la nature, tome I, p. 19 et 20. [^1302]: De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, tome VI, liv. VI, ch. XVII, p. 44 et 45. [^1303]: De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, tome VI, liv. VI, ch. XVII, p. 167. [^1304]: Stedman, tome III, ch. XXVIII, pag. 137. — De Humboldt, Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, tome I, liv. V, ch. XII, pag. 495 et 496. [^1305]: Dauxion-Lavaysse, tome I, ch. VI, p. 301. [^1306]: Ulloa, Discours philosoph., disc. IX, p. 202, 209 et 210. [^1307]: Azara, tome I, liv. V, p. 103 et 104. — De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, tome IV, liv. IV, ch. XI, p. 57. [^1308]: Bougainville, tome I, première partie, ch. IX, pag. 184. — Cook, premier Voyage, liv. I, ch. IV, p. 323, 324 et suivantes. [^1309]: Cook, deuxième Voyage, liv. I, ch. V, tome II, p. 338 et 343, et tome V, ch. VII, p. 258. [^1310]: Il semble que les Américains du nord ne cultivaient aucune espèce d’arbres fruitiers. Ce genre de culture, sous les climats froids ou tempérés, est toujours le dernier progrès que font des peuples agricoles. Je vois à cela plusieurs raisons : la première, c’est que les arbres ne portent des fruits qu’après plusieurs années de soins, et que là où la propriété est mal établie, on ne cultive que les objets dont on peut jouir immédiatement ; la seconde, c’est que le produit des arbres fruitiers est très casuel partout où la température de l’atmosphère est sujette à de grandes variations ; la troisième, c’est l’impossibilité de conserver les fruits pendant longtemps, tant qu’on n’a pour logement que des huttes. La culture des arbres fruitiers est un luxe que ne se permettent pas toujours des peuples d’Europe qui se croient très civilisés : il ne faut donc pas être surpris si les indigènes d’Amérique n’en étaient pas encore arrivés jusque-là.
On a vu que, dans le Pérou, on ne trouvait presque point de poisson ; on ne pouvait pas en trouver beaucoup dans le Mexique, puisqu’on y manque de grandes rivières ; mais, ce qui est remarquable, c’est que, suivant Ulloa, le Mississipi, qui est un des plus grands fleuves du continent américain, et qui porte ses eaux dans le golfe du Mexique, n’a que peu de poisson, et que celui qu’on y trouve est de mauvaise qualité. Ulloa, Discours philosophiques, tome I, disc. IX, p. 215 et 216.
On a vu que, dans le Pérou, on ne trouvait presque point de poisson ; on ne pouvait pas en trouver beaucoup dans le Mexique, puisqu’on y manque de grandes rivières ; mais, ce qui est remarquable, c’est que, suivant Ulloa, le Mississipi, qui est un des plus grands fleuves du continent américain, et qui porte ses eaux dans le golfe du Mexique, n’a que peu de poisson, et que celui qu’on y trouve est de mauvaise qualité. Ulloa, Discours philosophiques, tome I, disc. IX, p. 215 et 216. [^1311]: Dampier, tome I, ch. V, pag. 103. — De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, tome VI, liv. VII, ch. XVII, p. 43 et 44. — Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, tome II, liv. III, ch. VIII, p. 424 et 425. — La Pérouse, tome II, ch. VII, pag. 203 et 204. — Fleurieu, Voyage du capitaine Marchand, tome II, ch. IV et V, p. 22, 23 et 214. — Cook, troisième Voyage, liv. IV, ch. II, tome V, p. 75. — G. Dixon, tome II, p. 5 et 6. [^1312]: Cook, premier Voyage, liv. II, ch. III et IX ; tome III, p. 100, 306 et 307. — Deuxième Voyage, ch. V, tome I, p. 344, 345 et 347, et liv. II, ch. V, tome II, pag. 481, et troisième Voyage, liv. I, ch. VIII, p. 304 et 329. [^1313]: Cook, troisième Voyage, liv. II, ch. II, tome II, pag. 71, 72 et 73. — Lettres édifiantes et curieuses, tome XV, p. 196 et 298. — Le président de Brosses, Voyages aux terres australes, tome II, p. 443 et suivantes. — De Humboldt, Voyage aux régions équinox., tome I, liv. I, ch. I, pag. 141 et 142*.* Voyez ce dernier ouvrage, pag. 123 et 153, sur les effets des courants ou Gulf stream. [^1314]: Voyage aux régions équinoxiales, tome III, liv. III, ch. VIII, page 251. [^1315]: De Humboldt, Nouvelle-Espagne, tome III, liv. IV, ch. IX, page 146. [^1316]: Le continent d’Amérique, au temps où il fut découvert, renfermait diverses espèces de grands animaux, et plusieurs peuplades vivaient en partie des produits de la chasse ; mais dans les îles situées à l’est de ce continent on ne trouvait aucun animal dont la taille excédât celle du lapin, quoique ces îles soient bien plus rapprochées des côtes orientales que ne le sont des côtes de l’ouest ou des côtes de l’Asie les archipels de l’océan Pacifique habités par des Malais. [^1317]: Cæsar, B. G., lib. V, cap. IV. [^1318]: En France, les peuples les plus civilisés, du temps des Romains, étaient, en général, ceux qui habitaient sur les bords de la Méditerranée ; c’étaient des colonies formées par les Phocéens. En Angleterre, les peuplades les plus civilisées, du temps de César, étaient celles qui habitaient les côtes opposées à la France et à la Belgique ; c’étaient des colonies belges : elles prenaient le nom des cités d’où elles étaient venues. (Cæsar, B. G., lib. V, cap. IV.) Les peuplades les plus barbares étaient les montagnards d’Écosse et les Irlandais. (Gibbon’s History of the decline and fall of the roman empire, ch. XIII, tome II, p. 129.) En Germanie, les peuples qui avaient fait le plus de progrès étaient les Usbiens ; suivant l’opinion de César, ils étaient les plus civilisés, parce que, bordant le Rhin, ils étaient fréquemment visités par les marchands, et que le voisinage des Gaulois leur en avait fait goûter les mœurs. (Bell. Gall., l. IV, cap. I.) [^1319]: Les Romains avaient observé, avant nous, qu’en Angleterre le climat est plus tempéré, et le froid moins rude que dans les Gaules. Cæsar, B.-G. lib. V, cap. IV. [^1320]: Ce genre d’industrie sur lequel la nature du sol et du climat exercent une si grande influence, avait déjà été porté fort loin, avant que le pays eût été envahi par les Romains. Dans l’intérieur de l’île, on ne semait que peu de blé ; on vivait de laitage et de la chair des animaux. Suivant le rapport de César, la population y était immense et le bétail très nombreux. Bell. Gall., lib. V, cap. IV. [^1321]: En comparant la quantité de viande que chaque individu consomme journellement en Angleterre, à la quantité que chaque individu consomme en France, on a trouvé que le premier en consommait beaucoup plus que le second ; de là, on a conclu que la classe ouvrière était moins misérable en Angleterre qu’en France. Si l’on avait comparé la quantité de vin, de fruits, de légumes, de pain qui se consomme par individu dans ce dernier pays, à la quantité des mêmes denrées qui se consomme dans le premier, je ne doute pas qu’on eût trouvé une différence bien plus grande. Chacun consomme les productions que lui offre le sol qu’il habite ; et le plus misérable est celui qui, pour satisfaire ses besoins, est obligé de prendre le plus de peine ou d’exécuter la plus grande quantité de travail. [^1322]: Les membres du gouvernement anglais, dans les honneurs qu’ils ont rendus à Watt, après sa mort, ont reconnu que la nation anglaise eût été incapable de soutenir la lutte qui s’était engagée entre elle et la France, sans la force et les richesses que leur avaient données les machines à vapeur.
Je ne dis pas que la France ne puisse se livrer au même genre d’industrie que l’Angleterre, si elle possède les mêmes puissances ; mais si elle ne les possédait pas, il ne serait pas plus raisonnable à elle de vouloir lutter contre l’Angleterre à cet égard, qu’il ne serait raisonnable de la part de l’Angleterre de couvrir le sol de serres chaudes pour rivaliser avec la France dans la vente des vins. Un peuple qui, par la nature de son sol, récolte des matières premières, comme du lin, de la laine, du coton, de la soie, et qui veut faire le métier de fabricant sans en posséder les forces, ressemble à un agriculteur qui, après avoir recueilli le blé nécessaire à sa consommation, le ferait moudre dans des moulins à café par ses domestiques, afin de faire lui-même les profits du meunier dont les meules sont mises en mouvement par un courant d’eau.
Je ne dis pas que la France ne puisse se livrer au même genre d’industrie que l’Angleterre, si elle possède les mêmes puissances ; mais si elle ne les possédait pas, il ne serait pas plus raisonnable à elle de vouloir lutter contre l’Angleterre à cet égard, qu’il ne serait raisonnable de la part de l’Angleterre de couvrir le sol de serres chaudes pour rivaliser avec la France dans la vente des vins. Un peuple qui, par la nature de son sol, récolte des matières premières, comme du lin, de la laine, du coton, de la soie, et qui veut faire le métier de fabricant sans en posséder les forces, ressemble à un agriculteur qui, après avoir recueilli le blé nécessaire à sa consommation, le ferait moudre dans des moulins à café par ses domestiques, afin de faire lui-même les profits du meunier dont les meules sont mises en mouvement par un courant d’eau. [^1323]: J’ai fait voir ailleurs que c’est pour n’avoir pas tenu compte de ces diverses circonstances, et pour n’avoir pas observé les différences qui existent entre l’Angleterre et la France, qu’on s’est engagé dans ce dernier pays dans de folles entreprises*. Des garanties offertes aux capitaux et aux autres genres de propriétés, par les procédés des chambres législatives dans les entreprises industrielles, etc*. (1826), ch. I, p. 14 et suivantes. [^1324]: L’Angleterre, qui, au temps où les Romains en firent la conquête, put à peine leur rembourser les frais d’établissement, fut pour eux une acquisition inappréciable un siècle et demi plus tard : presque tous les éloges qu’ils lui donnèrent pourraient lui convenir : « The Romans celebrated, and perhaps magnified, dit Gibbon, the extent of that noble island, provided on every side with convenient harbours : the temperature of the climate, and the fertility of the soil, alike adapted for the production of corn or of wines ; the valuable minerals with which it abounded ; its rich pastures covered with innumerable flocks and its woods free from wild beast or venomous serpents. » The History of the decline and fall, etc., chapitre XIII, tome II, p. 124 et 125. [^1325]: Je suis obligé, pour ne pas excéder les bornes que je me suis prescrites, de négliger plusieurs circonstances qui, sans être aussi importantes que celles que j’ai observées, exercent cependant une grande influence sur les facultés physiques des hommes, et, par conséquent, sur leurs facultés morales et intellectuelles : telles sont, par exemple, la nature des aliments, qui dépend elle-même de beaucoup de circonstances étrangères à l’homme ; les variations rapides de la température de l’atmosphère, qui paraissent hâter la vieillesse chez les hommes et surtout chez les femmes qui les éprouvent ; la nature et la direction des vents, qui, dans certains lieux, rendent l’existence si légère ou si pénible, l’esprit si actif ou si pesant ; la qualité des eaux ou la nature de l’air qui favorisent le développement de l’homme, ou qui le rendent difforme et stupide, comme dans quelques vallées de la Suisse et de la Tartarie, etc. [^1326]: Macartney, Voyage en Chine et en Tartarie, tome III, ch. II, p. 46. [^1327]: De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, tome III, liv. III, ch. VIII, p. 228 et 229, et tome VI, liv. VII, chap. XIX, p. 314. — Weld, tome II, ch. XXI, p. 256. [^1328]: Voyez liv. III, ch. XXXII, p. 112 et 113 de ce volume. [^1329]: 454] On trouve dans les îles de l’océan Pacifique, placées entre les tropiques, les plus belles races d’hommes, et les voyageurs ne doutent pas que l’influence du climat n’ait été la principale cause de leur développement. Cependant, les Européens qui se sont établis à la Barbade, placée également sous les tropiques, paraissent avoir considérablement dégénéré : « J’ai été deux fois à la Barbade, dit Dauxion-Lavaysse, et j’ai vu beaucoup de Barbadiens dans les autres colonies : presque tous ceux qui descendent de familles anciennement établies dans le pays, ont la peau olivâtre ou bronzée, les yeux caves, le nez épaté, la bouche béante, les lèvres épaisses, les cheveux roussâtres et frisés. Ajoutez à cela une énorme paire de testicules, une hernie à vingt ou trente ans, un engorgement lymphatique à une jambe, quelquefois aux deux, et vous aurez le portrait d’un Barbadien. De tels homme inspireraient, comme des crétins, des sentiments de pitié, s’ils n’avaient encore dégénéré de leurs ancêtres plus au moral qu’au physique, et s’ils n’étaient les hommes les plus féroces et les plus ridiculement vains qu’il y ait peut-être sur la terre. Cependant il n’y a guère plus de deux siècles que ce pays est peuplé d’Européens. » Tome I, ch. VI, p. 241. [^1330]: L’animal qui vit le plus en société avec l’homme, le chien, paraît aussi le plus intelligent, et le plus susceptible de partager ses passions ; et le soin que prennent les chasseurs de conserver la pureté des races, semble prouver que les dispositions qu’on observe chez quelques individus se transmettent par le seul fait de la génération. Discutant un jour, avec M. de Volney, la question de l’influence de l’éducation sur tous les animaux, il me rapporta un fait que je ne puis m’empêcher de consigner ici, et qu’il tenait d’un de ses amis, officier de la maison de Louis XVI. Cet officier, dont j’ai oublié le nom, avait pris deux jeunes chiens de même race, un mâle, l’autre femelle, de l’espèce la plus commune, et il n’allait jamais à la chasse sans les emmener avec lui. Tout ce qu’il put obtenir de cette première génération, à force de caresses ou de châtiments, fut de leur faire supporter le bruit du fusil sans se cacher ou prendre la fuite. Les deux qu’il conserva de la seconde génération, ne manifestèrent aucun sentiment de peur à l’explosion de la poudre ; mais il fallut employer longtemps les châtiments et les récompenses pour les déterminer seulement à suivre les autres chiens qui étaient dressés. Ceux qui furent conservés de la troisième génération, furent aussi bons chasseurs que ceux qui étaient issus des races les plus renommées.
Un naturaliste anglais a fait sur des animaux de la même espèce des observations qui ne sont pas moins curieuses. Les peuples d’espèce malaie qui habitent les îles du grand Océan, élèvent des chiens pour s’en nourrir, comme nous élevons d’autres espèces d’animaux, et ces chiens sont aussi stupides que nos moutons. Ces chiens, se nourrissant des mêmes aliments que leurs maîtres, sont habitués à ronger des os d’animaux de leur espèce et même des os humains, dans les îles où les habitants sont anthropophages, comme dans la Nouvelle-Zélande. « Nous avions à bord un de ces petits chiens, dit Forster, qui sûrement, avant qu’on le vendit, n’avait jamais rien pris que le lait de sa mère, et cependant il dévora avec avidité une partie de la chair et des os du chien que nous venions de manger à dîner, tandis que plusieurs autres de race européenne, que nous avions embarqués au cap, s’éloignèrent et ne voulurent pas en manger. Le chien de la Nouvelle-Zélande, dit ailleurs le même voyageur, se jeta sur un de ces petits (chiens) qui était mort, et le dévora avec avidité. Il était monté si jeune sur notre bord qu’il n’avait pu acquérir l’habitude de manger de la chair des animaux de son espèce, et beaucoup moins de la chair humaine ; et cependant un de nos matelots qui s’était coupé le doigt l’offrit au chien, qui le saisit avidement, le lécha et le mordit tout de suite. » Forster, cité dans le deuxième Voyage de Cook, ch. IX, tome I, p. 459.
Les Chinois sont parvenus à donner de l’intelligence à un des animaux les plus stupides. Ceux d’entre eux qui vivent habituellement sur les fleuves, élèvent des canards, et ils les ont rendus si dociles qu’ils dirigent leurs mouvements par les moindres signes.
Un naturaliste anglais a fait sur des animaux de la même espèce des observations qui ne sont pas moins curieuses. Les peuples d’espèce malaie qui habitent les îles du grand Océan, élèvent des chiens pour s’en nourrir, comme nous élevons d’autres espèces d’animaux, et ces chiens sont aussi stupides que nos moutons. Ces chiens, se nourrissant des mêmes aliments que leurs maîtres, sont habitués à ronger des os d’animaux de leur espèce et même des os humains, dans les îles où les habitants sont anthropophages, comme dans la Nouvelle-Zélande. « Nous avions à bord un de ces petits chiens, dit Forster, qui sûrement, avant qu’on le vendit, n’avait jamais rien pris que le lait de sa mère, et cependant il dévora avec avidité une partie de la chair et des os du chien que nous venions de manger à dîner, tandis que plusieurs autres de race européenne, que nous avions embarqués au cap, s’éloignèrent et ne voulurent pas en manger. Le chien de la Nouvelle-Zélande, dit ailleurs le même voyageur, se jeta sur un de ces petits (chiens) qui était mort, et le dévora avec avidité. Il était monté si jeune sur notre bord qu’il n’avait pu acquérir l’habitude de manger de la chair des animaux de son espèce, et beaucoup moins de la chair humaine ; et cependant un de nos matelots qui s’était coupé le doigt l’offrit au chien, qui le saisit avidement, le lécha et le mordit tout de suite. » Forster, cité dans le deuxième Voyage de Cook, ch. IX, tome I, p. 459.
Les Chinois sont parvenus à donner de l’intelligence à un des animaux les plus stupides. Ceux d’entre eux qui vivent habituellement sur les fleuves, élèvent des canards, et ils les ont rendus si dociles qu’ils dirigent leurs mouvements par les moindres signes. [^1331]: Voyage en Afrique, en Asie et au Japon, ch. VI, p. 182. [^1332]: Levaillant, premier Voyage, tome I, p. 193 et 194. [^1333]: Levaillant, deuxième Voyage, tome III, p. 176 et 170. [^1334]: Péron, Voyage de découvertes aux terres australes, tome II, liv. IV, ch. XXXII, p. 309. [^1335]: Weld, Voyage au Canada, tome III, ch. XXXV, p. 91 et 92. [^1336]: Lahontan, tome II, p. 177. [^1337]: Azara, tome II, ch. X, p. 9. [^1338]: Dampier, Nouveau voyage autour du Monde, tome I, ch. I, p. 12. — Hennepin, Mœurs des sauvages de la Louisiane, p. 34. — Raynal, Hist. philos., tome VIII, liv. XV, p. 61 et 62. [^1339]: Forster, cité dans le deuxième Voyage de Cook, liv. II, ch. V, tome II, pages 451 et 452. [^1340]: Niebuhr, Voyage en Arabie, tome II, sect. XXIV, ch. I, p. 171. [^1341]: Voyage aux régions équinoxiales, tome VI, liv. VI, ch. XVII, page 76. [^1342]: Niebuhr, Description de l’Arabie, pag. 328. — Voyage en Arabie, tome II, sect. XXIV, ch. I, p. 171. [^1343]: Weld, Voyage au Canada, tome III, ch. XXXV, p. 92. [^1344]: Raynal, Hist. philos., tome VIII, liv. XV, p. 61 et 62. [^1345]: Azara, tome II, ch. X, p. 9. [^1346]: Voyage en Afrique, etc., ch. VI, p. 182. — Il est remarquable qu’aucun des écrivains qui a vanté la finesse de la vue, de l’ouïe et de l’odorat des peuples non civilisés, ne s’est avisé de vanter la finesse ou la délicatesse de leur goût ; le sens du goût a cependant beaucoup de rapports avec celui de l’odorat. [^1347]: Lahontan, tome II, p. 94. — J. Long. ch. VI, p. 68 et 69. — Weld, tome III, ch. XXXV, p. 90. [^1348]: Lahontan, tome II, p. 93. — Hennepin, p. 17. [^1349]: Weld, Voyage au Canada, tome III, ch. XXXV, p. 96 et 97. [^1350]: Kolbe, tome I, ch. VI, p. 86. — Sparrman, tome III, ch. XV, pages 170 et 171. [^1351]: Charlevoix, tome I, liv. I, p. 44. [^1352]: De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, tome II, liv. II, ch. V, p. 372. [^1353]: Azara, tome II, ch. X, p. 68. [^1354]: La Pérouse, tome II, ch. IV, p. 106. [^1355]: Fleurieu, Voyage du capitaine Marchand, tome I, ch. I, p. 53. — Krusenstern, Voyage autour du Monde, tome I, ch. VI, page 193. [^1356]: Macartney, Voyage en Chine et en Tartarie, tome IV, ch. III, pages 200 et 201. [^1357]: Voyez le ch. XXV du liv. III, tome II, p. 414. [^1358]: Weld, tome III, ch. XXXV, p. 90 et 91. [^1359]: Mœurs des sauvages de la Louisiane, p. 14 et 17. [^1360]: Cook, troisième Voyage, liv. II, ch. VII, tome II, p. 273. [^1361]: Voyez le ch. VII du liv. III de cet ouvrage, tome II, p. 145. [^1362]: La Pérouse, tome III, ch. XXVI, p. 303. [^1363]: Hearne, Voyage à l’océan du Nord. [^1364]: Lahontan, tome II, p. 94. — Weld a confirmé Lahontan. Voyage au Canada, tome III, ch. XXXV, p. 90. [^1365]: La Pérouse, tome II, ch. IX, p. 208, 229 et 230. [^1366]: Voyage de La Pérouse, tome IV, p. 57. [^1367]: Péron rapporte, dans les termes suivants, les résultats de ses expériences et les conséquences qu’il en tire :
« En réunissant maintenant les résultats généraux des cinq séries d’expériences que je viens de rapporter, il s’ensuit, pour la force manuelle, les proportions suivantes exprimées en kilogrammes :
Pour la force des reins, les suivantes, exprimées en myriagrammes :
D’où il résulte,
1° Que les habitants de la terre de Diemen, les plus sauvages de tous, les enfants de la nature par excellence, sont les plus faibles ;
2° Que ceux de la Nouvelle-Hollande, qui ne sont guère plus civilisés, sont plus faibles que les habitants de Timor ;
3° Que ces derniers à leur tour sont beaucoup plus faibles, soit des reins, soit des mains, que les Anglais et les Français.
Nous pouvons donc déduire de l’ensemble de ces résultats la conséquence suivante :
Le développement de la force physique n’est pas toujours en raison directe du défaut de civilisation ; il n’est pas un produit constant, il n’est pas un résultat nécessaire de l’état sauvage.
Péron, tome I, liv. III, ch. XX, sect. VI, p. 457.
« En réunissant maintenant les résultats généraux des cinq séries d’expériences que je viens de rapporter, il s’ensuit, pour la force manuelle, les proportions suivantes exprimées en kilogrammes :
Pour la force des reins, les suivantes, exprimées en myriagrammes :
D’où il résulte,
1° Que les habitants de la terre de Diemen, les plus sauvages de tous, les enfants de la nature par excellence, sont les plus faibles ;
2° Que ceux de la Nouvelle-Hollande, qui ne sont guère plus civilisés, sont plus faibles que les habitants de Timor ;
3° Que ces derniers à leur tour sont beaucoup plus faibles, soit des reins, soit des mains, que les Anglais et les Français.
Nous pouvons donc déduire de l’ensemble de ces résultats la conséquence suivante :
Le développement de la force physique n’est pas toujours en raison directe du défaut de civilisation ; il n’est pas un produit constant, il n’est pas un résultat nécessaire de l’état sauvage.
Péron, tome I, liv. III, ch. XX, sect. VI, p. 457. [^1368]: On ne pouvait tirer aucune conséquence même de la comparaison faite entre les forces des Français et celles des Anglais, puisque les premiers venaient de faire une longue navigation, et que les seconds ont reconnu, par expérience, que des marins après un long voyage ont moins de force qu’ils n’en avaient au moment du départ. [^1369]: Chardin, tome VIII, p. 57. [^1370]: Les historiens romains ont observé que les Gaulois, dans leurs guerres, montraient, au commencement du combat, une ardeur et une intrépidité très grandes ; mais qu’ils étaient bientôt fatigués, et que, pour les vaincre, il suffisait de savoir soutenir, pendant quelque temps, le premier choc. Les soldats romains se montraient, au contraire, également énergiques pendant toute la durée du combat. Quelles étaient les causes de la supériorité des seconds sur les premiers ? Les mêmes que celles qui donnent à un rameur de profession la supériorité sur un homme qui ne manie la rame qu’accidentellement. [^1371]: Levaillant dit, en parlant de l’instinct des animaux : Je n’ai jamais douté que l’homme n’ait reçu du Créateur en égale proportion les mêmes facultés ; sa corruption insensiblement lui a tout fait perdre ; les sauvages, d’autant plus près de la nature qu’ils s’éloignent de nous, ont aussi les sens bien plus subtils.
« Enfin, moi-même, et je me flatte d’inspirer quelque croyance, après avoir passé cinq ou six mois dans les forêts et les déserts, lorsqu’à leur imitation je présentais le visage de côté et d’autre, j’étais parvenu à sentir, à deviner comme eux, soit une rivière soit une mare. » Premier Voyage, tome II, p. 232 et 233.
Le même voyageur, après avoir parlé de l’art que possède une tribu de découvrir par la vue des eaux souterraines, ajoute : « J’ai tenté d’étudier l’art des Houzouanas pendant le temps que nous avons vécu ensemble. Je m’y suis exercé d’après leur exemple, et j’étais parvenu comme eux à des indications sûres. » Ibid., tome III, pages 176 et 177.
« Enfin, il dit, en parlant du talent qu’ont ces peuples de découvrir les traces les plus légères des animaux, que ce n’est qu’à force de temps et d’habitude qu’il s’est fait à cette partie devinatoire de la plus belle des chasses ». Ibid., tome I, p. 193 et 194.
Il résulte bien clairement de là que, dans un espace de cinq ou six mois, un homme civilisé peut s’élever jusqu’à la hauteur d’un Hottentot, ce qui prouve que notre corruption ne nous a pas absolument tout fait perdre ; mais je ne sais combien de mois il faudrait à un Hottentot pour s’élever à la hauteur de Newton, de Franklin ou de Voltaire.
« Enfin, moi-même, et je me flatte d’inspirer quelque croyance, après avoir passé cinq ou six mois dans les forêts et les déserts, lorsqu’à leur imitation je présentais le visage de côté et d’autre, j’étais parvenu à sentir, à deviner comme eux, soit une rivière soit une mare. » Premier Voyage, tome II, p. 232 et 233.
Le même voyageur, après avoir parlé de l’art que possède une tribu de découvrir par la vue des eaux souterraines, ajoute : « J’ai tenté d’étudier l’art des Houzouanas pendant le temps que nous avons vécu ensemble. Je m’y suis exercé d’après leur exemple, et j’étais parvenu comme eux à des indications sûres. » Ibid., tome III, pages 176 et 177.
« Enfin, il dit, en parlant du talent qu’ont ces peuples de découvrir les traces les plus légères des animaux, que ce n’est qu’à force de temps et d’habitude qu’il s’est fait à cette partie devinatoire de la plus belle des chasses ». Ibid., tome I, p. 193 et 194.
Il résulte bien clairement de là que, dans un espace de cinq ou six mois, un homme civilisé peut s’élever jusqu’à la hauteur d’un Hottentot, ce qui prouve que notre corruption ne nous a pas absolument tout fait perdre ; mais je ne sais combien de mois il faudrait à un Hottentot pour s’élever à la hauteur de Newton, de Franklin ou de Voltaire. [^1372]: Robin, Voyage dans la Louisiane, tome II, ch. III, p. 327. — Weld, tome III, ch. XXXV, p. 97. — Volney, Tableau du climat et du sol des États-Unis, tome I, ch. IX, p, 249 et 250. [^1373]: Quelques-uns de ceux qui trafiquent avec les Anglais portent des fardeaux ; mais ce n’est qu’une exception. [^1374]: Volnay, Tableau du climat et du sol des États-Unis, tome I, ch. IX, p. 249 et 250. [^1375]: Voyage dans l’Amérique méridionale, tome II, ch. XV, p. 319. [^1376]: Azara, tome II, ch. XV, p. 307 et 308. [^1377]: Bougainville, deuxième partie, ch. III, tome II, pag. 50. — Dentrecasteaux, t. I, ch. XIV, p. 319 et 320. — Wallis, t. II, ch. VIII, page 197. — Cook, deuxième Voyage, tome II, chapitre I, pages 82 et 83. [^1378]: Cook, troisième Voyage, tome II, liv. II, chap. V et VII, pages 159 et 178. [^1379]: « Durant ses ébats avec une Zélandaise, dit Forster en parlant d’un des matelots de Cook, une autre Zélandaise lui vola sa jaquette et la donna à un jeune homme de ses compatriotes. Le matelot voulant la lui arracher des mains, reçut plusieurs coups de poing. Il crut d’abord que l’Indien badinait ; mais comme il s’avançait vers le rivage pour rentrer dans la chaloupe, le naturel lui jeta de grosses pierres. Notre matelot, entrant en fureur, redescendit à terre, alla saisir l’agresseur, et, après un combat à la manière anglaise, il le laissa avec un œil noir et le nez tout ensanglanté. » Deuxième Voyage de Cook, tome I, ch. viii, p. 424 et 425. [^1380]: Une expérience récente, faite en Angleterre, a prouvé jusqu’à l’évidence ce que j’avance ici. Un individu a voulu donner au public le spectacle du combat d’un lion, élevé dans une cage, contre des dogues habitués à combattre des bêtes féroces. Le lion quoique doué d’une grande force, a été aussi incapable de se défendre que l’aurait été un mouton : il n’a su faire usage ni de ses griffes ni de ses dents. [^1381]: Dampier, Nouveau voyage autour du Monde, t. II, ch. XVI, p. 140, 141 et 146. [^1382]: Lorsqu’en Angleterre il a été question de modifier ou d’abolir les lois sur la chasse, la meilleure raison qu’aient pu donner les défenseurs de ces lois, pour les maintenir, a été de dire que c’était des rangs des chasseurs que sortaient les meilleurs officiers de l’armée de terre, et d’en appeler, pour attester ce fait, au témoignage de leurs généraux. Ce raisonnement adressé à la population anglaise par la classe privilégiée, revient à ceci : les lois dont vous vous plaignez et qui vous oppriment, sont très utiles pour vous et vous devez les conserver ; car elles nous donnent les moyens, non seulement de vous opprimer vous-mêmes, mais encore d’aller opprimer d’autres nations sur leur propre territoire. Voyez les débats de la chambre des communes de 1825. [^1383]: Un écrivain qui a défendu quelques idées utiles, mais qui ne s’est pas tenu assez en garde contre l’esprit de système, M. Henri de Saint-Simon, a dit que les gouvernements sont toujours ce que les peuples les font, et que lorsqu’une nation a un mauvais gouvernement, c’est à ses propres vices ou à ses préjugés qu’elle doit s’en prendre. Cela peut, en effet, arriver quelquefois ; mais on ne peut en faire une proposition générale, sans contester des faits évidents, et sans arriver à des conséquences fort peu favorables à la liberté et à la morale. Il faut d’abord contester l’influence de la conquête ; il faut soutenir ou que les conquérants les plus barbares sont sortis du sein même des nations qu’ils ont asservies, ou qu’ils ont été les représentants légitimes des peuples qu’ils ont exterminés, ou que le tort a toujours été du côté des vaincus. Il faut soutenir, de plus, que tout homme qui a la force ou l’adresse de se rendre maître du pouvoir, peut se dire avec raison le représentant de la population, quelle que soit d’ailleurs la manière dont il gouverne :
La raison du plus fort est toujours la meilleure.
Il faut admettre, dans ce système, que les Romains, dignes du meilleur des princes sous Marc-Aurèle, furent dignes aussi du plus abominable des tyrans sous Commode, son fils.
La raison du plus fort est toujours la meilleure.
Il faut admettre, dans ce système, que les Romains, dignes du meilleur des princes sous Marc-Aurèle, furent dignes aussi du plus abominable des tyrans sous Commode, son fils. [^1384]: Gibbon’s History of the decline and fall of the roman empire, vol. I, ch. IX, p. 344. — Il n’est pas exact de dire que les nations les plus civilisées de l’Europe moderne sont sorties des forêts de la Germanie. Le pays occupé par les nations aujourd’hui les plus civilisées n’était pas désert à l’époque des invasions des barbares : il renfermait des nations nombreuses, non seulement avant que les Romains l’eussent ravagé, mais avant même qu’ils eussent asservi l’Italie, et qu’ils eussent appris qu’il existait des Germains ; si donc on trouve chez elles les préjugés, les vices, les institutions des barbares de l’ancienne Germanie, il faut en conclure que c’est par les conquérants qu’ils y ont été apportés. Si l’ancienneté des familles sur le sol se mesure par le temps qu’elles y ont demeuré, les descendants des barbares ou ceux qui se sont affiliés à eux, ne sont que de nouveau-venus comparativement aux autres. On n’est pas mieux fondé à considérer les nations civilisées comme étant issues d’eux, qu’on ne serait fondé à considérer les indigènes du Mexique et du Pérou comme les descendants des soldats de Pizarre ou de Cortez. Gibbon est tombé ici dans l’erreur commune à presque tous les historiens : il n’a vu les nations que dans leurs conquérants. [^1385]: Cook, premier Voyage, liv. III, ch. IV, tome IV, pag. 33. — Phillip, ch. XI, p. 124 et 125. [^1386]: Charlevoix, Nouvelle-France, tome III, liv. XIII et XVII, p. 44, 52 et 363. — De Larochefoucault-Liancourt, Voyage aux États-Unis, tome II, p. 109. — Volney, Tableau du climat et du sol des États-Unis, tome II, p. 448 et suivantes. [^1387]: Voyage autour du Monde, tome II, ch. IX, p. 217. [^1388]: Dentrecasteaux, tome I, ch. XXI, p*.* 470 et 471. [^1389]: Il est juste de dire cependant que W. Lawrence, lorsqu’il entre dans l’examen des différences intellectuelles et morales qu’il croit exister entre les diverses races d’hommes, avoue que ses recherches à cet égard n’ont jamais été bien loin, et qu’il va traiter un sujet auquel il est presque étranger. [^1390]: W. Lawrence dit, cependant, qu’on trouve chez l’espèce caucasienne des peuples aussi beaux que les plus beaux des malais, mais qu’on n’y en trouve pas d’aussi misérables ; et il cite en preuve de cette assertion les indigènes de la terre de Van-Diemen et de la Nouvelle-Hollande, qui n’appartiennent pas à l’espèce malaie. Les peuples nègres répandus dans quelques îles de l’océan Pacifique, ne diffèrent pas des malais seulement par leur constitution physique ; ils différent aussi d’eux par le langage. [^1391]: Voyez les gravures jointes à l’ouvrage de W. Lawrence, copiées sur celles données par Blumenbach. [^1392]: Dauxion-Lavaysse, tome I, ch. VI, p. 243 et 244. — Voyez précédemment, tome II, liv. II, ch. VIII, p. 161 et 162. [^1393]: « Les femmes sont en général très belles ; leur tête est surtout admirable ; elles l’ont bien proportionnée. » Krusenstern, tome I, ch. IX, p. 206. — Voyez Fleurieu, Voyage du capitaine Marchand, tome I, ch. II et IX, p. 97 et 206. — Rolin, Voyage de La Pérouse, t. IV, p. 420 ; et supra, t. II, liv. III, ch. VII, p. 142, 143 et 144. [^1394]: Le roi des îles Sandwich et plusieurs de ses courtisans ont visité l’Angleterre en 1824 ; mais personne, je crois, n’a observé qu’ils eussent le cerveau moins développé que les personnages correspondants qui existent chez les peuples européens. Il faut même remarquer que, de tous les peuples d’espèce malaie, ceux des îles Sandwich sont ceux dont on a le moins vanté l’organisation. [^1395]: Voyez Chardin, tome III, ch. XI, p. 303 et 304. — Macartney, Voyage en Chine et en Tartarie, tome III, ch. IV, p. 257. — Barrow, Voyage en Chine, tome I, ch. II, p.78 et 79. — King, troisième Voyage de Cook, tome VIII, liv. VI, ch. VII, pag. 63 et 64. — La Pérouse, tome III, ch. XVIII, XX et XXII, pag. 75, 104, 105, 125, 128 et 193. — Rollin, Voyage de La Pérouse, tome IV, p. 90, 91, 92 et 99. — Thumberg, ch. XIII, p. 411 et 412. [^1396]: M. Alexandre de Humboldt. [^1397]: Plusieurs écrivains ont cru que les peuples de d’espèce américaine n’étaient pas susceptibles d’acquérir le même degré d’intelligence que les peuples des autres espèces ; mais Azara est, je crois, le seul qui ait prétendu qu’ils ne sont pas doués du même degré de sensibilité physique. Cette question du plus ou moins de sensibilité qui appartient à chaque individu ou à chaque espèce, est peut-être une de celles dont la solution est impossible. Les hommes se montrent plus ou moins sensibles à la douleur, selon qu’ils sont habituellement exposés à plus ou moins de dangers. Les sauvages, et les esclaves soumis à des maîtres cruels, paraissent, en général, peu sensibles aux maux qui les affectent, non parce qu’il est dans leur nature de ne pas les sentir, mais parce qu’ils connaissent la douleur et qu’elle est familière à leur imagination. Les enthousiastes et les hommes doués d’une grande force de caractère, s’y montrent également peu sensibles ; mais c’est pour d’autres raisons. Azara dit que les indigènes d’Amérique sont si insensibles qu’ils ne se plaignent pas quand on les tue. Il faut bien admettre, en effet, que leur résignation prouve leur insensibilité, puisque autrement elle prouverait la dureté du régime dont la mort les délivre. [^1398]: Si la question sur le plus ou moins de perfectionnement dont les diverses espèces d’hommes sont susceptibles, n’était qu’une question de vanité, il ne vaudrait pas la peine de s’en occuper. Pour juger des conséquences que peut avoir un faux système à cet égard, on peut voir ce que j’ai dit dans le premier volume de cet ouvrage sur l’influence des sophismes et des faux systèmes.
J’ai dit précédemment (page 439) que les physiologistes qui ont comparé le développement cérébral des peuples d’espèce caucasienne au développement cérébral des peuples des autres espèces, ont comparé des extrêmes opposés ; et j’ai cité les gravures que W. Lawrence a empruntées de Blumenbach. Il suffit, pour être convaincu de cette vérité, de comparer ces gravures à la collection de crânes déposés au cabinet d’anatomie du jardin des plantes.
J’ai dit précédemment (page 439) que les physiologistes qui ont comparé le développement cérébral des peuples d’espèce caucasienne au développement cérébral des peuples des autres espèces, ont comparé des extrêmes opposés ; et j’ai cité les gravures que W. Lawrence a empruntées de Blumenbach. Il suffit, pour être convaincu de cette vérité, de comparer ces gravures à la collection de crânes déposés au cabinet d’anatomie du jardin des plantes. [^1399]: Tous ces arguments en faveur de la supériorité des peuples d’espèce caucasienne, ont été faits par un professeur anglais de beaucoup de mérite, W. Lawrence. On peut les voir dans un ouvrage qu’il a publié depuis peu d’années sous le titre suivant : Lectures on physiology, osteology and the natural history of man, pages 481, 482 et suivantes. [^1400]: On dit que les Indous des hautes castes appartiennent à l’espèce caucasienne : si cela est, en effet, il faudrait en conclure que ce pays a été subjugué par des hommes de la même espèce que les Européens, et que ce sont les conquérants qui ont divisé la population en diverses castes. Or, un tel régime, loin de favoriser les progrès de l’esprit humain, n’est propre qu’à rendre un peuple stationnaire. [^1401]: Il y aurait un moyen d’expliquer comment les espèces dont l’organisation intellectuelle est la meilleure ont été cependant plus reculées que les autres ; comment des nations d’espèce caucasienne et d’espèce malaie, n’ont commencé à faire des progrès que longtemps après que les peuples d’espèce mongole ont été civilisés : ce serait de dire que les espèces n’ont pas toutes été créées à la même époque ; et que celles qui ont reçu la meilleure organisation, n’ont reçu l’existence que longtemps après les autres. Mais ce fait est-il susceptible de preuve ? C’est une question dont je laisse la solution aux savants ; mais aussi longtemps qu’elle ne sera pas résolue, on sera mal fondé à prétendre que les progrès ont été toujours du côté de l’espèce qui avait telle ou telle organisation. [^1402]: Dans un seul encan, César fit mettre en vente soixante-trois mille personnes d’une petite république des Gaules. Il paraît que la vente fut faite en bloc et sans compter, car le vendeur ne fait connaître le nombre d’individus vendus, que sur le rapport des acheteurs. Bell. Gall., lib. II, cap. VII. [^1403]: Les lois anglaises font aux colons un devoir de tenir sur leurs plantations un homme blanc et libre pour chaque vingtaine d’esclaves. [^1404]: Cette observation appartient à Jefferson. [^1405]: On ne peut pas douter que la polygamie ne fût en usage chez les Gaulois, puisque César dit en parlant d’un de leurs chefs, qu’il avait deux femmes, l’une qu’il avait épousée en Germanie, et l’autre dans les Gaules. (Bell. Gall., lib. I, cap. IX.) Il assure ailleurs que, lorsqu’un grand vient à mourir, les parents s’assemblent ; que s’il y a quelques soupçons de mort violente, on donne la question aux femmes, comme on la donnerait à des esclaves, et que, si l’on découvre quelque chose, elles périssent par le feu et dans les plus cruelles tortures*. Ibid.,* lib. VI, cap. IV. Dans la Grande-Bretagne, les mœurs étaient loin d’avoir plus de délicatesse que dans les Gaules : une femme pouvait être commune entre dix ou douze hommes, surtout entre des frères, ou entre un père et ses enfants. Ibid., lib. V, cap. IV. [^1406]: Dans aucune espèce, la polygamie n’a jamais été d’un usage général : c’est un privilège que les chefs ou les plus forts se sont partout réservé. Il est vrai que les princes d’Europe, depuis l’adoption de la religion chrétienne, ont consenti à n’avoir qu’une femme ; tandis que les princes asiatiques et africains sont restés dans l’usage d’en avoir plusieurs. Mais il faut considérer aussi que ceux-ci n’admettent jamais dans leurs cours des femmes qui ne sont pas à eux, comme cela se pratique en Europe. Je laisse à décider à ceux qui ont lu les mémoires des cours, quel est, entre ces deux usages, le plus favorable aux mœurs. [^1407]: César assure que les Gaulois avaient droit de vie et de mort sur leurs femmes et sur leurs enfants : c’est un fait qu’il convertit en droit. Bell.-Gall., lib. VI, ch. IV. [^1408]: Il serait aisé de montrer que les actes par lesquels les gouvernements ont fait un devoir aux parents de nourrir et d’élever leurs enfants, et ceux par lesquels ils ont voulu prohiber l’exposition, ne produisent par eux-mêmes presque aucun effet. Pour nourrir et élever ses enfants, il ne suffit pas d’en avoir l’obligation ; il faut de plus en avoir les moyens, ce qu’un gouvernement ne saurait donner, sans distribuer aux uns ce qu’il aurait ravi aux autres. Voyez le premier volume de cet ouvrage, liv. II, ch. X, p. 433 et suivantes. [^1409]: Depuis l’année 1773 jusqu’en 1777, l’hospice de Paris a reçu 31 951 enfants abandonnés ; sur ce nombre, 21 985 sont morts dans le premier mois, et 3 491 dans le reste de la première année. À la fin de la cinquième année, il n’en restait plus qu’environ un septième. Depuis 1789 jusqu’en 1813, c’est-à-dire dans un espace de vingt-cinq ans, le nombre des enfants abandonnés à Paris s’est élevé à 109 650 ; et, sur ce nombre, il en est mort 39 330 avant que de sortir de l’hospice ; la plupart des autres meurent en nourrice, avant la fin de l’année. À Paris, le nombre des enfants abandonnés est au nombre des naissances à peu près comme un est à trois. On voit qu’à cet égard, nous n’avons rien à reprocher aux Chinois. Voyez le Rapport fait au conseil général des hospices, par un de ses membres, sur l’état des hôpitaux, des hospices et des secours à domicile à Paris, depuis le 1er janvier 1804, jusqu’au 25 janvier 1814, pages 125, 126 et suivantes. [^1410]: La Pérouse, tome II, ch. XV, p. 386 et 390. [^1411]: Macartney, Voyage en Chine et en Tartarie, tome IV, ch. III, p. 198. [^1412]: Larochefoucault, Voyage aux États-Unis, première partie, tome III, p. 235. [^1413]: Ibid., deuxième partie, tome IV, p. 27 et 28. [^1414]: Fearon, 4th report, p. 157 et 158. [^1415]: Larochefoucault, troisième partie, tome VI, p. 61. [^1416]: Robin, Voyage dans la Louisiane, tome III, chap. LXVII, pages 202, 203 et 204. Les esclaves sont, en général, moins corrompus que les maîtres. J’exposerai, dans le livre suivant, les causes de ce phénomène. [^1417]: Les contradictions grossières que je viens de faire observer se retrouvent dans les actions et dans les discussions politiques. Tels Anglais et tels citoyens des États-Unis d’Amérique, qui voient avec une orgueilleuse pitié des écrivains du continent européen soutenir le principe de la légitimité des familles royales, traiteraient de révolutionnaire tout homme qui ne parlerait pas avec un respect suffisant de la légitimité des planteurs. Qu’on demande, par exemple, aux citoyens américains qui ont rendu au général Lafayette des honneurs inconnus jusqu’alors, ce qu’ils penseraient d’un homme qui rendrait à leurs esclaves des services analogues à ceux qu’ils ont eux-mêmes si bien récompensés, et l’on verra à quoi se réduisent leurs principes de morale. Lorsque les grands de Pologne ont été asservis, nous avons été émus de pitié, et nous avons maudit l’injustice de leurs oppresseurs ; mais ces grands tiennent des millions d’hommes dans l’asservissement, et nous n’y voyons rien à dire. On trouve, chez les peuples de l’antiquité, les mêmes inconséquences que chez les modernes : quelle grande et terrible leçon les meurtriers de César donnèrent à leurs propres esclaves ! Il n’y a que les hommes qui admettent une morale et une justice universelles qui puissent, sans inconséquence, honorer les défenseurs de la liberté ou combattre la servitude. [^1418]: Aristote met en quelque sorte l’esclavage sur la même ligne que le mariage : l’un ne lui paraît pas moins nécessaire que l’autre à l’existence d’une famille. Polit., liv. I, ch. IV, V et VI, tome I, p. 6 et de la traduct. de M. Thurot. [^1419]: Les patriciens pouvaient aussi être faits prisonniers, mais ils avaient pour se racheter, des moyens que n’avaient pas les hommes du peuple. S’ils étaient riches, ils payaient une rançon et devenaient libres ; s’ils étaient pauvres, leurs clients étaient dans l’obligation de payer pour eux. Les patriciens étaient donc toujours rachetés ; mais les plébéiens ne l’étaient jamais. Plusieurs de nos écrivains politiques ont vu dans cet abandon des prisonniers plébéiens, les calculs d’une sage et profonde politique de la part des sénateurs romains. Ils auraient mieux jugé les hommes, s’ils n’y avaient vu que l’effet de la dureté, de l’avarice et de l’insolence aristocratiques.
Annibal ayant fait sur les Romains un grand nombre de prisonniers, en fit proposer le rachat au sénat ; mais ce corps refusa de les racheter pour ne pas violer ses anciennes maximes, et surtout par esprit d’économie. Cependant, comme il manquait d’hommes pour se défendre, il acheta huit mille esclaves et leur donna des armes sans leur donner la liberté. Tite-Live, tome VII, p. 393 et 397 de la traduction de Dureau de Lamalle.
Annibal ayant fait sur les Romains un grand nombre de prisonniers, en fit proposer le rachat au sénat ; mais ce corps refusa de les racheter pour ne pas violer ses anciennes maximes, et surtout par esprit d’économie. Cependant, comme il manquait d’hommes pour se défendre, il acheta huit mille esclaves et leur donna des armes sans leur donner la liberté. Tite-Live, tome VII, p. 393 et 397 de la traduction de Dureau de Lamalle. [^1420]: Les prêtres de l’ancienne Rome, qui étaient tirés de la classe aristocratique, encourageaient, par leurs prédictions, les armées au pillage, parce qu’ils avaient part au butin. Tit.-Liv., lib. V, tome III, p. 84 et 101 de la traduction de Dureau de Lamalle. [^1421]: C’est à l’impuissance dans laquelle se trouve un possesseur d’hommes de consommer immédiatement les produits agricoles d’un très grand nombre d’individus, qu’il faut attribuer en grande partie l’hospitalité tant vantée des anciens temps ; comme c’est à la facilité qu’ont les despotes de s’approprier les richesses de leurs sujets, qu’il faut attribuer ce qu’on nomme quelquefois leur générosité. Le très petit nombre des princes qui se sont fait quelque scrupule de s’emparer de force ou frauduleusement du bien des autres, ont toujours été accusés d’avarice : je ne connais à cet égard aucune exception. On accuse aussi les hommes de s’être endurcis et de moins valoir que les anciens, par la raison qu’ils ne prodiguent pas en faveur des premiers venus, ce qu’ils gagnent laborieusement, ou ce qu’ils peuvent dépenser d’une manière plus agréable. [^1422]: On assure que la religion chrétienne condamne l’esclavage ; j’en suis convaincu ; aussi ferai-je voir ailleurs que ceux qui le soutiennent ou qui l’approuvent ne sont pas chrétiens. À l’exception des Quakers, dont la plupart ont affranchi leurs esclaves par principes de religion, il n’est point de sectes se disant chrétiennes qui n’admettent et ne protègent l’esclavage. Les catholiques de France, d’Espagne, de Portugal, font métier d’acheter et de vendre des êtres humains dans leurs colonies ; les reformés d’Hollande, d’Angleterre et des États-Unis se livrent au même commerce ; les catholiques, les reformés, et les peuples du nord de l’Europe, qui suivent le rit grec, ont de nombreux esclaves. [^1423]: Après la prise d’une seule ville gauloise, César en mit cinquante mille en vente. [^1424]: Les lois ne mettaient aucune borne au pouvoir de l’homme ou de la femme qui était une personne, sur l’homme ou la femme qui était une chose ; mais les censeurs et le sénat qui étaient investis d’une autorité en quelque sorte arbitraire, punissaient quelquefois les maîtres qui avaient, sans motifs, exercé sur leurs esclaves des cruautés révoltantes. Ainsi, un sénateur qui, au milieu d’un repas et pour l’amusement d’un convive avec lequel il avait des liaisons criminelles, avait fait couper la tête à un homme, fut jugé de mauvaise compagnie et cessa d’être admis au sénat. Plutarque, Vies de M. Caton et de Flaminius. Voyez Denys d’Halicarnasse, liv. VII, § LXXIII. — Tit.-Liv., tome XIII, p. 325. [^1425]: On trouve, dans les lois romaines, peu de dispositions relatives aux esclaves. La raison en est simple ; étant mis, par une disposition spéciale, au nombre des choses, et la loi ne leur accordant aucune protection, on n’a pas eu à s’occuper d’eux plus que de tout autre objet mobilier. [^1426]: « Sa coutume, dit Plutarque en parlant de M. Caton, était de frapper rudement... montrer un visage terrible à l’ennemi, et user de menaces en lui parlant d’une voix âpre et effroyable : ce qu’il prenait très bien et enseignait très sagement aux autres à le faire ainsi... Au moyen de quoi, ajoute le même historien, M. Caton enseigna à son fils, la grammaire, les lois, l’escrime, non seulement pour lancer le javelot, jouer de l’épée, voltiger, piquer chevaux et manier toutes armes, mais aussi pour combattre à coups de poing, endurer le froid et le chaud, passer à la nage le courant d’une rivière impétueuse et raide. » Plutarque, Vie de Marcus Caton, p. 400 et 414. [^1427]: L’invention de la poudre à canon a établi, en quelque sorte, l’égalité de forces physiques entre tous les hommes, et les exercices gymnastiques ont été négligés. [^1428]: Chez les Européens modernes, les hommes placés dans les rangs aristocratiques ont choisi bien souvent leurs femmes dans les classes industrieuses ; mais ils ont été déterminés dans leurs choix par des considérations de fortune plus que par des considérations de beauté. La polygamie n’étant plus admise, plusieurs ont pensé qu’avec les richesses des unes, ils achèteraient les charmes des autres ; la corruption a ainsi succédé à la violence ; c’est un pas dans la civilisation. L’influence de cette cause, jointe à celle de l’invention de la poudre, a rétabli l’équilibre des avantages physiques entre toutes les classes de la population. [^1429]: Un maître ne pouvait rien donner à son esclave, c’est-à-dire qu’il avait toujours la faculté de reprendre ce qu’il lui avait donné. Dig., lib. XL, tit. I, l. IV, § 1. [^1430]: L’exercice de la lutte était interdit aux esclaves, même sous les empereurs. Dig., lib. IX, tit. II, l. VII, § IV. [^1431]: Il existait chez les Romains une espèce d’esclaves dont les maîtres développaient les forces et l’adresse : c’étaient ceux qui étaient destinés à être gladiateurs. Mais ceux-là étaient tenus enfermés comme des bêtes féroces, jusqu’au moment où ils étaient jetés dans le cirque pour s’y égorger mutuellement, et servir ainsi aux menus plaisirs du peuple roi. Ces esclaves inspiraient une telle terreur à la population qui les dressait pour les faire égorger, que, du temps de César, on rendit une loi pour limiter le nombre de ceux qu’il serait permis d’introduire dans la ville. Deux cents étant une fois parvenus à s’échapper avec leurs armes, se précipitèrent sur tous les individus de la race des maîtres qui se trouvèrent sur leur passage, et leur donnèrent la mort. Il leur fut impossible de se sauver ; mais aucun d’eux ne se laissa prendre vivant. Les combats de gladiateurs n’étaient pas moins agréables aux dames qu’aux hommes. Plutarque, Vie de Sylla, p. 565. — Vie de Crassus, p. 654. [^1432]: Raynal, Hist. phil. [^1433]: Voyez le tome I, liv. II, ch. VIII et IX. [^1434]: Il suit de là que les qualités militaires sont d’un genre neutre, et que la qualification qu’on doit leur donner dépend des dispositions morales qui en dirigent l’emploi : elles sont un perfectionnement quand elles ont pour but la défense, la conservation ou la liberté ; elles sont une dégradation quand elles ont pour but la conquête, la tyrannie ou la destruction. [^1435]: La Morale et la Politique d’Aristote, liv. VII, chap. VII, tome II, p. 458 et 459 de la traduction de M. Thurot. [^1436]: Aristote, Ibid., ch. IX, p. 465. [^1437]: Plutarque, Vie de Marcellus. [^1438]: Denys d’Halicarnasse, liv. II, § XXVIII. [^1439]: Ibid., liv. IV, § XIII. [^1440]: Plutarque, Vie de Caton. [^1441]: Plutarque, Vie des Gracques. [^1442]: Denys d’Halicarnasse, liv. VI, § LIII, tome II, p. 53. — L’historien qui rapporte ce discours, parle de Menenius comme du plus sage des sénateurs. [^1443]: Suétone, Vie d’Auguste, § II et III, p. 221 et 225. [^1444]: Denys d’Halicarnasse, liv. IX, § XXV, tome II, page 322. L’aristocratie avait un intérêt particulier à renforcer le préjugé que crée l’esclavage contre l’exercice de toute industrie utile : elle prenait à ferme les terres conquises par la république, et les faisait cultiver par ses esclaves ; elle faisait aussi exercer par ses esclaves les arts et le commerce ; de sorte qu’elle concourait à avilir tous les travaux productifs, afin de mieux s’en assurer les profits. Lorsque les terres conquises excédaient ce qu’il était possible de faire cultiver par des esclaves, l’aristocratie refusait de les distribuer au peuple et les laissait incultes ; par ce moyen, elle s’assurait le monopole de la vente des grains. Plutarque, Vie des Gracques. — Denys d’Halicarnasse, liv. IX, § LI et LII, et liv. X, § XXXV. — Voyez Tit.-Liv., passim. [^1445]: Plutarque, Vie de M. Caton. [^1446]: Plutarque, Vie de M. Caton, pag. 402. — Chez les peuples d’Afrique où les Européens ont établi l’usage d’acheter et de vendre des êtres humains, la profession la plus noble est celle qui consiste à faire le commerce des hommes : l’aristocratie des nègres ne juge pas autrement que l’aristocratie romaine. Voyez supra, tome II, liv. III, ch. XXVII. [^1447]: Barrow, Nouveau voyage dans la partie méridionale de l’Afrique, tome I, ch. I, p. 98 et 99. [^1448]: Barrow*, ibid.,* pages 35 et 36 de l’introduction. [^1449]: Barrow, Nouveau voyage dans la partie méridionale de l’Afrique, tome II, ch. V, p. 132. [^1450]: Barrow, Voyage dans la partie méridionale de l’Afrique, tome II, ch. V, p. 132. [^1451]: Barrow, tome I, p. 35 et 36 de l’introduction. [^1452]: Voyez* supra*, tome III, liv. III, ch. III. p. 28. [^1453]: Stedmann, Voyage à Surinam, tome III, ch. XXIX, p. 184 et 185. [^1454]: Macartney, Voyage en Chine et en Tartarie, tome IV, ch. III, page 197. [^1455]: Weld, Voyage au Canada, tome I, ch. XI et XVIII, pag. 172 et 278. — Larochefoucault-Liancourt, Voyage aux États-Unis, troisième partie, tome VI, p. 84. — Michaux, Voyage à l’ouest des monts Alleghanys, ch. XXXII, p. 304 et 305. — Robin, Voyage dans la Louisiane, tome II, ch. XXXVII, p. 113. [^1456]: Voyage aux États-Unis, deuxième partie, tome IV, pag. 59, 172, 99 et 100. [^1457]: M. de Larochefoucault-Liancourt, Voyage aux États-Unis, troisième partie, t. VI, p. 84. — Robin, Voyage dans la Louisiane, tome II, ch. XLVII, p. 245. [^1458]: Vie de Marcellus. [^1459]: Plutarque, Vie de Marcellus, p. 365. [^1460]: Denys d’Halicarnasse, liv. III, § LIII et LXVII ; liv. IV, § LIX, tome I, p. 255 et 329. [^1461]: Plutarque, Vie de Publicola, p. 120. [^1462]: Barrow, Voyage dans la partie méridionale de l’Afrique, tome II, ch. V, p. 202. [^1463]: Levaillant, premier Voyage, tome I, p. 14 et 15. [^1464]: Barrow, Voyage dans la partie méridionale de l’Afrique, tome II, ch. V, p. 141, 190 et 191. [^1465]: Robin, Voyage dans la Louisiane, t. II, ch. XXXVII, p. 119. [^1466]: Depons, tome III, ch. X, p. 11 et 99. — Dauxion-Lavaysse, tome II, ch. VI, p. 147. [^1467]: Thiery, De la culture du nopal, etc., tome I, p. 59 et 60. [^1468]: De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, livre V, ch. XV, tome V, p. 152 et 155. — L’Amérique méridionale a éprouvé deux révolutions qui en changeront la face en peu d’années : la première est la conquête de son indépendance ; la seconde, l’abolition de l’esclavage dans une grande partie des pays. [^1469]: Si l’on s’en rapporte au témoignage des voyageurs, il ne paraît pas que les Anglo-Américains se donnent beaucoup de peine pour développer leur intelligence. « I have not seen a book, dit Fearon, in the hands of any person since I left Philadelphia. » Sketches of America, 5th report, p 252, 290 et 293. [^1470]: Barrow, Voyage dans la partie méridionale de l’Afrique, tome II, ch. V, p. 208, 209, 214 et 215. — Les médecins du Cap, en 1772, ignoraient encore l’usage de la vaccine. Thumberg, Voyage en Afrique, ch. II, p. 34. [^1471]: Larochefoucault, Voyage aux États-Unis, deuxième partie, tome IV, p. 63, 228, 229 et 230. [^1472]: Larochefoucault, Voyage aux États-Unis, deuxième partie, tome IV, p. 62 et 63. [^1473]: Ibid., page 65. — Michaux, Voyage à l’ouest des monts Alleghanys, ch. XXXI, p. 294 et 295. [^1474]: Michaux, Voyage à l’ouest des monts Alleghanys, ch. I, pages 9 et 10. [^1475]: Voyez le chap*. de l’influence de l’esclavage sur les richesses.* [^1476]: Robin, Voyage dans la Louisiane, tome III, chap. LXVII, pages 181 et 182. [^1477]: Robin, Voyage dans la Louisiane, tome III, chap. LXVIII, page 197. [^1478]: Plutarque, Vie de M. Caton. [^1479]: Voyez les débats de la chambre des communes d’Angleterre, du 23 juin 1825.
C’est encore ici un des effets de l’esclavage qu’il importe de faire remarquer. L’application des organes à la création d’un ouvrage utile, est pour un maître un acte avilissant, c’est un acte réservé à la population esclave ; mais l’application des mêmes organes à la destruction d’un tel ouvrage, est au contraire un acte noble, quand cette destruction n’a pas pour but une plus grande utilité. Cette manière de juger est commune à presque tous les hommes qui sont ou qui se prétendent issus d’une race de maîtres, ou qui se sont affiliés à eux. Tel gentilhomme ou tel général qui se croirait déshonoré pour le reste de sa vie, s’il appliquait ses mains à exercer une industrie ou un commerce quelconque, croirait avoir illustré sa postérité s’il pouvait lui transmettre la preuve qu’il a incendié de ses propres mains une ville industrieuse et commerçante. Le chef-d’œuvre de M. Caton, au jugement de ses compatriotes et de Plutarque son historien, fut la destruction de Carthage.
C’est encore ici un des effets de l’esclavage qu’il importe de faire remarquer. L’application des organes à la création d’un ouvrage utile, est pour un maître un acte avilissant, c’est un acte réservé à la population esclave ; mais l’application des mêmes organes à la destruction d’un tel ouvrage, est au contraire un acte noble, quand cette destruction n’a pas pour but une plus grande utilité. Cette manière de juger est commune à presque tous les hommes qui sont ou qui se prétendent issus d’une race de maîtres, ou qui se sont affiliés à eux. Tel gentilhomme ou tel général qui se croirait déshonoré pour le reste de sa vie, s’il appliquait ses mains à exercer une industrie ou un commerce quelconque, croirait avoir illustré sa postérité s’il pouvait lui transmettre la preuve qu’il a incendié de ses propres mains une ville industrieuse et commerçante. Le chef-d’œuvre de M. Caton, au jugement de ses compatriotes et de Plutarque son historien, fut la destruction de Carthage. [^1480]: Voyage dans la Louisiane, tome III, ch. LXVII, p. 180 et 181. [^1481]: Voyage dans la Louisiane, tome III, ch. LXVII, p. 182 et 183. — Il est, dans quelques pays et particulièrement au cap de Bonne-Espérance, des esclaves qui doivent être un peu moins mal habiles que les autres : ce sont ceux qui paient par semaine à leurs maîtres une somme déterminée, et qui jouissent, sous cette condition, de la faculté d’employer leur temps comme il leur plaît. Ceux-là doivent être moins misérables que les autres ; on peut dire même que si un tel état leur était garanti, et si la somme qu’on exige d’eux était invariable pour eux et pour leur postérité, en peu de temps la position de la plupart d’entre eux serait de beaucoup préférable à celle des peuples qui se croient libres et qui se voient arracher annuellement, sous le nom d’impôts, la moitié de leurs revenus. Si Guillaume-le-Conquérant, par exemple, s’était déclaré propriétaire légitime de tous les hommes qui habitaient le sol de l’Angleterre ; s’il les avait soumis à la même obligation à laquelle plusieurs colons soumettent leurs noirs ; et si lui ni ses successeurs n’avaient jamais augmenté cette obligation, n’est-il pas évident que les plus pauvres seraient aujourd’hui moins imposés qu’ils ne le sont ; que la plus grande partie de la population serait depuis longtemps devenue assez riche pour se racheter, et qu’elle n’appartiendrait plus qu’à elle-même ? Mais les domaines de la couronne sont inaliénables ! [^1482]: Larochefoucault, deuxième partie, tome IV, pag. 87 et 88, tome V, p. 76, 77 et 78 ; troisième partie, tome VI, p. 86 et 198 ; et tome VII, p. 54. [^1483]: Larochefoucault, Voyage aux États-Unis, deuxième partie, tome IV, p. 293 et 294, et troisième partie, tome VI, p. 75. [^1484]: Ibid., deuxième partie, tome IV, p. 87, et troisième partie, tome VI, p. 290 et 201. [^1485]: Denys d’Halicarnasse, liv, II, § IX, et liv. IV, § XIII, tome I, pages 106 et 279. [^1486]: Denys d’Halicarnasse, liv. IX, § XXV, tome II, p. 322. — À la fin de la république, le nombre d’individus qui recevaient dans Rome des distributions gratuites en blé, s’élevait à 320 000. Suivant Suétone, César réduisit ce nombre de près de moitié. (Suét. cap. XLI.) Deux causes fort étrangères au développement de l’industrie expliquent cette réduction. La première est le nombre immense de Romains tués dans les guerres civiles qui eurent lieu à la fin de la république. Le dernier dénombrement qui avait été fait avant ces guerres, avait porté le nombre des citoyens à 320 000 ; celui qui eut lieu quand elles furent terminées, ne porta ce nombre qu’à 150 000. (Plutarque, Vie de César, p. 888.) La seconde cause de la réduction des distributions gratuites, fut la déportation d’un nombre immense de familles pauvres dans les villes dont la guerre avait moissonné les habitants : c’est au moyen de semblables déportations que l’aristocratie formait des colonies. [^1487]: Denys d’Halicarnasse, liv. VI, § XXVI et XXIX. [^1488]: Plutarque, Vie des Gracchus, p. 995. — Voyez Denys d’Halicarnasse, liv. X, § XXXVII, tome II, p. 424. [^1489]: Denys d’Halicarnasse, liv. VI, § XXXVI, tome II, p. 36. [^1490]: Suétone, Vie de César, ch. XLII, p. 139. — Plutarque, Vie de César. [^1491]: Non seulement il résulte du témoignage direct des historiens, que la classe de la population qui n’appartenait ni à la classe des maîtres ni à celle des esclaves, était excessivement misérable ; mais il eût été difficile qu’elle ne le fut pas, lorsqu’on voit que l’aristocratie possédait tout à la fois de grands capitaux et une multitude de bras pour les faire valoir. Crassus avait, selon le témoignage de Plutarque, cinq cents esclaves qui étaient tous maçons, charpentiers ou architectes. Il en avait, de plus, un très grand nombre qui labouraient ses terres ou travaillaient à ses mines. « Mais, ajoute l’historien, son plus grand revenu venait de ses esclaves qui étaient lecteurs, écrivains, orfèvres, argentiers, receveurs, maîtres d’hôtel, écuyers tranchants et autres officiers de table. » (Plut., Vie de Crassus.) Si tous ces arts ou tous ces métiers étaient exercés par des esclaves au profit de l’aristocratie, et si de plus elle avait la possession de toutes les terres qu’elle faisait cultiver par ses esclaves, quelles étaient les ressources qui pouvaient rester aux plébéiens ? En voyant de tels phénomènes, on conçoit fort bien pourquoi l’aristocratie prenait tant de peine pour avilir les occupations industrielles, et les faire déclarer indignes des hommes libres : c’était le moyen de s’en assurer le monopole, par les mains de ses esclaves. [^1492]: Th. Jefferson est, je crois, le seul qui se soit permis de publier quelques observations sur les effets moraux de l’esclavage domestique. [^1493]: Les écrivains politiques qui ont cherché à expliquer la décadence des arts, du goût, des mœurs et même du langage chez les anciens, se sont livrés aux suppositions les plus bizarres : ils ont supposé qu’il était dans la destinée des nations, comme dans celle des individus, d’avoir leur enfance, leur virilité, leur vieillesse et leur mort, et avec cette supposition ils ont expliqué toutes les révolutions du monde ; mais aucun ne s’est avisé de rechercher en quoi l’esclavage avait contribué à cette décadence. Machiavel, dans ses discours sur Tite-Live, ne dit pas un seul mot qui puisse faire supposer qu’il a jamais songé aux effets de l’esclavage. Montesquieu ne s’en occupa pas beaucoup plus. Rousseau, si zélé défenseur de la liberté politique, était si loin de soupçonner les effets que la servitude domestique produit, qu’il a fait, en quelque sorte, de celle-ci la condition de celle-là. [^1494]: Vescendi causâ, dit Salluste, terrâ marique omnia exquirêre. Cat. XIII. — La capacité de leur estomac ne répondant pas à leur voracité, plusieurs se faisaient vomir avant ou après le repas pour manger plus longtemps et plus copieusement. Cicéron dit en parlant de César: Post cœnam, vomere volebat, ideòque largiùs edebat. [^1495]: Voyez Plutarque, Vies de Sylla, de Lucullus, de César et surtout d’Antoine ; voyez aussi la description que donne des repas romains A. Adam, Roman antiquities. [^1496]: « Les Romains, dit Plutarque, ayant appris des Grecs à se baigner nus avec les hommes, ils leur ont maintenant en récompense enseigné à se dépouiller et se baigner nus avec les femmes. » Vie de M. Caton, p. 414. — On pourrait croire, d’après ce passage, que les anciens Romains étaient de rigoureux observateurs des lois de la décence ; mais on se tromperait si l’on se formait d’eux une telle opinion ; je n’en veux pas d’autres preuves que l’usage des prêtres de conduire dans un lieu secret les vestales coupables de quelque faute, et de les fouetter eux-mêmes après les avoir mises à nu. Plutarque, Vie de Numa, p. 79. — La fidélité conjugale de la part des maris était une vertu peu commune :
Quis minùs vir unâ uxore contentus siet ?
PLAUT, Mercator, act. IV, scen. VIII.
Quis minùs vir unâ uxore contentus siet ?
PLAUT, Mercator, act. IV, scen. VIII. [^1497]: Les poètes ont suppléé au silence des historiens. Voyez les comédies de Plaute et de Térence. [^1498]: Tite-Live, liv. VIII, tome IV, page 83 de la traduction. — Il est impossible de ne pas reconnaître à ces crimes les effets des fureurs de la jalousie des femmes, qu’avaient pour elles les riches possesseurs d’esclaves. Il est bon d’ajouter que ce fait rapporté par Tite-Live, s’est passé dans les plus beaux temps de la république. Qu’on juge d’après cela quelles durent être les mœurs, lorsque les conquêtes eurent amené à Rome, en qualité d’esclaves, des populations entières de toutes les parties du monde alors connu. À Rome, même du temps de Justinien et, par conséquent, bien longtemps après l’adoption du christianisme, non seulement le concubinage n’était pas considéré comme immoral, mais les lois elles-mêmes déclaraient qu’il ne l’était pas. Dig., lib. XXIII, tit. II, l. VIII, et lib. XXIV, tit. VII. Voyez tout ce dernier titre. [^1499]: Voyez Plutarque, Vies de Lucullus, de Pompée, de César, de Caton, de Cicéron et d’Antoine, pag. 618, 764, 768, 781, 863, 931, 1051 et 1106. — Denys d’Halicarnasse, liv. IV, § XXIV, tome I, p. 291. — Suétone, Vie de César. — On verra bientôt comment l’inceste et l’adultère sont des conséquences naturelles de l’esclavage. [^1500]: Tit.-Liv., an de Rome 539, tome VIII, page 273 de la traduction de Dureau de Lamalle. [^1501]: Tit.-Liv., tome XIII, p. 251. [^1502]: Ce fut principalement pour satisfaire les goûts de cette populace, dont l’aristocratie formait incontestablement la portion la plus dégradée, que César saisit toutes les occasions d’attaquer des nations innocentes, et même des alliés des Romains ; qu’il livra au pillage les villes et les temples ; qu’il réduisit en servitude une multitude de personnes industrieuses et libres, et vendit jusqu’à des royaumes. Suet., Vie de César, ch. XXIV et LIV, p. 107 et suivantes. [^1503]: Dio., lib. XLVIII, § XV. [^1504]: Si un voyageur nous racontait d’un prince barbaresque ou d’un despote asiatique une série de faits tels que ceux que l’histoire attribue à Trajan, nous le considérerions comme le plus féroce et le plus horrible de tyrans ; mais ces faits furent commandés par un homme qui parlait latin ; ils furent ordonnés pour l’amusement des maîtres ; ils furent exécutés sur des hommes que la force avait asservis, et par conséquent celui qui les ordonna est un héros. Nos poètes le mettent sur nos théâtres, et le beau monde va l’applaudir. [^1505]: Les esclaves pris à la guerre étaient toujours chargés de chaînes, soit qu’ils fussent attachés à la porte de la maison de leurs maîtres comme des bêtes féroces, soit qu’ils fussent chargés de la culture des champs. [^1506]: Tac. Ann., lib. XIV, cap. XLIII. [^1507]: Il résulte, au contraire, d’un passage de Plaute, que les femmes étaient mises en croix comme les hommes :
Continuo herclè ego te dedam discipulam cruci.
Aulularia, act. I, scen. II.
On n’a cessé de faire périr les esclaves en les clouant sur une croix, que lorsque les empereurs romains ont eu adopté la religion chrétienne ; et qu’il y a de remarquable dans l’abolition de cet horrible supplice, c’est qu’elle a été amenée, non par un sentiment d’humanité envers les hommes asservis, mais à cause, au contraire, du mépris excessif qu’on avait pour eux ; on les a jugés indignes de mourir du même genre de mort que le fondateur de la religion du prince.
Il paraît que les Romains, après avoir cloué vivant un esclave sur une croix, ne l’en détachaient plus, et le laissaient là jusqu’à qu’il tombât en lambeaux. Cela me parait d’autant plus vraisemblable qu’ils n’ensevelissaient jamais les cadavres des ennemis restés sur le champ de bataille. Ces deux causes réunies étaient plus que suffisantes pour infecter le pays ; aussi fut-il attaqué de la peste presque aussi régulièrement que la Turquie l’est de nos jours. L’histoire de Tite-Live constate qu’elle se manifesta onze fois dans le cours d’un siècle ; savoir : dans les années 288, 300, 320, 322, 327, 344, 356, 363, 367, 371 et 391 de la fondation de Rome. Lorsque ce peuple barbare était infecté de la peste, il n’en recherchait pas plus les causes, et ne prenait pas plus de précautions que les Turcs ; mais il chassait les savants et faisait des processions.
Continuo herclè ego te dedam discipulam cruci.
Aulularia, act. I, scen. II.
On n’a cessé de faire périr les esclaves en les clouant sur une croix, que lorsque les empereurs romains ont eu adopté la religion chrétienne ; et qu’il y a de remarquable dans l’abolition de cet horrible supplice, c’est qu’elle a été amenée, non par un sentiment d’humanité envers les hommes asservis, mais à cause, au contraire, du mépris excessif qu’on avait pour eux ; on les a jugés indignes de mourir du même genre de mort que le fondateur de la religion du prince.
Il paraît que les Romains, après avoir cloué vivant un esclave sur une croix, ne l’en détachaient plus, et le laissaient là jusqu’à qu’il tombât en lambeaux. Cela me parait d’autant plus vraisemblable qu’ils n’ensevelissaient jamais les cadavres des ennemis restés sur le champ de bataille. Ces deux causes réunies étaient plus que suffisantes pour infecter le pays ; aussi fut-il attaqué de la peste presque aussi régulièrement que la Turquie l’est de nos jours. L’histoire de Tite-Live constate qu’elle se manifesta onze fois dans le cours d’un siècle ; savoir : dans les années 288, 300, 320, 322, 327, 344, 356, 363, 367, 371 et 391 de la fondation de Rome. Lorsque ce peuple barbare était infecté de la peste, il n’en recherchait pas plus les causes, et ne prenait pas plus de précautions que les Turcs ; mais il chassait les savants et faisait des processions. [^1508]: Les patriciens ne pouvaient jamais tomber dans l’esclavage de leurs créanciers, leurs clients plébéiens étant dans l’obligation de payer leurs dettes. Si l’on ajoute à cette circonstance que la plupart des créanciers appartenaient à l’aristocratie, on comprendra comment les lois contre les débiteurs insolvables furent toujours si cruelles. [^1509]: Ceci explique la politique du sénat de ne jamais échanger ni racheter les prisonniers : les membres de l’aristocratie étaient rachetés par les plébéiens ; mais les plébéiens n’étaient rachetés par personne. [^1510]: Denys d’Halicarnasse, livre XI, paragraphe 30, t. II, p. 487. — Les aristocraties modernes ont été moins habiles que l’aristocratie romaine : elles ont souvent, comme celle-ci, absorbé les richesses des hommes qu’elles considéraient comme avilis, mais ce n’a été qu’en s’alliant à eux. Pour avoir la dot, il a fallu épouser la femme ; un patricien romain laissait la femme et prenait la dot. Par ce moyen, il maintenait la splendeur de sa race sans en souiller la pureté. J.-J. Rousseau a regretté que cette institution antique des patrons et des clients n’ai point passé jusqu’à nous. [^1511]: Je n’ignore pas que j’attaque ici un préjugé fort répandu : il n’est pas de jeune homme sortant du collège, il n’est pas d’écolier à barbe grise, qui ne parlent avec une imperturbable assurance, de la bonne foi romaine et de la perfidie carthaginoise. Nous ne connaissons point d’histoire de Carthage écrite par des hommes de cette nation, ou par des juges impartiaux ; et les Romains, avant la destruction de leur république, n’allaient guère chez les nations étrangères, si ce n’est pour savoir ce qu’il y avait à piller et pour y exercer leurs rapines. Il nous serait difficile, par conséquent, de dire quelles furent les mœurs des Carthaginois ; nous savons seulement qu’ils étaient un peuple très actif et très laborieux ; qu’ils réparaient par leur industrie et par leur commerce les ravages qu’avait produits la guerre, et que, pour vivre dans l’abondance, ils n’avaient besoin de tromper personne. Mais, pour connaître les mœurs des Romains, il n’est pas nécessaire de recourir à des inductions : il suffit de lire leur histoire, non telle que l’ont faite la plupart des écrivains modernes, mais telle que nous l’ont transmise leurs propres historiens ou les historiens grecs. « On voit que les Romains, même dans les commencements de leur empire, dit Machiavel, ont mis en usage la mauvaise foi. Elle est toujours nécessaire à quiconque veut d’un état médiocre s’élever aux plus grands pouvoirs ; elle est d’autant moins blâmable qu’elle est plus couverte, comme fut celle des Romains. » Discours sur Tite-Live, liv. II, ch. XIII. [^1512]: Denys d’Halicarnasse, liv. VI, ch. V, tome II, p.51. [^1513]: Il est une vertu qui a fait pardonner aux Romains les vices nombreux dont l’histoire a constaté l’existence : c’est le patriotisme ; à l’approche de l’ennemi, les dissensions s’apaisaient, les partis se réunissaient dans l’intérêt du salut commun ; dans le moment du danger, des généraux se dévouaient à une mort certaine, pour assurer la victoire à leur armée ; on honorait par des récompenses éclatantes les généraux qui revenaient victorieux ; un citoyen accusé d’un crime capital avait la faculté d’échapper au dernier supplice en s’exilant de son pays, de sorte que la perte de la patrie était mise au niveau de la peine de mort.
Il n’y a dans tout cela rien d’extraordinaire, rien qu’on ne vît chez quelque peuple que ce soit, qui serait placé dans les mêmes circonstances. Chez les peuples de cet âge, la défaite ne livrait pas seulement l’armée vaincue à la discrétion du vainqueur, elle livrait à l’esclavage chacun des membres de la famille ; s’ils étaient pris, ils étaient dispersés et vendus comme un vil troupeau, sans qu’ils pussent avoir l’espérance de se revoir. Un soldat était donc dans l’alternative de vaincre ou de voir tomber au rang des choses son père, sa mère, sa femme, ses fils, ses filles ; c’est là, suivant Denys d’Halicarnasse, le secret du patriotisme des Romains (liv. VI, § VII, tome II, p. 7.) C’est sur des causes analogues qu’est fondé le patriotisme des sauvages. La faculté laissée aux accusés de crimes capitaux, de s’exiler avant le jugement, est expliquée par l’état de la législation. Un Romain qui passait chez un peuple étranger, était, par ce seul fait, considéré comme ayant cessé d’exister ; il perdait sa femme, ses enfants, ses biens ; il était au-dessous de ce qu’est chez les modernes un individu mort civilement : renoncer à sa patrie c’était renoncer à tout ce qui pouvait rendre la vie supportable.
Il n’y a dans tout cela rien d’extraordinaire, rien qu’on ne vît chez quelque peuple que ce soit, qui serait placé dans les mêmes circonstances. Chez les peuples de cet âge, la défaite ne livrait pas seulement l’armée vaincue à la discrétion du vainqueur, elle livrait à l’esclavage chacun des membres de la famille ; s’ils étaient pris, ils étaient dispersés et vendus comme un vil troupeau, sans qu’ils pussent avoir l’espérance de se revoir. Un soldat était donc dans l’alternative de vaincre ou de voir tomber au rang des choses son père, sa mère, sa femme, ses fils, ses filles ; c’est là, suivant Denys d’Halicarnasse, le secret du patriotisme des Romains (liv. VI, § VII, tome II, p. 7.) C’est sur des causes analogues qu’est fondé le patriotisme des sauvages. La faculté laissée aux accusés de crimes capitaux, de s’exiler avant le jugement, est expliquée par l’état de la législation. Un Romain qui passait chez un peuple étranger, était, par ce seul fait, considéré comme ayant cessé d’exister ; il perdait sa femme, ses enfants, ses biens ; il était au-dessous de ce qu’est chez les modernes un individu mort civilement : renoncer à sa patrie c’était renoncer à tout ce qui pouvait rendre la vie supportable. [^1514]: Barrow, Nouveau voyage, tome II, ch. V, p. 200 et 201. [^1515]: Barrow, Nouveau voyage dans la partie méridionale de l’Afrique, tome I, ch. I, pag. 130 et 131. — Levaillant, deuxième Voyage, tome I, p. 46 et 47. [^1516]: Barrow*, ibid.,* tome I, ch. I, p. 96 et 97, et tome II, ch. V, page 172. [^1517]: Barrow*, ibid.,* tome I, ch. I, p. 131 et 132. [^1518]: Levaillant, premier Voyage, tome I, p. 76. [^1519]: Barrow*, ibid*., tome I, ch. I, p. 130. [^1520]: Barrow*, ibid.,* tome I, ch. I, p. 128. [^1521]: Levaillant, premier Voyage, tome I, p. 76. — Les femmes des possesseurs d’esclaves dans les colonies, ont un frein que n’avaient pas les femmes romaines : elles ne pourraient se lier avec leurs esclaves sans que les enfants qui naîtraient de ces liaisons portassent les marques de leur incontinence. [^1522]: Barrow*, ibid.,* tome I, ch. I, p. 136, 137 et 138. [^1523]: Barrow*, ibid.,* tome I, ch. I, p. 136. [^1524]: Sparrman, Voyage au cap de Bonne-Espérance, tome III, ch. XVI, p. 264 et 265. — Les premiers objets qui attireront les regards de Sparrman, en arrivant au cap de Bonne-Espérance, furent des roues et des gibets, et sept individus qui avaient été pendus ou rompus le même jour. (Tome I, ch. II, sect. IV, p. 72 et 73.) Ce qui frappa d’abord Levaillant, ce fut une multitude d’esclaves blancs. Celui-là put juger au premier aspect de la cruauté des maîtres ; celui-ci de leur immoralité. [^1525]: Barrow*, ibid.,* tome I, ch. I, p. 121 et 142. [^1526]: Barrow, tome I, ch. I, p. 122 et 123. [^1527]: Ibid., tome I, ch. I, p. 171. [^1528]: Levaillant, premier Voyage, tome I, p. 77. — Thumberg, Voyage en Afrique, etc., ch. II, p. 18. [^1529]: Barrow*, ibid.,* tome I, ch. I, p. 138 et 139. [^1530]: Thumberg, ch. II, p. 28. — Barrow, ibid., tome I, ch. I, page 138. [^1531]: Sparrman, tome III, ch. XVI, p. 264, 265 et 266. — Barrow, ibid., tome I, ch. I, p. 52. [^1532]: Barrow*, ibid.,* tome I, ch. I, p. 52. — Les colons ne sont pas moins cruels envers leurs animaux domestiques qu’envers leurs esclaves ; mais le tableau de leurs mœurs est déjà si horrible que je dois éviter de le charger. [^1533]: Barrow*, ibid., tome I, chap. I, page 130. Il est sans exemple qu’un étranger, plaidant au Cap contre un colon, ait gagné son procès. [^1534]: Barrow, ibid.,* tome I, ch. I, p. 132 et 133. [^1535]: Levaillant, deuxième Voyage, tome I, p. 46 et 50. — Raynal a peint avec les plus brillantes couleurs la candeur, la simplicité, la bonté, l’innocence des colons du cap de Bonne-Espérance ; son imagination a fait souvent les frais de ses tableaux. Histoire philosoph. des deux Indes, tome I, liv. II, p. 408 et 409. [^1536]: Des maîtres de poste anglais trouvent qu’il est plus économique d’épuiser en peu d’années un bon cheval et de le remplacer ensuite, que de n’en exiger qu’un travail modéré et de le bien nourrir pour le faire durer plus longtemps : c’est le calcul que font les possesseurs d’hommes dans les colonies. [^1537]: Stedman, Voyage à Surinam et dans l’intérieur de la Guyane, tome II, ch. XVIII, p. 209 et 215. [^1538]: Stedman, tome II, ch. XIII, p. 19, 20 et 21. — Voyez aussi les p. 31 et 32 du même volume, et le tome I, ch. IX, p. 266 et 267. [^1539]: Voyage à Surinam, tome II, ch. XVII, p. 216. [^1540]: Ibid., tome I, ch. VI, p. 160. [^1541]: Ibid., passim. [^1542]: Voyage à Surinam, tome II, ch. XVII, p*.* 190 et 171, et t. III, ch. XXVII, p. 101 et 102. [^1543]: Il n’y a que les sentiments de l’orgueil offensé et de la jalousie qui puissent expliquer les cruautés commises par les femmes des colons sur les enfants de leurs femmes esclaves. Stedman rapporte que la femme d’un colon, sur les représentations que se permirent quelques-uns de ses esclaves au sujet d’un excès auquel l’avait entraînée sa jalousie, brisa le crâne à un enfant qui se trouvait là ; mais il était ce qu’on nomme quarteronné, c’est-à-dire fils d’une mulâtre et d’un blanc. Elle fit aussi couper la tête à deux enfants nègres qui avaient voulu s’opposer au meurtre ; mais ces deux enfants appartenaient à la même famille. Voici quelles furent, au rapport de Stedman, les conséquences de ces trois meurtres :
« Lorsqu’elle (la maîtresse) eut quitté la plantation les deux têtes furent enveloppées dans un mouchoir de soie et portées par leurs parents à Paramaribo, où ils les déposèrent aux pieds du gouverneur, à qui ils adressèrent le discours suivant :
« Votre excellence, voici la tête de mon fils et voici celle de son frère, que notre maîtresse a fait couper parce qu’ils avaient voulu prévenir un des meurtres qu’elle commet journellement. Nous savons bien qu’étant esclaves, on ne reçoit pas notre déposition ; mais si ces têtes sanglantes paraissent une preuve suffisante de ce que nous disons, nous supplions qu’on empêche le renouvellement de pareilles atrocités ; nous en serons à jamais reconnaissants, et nous verserons avec plaisir notre sang pour la conservation de notre maître, de notre maîtresse et de la colonie. »
« On répondit à ces malheureux qu’ils étaient des menteurs, et qu’on les condamnait à être fustigés dans toutes les rues de Paramaribo. Cette sentence inique fut exécutée avec la plus grande cruauté. » Voyage à Surinam, tome II, ch. XVII, p. 170 et 172. — Voyez aussi sur les jalousies des femmes et sur les crimes qui en sont les conséquences, le tome I, ch. VI et IX, p. 166, 167, 266 et 267.
« Lorsqu’elle (la maîtresse) eut quitté la plantation les deux têtes furent enveloppées dans un mouchoir de soie et portées par leurs parents à Paramaribo, où ils les déposèrent aux pieds du gouverneur, à qui ils adressèrent le discours suivant :
« Votre excellence, voici la tête de mon fils et voici celle de son frère, que notre maîtresse a fait couper parce qu’ils avaient voulu prévenir un des meurtres qu’elle commet journellement. Nous savons bien qu’étant esclaves, on ne reçoit pas notre déposition ; mais si ces têtes sanglantes paraissent une preuve suffisante de ce que nous disons, nous supplions qu’on empêche le renouvellement de pareilles atrocités ; nous en serons à jamais reconnaissants, et nous verserons avec plaisir notre sang pour la conservation de notre maître, de notre maîtresse et de la colonie. »
« On répondit à ces malheureux qu’ils étaient des menteurs, et qu’on les condamnait à être fustigés dans toutes les rues de Paramaribo. Cette sentence inique fut exécutée avec la plus grande cruauté. » Voyage à Surinam, tome II, ch. XVII, p. 170 et 172. — Voyez aussi sur les jalousies des femmes et sur les crimes qui en sont les conséquences, le tome I, ch. VI et IX, p. 166, 167, 266 et 267. [^1544]: Stedman, tome III, ch. XXIX, p. 198. [^1545]: Ces instruments de supplice sont des cordes de chanvre d’une très grande longueur, qui entrent dans la chair à chaque coup, et font un claquement semblable à la détonation d’un pistolet. Stedman, tome II, ch. XXV, p. 210. [^1546]: Stedman, tome III, ch. XXV, p. 82 et 83. [^1547]: Raynal, Histoire philosoph., tome VI, liv. XII, page 421. — Stedman, tome III, ch. XXV, p. 81, 82 et 83. — La sévérité des châtiments est moins en raison des fautes des esclaves qu’en raison de leur valeur. Un beau jeune homme et une belle femme peuvent commettre de graves délits, et en être quittes pour un léger châtiment, si l’offense ne touche pas directement le maître. Ce sont des propriétés dont on craint de diminuer la valeur en les dégradant ; on trouve plus avantageux de les vendre que de les détruire. Mais un vieillard, un individu faible ou mal constitué, ne peuvent commettre la moindre négligence sans encourir les châtiments les plus sévères. Ce sont des propriétés sans valeur, qui finissent même par devenir à charge ; aussitôt qu’elles sont devenues improductives, l’intérêt des maîtres est d’en accélérer la destruction, et c’est en effet ce qu’ils font. (Stedman, tome II, ch. XIV, p. 45 et 46.) Les colons font le même raisonnement que Caton le censeur. [^1548]: Le châtiment nommé spanso-bocko est infligé de la manière, suivante : On lie les mains au condamné et on lui fait passer les genoux entre les bras ; on le couche ensuite de côté, et on le tient ainsi retroussé comme un poulet au moyen d’un pieu auquel on l’attache, et qu’on enfonce en terre. Dans cette situation, il ne peut pas plus remuer que s’il était mort. Alors un nègre armé d’une poignée de branches noueuses de tamarin, le frappe jusqu’à ce qu’il lui ait enlevé la peau ; il le tourne ensuite de l’autre côté, le frappe de même, et le sang trempe la terre à la place de l’exécution. Lorsqu’elle est achevée, pour empêcher la mortification des chairs, on lave le malheureux avec du jus de citron, dans lequel on a fait fondre de la poudre à canon. Cette opération terminée, on le renvoie dans sa case se guérir, s’il le peut. Stedman, t. III, ch. XXVII, p. 122 et 123, et tome II, ch. XIII, p. 24 et 25. [^1549]: Stedman, t. I, ch. XII, p. 393. [^1550]: Stedman, tome I, ch. VI, p. 145 et 147. — Report of the committee of the society for the mitigation and gradual abolition of slavery, p. 15. London 1824. — Ces détails des cruautés des colons, que j’affaiblis beaucoup en les abrégeant, paraîtront incroyables à plus d’un lecteur. Peut-être aussi sera-t-on disposé à penser qu’elles ont été commises dans des circonstances extraordinaires, et à une époque remarquable de barbarie. J’ai eu moi-même d’abord cette pensée, mais j’en ai reconnu plus tard l’inexactitude. Le gouvernement anglais, qui possède aujourd’hui cette colonie, s’est proposé d’adoucir le sort des esclaves. Afin de ne rien faire au hasard, il a envoyé à Démerary un officier supérieur qu’il a chargé de l’examen des faits. Pendant le séjour que j’ai fait en Angleterre, j’ai eu occasion de connaître cet officier, et je l’ai prié de me dire si les mœurs décrites par Stedman étaient véritablement celles des colons. « Ce qui rend les colons si cruels, m’a-t-il répondu, c’est la facilité qu’ont les esclaves de s’enfuir dans les forêts, et la difficulté de les reprendre. » Cette explication, qui confirme les rapports du voyageur, est exactement la même que celle qu’a donnée Raynal, Hist. philosoph., tome VI, liv. XI, p. 421. [^1551]: Stedman, tome I, ch. XII, p. 393. [^1552]: Ibid, ch. I et V, p. 31 et 131 ; tome III, ch. XXV et XXVII, p. 16, 17, 120 et 121. [^1553]: Bougainville, deuxième partie, t. II, ch. VIII, p. 228 et 231. [^1554]: Thumberg, ch. VIII, p. 227, 228, 234 et 235. — Cook, premier Voyage, liv. III, ch. XII, tome IV, p. 345. [^1555]: Cook, premier Voyage, liv. II, ch. XII, tome IV, p. 346. — Les Chinois et les Malais ont des juges particuliers dans les matières civiles*. Ibid.* — Voyez Bougainville, t. II, deuxième partie, p. 169 et 175. — Cook, premier voyage, liv. III, ch. VIII, IX et XII, p. 207, 252, 253 et 354. — Thumberg, ch. VII, p. 238 et 239. — Dentrecasteaux, t. I, ch. VII, p. 155 et 156. — Labillardière, t. I, chapitre VIII. — Mac-Leod, chapitre IX. [^1556]: « The Bahama Islands are the poorest and least productive of the west Indian colonies. They raise scarcely any exportable produce. Their productions are chiefly confined to cattle, live stock and provisions. Hence the pecuniary resources of the proprietors are generally small. In the Bahama Islands, however, the slaves are far better off than they are in any other British colony. They are better treated, more lightly worked, and more abundantly fed. The common allowance of food is from two to three times as great as in the Leeward Islands. » Report of the committee of the society for the mitigation and gradual abolition of slavery, etc., p. 34 et 35. London, 1824. — East and west India sugar, etc., p. 86. [^1557]: Ce sont particulièrement les planteurs des colonies à sucre qui résident en Angleterre. East and west India sugar, or a refutation of the claims of the west India colonists, etc., p. 56. London, 1823.
On peut se faire une idée du nombre des planteurs anglais qui résident en Angleterre, par le nombre de ceux qui siègent dans la chambre des communes ; ce dernier nombre, en 1825, était de cinquante-six. Second report of the committee of the society for the mitigation and gradual abolition of slavery throughout the British dominions, p. 63. London, 1825.
On peut se faire une idée du nombre des planteurs anglais qui résident en Angleterre, par le nombre de ceux qui siègent dans la chambre des communes ; ce dernier nombre, en 1825, était de cinquante-six. Second report of the committee of the society for the mitigation and gradual abolition of slavery throughout the British dominions, p. 63. London, 1825. [^1558]: L’île de Sainte-Hélène n’est presque cultivée que par des nègres. Ils у ont été transportés comme esclaves par les premiers colons ; et il est rare que des hommes blancs veuillent se soumettre à travailler à un ouvrage en commun, dans les endroits où il y a des esclaves nègres par qui on peut le faire faire. Macartney, Voyage en Chine et en Tartarie, t. IV, ch. III, p. 197. [^1559]: Cooper’s Facts illustrative of the condition of the negro slaves in Jamaïca, p. 47. London, 1824. [^1560]: Quoique les agents des planteurs ne puissent pas s’adonner au même luxe que les maîtres, ils sont assez riches pour se livrer habituellement à l’intempérance. Ce vice est si général, et paraît si naturel, que, dans les meilleures sociétés, chacun raconte qu’il a été ivre, ou qu’il se propose de s’enivrer, comme on raconte ailleurs qu’on a pris ou qu’on se propose de prendre une tasse de thé ou de café. On voit, par là, que l’ivrognerie n’est pas l’apanage exclusif des climats froids, comme l’a prétendu Montesquieu. Cooper’s Facts illustrative of the condition of the negro slaves in Jamaïca, p.37. [^1561]: Stewart’s View of the past and present state of Jamaïca, p. 173, 174 et 175. — Cooper’s Facts illustrative of the condition of the negro slaves in Jamaïca, p. 35, 36 et 37. — Negro Slavery, or a view of some of the more prominent features of that state of society, etc., p. 56, 57, 58, 59. London, 1824. [^1562]: Cooper’s Facts illustrative of the condition of the negro slaves in Jamaïca, p. 42. [^1563]: Le gouvernement anglais a autorisé, dans ses colonies, les esclaves à porter plainte devant un magistrat, dans le cas où ils se croiraient injustement maltraités. Voici la plainte d’un père et la déposition d’une de ses filles, contre l’administrateur d’une plantation. Je la rapporte textuellement pour ne pas en altérer la naïveté. Le père dit : The manager wanted my daughter Peggi. I said « No ». He followed her. I said, « No. » He asked me three times. I said, « No. » Manager asked me again friday night. I refused. Satursday morning he flogged me. This thing hurt me, and I come to complain.
Peggi étant malade, et n’ayant pu comparaître devant le magistrat, sa sœur Aqueshaba fait la déposition suivante : Says, that manager sent aunty grace to call Peggi, and to say if she would not come I must. We said, daddy said must not go ; I was to young. Grace left us and went to daddy ; shortly afterwards she returned and tried to coax me to go, but I would not, as my daddy ad forbid it. Grace went and told manager ; manager sent to call Fanny ; Fanny went. The manager was up in his room ; and all of us, the creoles, got orders to watchmen at manager’s door*. The slave colonies of Great-Britain, or a Picture of negro slavery drawn by the colonist themselves ; being an abstract of the various papers recently laid before parlement on that subject,* p. 145, 146 et 147. London, 1825.
Peggi étant malade, et n’ayant pu comparaître devant le magistrat, sa sœur Aqueshaba fait la déposition suivante : Says, that manager sent aunty grace to call Peggi, and to say if she would not come I must. We said, daddy said must not go ; I was to young. Grace left us and went to daddy ; shortly afterwards she returned and tried to coax me to go, but I would not, as my daddy ad forbid it. Grace went and told manager ; manager sent to call Fanny ; Fanny went. The manager was up in his room ; and all of us, the creoles, got orders to watchmen at manager’s door*. The slave colonies of Great-Britain, or a Picture of negro slavery drawn by the colonist themselves ; being an abstract of the various papers recently laid before parlement on that subject,* p. 145, 146 et 147. London, 1825. [^1564]: Thomas Cooper’s Facts illustrative of the condition of the negro slaves in Jamaïca, p. 31 et 32. [^1565]: Ibid., p. 3 et 32. [^1566]: Thomas Cooper’s Facts, etc., p., 2, 3, 32 et 33. [^1567]: Cette ration a été fixée par la législature d’Antigoa ; et l’acte par lequel elle a été déterminée a été appelé l’acte d’amélioration. James Cooper’s Relief for the West-Indian distress, p. 19. London, 1823. [^1568]: Negro Slavery, etc. London, 1824, p. 36 et 57. Quatrième édition. [^1569]: The slave colonies of Great-Britain, p. 16. London, 1825. [^1570]: Thomas Cooper’s Facts illustrative of the condition of the negro slaves in Jamaïca, p. 16 et 17. — Negro Slavery, p. 63, 64. [^1571]: Whether we consider the frightful sound which reaches our ears every minute in passing trough states, by the crack of the lash; or the power with which drivers are provided to excroise punishment ; it would be desirable that such a weapon of arbitrary and unjust authority were taken from them. Negro Slavery, etc. p. 63 et 64. 4th. London, 1824. [^1572]: Thomas Cooper’s Facts illustrative of the condition of the negro slaves in Jamaïca, p. 22. — Negro Slavery, p. 64 et 67. [^1573]: Roughley’s Guide, p. 70, 80. — T. Cooper’s Facts illustrative of the condition of the negro slaves in Jamaïca, p. 49. [^1574]: Th. Cooper’s Facts illustrative of the condition of the negro slavery in Jamaïca, p. 57. [^1575]: Je m’abstiens de rapporter les horribles détails de ces cruautés, constatés devant le parlement d’Angleterre. On peut en trouver la substance dans les débats de la chambre des communes du 16 mars 1824. (Debate in the house of commons on the 16th day of march 1824, p. 32, 33, 34.) Je me bornerai à citer l’exécution faite par un colon lui-même sur ses esclaves, parce que le jugement qui l’accompagne peut servir à faire connaître quel est l’esprit des maîtres.
En 1810, un magistrat, nommé Huggins, armé d’un fouet de charretier, en infligea publiquement, sur la place du marché de Nevis, en présence de plusieurs autres magistrats, le nombre de coups suivants à des hommes ou à des femmes nus ; savoir :
À un nègre, 115 ; à un autre, 65 ; à un autre, 47 ; à un autre, 165 ; à un autre, 242 ; à un autre, 212 ; à un autre, 181 ; à un autre, 59 ; à un autre, 187. À une femme négresse, 110 ; à une autre femme, 58 ; à une autre femme, 97 ; à une autre femme, 212 ; à une autre femme, 291 ; à une autre femme, 83 ; à une autre femme, 49 ; à une autre femme, 68 ; à une autre femme, 89 ; à une autre, 56. — En tout, 2 286.
Le fils de ce magistrat, interrogé sur les motifs de ces châtiments, répondit que son père avait pensé que des mesures modérées, poursuivies avec fermeté, devaient très probablement produire l’obéissance : He conceived that moderate measures, steadily pursued, were most likely to produce obedience. Debate in the house of commons on the 16th day of march 1824, p. 31.
Si tels sont les effets de la modération, qu’on juge des effets que doit produire l’emportement chez des hommes excessivement irascibles.
Debate in the house of commons on the 16th day of march 1824, p. 33. London, 1824.
En 1810, un magistrat, nommé Huggins, armé d’un fouet de charretier, en infligea publiquement, sur la place du marché de Nevis, en présence de plusieurs autres magistrats, le nombre de coups suivants à des hommes ou à des femmes nus ; savoir :
À un nègre, 115 ; à un autre, 65 ; à un autre, 47 ; à un autre, 165 ; à un autre, 242 ; à un autre, 212 ; à un autre, 181 ; à un autre, 59 ; à un autre, 187. À une femme négresse, 110 ; à une autre femme, 58 ; à une autre femme, 97 ; à une autre femme, 212 ; à une autre femme, 291 ; à une autre femme, 83 ; à une autre femme, 49 ; à une autre femme, 68 ; à une autre femme, 89 ; à une autre, 56. — En tout, 2 286.
Le fils de ce magistrat, interrogé sur les motifs de ces châtiments, répondit que son père avait pensé que des mesures modérées, poursuivies avec fermeté, devaient très probablement produire l’obéissance : He conceived that moderate measures, steadily pursued, were most likely to produce obedience. Debate in the house of commons on the 16th day of march 1824, p. 31.
Si tels sont les effets de la modération, qu’on juge des effets que doit produire l’emportement chez des hommes excessivement irascibles.
Debate in the house of commons on the 16th day of march 1824, p. 33. London, 1824. [^1576]: Second report of the committee of the society for the mitigation and gradual abolition of slavery, p. 144, 145. [^1577]: Debate in the house of commons, on the 16th of march 1824, p. 37, 38. — Les magistrats coloniaux, dans plusieurs îles, sont, pour leurs salaires, sous la dépendance des maîtres. On peut juger, d’après cela, de la protection qu’ils accordent aux esclaves. Report of the committee, etc., p. 7, 58, 59. [^1578]: The slave colonies of Great-Britain, or a Picture of negro slavery drawn by the colonist themselves, p. 8, 40. — Second report of the committee of the society for the mitigation and gradual abolition of slavery throughout the British dominions, p. 141, 143, 147, 148, 150, 151*,* 152. [^1579]: The slave colonies of Great-Britain, or a Picture of negro slavery drawn by the colonist themselves, p. 150. [^1580]: Substance of the debate in the house of commons, on the 15th may 1823, etc., appendix S., p. 204, 205. [^1581]: Substance of the debate in the house of commons, on the 15th may 1823, appendix, p. 224, 225. London, 1823. — Debate in the house of commons, 16th march 1824, p. 38, 39. — The slave colonies of Great-Britain, or a Picture of negro slavery drawn by the colonist themselves, p. 42. [^1582]: Williamson’s Medical and Miscellaneous observations, relative to the West-India islands, vol. I, p. 93. — Negro slavery, or a View of some of the more prominent features of that state of society, etc., p. 65. [^1583]: « Les Turcs, dit R. Bickell, sont assurément des maîtres bien durs ; ils volent ou pillent les différentes races de peuples qui leur sont soumises, outre l’impôt qu’ils les obligent à payer ; mais, dans aucune partie de leur empire, il n’est point d’hommes qui soient dégradés au point d’être obligés de travailler à leur profit cinq ou six jours de la semaine presque gratuitement, d’être tenus dans l’ignorance, et d’être condamnés à perpétuité à n’être que des coupeurs de bois ou des tireurs d’eau. » The West Indies as they are, p. 62. [^1584]: Voyez le liv. II, ch. I et II, t. I, p. 378 et suivantes. [^1585]: Larochefoucault, Voyage aux États-Unis, deuxième partie, t. V, p. 176 et 177. [^1586]: Looking fairly therefore to all these circumstances, we ought not to be surprised to find that American theory is at least two centuries in advance of American practice. Fearon, 7th report, p. 366. — C’est en 1816 que Fearon écrivait cela : il avait été envoyé aux États-Unis par une réunion de personnes qui voulaient quitter l’Angleterre pour aller s’établir dans ces États, et il se proposait lui-même d’émigrer ; mais, après qu’il eut examiné le pays, les mœurs des habitants et la difficulté d’y vivre, il renonça à ce projet, et y fit renoncer ses amis. [^1587]: Rien n’est si commun que de rencontrer, dans tous les pays, des hommes qui ont deux doctrines opposées : l’une qui leur sert à combattre l’oppression qu’ils supportent ; l’autre qui leur sert à justifier l’oppression qu’ils exercent. C’est là l’histoire de toutes les révolutions, et particulièrement de la nôtre. On forme la théorie quand on est opprimé ; mais c’est quand on est vainqueur qu’on établit la pratique. [^1588]: Francis Hall, p. 457 et 460. — « Оf the proprietors of slaves, a very small proportion, indeed, are ever seen to labour. » Jefferson’s Notes, p. 241. — « Tous les petits fermiers cherchent à s’en procurer (des esclaves) dès le moment où ils ont amassé l’argent nécessaire pour en acheter, et, dès qu’ils en possèdent, ils cessent eux-mêmes de travailler, et se livrent à l’indolence à laquelle l’état de maître d’esclave dispose naturellement. » De Larochefoucault, deuxième partie, t. IV, p. 172. [^1589]: J. F. D. Smith, Voyage au Canada et aux États-Unis, t. I, ch. VI, p. 20 et 21. [^1590]: De Larochefoucault-Liancourt, Voyage aux États-Unis, deuxième partie, t. IV, p. 10, 11 et 111, et t. V, p. 92 et 93. — Travels in Canada and the United-States, by Francis Hall, p. 457 et 460. [^1591]: Robin, Voyage dans la Louisiane, t. III, ch. LXVIII, p. 213 et 214. [^1592]: Michaux, Voyage à l’ouest des monts Alleghanys, ch. XXIV, p. 242. — Fearon’s Sketches of America, 5th report, p. 190, 191. [^1593]: Larochefoucault, deuxième partie, t. V, p. 92 et 93. [^1594]: Ibid., deuxième partie, t. V, p. 35. [^1595]: « Ces révérends pères, dit un voyageur, entretenaient des harems d’esclaves noires, qui sont devenues blanches par une succession de commerce illégitime avec leurs premiers maîtres.
« Il subsiste encore un grand nombre de ces belles créatures qui sont consacrées aux plaisirs et au libertinage de ces vieux prêtres qui en sont demeurés possesseurs ; car, depuis la destruction de leur société, le gouvernement les a laissé jouir sans trouble de leurs propriétés. » J. F. D. Smith, t. II, ch. IX, p. 84.
« Il subsiste encore un grand nombre de ces belles créatures qui sont consacrées aux plaisirs et au libertinage de ces vieux prêtres qui en sont demeurés possesseurs ; car, depuis la destruction de leur société, le gouvernement les a laissé jouir sans trouble de leurs propriétés. » J. F. D. Smith, t. II, ch. IX, p. 84. [^1596]: Robin, t. II, ch. XXXVIII, p. 119 et 120, et t. III, ch. LXVIII, p. 199 et 200. [^1597]: Larochefoucault-Liancourt, quatrième partie, tome VIII, p. 166. [^1598]: Ibid., deuxième partie, t. IV, p. 62. — Weld, Voyage au Canada, t. I, ch. XI, p. 174 et 175. — Francis Hall’s Travels in Canada and the United-States, p. 457, 460. — Negro Slavery, page 21. [^1599]: Larochefoucault-Liancourt, Voyage aux États-Unis, deuxième partie, t. IV, p. 111, 312 et 313. [^1600]: Weld, Voyage au Canada, t. I, ch. XI, p. 175 et 176. [^1601]: Francis Hall, p. 426 et 427. [^1602]: Travels in Canada and the United-States, by lieut. Francis Hall, p. 429. — Michaux, Voyage à l’ouest des monts Alleghanys, ch. XXXII, p. 304. [^1603]: Travels in Canada and the United-States, by Francis Hall, p. 424. [^1604]: Fearon’s Sketches of America, p. 239 et 241.
Francis Hall, p. 429 et 432. — « Les Américains, qui se vantent d’être les plus humains de la terre sont tout aussi barbares que les autres envers leurs esclaves. » (Robin, Voyage dans la Louisiane, t. I, ch. XX, p. 283.) Les châtiments infligés aux esclaves de la Louisiane portent les mêmes caractères d’atrocité que nous avons observés dans la colonie hollandaise de la Guyane. L’abrutissement des colons arrive au point que les supplices les plus horribles et même l’assassinat ne leur causent plus de remords. Robin, t. III, ch. LXVII, p. 177, 178 et 180.
Francis Hall, p. 429 et 432. — « Les Américains, qui se vantent d’être les plus humains de la terre sont tout aussi barbares que les autres envers leurs esclaves. » (Robin, Voyage dans la Louisiane, t. I, ch. XX, p. 283.) Les châtiments infligés aux esclaves de la Louisiane portent les mêmes caractères d’atrocité que nous avons observés dans la colonie hollandaise de la Guyane. L’abrutissement des colons arrive au point que les supplices les plus horribles et même l’assassinat ne leur causent plus de remords. Robin, t. III, ch. LXVII, p. 177, 178 et 180. [^1605]: Il suit évidemment de là que le crime d’enseigner à lire à un homme asservi est un peu plus grave que le crime d’en avoir mutilé sept. On peut, d’après cela, se faire une idée des mœurs et de la religion des peuples d’Amérique qui ont des esclaves. [^1606]: Francis Hall, p. 424. [^1607]: Ibid., p. 424. [^1608]: Fearon, p. 268. — J. F. D. Smith, t. I, ch. VI, p. 24. [^1609]: A dirk is said to be the common appendage to their dress. Fearon, 7 th report, p. 400. [^1610]: Robin, t. II, ch. XLVII, p. 245. [^1611]: Francis Hall, p. 424. [^1612]: Jefferson’s Notes on Virginia, p. 241. — Robin a observé dans la Louisiane les mêmes phénomènes que Jefferson dans la Virginie. Voyage dans la Louisiane, t. III, ch. LXVII et LXVIII, p. 179 et 209. [^1613]: Small provocations, dit Fearon, insure the most relentless and violent resentments, duels are frequent. The dirk is an inseparable companion of all classes. Sketches of America, 5th report, p. 264. [^1614]: Larochefoucault, Voyage aux États-Unis, deuxième partie, t. IV, p. 49 et 88. — Robin, Voyage dans la Louisiane, t. III, ch. LXVII, p. 169. — Fearon, 6th report, p. 269, 270. — Francis Hall, p. 357, 360. [^1615]: Fearon, p. 58, 59, 60, 87, 115, 159 et 167. — F. Hall, p. 424 et 426. — Robin, Voyage à la Louisiane, t. II, ch. XXXVIII, p. 120 et 121 ; et t. III, ch. LXXII, p. 134 et 120. — À Philadelphie même l’aristocratie de la couleur est aussi fortement prononcée que dans les États où l’on compte le plus grand nombre d’esclaves. « There exist a penal law, dit Fearon, deeply written in the minds of the white population, which subjects their colored fellow-citizens to unconditional contumely and neverceasing insult. No respectability, however unquestionable, no property, however large, no character, however unblemished, will gain a man whose body is (in American estimation) cursed with even a twentieth portion of the blood of his African ancestry, admission into society! They are considered as mere pariahs, as out-cast and vagrants upon the face of the earth! » Sketches ofAmerica, 4th report, pag. 168 and 169. [^1616]: Robin, t. II, ch. XXXVI, p. 120 et 121. — Les colons de la Louisiane descendent, pour la plupart, de prostituées qui y furent portées par cargaisons à l’époque de la colonisation. Robin, t. II, ch. XXXII, p. 74 et 76. [^1617]: Fearon, 7th report, p. 382. — Morris Birkbeck’s Notes on a Journey in America, p. 20. — Larochefoucault, deuxième partie, t. IV, p. 179 et 180. — Robin, t. III, ch. LIX, p. 246. — Depons, t. I, ch. II, p. 242. [^1618]: Francis Hall, p. 319, 320. [^1619]: On comptait en Angleterre, dans la chambre des communes, qui a été dissoute en 1826, cinquante-six membres possesseurs d’esclaves (second report of the committee of the society for the mitigation and gradual abolition of slavery, p. 63). Des auteurs anglais assurent que les bouchers ne peuvent pas être jurés en matière criminelle ; mais, comment des possesseurs d’hommes peuvent-ils être membres du gouvernement dans un pays libre ? Si la première de ces deux qualités exclut les sentiments d’humanité, quelles sont les idées morales qui sont compatibles avec la seconde ? [^1620]: Il n’est pas possible d’exposer la statistique de nos colonies avec la même exactitude que la statistique des colonies anglaises. Le ministère anglais n’a rien de secret à cet égard, ni pour le parlement ni pour la nation. Le nôtre, au contraire, ne publie rien sur l’état des colonies, et paraît craindre qu’on ne porte les yeux sur ce qui les concerne. En Angleterre, il existe une multitude de sociétés qui s’occupent de faire jouir les personnes asservies des garanties sociales, et qui recueillent et publient en conséquence tous les faits qui les intéressent. En France, il est peu de personnes qui pensent à la population des colonies, ou qui du moins s’en occupent activement. [^1621]: Robin, Voyage à la Louisiane, tome I, chap. III, pag. 40. — Rien ne prouve mieux l’humiliation dans laquelle les planteurs des colonies françaises ont toujours tenu les hommes de la race asservie, que les actes des magistrats coloniaux contre les hommes libres qui avaient quelque teinte d’origine africaine. Un magistrat du Port-au-Prince écrivait en 1770 : « Il est nécessaire d’appesantir sur cette classe le mépris et l’opprobre qui lui est dévolu en naissant ; ce n’est qu’en brisant les ressorts de leur âme qu’on les conduit au bien. » Cette opinion est remarquable en ce qu’elle est conforme à l’idée qu’Aristote se faisait des qualités propres à un esclave. En 1761, le conseil de Port-au-Prince enjoignit aux notaires et aux curés d’insérer dans leurs actes les qualités des nègres, des mulâtres et des quarterons. En 1773, il fut défendu aux hommes de prendre les noms de leurs pères blancs, et il leur fut ordonné d’ajouter au nom de baptême un surnom tiré de l’idiome africain, pour ne pas détruire cette barrière insurmontable que l’opinion publique (des colons) a posée et que la sagesse du gouvernement maintient. En 1779, il fut défendu aux gens de couleur de porter les vêtements et les parures en usage chez les blancs, et il leur fut ordonné de porter des marques caractéristiques propres à les faire discerner, quand par la couleur ils se rapprocheraient des maîtres. Voyez les lois et constitutions des colonies françaises, par Moreau de Saint-Méri. Voyez aussi l’écrit intitulé : De la Noblesse de la peau, etc., par M. Grégoire, ancien évêque de Blois, chap. I, pag. 9, 10 et 11. [^1622]: Robin, t. I, chap. XX, p. 281. — On a observé que le mépris pour les noirs n’a existé que chez les peuples qui les ont faits esclaves. « Le préjugé sur la noblesse de couleur n’exista jamais chez les nations qui n’avaient pas de colonies ; chez celles qui en avaient, des mœurs radoucies admettaient quelques exceptions. Amo, nègre, prenait ses grades de docteur à l’université de Wittemberg et présidait ensuite à des thèses soutenues par des blancs ; Annibal, en Russie, devenait lieutenant-général et directeur du génie ; Angelo-Soliman, généralement estimé à la cour de Vienne, épousait une dame noble de Christiani ; Jean Latinus était professeur à Grenade. » De la noblesse de la peau, ou du préjugé des blancs contre la couleur des Africains et celle de leurs descendants noirs et sangs mêlés, par M. Grégoire, ancien évêque de Blois, chap. III, p. 21. [^1623]: Robin, tome I, chap. III, pag. 44 et 45. — L’usage de laisser ses enfants dans l’esclavage ou de les vendre comme des bêtes, est si général chez les possesseurs d’hommes, qu’ils sont étonnés des scrupules qu’éprouvent à cet égard les personnes élevées dans des pays libres. Stedman ayant affranchi un enfant qu’il avait eu d’une esclave de Surinam, dit que quelques personnes honnêtes applaudirent à sa sensibilité ; mais, ajoute-t-il, « le plus grand nombre désapprouva ma tendresse paternelle, et la traita de faiblesse ou de folie. » Tome III, ch. 29, p. 198. [^1624]: Dauxion-Lavaysse, tome I, chap. 6, p. 284 et 285. [^1625]: Dauxion-Lavaysse, tome I, chap. VI, p. 271. [^1626]: Raynal, Hist. philosoph., t. VI, liv. II, p. 269. [^1627]: Depons, Voyage à la partie orientale de la Terre-Ferme. [^1628]: Voyez un exemple remarquable dans la note de la page 251 de ce volume. [^1629]: Second report of the committee of the society for the mitigation and gradual abolition of slavery, p. 149, 150, 154. [^1630]: Ibid. p. 157. [^1631]: Plusieurs de ces procès-verbaux ont été communiqués au parlement d’Angleterre. En voici un du chevalier de Gannes, colon de l’Ile de France. Je le rapporte de préférence à d’autres, par la raison qu’il prouve en même temps l’incapacité des esclaves, les inconvénients attachés à leur service, et l’orgueil et l’irascibilité des maîtres. Il faut convenir cependant que le cas était grave ; car il s’agissait du dîner du chevalier, et le coupable était son cuisinier.
« Ce jour, dimanche du mois de septembre, de l’année 1824, à cinq heures de l’après-midi, arrivant de la ville où j’avais été entendre la messe, je demandai mon dîner, qui me fut servi aussitôt. Trouvant que rien n’était cuit, et qu’il y manquait le beurre que j’avais donné moi-même avant mon départ (en l’absence de mon épouse), je fis appeler mon cuisinier nommé Raphael Faxa, jeune nègre, âgé de vingt-deux à vingt-cinq ans. Il était déjà parti et ne se trouva plus dans ma cuisine ; je l’attendis jusqu’à sept heures du soir que je le fis appeler. Il répondit des cases à nègres où il se trouvait, et revint à sa cuisine : je lui demandai d’où il sortait, pourquoi il s’était absenté avant que j’eusse dîné, pourquoi rien n’était cuit, sans apprêt, sans beurre et autres ingrédients qui entrent dans l’accommodement des mets. Il me répondit avec brutalité et forçant sa voix à outrance, que quand le dîner était servi il pouvait s’en aller, qu’il était aux cases à nègres, et que c’était de là qu’il avait répondu. Je lui ordonnai de baisser sa voix. La bouche est pour parler, me dit-il, et personne ne peut m’en empêcher. Je vais vous mettre au ceps, vous dis-je, pour votre voix, vos cris et vos réponses insolentes et peu respectueuses. Non je n’irai point au ceps, parce que je n’ai rien fait ; et on ne met au ceps que les voleurs, et je n’ai point volé. Étant jeune et fort ingambe, à chaque pas que je faisais, il s’éloignait, se tenant toujours à une grande distance de moi. N’ayant personne auprès de moi que deux servantes incapables de l’arrêter, je fus forcé de me retirer. Le lendemain lundi, à sept heures du soir, les nègres rassemblés pour faire la prière, je fis appeler le nommé Manuel Gaytan, homme de couleur libre, majeur, qui était dans une de mes cases à nègres, et en sa présence, je lui fis donner par mon commandant, devant la porte de ma maison, douze coups de fouet, étant debout et habillé de ses vêtements. Il ne proféra aucune parole pendant les coups qu’il recevait ; mais, le fouet cessant, il resta un gros moment debout dans la même posture, après quoi, pour braver son maître, il dit, Est-ce tout ? resta là quelques minutes et s’en fut !
« Signé, le ch. de Gannes, commandant.
« MANUEL GAETAN. »
Il n’est rien qui irrite les possesseurs d’hommes autant que la fermeté et l’apparente insensibilité des esclaves, parce qu’il n’est rien qui leur fasse mieux sentir leur impuissance. Dans un autre procès-verbal, le même chevalier de Gannes raconte qu’après avoir fait donner quinze coups de fouet à un esclave de dix-huit ans, qui était sorti de sa case une demi-heure plus tard que les autres, il voulut lui faire des remontrances. « À chaque parole que je proférais, dit-il, il s’efforçait de tousser avec violence, et si fortement qu’il étouffait ma voix et me contraignait de me taire. Les dernières ordonnances ne permettant pas deux châtiments successifs, je fus obligé de me retirer avec la risée de mon esclave et d’avaler cette humiliation!!!) The slave colonies of Great-Britain, p. 121, 122.
« Ce jour, dimanche du mois de septembre, de l’année 1824, à cinq heures de l’après-midi, arrivant de la ville où j’avais été entendre la messe, je demandai mon dîner, qui me fut servi aussitôt. Trouvant que rien n’était cuit, et qu’il y manquait le beurre que j’avais donné moi-même avant mon départ (en l’absence de mon épouse), je fis appeler mon cuisinier nommé Raphael Faxa, jeune nègre, âgé de vingt-deux à vingt-cinq ans. Il était déjà parti et ne se trouva plus dans ma cuisine ; je l’attendis jusqu’à sept heures du soir que je le fis appeler. Il répondit des cases à nègres où il se trouvait, et revint à sa cuisine : je lui demandai d’où il sortait, pourquoi il s’était absenté avant que j’eusse dîné, pourquoi rien n’était cuit, sans apprêt, sans beurre et autres ingrédients qui entrent dans l’accommodement des mets. Il me répondit avec brutalité et forçant sa voix à outrance, que quand le dîner était servi il pouvait s’en aller, qu’il était aux cases à nègres, et que c’était de là qu’il avait répondu. Je lui ordonnai de baisser sa voix. La bouche est pour parler, me dit-il, et personne ne peut m’en empêcher. Je vais vous mettre au ceps, vous dis-je, pour votre voix, vos cris et vos réponses insolentes et peu respectueuses. Non je n’irai point au ceps, parce que je n’ai rien fait ; et on ne met au ceps que les voleurs, et je n’ai point volé. Étant jeune et fort ingambe, à chaque pas que je faisais, il s’éloignait, se tenant toujours à une grande distance de moi. N’ayant personne auprès de moi que deux servantes incapables de l’arrêter, je fus forcé de me retirer. Le lendemain lundi, à sept heures du soir, les nègres rassemblés pour faire la prière, je fis appeler le nommé Manuel Gaytan, homme de couleur libre, majeur, qui était dans une de mes cases à nègres, et en sa présence, je lui fis donner par mon commandant, devant la porte de ma maison, douze coups de fouet, étant debout et habillé de ses vêtements. Il ne proféra aucune parole pendant les coups qu’il recevait ; mais, le fouet cessant, il resta un gros moment debout dans la même posture, après quoi, pour braver son maître, il dit, Est-ce tout ? resta là quelques minutes et s’en fut !
« Signé, le ch. de Gannes, commandant.
« MANUEL GAETAN. »
Il n’est rien qui irrite les possesseurs d’hommes autant que la fermeté et l’apparente insensibilité des esclaves, parce qu’il n’est rien qui leur fasse mieux sentir leur impuissance. Dans un autre procès-verbal, le même chevalier de Gannes raconte qu’après avoir fait donner quinze coups de fouet à un esclave de dix-huit ans, qui était sorti de sa case une demi-heure plus tard que les autres, il voulut lui faire des remontrances. « À chaque parole que je proférais, dit-il, il s’efforçait de tousser avec violence, et si fortement qu’il étouffait ma voix et me contraignait de me taire. Les dernières ordonnances ne permettant pas deux châtiments successifs, je fus obligé de me retirer avec la risée de mon esclave et d’avaler cette humiliation!!!) The slave colonies of Great-Britain, p. 121, 122. [^1632]: Depons, Voyage à la partie orientale de la Terre-Ferme dans l’Amérique méridionale, t. I, ch. II, p. 182, 183 et 184. [^1633]: Depons, t. II, ch. V, p. 93, 94, 95, 96 et suivantes. — Dauxion-Lavaysse, passim. [^1634]: De Humboldt, Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, t. V, liv. VI, ch. XIV, pag. 65. — Depons, tom. II, ch. VII, p. 325 et 326.
Voici les noms de quelques écrivains dont les ouvrages étaient prohibés par l’inquisition : Bayle, Voltaire, Rousseau, Raynal, l’abbé Racine, Fleuri, Adisson, Arnaud, d’Argenson, Beccaria, Marmontel, Boileau, La Fontaine, La Bruyère, Burlamaqui, Condillac, Montesquieu, Helvétius, Fontenelle, Hume, Puffendorf, Vatel, Filangieri, Mably, Millot. Depons, t. II, ch. VI, p. 101 et 102.
Voici les noms de quelques écrivains dont les ouvrages étaient prohibés par l’inquisition : Bayle, Voltaire, Rousseau, Raynal, l’abbé Racine, Fleuri, Adisson, Arnaud, d’Argenson, Beccaria, Marmontel, Boileau, La Fontaine, La Bruyère, Burlamaqui, Condillac, Montesquieu, Helvétius, Fontenelle, Hume, Puffendorf, Vatel, Filangieri, Mably, Millot. Depons, t. II, ch. VI, p. 101 et 102. [^1635]: De Humboldt, Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, t. V, l. VI, ch. XIII, p. 12. — Dauxion-Lavaysse, Voyage aux îles de la Trinidad, etc., t. II, ch. VIII, p. 254 et 255, et ch. X, p. 445 et et 464. [^1636]: Depons, Voyage à la partie orientale de la Terre-Ferme, t. III, p. 34 et suivantes. — Dauxion-Lavaysse, t. II, ch. VIII, p. 262. [^1637]: Dauxion-Lavaysse, t. II, ch. VIII, p. 263 et suivantes. — Depons, t. III, p. 34 et suivantes. [^1638]: Depons, Voyage à la partie orientale de la Terre-Ferme, t. III, ch. IX, p. 40 et suivantes. [^1639]: Depons, t. II, ch. VI, p. 153 et suivantes. [^1640]: La bulle des vivants avait pour effet de rassurer les consciences, relativement à toute espèce de vices ou de crimes ; la bulle de composition légitimait un grand nombre de vols ; la bulle des morts était un passeport que les vivants expédiaient à leurs amis ou à leurs parents défunts, pour entrer en paradis ; la bulle de la croisade était une dispense de l’obligation d’aller exterminer les infidèles ; la bulle des œufs et du laitage était la permission de manger deux espèces d’aliments pendant tous les jours de l’année. Depons, t. III, ch. IX, et Dauxion-Lavaysse, t. II, ch. VIII. [^1641]: Voyage aux régions équinoxiales, t. IV, ch. XII, p. 165. [^1642]: De Humboldt, Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, t. I, l. I, ch. I, et l. II, ch. IV, p. 221 et 342, et t. II, l. II, ch. VII, page 38. [^1643]: Ibid., t. II, l. II, ch. VII, p. 38. [^1644]: De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, t. IV, l. IV, ch. XII, p. 346 et 147. — Depons ne porte la population de la même province qu’à 728 000 individus sur lesquels il compte 291 200 affranchis, désignés sous le nom de gens de couleur : t. I, ch. III, p. 251 et 252. [^1645]: De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, t. II, l. II, ch. V, p. 313. [^1646]: Dauxion-Lavaysse, t. II, ch. VIII, p. 160, 206 et 207. — De Humboldt, Tableaux de la Nature, t. I, p. 41, 42 et 176. — Voyage aux régions équinoxiales, t. V, l. V, ch. XV, p. 132 et 133, et t. VI, l. VI, ch. XVI, p. 160. — Azara, Voyage dans l’Amérique méridionale, t. II, ch. XIV, p. 269 et 270. [^1647]: De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, t. IV, l. IV, ch. XII, p. 161, et t. V, l. V, ch. XV, p. 132. — Depons, t. II, ch. VII, p. 319. [^1648]: De Humboldt, Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, t. II, l. 1, ch. VII, p. 46. [^1649]: De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, t. IV, l. IV, ch. XII, p. 161. [^1650]: De Humboldt, Essai politique, t. II, l. II, ch. VII, p. 51. [^1651]: De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, t. IV, l. IV, ch. XIII, p. 210 et 211. [^1652]: Voyage dans l’Amérique méridionale, t. II, ch. XV, p. 276, 277 et 278. [^1653]: Azara, Voyage dans l’Amérique méridionale, t. II, ch. XV, p. 284. [^1654]: Azara, t. II, ch. XIV, p. 273. [^1655]: Depons, t. I, ch. III, p. 261 et 262. — Le roi d’Espagne ayant accordé des lettres de blanc à tous les habitants d’un village, les zambos, race issue de cuivrés et de noirs, se trouvèrent en majorité dans les élections municipales. Dès ce moment, les blancs furent considérés comme la race avilie, et exclus en conséquence de toutes les fonctions qui étaient à la nomination du peuple. Ils trouvèrent l’orgueil des zambos si insupportable, qu’ils abandonnèrent tous le village. Dauxion-Lavaysse, t. II, ch. VIIII, p. 171*,* 172 et 173. [^1656]: Depons, t. I, ch. III, p. 260. [^1657]: L’orgueil des blancs porte sa peine, parce qu’elle les prive souvent des secours qu’ils pourraient trouver dans les autres classes. Un vieux sergent, natif de Murcie, demandait à M. de Humboldt et à son compagnon de voyage un remède contre la goutte dont il souffrait cruellement. « Je sais, leur disait-il, qu’un zambo de Valencia, qui est un fameux curioso, peut me guérir ; mais le zambo veut être traité avec les égards qu’on ne peut avoir pour un homme de sa couleur, et je préfère rester dans l’état où je suis. » Voyage aux régions équinoxiales, t. VI, l. VI, ch. XVII, p. 8. [^1658]: Depons, t. III, ch. X, p. 99. [^1659]: Ibid., ch. X, p. 10. [^1660]: Ibid., p. 106 et 107. [^1661]: Depons, t. III, ch. X, p. 108 et 109. [^1662]: Ibid., p. 115, 116 et 117. Il faut ajouter à la circonstance de l’esclavage la présence de toutes les autorités administratives, judiciaires et ecclésiastiques. — Il y a longtemps qu’Adam Smith a observé que l’industrie fuit toujours la présence des grandes autorités, et que les mendiants les accompagnent. [^1663]: Depons, t. III, ch. X, p. 144 et 145. — Depons place Valence sous le dixième degré de latitude nord, environ huit degrés plus près de l’équateur que Saint-Domingue. [^1664]: De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, t. V, l. V, ch. XVI, p. 230. [^1665]: Dauxion-Lavaysse, t. II, ch. VII, p. 156 et 157. [^1666]: Depons, t. III, ch. X, p. 147, 148, 149 et 150. — Dauxion-Lavaysse, t. II, ch. VIII, p. 157. — M. de Humboldt, qui a été frappé de l’aspect d’aisance qui règne dans ces vallées, en porte la population à 52 000 habitants, ou à 2 000 âmes par lieue carrée : c’est la même proportion qu’on observe dans les parties les plus peuplées de la France. Le propriétaire de ces vallées, le comte de Tovar, est l’auteur de l’étonnante révolution qui s’y est opérée dans un petit nombre d’années ; il s’est proposé d’affranchir les esclaves de la tyrannie de leurs maîtres, de transformer les affranchis en fermiers, et de délivrer les maîtres de la lèpre de l’esclavage ; ses efforts ont obtenu le succès qu’ils méritaient. Voyez M. de Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, t. V, liv. V, ch. XV, p. 142, 143 et suivantes. [^1667]: Depons, t. III, ch. X, p. 151. [^1668]: Depons, t. III, ch. X, p. 158 et suivantes. [^1669]: Ibid., ch. X, p. 234 et 235. — Dauxion-Lavaysse, t. II, ch. VIII. — De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, t. V, l. V, ch. XV, p. 152. [^1670]: Un très grand nombre de cultivateurs des vallées d’Aragua sont noirs ou mulâtres ; mais ils sont libres. De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales*, ibid.* [^1671]: Voyage à la partie orientale de la Terre-Ferme, t. I, ch. III, p. 195. — Azara avait déjà fait la même observation, et M. de Humboldt l’a confirmée.
Dans le Mexique, le gouvernement espagnol employait les forçats aux travaux des manufactures, et il fallait par conséquent que les ateliers fussent convertis en prisons : de là résultait un profond mépris pour ce genre d’occupations, et par conséquent les hommes de la classe ouvrière se faisaient mendiants. De Humboldt, Essai politique, t. IV, l. V, ch. XII, p. 294, 295 et suivantes.
Dans le Mexique, le gouvernement espagnol employait les forçats aux travaux des manufactures, et il fallait par conséquent que les ateliers fussent convertis en prisons : de là résultait un profond mépris pour ce genre d’occupations, et par conséquent les hommes de la classe ouvrière se faisaient mendiants. De Humboldt, Essai politique, t. IV, l. V, ch. XII, p. 294, 295 et suivantes. [^1672]: Essai politique, t. V, l. VI, ch. XIV, p. 59. [^1673]: Voyage à la partie orientale de la Terre-Ferme, t. I, ch. III, p. 205, 206, 207 et 260. [^1674]: L’usage de marquer d’un fer brûlant les individus asservis est presque général dans quelques-unes des colonies anglaises. R. Bickell’s west Indies as they are, p. 38, 39 and 40. [^1675]: Depons, t. I, ch. I, p. 247, 248 et 249. [^1676]: De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, t. V, liv. V, ch. XV, p. 101. — Depons, t. I, ch. III, p. 244 et suivantes. [^1677]: Voyage aux régions équinoxiales, l. III, ch. VIII, t. III, p. 225 et 226. — Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, t. II, l. II, ch. VII, p. 46. — Depons, t. I, ch. III, p. 257. [^1678]: Azara, Voyage dans l’Amérique méridionale, t. II, ch. XIV, p. 269 et 270. [^1679]: De Humboldt, Essai politique, t. II, l. II, ch. VII, p. 46. [^1680]: Il faut placer, sans doute, parmi les causes les plus puissantes de l’état stationnaire des colonies espagnoles, l’oppression que le gouvernement espagnol faisait peser sur elles, et qui leur inspirait de l’aversion contre les habitants de la mère-patrie, longtemps avant qu’elles eussent tenté de secouer le joug. « Il est clair, dit Azara, que ce sont les villes qui engendrent et qui propagent... cette espèce d’éloignement, ou pour mieux dire d’aversion décidée, que les créoles ou enfants d’Espagnols nés en Amérique ont pour les Européens et pour le gouvernement espagnol. Cette aversion est telle, que je l’ai souvent vu régner entre les enfants et le père et entre le mari et la femme, lorsque les uns étaient Européens et les autres Américains. »
Voyage dans l’Amérique méridionale, tome II, chapitre XV, page 279.
Voyage dans l’Amérique méridionale, tome II, chapitre XV, page 279. [^1681]: Rien n’est plus commun, dans les comédies de l’antiquité, que de voir de jeunes filles esclaves, qui n’ont perdu leur liberté que parce qu’elles ont été volées à leurs parents. [^1682]: Negro slavery, or a view of some of the more prominent features of that state of society, etc., 4th edition, p. 68, 75. — The slave colonies of Great-Britain, or a picture of negro slavery drawn by the colonists themselves, p. 17. [^1683]: Francis Hall, p. 422. [^1684]: Fearon, 5th report, p. 264. [^1685]: Larochefoucault, Voyage aux États-Unis, quatrième partie, t. VII, p. 294. — Tearon, 2nd report, p. 56, 58 ; 5th, report, p. 226, 227, 264. [^1686]: Raynal, Hist. philosoph., t. IX, l. XVIII, p. 177 et 178. — Weld, Voyage au Canada et aux États-Unis, t. I, ch. IX, p. 143. — Fearon’s Sketches of America passim. [^1687]: Chez les Romains, la culture des terres par des esclaves chassa les hommes libres des campagnes dans la capitale ; et, comme la classe des maîtres s’était emparée du monopole de tous les métiers par les mains de ses esclaves, la population, qui n’appartenait à aucune de ces deux classes, se trouva privée de tout moyen d’existence : de là cette multitude immense de prolétaires, qui ne vivait que de distributions publiques ou de la vente des suffrages dans les élections, et qui se trouva l’alliée naturelle de Marius et de César. Dans la partie méridionale des États-Unis d’Amérique, les individus qui ne sont ni maîtres ni esclaves émigrent dans les États où les travaux sont faits par des mains libres, et vont se louer comme domestiques. Fearon, 2nd report, p. 57 et 58. —Larochefoucault-Liancourt, deuxième partie, t. IV, p. 293 et 291 ; t. V, p. 76, 77 et 78, troisième partie ; t. VI, p. 86, et t. VII, p. 54. [^1688]: Larochefoucault. Liancourt, troisième partie, t. VI, p. 198, 199, 200 et 201. [^1689]: Larochefoucault, deuxième partie, t. IV, p. 87. [^1690]: Francis Hall, p. 318 et 320. [^1691]: Francis Hall, p. 424, 426. [^1692]: Francis Hall, p. 424, 426. [^1693]: Second report of the committee of the society for the mitigation and gradual abolition of slavery throughout the British dominions, p. 145, 148. — The slave colonies of Great-Britain, or a picture of negro slavery drawn by the colonists themselves, p. 29 et 97. [^1694]: Adam Smith a observé que l’industrie fuit les lieux qui sont la résidence habituelle des grands, et que par conséquent la population y est paresseuse, dissolue et pauvre. La cause de ce phénomène est la même que celle qui existe dans les lieux où l’esclavage domestique est établi ; c’est le mépris attaché au travail de l’homme sur la nature, et l’honneur accordé à l’exploitation d’un peuple asservi. Smith’s Inquiry, book II, ch. III, t. II, p. 10, 11 et 12. [^1695]: J’ai dit que la question posée au commencement de ce chapitre préjuge que la partie la plus considérable du genre humain ne doit être considérée que comme une machine de production qui a d’autant plus de valeur qu’elle absorbe une part moins considérable des richesses qu’elle produit. Je ne veux pas d’autres preuves de cela que les termes mêmes dans lesquels s’est exprimé Adam Smith : The wear and tear of a free servant is equally at the expense of his master, and it generally cost him much less than that of a slave. The sum destined for replacing and repairing, if I may say so, the wear and tear of a slave, is commonly managed by a negligent master, or careless overseer. That destined for performing the same office with regard to the free man, is managed by the free man himself. Adam Smith’s Inquiry into the nature and causes of the wealth of nations. Book I, ch. VIII, page 122. [^1696]: Tome I, liv. I, ch. III, p. 78 et 79. [^1697]: « Ce sont de faibles calculateurs, dit M. J.-B. Say, que ceux qui comptent la force pour tout et l’équité pour rien. Cela conduit au système d’exploitation des Arabes bédouins qui arrêtent une caravane, et s’emparent des marchandises qu’elle transporte, sans qu’il leur en coûte autre chose, disent-ils, que quelques jours d’embuscade et quelques livres de poudre à tirer. Il n’y a de manière durable et sûre de produire que celle qui est légitime, et il n’y a de manière légitime que celle où les avantages de l’une ne sont point acquis aux dépens de l’autre. » Traité d’économie politique, liv. I, ch. XIX, tome I, p. 365, 5e édit. [^1698]: Il a jadis existé et il existe sans doute encore des possesseurs d’esclaves qui ont possédé ou qui possèdent de grandes richesses ; il y avait, parmi les patriciens romains, des familles qui possédaient des fortunes immenses, et l’on trouverait sans doute, parmi nos modernes colons, plusieurs hommes qui sont fort riches. Mais, en disant que l’esclavage est un obstacle invincible à la production, à l’accroissement et à la bonne distribution des richesses, je n’entends nullement affirmer qu’il est un obstacle à leur extorsion ou à leur déplacement. Les Romains qui possédaient de grandes fortunes ne les devaient, en général, qu’au pillage exercé pendant le cours de la guerre, ou aux rapines qu’ils exerçaient pendant la paix sur les peuples subjugués. Les colons qui ont des richesses les doivent au monopole qui leur a été accordé pour la vente de leurs denrées, c’est-à-dire à un impôt établi sur des peuples chez lesquels l’esclavage domestique n’est pas admis. [^1699]: Il existe, chez les peuples modernes qui ont fait quelques progrès dans la civilisation, une multitude d’arts et de métiers dont les peuples de l’Italie et de la Grèce n’avaient aucune idée. Ces peuples ne connaissaient point l’usage du linge, et leurs vêtements ne se composaient que d’une laine grossière qui était travaillée par les mains de leurs femmes. Or, que l’on calcule seulement le nombre de personnes qui sont employées à la production, à la fabrication et à la vente du coton, du lin et de la soie, depuis l’agriculteur qui recueille ces matières jusqu’à la lingère, à la marchande de modes, ou même jusqu’à la blanchisseuse, et l’on pourra se former une légère idée de la différence qui existe entre l’industrie des anciens et l’industrie des modernes, surtout si l’on n’oublie pas les machines employées à mettre ces matières en œuvre, les arts et les connaissances que ces machines exigent. [^1700]: Columella, de Re rustica, lib. I. En exposant les effets de l’esclavage sur l’intelligence, j’ai fait voir ceux qu’il produit sur l’industrie. Adam Hodgson a recueilli les opinions d’un grand nombre d’écrivains anciens et modernes, sur l’influence qu’exerce l’esclavage sur l’agriculture. A letter to J.-B. Say, on the comparative expense of free and slave labour. [^1701]: Columella, de Re rustica, lib. 1, in proœmio. [^1702]: De Sismondi, Nouveaux principes d’économie politique, ou de la Richesse dans ses rapports avec la population. Tome I, liv. II, chap. 4, p. 17, 18 et suiv., 2e édit. [^1703]: Voyez le chapitre VII de ce livre. [^1704]: Second report of the committee of the society for the mitigation et gradual abolition of slavery, etc., p. 32, 34 et 62. [^1705]: Relief for West-Indian distress, showing the inefficiency of protecting duties on East-India sugar, by James Cropper, p. 18. [^1706]: Second report of the committee of the society for the mitigation and gradual abolition of slavery, p. 31 and 157. [^1707]: The slave colonies of Great-Britain, or a picture of negro slavery, p. 48. — Relief for West-Indian distress, passim. [^1708]: Voyage dans la Louisiane, tome I, ch. V, p. 92. [^1709]: C’est par économie que les planteurs emploient les bras des hommes esclaves au lieu de la charrue. « Ils calculent, dit Michaux, que dans le cours de l’année, un cheval, tant pour la nourriture que pour l’entretien, coûte dix fois plus qu’un nègre dont la dépense annuelle n’excède pas quinze à seize piastres. » Voyage à l’ouest des monts Alleghanys, ch. XXXII, p. 304 et 305.
Les chameaux furent introduits au Pérou après la conquête de ce pays par les Espagnols ; mais les conquérants en arrêtèrent la propagation prétendant que la multiplication des bêtes de somme les empêcherait de louer les indigènes aux voyageurs ou aux négociants pour servir dans l’intérieur du pays au transport des provisions et des marchandises. De Humboldt, Essai politique, tome IV, liv. V, ch. XII, p. 345. Voyage aux régions équinoxiales, tome V, liv. V, ch. XVI, p. 223 et 224.
Les chameaux furent introduits au Pérou après la conquête de ce pays par les Espagnols ; mais les conquérants en arrêtèrent la propagation prétendant que la multiplication des bêtes de somme les empêcherait de louer les indigènes aux voyageurs ou aux négociants pour servir dans l’intérieur du pays au transport des provisions et des marchandises. De Humboldt, Essai politique, tome IV, liv. V, ch. XII, p. 345. Voyage aux régions équinoxiales, tome V, liv. V, ch. XVI, p. 223 et 224. [^1710]: Michaux, voyage à l’ouest des monts Alleghanys, ch. I, p. 9, et ch. XXXI, p. 294 et 295. — Robin, Voyage dans la Louisiane, tome II, ch. XXXVII, p. 114. [^1711]: James Cropper’s Relief for West-Indian distress, p. 20, 21 et 22. [^1712]: Raynal, Histoire philosoph., tome VI, liv. XI, p. 227 et 228. — Larochefoucault, Voyage aux États-Unis, deuxième part., tome IV, page 65. [^1713]: Michaux, voyage à l’ouest des monts Alleghanys, ch. I et VIII, p. 10 et 84. [^1714]: Ibid., ch. XXII, p. 223 et 224. [^1715]: Larochefoucault, Voyage aux États-Unis, tome V, deuxième part., page 95. [^1716]: Michaux, Voyage à l’ouest des monts Alleghanys, ch. I, p. 10. — Fearon’s Sketches*, passim.* [^1717]: Michaux, ch. II et XIV, p. 15, 133 et 134. — Robin, Voyage dans la Louisiane, tome II, ch. XXXVII, p. 114 et 115. — Fearon’s Sketches of America, p. 43, 44, 113, 128, 160, 161, 162 et 210. [^1718]: A. Hodgson’s Letter to M. J.-B. Say, on the comparative expense of free and slave labour. [^1719]: Un rapport du comité de l’assemblée des colons de la Jamaïque, présenté à la chambre des communes d’Angleterre, le 25 février 1805, expose la détresse des colons, dont la plupart sont accablés de dettes, et qui presque tous ont perdu leur crédit. Ce rapport se termine en ces termes : « Par ces faits, la chambre sera en état de juger de l’étendue alarmante qu’a prise la détresse des planteurs de sucre, et avec quelle rapidité elle s’accroît tous les jours. Les plantations à sucre, depuis peu abandonnées et mises en vente par la justice, se montent à environ un quart de celles qui existent dans la colonie. » East and West-India sugar, or a refutation of the claim of the West-India colonists, to a protecting duty on East-India sugar, p. 121, 122 et 128. — James Cropper’s Relief for west-indian distress. [^1720]: Voyage dans la partie méridionale de l’Afrique, tome II, ch. V, p. 192 et 251. [^1721]: Michaux, ch. XIV, p. 133 et 134. [^1722]: Michaux, ch. I et ch. VIII, p. 10 et 84. [^1723]: Michaux, chap. I, p. 9. — Larochefoucault. [^1724]: Larochefoucault, troisième partie, t. VI, p. 85. — Michaux, ch. XIV, p. 13. [^1725]: Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, tome IV, liv. IV, ch. XI, p. 45 et 46. — En 1777, un ouvrier libre, nègre ou mulâtre, se louait au Mexique à raison de quatre piastres par mois, et ces ouvriers étaient très rares. Il n’y avait point d’esclaves. (Thierry, Traité de la culture du nopal, tome I, p. 82.) Je n’ai pas besoin de faire observer que l’argent et l’or, dans les lieux où ils sont produits et où l’on cultive les objets nécessaires à la vie, ont nécessairement un peu moins de valeur que dans les lieux où ils sont importés. [^1726]: De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, tome V, liv. V, ch. XV, p. 252, 253, 254 et 255. — Au Mexique, on compte la journée, dit ailleurs de M. Humboldt, de deux réales de plata (de 26 sous) dans les régions froides, et de deux réaux et demi (de 32 sous) dans les régions chaudes, où l’on manque de bras et où les habitants sont en général très paresseux. Ce prix de la main-d’œuvre doit paraître assez modique, lorsqu’on considère la richesse métallique du pays, et la quantité d’argent qui y est constamment en circulation. Aux États-Unis, où les blancs ont repoussé la population indienne au-delà de l’Ohio et du Mississipi, la journée est de 3 liv. 10 sous à 4 francs : en France, on peut l’évaluer de 30 à 40 sous, et au Bengale, d’après M. Fitzing, à 6 sous. Aussi, malgré l’énorme différence du fret, le sucre des Grandes-Indes est à meilleur marché à Philadelphie que celui de la Jamaïque. Il résulte de ces données, qu’actuellement le prix de la journée, au Mexique, est au prix de la journée
(Humboldt, Nouv.-Esp., tome III, liv. IV, ch. IX, p. 103 et 104.) Pour terminer le parallèle, il faut ajouter que le prix de la journée de l’homme libre de la Louisiane est le double de ce qu’elle est au nord des États-Unis, c’est-à-dire comme 10 : 46.
(Humboldt, Nouv.-Esp., tome III, liv. IV, ch. IX, p. 103 et 104.) Pour terminer le parallèle, il faut ajouter que le prix de la journée de l’homme libre de la Louisiane est le double de ce qu’elle est au nord des États-Unis, c’est-à-dire comme 10 : 46. [^1727]: Larochefoucault, troisième part., tome VI, p. 60, 61 et 79. [^1728]: Robin, tome I, ch. vi, p. 92, et tome II, ch. XXXVII, p. 114 et 115. [^1729]: Ibid., tome II, ch. XXXVI, p. 44. — Il semble qu’un maître qui tire de la journée d’un bon esclave 20 ou 30 piastres par mois, doit faire des bénéfices considérables ; mais, pour connaître ces bénéfices, il est une multitude de circonstances qu’il faudrait prendre en considération ; je me bornerai à en indiquer une seule : « Ici comme ailleurs, dit M. de La Rochefoucault en parlant du Maryland, quand on examine de près l’utilité dont sont les nègres esclaves aux intérêts du maître, comparée à l’emploi de toute autre espèce de moyen de travail, on trouve qu’elle n’a aucune réalité. Il faut nourrir, habiller les vieux, les enfants, les femmes grosses, les soigner dans leurs maladies. Rien n’est plus commun que de voir le propriétaire de quatre-vingts esclaves n’en pas pouvoir mettre trente au travail des champs. Dix ouvriers loués à l’année feraient au moins autant de travail que les trente esclaves. » Troisième part., tome VI, p. 85. [^1730]: Larochefoucault, deuxième part, tome VI, p. 87 et 88. [^1731]: Storch, Cours d’Économie politique. — La plupart des grands de Pologne, à l’époque de la guerre qui amena le partage de leur pays, étaient accablés de dettes. Un d’eux, le prince Lubomirski, voulut donner l’exemple de la réforme. Il se soumit à une direction, puis il fit annoncer, au son du tambour, que personne n’eût à lui faire crédit, sous peine de perdre ce qu’on lui avancerait. Rulhière, tome II, liv. VII, p. 405. [^1732]: Il est bien clair que je ne parle que des richesses que les Anglais possèdent en leur qualité de planteurs. Un homme à qui sa plantation ne produit rien, peut posséder d’ailleurs de très grandes richesses. — Les colons hollandais de la Guyane, dont les mœurs ont tant d’analogie avec celles qui ont été attribuées aux satrapes, étaient accablés de dettes, longtemps avant que de tomber sous la domination anglaise. « Tel est, dit Raynal, l’état des trois colonies que les Hollandais ont successivement formées dans la Guyane. Il est déplorable, et le sera longtemps, peut-être toujours, à moins que le gouvernement ne trouve dans sa sagesse, dans sa générosité ou dans son courage, un expédient pour décharger les cultivateurs du poids accablant des dettes qu’ils ont contractées. » Histoire philosoph. des deux Indes, tome VI, liv. XII, p. 414. — Cela signifie, en termes plus clairs, que les travaux excessifs auxquels les esclaves sont condamnés, ne peuvent suffire à la voracité des possesseurs d’hommes des colonies, et qu’il faut se hâter de leur livrer la subsistance des hommes industrieux et libres de la mère-patrie. Voilà une étrange morale pour une histoire philosophique ! [^1733]: Raynal, Hist. philosoph des deux Indes, tome VII, liv. XIV, p. 430 et 431. — En 1658, le nombre des esclaves de la Jamaïque n’était que de 1 400, tandis que celui des hommes libres était de 4 500 ; il y avait donc trois personnes libres pour un esclave. En 1817, il y avait 346 150 esclaves, et environ 17 000 ; c’est-à-dire environ vingt esclaves pour une personne libre. [^1734]: Second report of the committee of the society for the mitigation and gradual abolition of slavery, p. 149, 150. — Les états présentés au parlement d’Angleterre portent le nombre d’esclaves de la Jamaïque, en 1817, à 346 150. — Un des phénomènes les plus intéressants à observer est la proportion dans laquelle les diverses classes de la société se multiplient, surtout si l’on déterminait en même temps la source où chacune d’elles puise ses revenus ; ce serait peut-être un des moyens les plus sûrs de prévenir le sort des générations à venir, et de les garantir des calamités qui peuvent les menacer. [^1735]: Raynal, Hist. philosoph., tome VII, liv. XIV, p. 385. [^1736]: Second report of the society, etc., p. 139, 140. [^1737]: Second report of the society, etc., p. 139, 140. [^1738]: Raynal, Hist. philosoph., tome VII, liv. XIII, p. 95, 115 et 143. — Le recensement de 1788 portait la population de cette île à 13 466 blancs, 3 044 gens de couleur libres et 85 471 esclaves. [^1739]: Ibid., Histoire philosoph, des deux Indes. — Maltebrun, Précis de la Géographie universelle. — Alex. de Humboldt, Nouvelle-Espagne, tome II, liv. II, ch. VII, p. 5 et 6. — Robin, Voyage à la Louisiane, tome I, ch. XXII, p. 295 et 296. [^1740]: Voyez les tableaux statistiques insérés dans le Précis de la géographie universelle, tome V, liv. CII, p. 419, 420 et 421. [^1741]: Al. de Humboldt, Nouvelle-Espagne, tome V, sup., p. 144. [^1742]: Raynal, Histoire philosoph., tome V, liv. IX, p. 9, 10 et 13. — Il est presque impossible d’évaluer les effets que l’esclavage produit au Brésil sur l’accroissement ou le décroissement de la population. Cette contrée est si vaste, et les trois principales races d’hommes qui y existent sont si diversement réparties sur le territoire, qu’il faudrait se livrer à un examen particulier pour chaque province, et l’on manquerait de documents à l’égard de plusieurs. Au temps où Raynal écrivait, il n’évaluait la population du Brésil qu’à 802 235 individus (tome V, liv. IX, p. 201 et 202) ; tandis que M. de Humboldt croit que, vers la même époque, elle s’élevait à 1 900 000 âmes. (Nouvelle-Espagne, supp., p. 142 et 143.) Raynal évaluait le nombre des esclaves de la province de Rio-Janeiro à 54 091, et le nombre des esclaves de toute la colonie à 347 858 (ibid., p. 202) ; tandis que Cook portait, en 1768, le nombre des esclaves et des hommes de couleur de la seule ville de Rio-Janeiro à 666 000. (Premier voyage, liv. I, ch. II, tome II, p. 299.) Le secret dans lequel le gouvernement portugais tenait ses établissements coloniaux, est plus que suffisant pour expliquer ces contradictions. [^1743]: Si, dans les républiques du sud de l’Amérique, on comparait l’accroissement qu’a éprouvé la classe des conquérants, à l’accroissement qu’ont éprouvé les autres classes de la population, on arriverait probablement à des résultats semblables à ceux que je viens d’exposer. M. de Humboldt estimait, en 1808, la population totale des colonies espagnoles à treize ou quatorze millions d’habitants, et, dans ce nombre, il ne comptait qu’environ trois millions d’individus de race européenne. Il fallait donc qu’il y eut déjà à cette époque dix ou onze millions d’individus indigènes, noirs ou de sang mêlé. Les Espagnols éprouvent aux Philippines un sort analogue à celui qu’éprouvaient les Mamlouks en Égypte. « On ne compte dans l’île entière de Luçon, dit La Pérouse, que douze cents Espagnols créoles ou européens. Une remarque assez singulière, c’est qu’il n’y a aucune famille espagnole qui s’y soit conservée jusqu’à la quatrième génération, pendant que la population des Indiens a augmenté depuis la conquête, parce que la terre n’y recèle pas, comme en Amérique, des métaux destructeurs dont les mines ont englouti les générations de plusieurs millions d’hommes employés à les exploiter. » (La Pérouse, tome IV, p. 125, 128.) Si, dans le nord de l’Europe, les seigneurs comparaient la proportion dans laquelle ils se multiplient, à la proportion dans laquelle se multiplient les esclaves, on serait probablement fort étonné des résultats de la comparaison. [^1744]: Raynal, Histoire philosoph., tome VII, liv. XIII, p. 194. [^1745]: Second report of the committee of the society for the mitigation and gradual abolition of slavery. Appendix, G. p. 138, 162. [^1746]: « La dynastie virginienne, comme on l’a appelée, je crois avec raison, est un sujet de plainte dans toutes les autres parties de l’Amérique. Cet État a fourni quatre des cinq présidents, et un grand nombre d’occupants de tous les autres emplois du gouvernement. » Fearon, 6th report, p. 293.
Quand la Louisiane a été abandonnée aux États Unis, les Anglo-Américains se sont jetés avec tant d’avidité sur les emplois publics qui y ont été créés, qu’ils les ont exclusivement occupés, quoiqu’ils n’en connussent ni la langue ni les lois. Robin, tome II, ch. IV, p. 387.
L’avidité des emplois publics n’est pas un vice particulier à une époque ou à une nation. C’est un mal qui peut être le résultat d’un grand nombre de causes ; voici, je crois, les principales :
1° L’existence de l’esclavage, ou les préjugés nés d’un tel état ;
2° Le monopole, de la part du gouvernement, d’un nombre plus ou moins grand de professions privées, transformées en emplois publics ;
3° Une grande facilité de parvenir aux emplois, sans frais et sans capacité ;
4° La sécurité attachée aux fonctions publiques, ou l’inviolabilité des fonctionnaires ;
5° Des salaires ou des honneurs sans proportion aux travaux à exécuter ;
6° L’insécurité attachée à l’exercice des fonctions privées, et les vexations auxquelles sont exposées les personnes qui les exercent.
Quand la Louisiane a été abandonnée aux États Unis, les Anglo-Américains se sont jetés avec tant d’avidité sur les emplois publics qui y ont été créés, qu’ils les ont exclusivement occupés, quoiqu’ils n’en connussent ni la langue ni les lois. Robin, tome II, ch. IV, p. 387.
L’avidité des emplois publics n’est pas un vice particulier à une époque ou à une nation. C’est un mal qui peut être le résultat d’un grand nombre de causes ; voici, je crois, les principales :
1° L’existence de l’esclavage, ou les préjugés nés d’un tel état ;
2° Le monopole, de la part du gouvernement, d’un nombre plus ou moins grand de professions privées, transformées en emplois publics ;
3° Une grande facilité de parvenir aux emplois, sans frais et sans capacité ;
4° La sécurité attachée aux fonctions publiques, ou l’inviolabilité des fonctionnaires ;
5° Des salaires ou des honneurs sans proportion aux travaux à exécuter ;
6° L’insécurité attachée à l’exercice des fonctions privées, et les vexations auxquelles sont exposées les personnes qui les exercent. [^1747]: Les Hollandais établis aux Moluques emploient un moyen analogue pour maintenir leurs sujets dans la servitude. « Ils se gardent bien, dit Labillardière, de leur apprendre leur langue maternelle, afin de n’en être pas entendus lorsqu’ils conversent entre eux. » Voyage à la recherche de La Pérouse, ch. VII, tome I, page 355.
C’est par des motifs analogues que les prêtres d’Égypte employaient, entre eux, un langage inintelligible pour la population qu’ils avaient assujettie. Les druides, dont le pouvoir n’était guère moins absolu que celui des prêtres d’Égypte, employaient aussi, suivant le témoignage de César, une langue que le peuple ne pouvait pas comprendre.
C’est par des motifs analogues que les prêtres d’Égypte employaient, entre eux, un langage inintelligible pour la population qu’ils avaient assujettie. Les druides, dont le pouvoir n’était guère moins absolu que celui des prêtres d’Égypte, employaient aussi, suivant le témoignage de César, une langue que le peuple ne pouvait pas comprendre. [^1748]: Histoire de Pologne, tome III, liv. IX, p. 146. [^1749]: Denys d’Halicarnasse, liv. V, ch. XXVI. [^1750]: Sismonde de Sismondi, Nouveaux principes d’économie politique, liv. III, ch. IV, p. 181. [^1751]: Raynal, Histoire philosoph. des deux Indes, tome X, liv. XIX, page 60. [^1752]: Rulhière, Histoire de l’anarchie de Pologne, tome III, liv. IX et X, p. 93 et 91, 214 et 215. [^1753]: Rulhière, tome III, liv. IX et X, p. 99, 100 et 244. [^1754]: Ibid., liv. IX, p. 66. [^1755]: Lévesque, Histoire de Russie, tome III, p. 286. [^1756]: Rulhière, tome III, liv. IX, p. 67. [^1757]: Histoire philosoph. des deux Indes, t. VII, liv. XIII, pages 236 et 237. [^1758]: Stedman, Voyage à Surinam et dans l’intérieur de la Guyane, tome I, ch. III et IV, p 95, 104 et 105 ; tome II, ch. III, p. 94. — Raynal, tome VI, liv. XII, p. 413. [^1759]: Les peuples d’Europe qui ne possèdent point de colonies sont ceux qui paient le moins cher les denrées des tropiques, par la raison qu’ils n’accordent le monopole de la vente à aucune île. En Suisse, par exemple, le peuple paie le sucre, le café et les autres denrées qui viennent des colonies ou des Indes à un prix beaucoup plus bas que ne les paient les peuples de France et d’Angleterre. Dans ces deux derniers pays, le public commence par payer un impôt fort lourd, pour protéger les colons et leurs possessions ; et quand il a payé cet impôt et qu’il les a protégés, il jouit de l’avantage de payer leurs produits plus chèrement que ne les paie aucune autre nation. [^1760]: East and West-India sugar, 1823, p. 60, 61, 62. [^1761]: « Les propriétaires de nègres se plaignent déjà que, depuis que la population noire augmente, ils sont moins soumis, plus remuants qu’ils ne l’étaient autrefois. Tous ces symptômes devraient les aviser de la prompte nécessité de faire quelque chose pour préparer une fin à cet état d’esclavage, qui sera tôt ou tard d’un grand danger pour les maîtres ; mais on s’endort sur ce danger comme sur tous les autres ; et, dans ce cas comme dans tous les autres, on reconnaît que la prévoyance est nulle parmi le peuple américain. » De Larochefoucault Liancourt, Voyage aux États-Unis, troisième partie, tome VI, p. 86.
Il y a déjà trente ans que M. de Larochefoucault a fait ces observations ; et, depuis cette époque, le nombre des esclaves est beaucoup augmenté.
Il y a déjà trente ans que M. de Larochefoucault a fait ces observations ; et, depuis cette époque, le nombre des esclaves est beaucoup augmenté. [^1762]: Au mois de juin 1824, il existait déjà, en Angleterre, 220 associations formées dans le but de seconder celle qui s’est établie à Londres pour l’abolition de l’esclavage ; depuis cette époque le nombre s’en est considérablement augmenté. En 1823, il a été présenté 500 pétitions au parlement pour le même objet. En 1824, il a en été présenté près de 600. — Report of the committee of the society for the mitigation and gradual abolition of slavery, p. 37. [^1763]: Franklin, que l’on peut considérer comme le représentant de la population industrieuse de l’Amérique, n’a pas fait connaître directement tout ce qu’il pensait des possesseurs d’hommes ses compatriotes ; mais, si l’on veut savoir quelle était son opinion à leur égard, on en a un moyen facile : il suffit de se rappeler les mœurs de l’animal auxquelles il comparait les mœurs d’un gentilhomme, et de comparer les mœurs qu’il attribuait à un gentilhomme aux mœurs d’un planteur. Deux quantités étant égales à une troisième, disent les mathématiciens, sont égales entre elles : qu’on juge, d’après cet axiome, de l’accord qui peut exister entre les opinions des Américains industrieux et des Américains qui vivent sur les produits du travail de leurs esclaves. [^1764]: On dit que les grands de Russie dressent un certain nombre de leurs esclaves dans l’art de faire de la musique ; mais, comme ces esclaves ont l’intelligence fort bornée, chacun d’eux est réduit à ne donner qu’un son, c’est-à-dire à faire l’office d’un tuyau d’orgue. Le développement du talent musical de ces esclaves est l’emblème du développement des talents industriels de tous les esclaves des colonies modernes. [^1765]: Liv. VI, ch. XXII. [^1766]: Vie de Camille, traduction d’Amiot. [^1767]: Au milieu du seizième siècle, les Russes, dans leurs guerres, se conduisaient encore comme les Romains du temps de César. Dans la guerre qu’ils soutinrent contre Gustave-Vasa, le nombre des Suédois qu’ils firent esclaves, soldats, paysans, femmes ou enfants, fut si considérable qu’ils les vendaient pour quelques petites pièces de monnaie. On remarque, dit leur historien, que les petites filles se vendaient un peu plus cher que les males. Lévesque, Histoire de Russie, tome III, p. 53. [^1768]: J.-J. Rousseau prétend que le christianisme ne prêche que servitude et dépendance ; que son esprit est trop favorable à la tyrannie pour qu’elle n’en profite pas toujours, et que les vrais chrétiens sont faits pour être esclaves. (Contrat social, liv. IV, ch. VIII.) Pour admettre cette opinion, il faut supposer que l’esprit du christianisme repousse toute idée de devoirs envers soi-même et envers les autres, ou que le seul devoir qu’il impose est celui de n’en avoir aucun, ce qui est une contradiction ; ou bien il faut admettre qu’il impose le devoir de se livrer au vice et au crime, quand on ne peut s’en abstenir sans s’exposer à un châtiment, ce qui est encore une contradiction ; car les crimes et les vices entraînent tôt ou tard après eux leur châtiment. On va voir, au reste, que les possesseurs d’esclaves ont jugé l’esprit du christianisme autrement que Rousseau. [^1769]: The Rev. R. Bickell’s West-Indies as they are, or A real picture of slavery, part. II, p. 83 and 84. [^1770]: The Rev. R. Bickell’s West-Indies as they are, part. II, p. 84, 85 and 86. [^1771]: Second report of the committee of the society for the mitigation and gradual abolition of slavery, p. 141, 142 and 149. [^1772]: R. Bickell’s West-Indies as the are, part. II, p. 165, 166, 167, 168 and 173. — Le gouvernement anglais ayant obligé les maîtres à accorder à leurs esclaves le dimanche comme jour de repos, les maîtres ont fait du dimanche un jour de marché. Ils en ont donné pour motif que dans ce temps de détresse générale, plusieurs planteurs sont extrêmement endettés, et que, pour raison de leurs dettes, il leur est impossible de permettre à leurs esclaves de sortir si ce n’est le dimanche. The slave colonies of Great-Britain, p. 48 and 49. [^1773]: Cette société compte au nombre de ses membres les personnes les plus distinguées de l’Angleterre, par leurs talents, par leur position sociale, ou par leur dévouement à la cause de l’humanité. [^1774]: An authentic report of the debate of the house of commons. June the 23d, 1825, on Mr. Burton’s motion. — À toutes les époques où l’on a tenté d’instruire les esclaves ou les affranchis des préceptes de la religion, les maîtres ont opposé la même résistance. [^1775]: An authentic report of the debate in the house of commons, June, the 23d. 1825, etc., p. 33 and 34. — Il résulte de la proclamation même du gouverneur que les violences des maîtres n’ont pas eu d’autre cause que la crainte de voir les sentiments moraux des affranchis et des esclaves développés par l’enseignement des préceptes religieux. « Je vous en prie, dit le gouverneur aux auteurs de ces violences, réfléchissez aux conséquences de votre conduite. Si vous vous plaisez à renverser les maisons et les églises de ceux qui instruisent les noirs (of the teachers of the negroes), qui peut dire que les noirs ne suivront pas votre exemple, en démolissant vos propres maisons ? » Ibid., p. 27 et 28. [^1776]: De Larochefoucault-Liancourt, troisième partie, tome VI, p. 181. [^1777]: Robin, Voyage dans la Louisiane, tome III, ch. LXVIII, p. 198 et 197. [^1778]: Raynal, qui a défendu la liberté avec un zèle si ardent et quelquefois si aveugle, reproche à Montesquieu de n’avoir pas osé mettre au nombre des causes de la décadence de l’empire romain, la loi de Constantin qui, suivant lui, déclarait libres tous les esclaves qui se feraient chrétiens. Histoire philosoph., tome I, liv. I, p. 12 et 13. — Jamais les empereurs romains n’ont accordé la liberté à tous les esclaves qui se feraient chrétiens ; s’ils la leur avaient accordée, les invasions des barbares eussent rencontré plus d’obstacles. [^1779]: Voyage dans la Louisiane, tome II, ch. XXXVIII, p. 123. [^1780]: De Larochefoucault, Voyage aux États-Unis, tome I, p. 282 ; tome III, p. 174 ; tome IV, p. 78 ; tome V, p. 69 et 79. Le seul fait que les Anglo-Américains repoussent de leurs temples toute personne de couleur, n’est-il pas une preuve évidente que la religion n’est pour eux qu’un moyen de gouvernement ? [^1781]: Nouveau voyage dans la partie méridionale de l’Afrique, tome II, ch. V, p. 248 et 249. [^1782]: J. Stephen’s Slavery of the British West-India colonies, as it exist both in law and practice, ch. V, sect. III, IV and V. — R. Bickell’s West-Indies as they are, part. II. — The slave colonies of Great-Britain, or a Picture of negro slavery, drawn by the colonists themselves. — Voyez les écrits publiés par la société formée pour la modification et l’abolition graduelles de l’esclavage. [^1783]: Dauxion-Lavaysse, tome II, ch. VIII, p. 252 et suivantes. — Depons, tome II, ch. VI, p. 153 et suiv. ; tome III, ch. IX, p. 34 et suiv. — De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, liv. III, ch. VIII, tome III, p. 224. [^1784]: On lit, dans l’article 13 de la Constitution fédérative de Guatemala: « Celui qui fait le commerce d’esclaves ne peut être citoyen. » Cette disposition est très sage et très juste ; un peuple qui tient à sa liberté ne doit jamais permettre l’exercice d’aucun pouvoir politique à des individus qui n’admettent l’existence d’aucun devoir, ou qui règlent l’étendue de leurs droits par l’étendue de leurs forces. [^1785]: « La France paie à la Martinique et à la Guadeloupe le sucre qu’elle consomme 50 fr. les cent livres, non compris les droits, et les obtiendrait à la Havane pour 35 fr., non compris les droits également. » (J. B. Say, Traité d’économie politique, tome I, liv. I, chap. XIX, p. 365 et 366.) La différence en faveur du pays qui possède le moins d’esclaves comparativement à la population libre serait donc, suivant M. Say, de près d’un tiers, s’il n’existait pas d’autres causes de la différence que l’esclavage. Je suppose cependant qu’elle n’est que d’un quart ; mais aussi le prix du sucre de nos colonies a été porté un peu trop haut, et celui de la Havane un peu trop bas. Au reste, comme les prix varient d’un jour à l’autre, il ne peut pas être ici question d’une exactitude mathématique. [^1786]: East-India sugar, or an Inquiry respecting the means of improving the quality and reducing the cost of sugar raised by free labour in the East-Indies, p. 3, 4 et 5. London, 1824. — On calcule que le prix moyen que coûte la culture nécessaire à la production d’un quintal de sucre, en y comprenant la rente payée au propriétaire de la terre, est de 4 sch. 9 d*.* 1/2 ou environ 6 francs. (Ibid. p. 27.) Le sucre cultivé par des ouvriers libres, pourrait être livré à Calcutta sur le pied du 16 ou 17 francs le quintal, et sur le pied de 26 fr. 80 c. rendu en Europe. (Ibid., p. 13.) Ce serait un peu plus de 5 sous la livre. [^1787]: Traité d’économie politique, tome I, p. 365 et 366. [^1788]: Traité d’économie politique, t. I, liv. I, ch. XIX, p. 365. [^1789]: Il faut observer que les dépenses qu’exigent l’administration, la conservation et la défense de trois misérables îles doivent être à peu près les mêmes que celles que la France était obligée de faire quand elle avait de nombreuses colonies. La défense navale, pour être efficace, doit être, en effet, en raison des forces de l’ennemi, et non en raison de l’objet qu’il s’agit de garder. Il faut, en France, pour administrer deux ou trois îles, un ministère aussi complet et aussi dispendieux que pour en administrer dix. [^1790]: R. Bickell’s West-Indies as they are, p. 244 and 245. [^1791]: Raynal, Histoire philosoph., tome VII, liv. XII, p. 116, 117 146*.* — Cet historien porte les valeurs exportées par la Martinique à 18 975 974 liv., et les valeurs exportées par la Guadeloupe à 12 751 404 liv. [^1792]: La France tire de la Guadeloupe et de la Martinique presque tout le sucre qu’elle consomme, et la consommation s’élève à 50 millions de kilogrammes ; mais comment est-il possible que deux îles dont les richesses ni la population n’ont presque pas varié depuis que leurs exportations s’élevaient à peine à 32 millions, exportent aujourd’hui, en sucre seulement, une valeur à peu près égale ? Serait-il vrai, comme le croient quelques personnes, que des colons introduisent dans leurs pays des sucres étrangers, et qu’ils nous les expédient ensuite pour obtenir une prime de 37 fr. 50 les cent kilogrammes ? Si cela arrivait pour le sucre, cela arriverait probablement aussi pour toutes les denrées coloniales ; et l’on conçoit quel énorme tribut les possesseurs d’hommes des colonies lèveraient alors sur la France. [^1793]: James Cropper’s Relief for west-indian distress, p. 26 and 27. London 1823. — East and West-India sugar, p. 4 and 5. [^1794]: Le quintal anglais est de 108 livres ; 50 kil. égalent 111 livres anglaises. [^1795]: Second report of the committee of the society for the mitigation and gradual abolition of slavery, p. 166 and 167. [^1796]: Je dis que les possesseurs d’hommes sont plus disposés à faire des dettes qu’à cumuler des capitaux ; à l’appui des faits que j’ai déjà cités j’en ajouterai ici quelques autres qui me semblent trop remarquables pour ne pas être observés.
Dans un espace de vingt années, de 1760 à 1780, le nombre de ventes forcées qui ont eu lieu pour dettes, dans la Jamaïque, s’est élevé à 80 000, et le montant de ces dettes a été de 22 500 000 liv. st. (572 500 000 fr). Dans le cours du même espace de temps, près de la moitié des propriétés foncières ont changé de mains par suite de ces ventes forcées. East and West-India sugar, appendix D, p. 127.
Dans un espace de vingt années, de 1760 à 1780, le nombre de ventes forcées qui ont eu lieu pour dettes, dans la Jamaïque, s’est élevé à 80 000, et le montant de ces dettes a été de 22 500 000 liv. st. (572 500 000 fr). Dans le cours du même espace de temps, près de la moitié des propriétés foncières ont changé de mains par suite de ces ventes forcées. East and West-India sugar, appendix D, p. 127. [^1797]: James Cropper’s Relief for west-indian distress, p. 12. [^1798]: Stedman, tome III, ch. XXIX, p. 187. — Le Vaillant, premier Voyage, tome I, p. 77. [^1799]: Voyez les rapports de la société formée pour l’abolition de l’esclavage, et les débats parlementaires sur le même sujet. [^1800]: Robin, Voyage à la Louisiane, tome III, ch. LXVII, p. 178 et 179 [^1801]: De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, liv. III, ch. VIII, tome III, p. 225 et 226. — Depons, tome I, ch. II, p. 257, et tome II, ch. V, p. 65 et 66. — Robin, tome I, ch. XX, p. 283. [^1802]: De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, liv. III, ch. VIII, tome III, p. 225 et 226.
Dans les pays où l’esclavage est admis, les hommes de la race des maîtres considèrent, en général, comme leurs esclaves, tous les individus qu’ils peuvent soumettre, et comme leurs propriétés, tous les biens qu’ils peuvent usurper. De là, les guerres, les meurtres et les spoliations dont les colons du cap de Bonne-Espérance se sont rendus coupables envers les Hottentots ; de là aussi, les crimes, les meurtres et les spoliations commis contre les indigènes d’Amérique par les Anglo-Américains des frontières. Les gouvernements de Hollande et des États-Unis ont fait tout ce qu’ils ont pu pour réprimer ces attentats, et jamais ils n’ont pu en venir à bout. Cela a tenu à ce que la puissance ne s’étend pas au-delà de certaines limites, et que les lois cessent au point où la puissance finit.
Dans les pays où l’esclavage est admis, les hommes de la race des maîtres considèrent, en général, comme leurs esclaves, tous les individus qu’ils peuvent soumettre, et comme leurs propriétés, tous les biens qu’ils peuvent usurper. De là, les guerres, les meurtres et les spoliations dont les colons du cap de Bonne-Espérance se sont rendus coupables envers les Hottentots ; de là aussi, les crimes, les meurtres et les spoliations commis contre les indigènes d’Amérique par les Anglo-Américains des frontières. Les gouvernements de Hollande et des États-Unis ont fait tout ce qu’ils ont pu pour réprimer ces attentats, et jamais ils n’ont pu en venir à bout. Cela a tenu à ce que la puissance ne s’étend pas au-delà de certaines limites, et que les lois cessent au point où la puissance finit. [^1803]: Voyez le tome I, liv. II, ch. II. [^1804]: La même opposition de principes se trouve quelquefois dans les gouvernements : ceux qui ont pour principe la force ou le despotisme, prétendent qu’il leur est permis de se livrer, envers les hommes et leurs propriétés, à toutes les actions qu’ils ne se sont pas positivement interdites ; ceux, au contraire, qui ont pour principe la morale et la liberté, reconnaissent qu’ils ne peuvent exercer, sur les hommes ou sur leurs biens, que les actions que des lois spéciales leur ont positivement permises. [^1805]: Les banques d’épargnes, si utiles aux familles des classes ouvrières, seraient indispensables à des esclaves auxquels il serait permis de se racheter. Il faudrait même qu’elles présentassent des garanties tellement fortes qu’elles fussent capables de vaincre la méfiance naturelle à des esclaves. [^1806]: T. Clarkson’s Thoughts on the necessity of improving the condition of the slaves, p. 15, 16, 17. [^1807]: Denon, tome I, p. 135, 136 et suivantes. [^1808]: Barrow, Voyage en Chine, tome II, ch. VIII, p. 220. [^1809]: Péron, tome I, liv. II, ch. VII, p. 144. — Freycinet, tome II, ch. X, p. 336. [^1810]: « En faisant abstraction des subdivisions, dit M. de Humboldt, en parlant de la population du Mexique, il en résulte quatre castes : les blancs, compris sous la dénomination générale d’Espagnols ; les nègres ; les Indiens, et les hommes de race mixte, mélangés d’Européens, d’Africains, d’Indiens américains et de Malais ; c’est par la communication fréquente qui existe entre Acapulco et les îles Philippines, que plusieurs individus d’origine asiatique, soit chinois, soit malais, se sont établis dans la Nouvelle-Espagne. » Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, tome I, liv. II, ch. VI, p. 367 et 368. [^1811]: La France est le pays dans lequel l’orgueil de race est le moins marqué ; et c’est là une des causes qui font que les individus de cette nation inspirent moins que d’autres de l’antipathie aux étrangers. « C’est une chose étonnante et bien digne de remarque, dit un voyageur anglais, que malgré les présents considérables distribués, chaque année, aux Indiens du Haut-Canada, par des agents anglais de nation, malgré le respect que ceux-ci ne cessent d’avoir pour leurs usages et leurs droits naturels, un Indien qui cherche l’hospitalité préfère, même aujourd’hui, la chaumière d’un pauvre fermier français à la maison d’un riche fermier anglais. » (Weld, Voyage au Canada, tome II, ch. XXIX, p. 180 et 181.) La raison de la préférence est toute simple : le fermier français ignore ce que c’est que to keep his distance, ce que l’anglais n’oublie jamais. [^1812]: Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, tome II, liv. II, ch. VII, p. 67. [^1813]: Azara, tome II, ch. XII et XIV, p. 203, 264 et 265. [^1814]: Voyage dans l’Amérique méridionale, tome II, ch. XIV, p. 265. [^1815]: Ibid., ch. XV, p. 276. — Dauxion-Lavaysse, tome II, ch. VII, p. 174 et 175. [^1816]: Dauxion-Lavaysse, tome II, ch. VI, p. 174 et 175. — Azara, tome II, ch. XIV, p. 266 et 267. [^1817]: De Humboldt, Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, tome I, liv. II, ch. V, p. 362, et tome II, liv. II, ch. VII, p. 38. [^1818]: Stedman, tome II, ch. XIII, p. 21. [^1819]: Dauxion-Lavaysse, tome II, ch. VII, p. 174 et 175. — La Pérouse a observé que l’union des Russes aux Kamtchadales produisait une race d’hommes plus active et plus laborieuse que celles des pères, et plus belle que celle de mères. Tome III, ch. XXII, p. 189 et 190. [^1820]: Robertson’s History of America, book II, note 35, p. 396. [^1821]: Bougainville, première partie, ch. VI, tome I, p. 124, 125 et 126. [^1822]: Bougainville, première partie, ch. VII, p. 120, 121 et 122. [^1823]: Azara, tome II, ch. XIII, p. 224, 225, 226 et 232. [^1824]: Voyage aux régions équinoxiales, tome III, liv. III, ch. VI, p. 4, 5 et 6. [^1825]: Bougainville, première partie, ch. VII, t. I, p. 126 et 127. — La Pérouse, tome II, ch. XI, p. 301. [^1826]: Azara, tome II, ch. XII, p. 253 et 254. [^1827]: La Pérouse, tome II, ch. XI, p. 296. — Azara, tome II, ch. XIII, p. 232. — Raynal, tome IV, liv. VIII, p. 302 et 303. [^1828]: Azara, tome II, ch. XIII, p. 234 et 235. — Raynal, tome IV, liv. VIII, p. 315. — De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, liv. III, ch. VII, tome III, p. 149. — Les règlements des jésuites ont servi de modèle à tous les missionnaires. (La Pérouse, tome II, ch. XI, p. 308. — Azara, tome II, ch. XII, p. 117 et 218.) Il ne faut pas en être étonné, puisqu’ils étaient soumis à une autorité commune. De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, tome III, liv. III, ch. VI, p. 52. [^1829]: Azara, tome II, ch. XII, p. 218. [^1830]: La Pérouse, tome II, ch. XI, p. 302. [^1831]: De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, tome III, liv. III, ch. VIII, p. 197. — Ulloa, Discours philosoph., tome II, Disc. XVIII, p. 44 et 45. — Vancouver, liv. IV, ch. IX, tome IV, p. 154. — La Pérouse, tome II, ch. XI, p. 299 et 301. — Azara, tome II, ch. XII et XIII, p. 218, 233, 234 et 250. [^1832]: La Pérouse, tome II, ch. XI, p. 296. — Bougainville, première partie, ch. VII, tome I, p. 128 et 229. — Ulloa, Discours philosoph., Disc. XVIII, p. 44 et 45. [^1833]: La Pérouse, tome II, ch. XI, p. 298, 299 et 300. — Bougainville, première partie, ch. VII, tome I, p. 128 et 129. [^1834]: Azara, tome II, ch. XII, p. 218 et 219. — La Pérouse, t. II, ch. XI, p. 302. [^1835]: Azara, ch. XII et XIII, p. 218 et 252. [^1836]: De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, liv. II, ch. IX, tome III, p. 288, 289 et 290. — Azara. [^1837]: Azara, tome II, ch. XIII, p. 252. [^1838]: De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, liv. III, ch. IX, p. 290. [^1839]: La Pérouse, tome II, ch. XI, p. 304. — De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, liv. VII, ch. IX, tome VI, p. 285. [^1840]: La Pérouse, tome II, ch. XI, p. 294 et 295. [^1841]: Vancouver, liv. III, ch. I, p. 267, 276 et 277 . — Azara, tome II, ch. X, p, 165. — L’état social de ces peuples a une grande analogie avec celui des Spartiates : le brouet noir n’était pas supérieur à la bouillie, et les vêtements et les logements étaient peu différents. [^1842]: La Pérouse, tome II, ch. XI, p. 296, 297, 301 et 302. — Bougainville, première partie, ch. VII, tome I, p. 126. — De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, liv. VI, ch. XVII, et liv. VII, ch. XIX, tome VI, p. 238 et 342. — Depons, tome I, ch. IV, p. 311, 312 et 342. — Azara, tome II, ch. XIII, p. 256. [^1843]: Depons, tome I, ch. IV, p. 331 et 332. [^1844]: Bougainville, première partie, ch. VII, tome I, p. 126. — Raynal assure, sur la foi des missionnaires, que plus les coups de fouet sont vigoureux, et plus les pénitents éprouvent de bonheur. Histoire philosoph., t. IV, liv. VIII, p. 302. [^1845]: Azara, tome II, ch. XII, p. 217*,* 218, 243, 244 et 245. — Depons, tome I, ch. IV, p. 323 et 324, et II, ch. VI, p. 136 et 137. — De Humboldt, Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, tome I, liv. II, ch. VI, p. 436 et 437. — Raynal, Hist. philosoph., tome IV, liv. VIII, p. 314, 345 et 346. [^1846]: Ulloa, Discours philosophiques, disc. XVIII, p. 44 et 45. [^1847]: Azara, tome II, ch. XIII, p. 255 et 257. [^1848]: Bougainville, première partie, ch. VII, tome I, p. 128 et 129. — Azara, tome II, ch. XIII, p. 256, 257 et 258. [^1849]: Raynal, Hist. philosoph., tome IV, liv. VIII, p. 304 et 305. — Azara, tome II, ch. XIII, p. 256. [^1850]: Ulloa, Disc. philosoph., disc. XX, p. 85 et 86. — Azara, tome II, ch. XIII. [^1851]: Depons, tome I, ch. IV, p. 337 et 338. — Azara, tome II, ch. XIII, p. 255. — Dans quelques missions ils respectent les propriétés privées. La Pérouse, tome II, ch. XI, p. 302. [^1852]: De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, tome III, liv. III, ch. IX, p. 372. [^1853]: La Pérouse, tome II, ch. XI, p. 308. — Azara, tome II, ch. XIII, p. 251. [^1854]: Bougainville, première partie, ch. VII, tome I, p. 129, 131 et 135. — La Pérouse, tome II, ch. XI, p. 293 et 303. — Ulloa, Disc. philos., disc. XX, p. 85 et 86. — De Humboldt, Voyages aux régions équinoxiales, tome III, liv. III, ch. VI, p. 5, 6 et suiv. — Dauxion-Lavaysse, tome I, ch. VI, p. 326 et 327. [^1855]: De Humboldt, Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, tome II, liv. II, ch. VI, p. 448. [^1856]: Tome II, ch. XI, p. 288 et 289. [^1857]: Voyage aux régions équinoxiales, tome III, liv. III, ch. VI, p. 53 et 54. [^1858]: Dauxion-Lavaysse, tome I, ch. VI, p. 325. [^1859]: Bougainville, première partie, ch. VII, tome I, p. 127 et 128. [^1860]: Voyage aux régions équinoxiales, tome III, liv. III, ch. VI, p. 126 et 127. [^1861]: Azara, tome II, ch. XI, p. 251. [^1862]: Azara, tome II, ch. XII, p. 218, 219, 248 et 249. — De Humboldt, Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, tome I, liv. II, ch. VI, p. 436 et 437. — Depons, tome II, ch. VI, p. 136 et suivantes. [^1863]: De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, liv. VII, ch. XIX, tome VI, p. 320. [^1864]: Depons, tome II, ch. VI, p. 136 et suivantes. [^1865]: Bougainville, première partie, ch. VII, tome I, p. 127. [^1866]: La Pérouse, tome II, ch. XI. — Ce voyageur a vu des hommes au bloc et des femmes aux fers pour avoir trompé la vigilance de leurs argus. [^1867]: Bougainville, première partie, chap. VII, tome I, pag. 136 et 137. [^1868]: De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, tome VI, liv. VII, ch. XIX, p. 335, 336 et 337. — Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, tome II, liv. II, ch. VII, p. 40 et 41. — Cette manière de conquérir des âmes a une parfaite ressemblance avec la manière dont les colons du cap de Bonne-Espérance font des esclaves parmi les Hottentots. [^1869]: De Bougainville, tome I, première partie, ch. VII, p. 236 et et 237. [^1870]: Hist. philosoph., tome IV, liv. VIII, p. 324 et 325. [^1871]: Tome I, première partie, ch. VII, p. 124 et 125. — Les missionnaires ne pouvant attribuer l’état stationnaire de leurs peuplades ni à leurs institutions, ni à eux-mêmes, l’ont attribué à la nature des peuples ; mais il est impossible d’admettre une telle explication, lorsqu’on voit que des peuples de même espèce, qui sont soumis à un régime différent, sont actifs et laborieux, et font des progrès comme les Espagnols. Azara, tome II, ch. XII, p. 217. — De Humboldt, Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, tome II, liv. II, ch. VIII, p. 320 et 396. — Voyage aux régions équinoxiales, t. III, liv. III, ch. IX, p. 264 et 265. — Depons, tome II, ch. VI, p. 143 et 144. — Dampier, tome I, ch. V, p. 138. — Raynal, tome V, liv. IX, p. III. [^1872]: Robertson’s History of America, vol. IV, p. 199 et 267. [^1873]: De Larochefoucault-Liancourt, Voyage aux États-Unis, troisième partie, tome VII, p. 13 et 18. [^1874]: William Hebert’s Visit to the colony of Harmony, in Indiana, in the United-States of America. London 1825.