Traité de Législation: VOL IV
De l’inégalité des rangs et de pouvoir produite par l’esclavage. — De la fusion ou du mélange de fam
Enlightenment Charles Comte FrenchCHAP. 22: > De l’inégalité des rangs et de pouvoir produite par l’esclavage. — De la fusion ou du mélange de familles de diverses races.
Déjà l’esclavage domestique a été aboli dans une grande partie du monde ; et, quelle que soit l’opiniâtreté avec laquelle il est défendu dans les lieux où il existe, les lumières ont assez fait de progrès pour nous faire espérer qu’un peu plus tôt ou un peu plus tard, il disparaîtra de tous les pays. Mais, quand l’esclavage ne se montrera plus sous les formes hideuses que nous lui avons vues chez les peuples de l’antiquité et chez plusieurs peuples modernes, les effets s’en feront sentir longtemps encore ; peut-être même se présentera-t-il sous des formes nouvelles. L’impression que la servitude produit sur les mœurs et sur les esprits des diverses classes de la population, est si profonde, qu’elle se transmet des pères aux enfants, et passe jusqu’aux générations les plus reculées. Il n’est point de peuple, en Europe, qui n’en porte encore les marques ; c’est même une des principales causes des troubles ou des désordres qui règnent dans cette partie du monde.
Lorsque la conquête a rassemblé sur le même sol des peuples de diverses races, chacune d’elles conserve et transmet à ses descendants les préjugés, les mœurs et jusqu’aux caractères physiques qui la distinguent. Quelque nombreuses que soient les révolutions que l’Égypte a éprouvées, les observateurs y distinguent encore, au seul aspect de la physionomie, les Cophtes, les Arabes, les Juifs, les Turcs, et jusqu’à des Grecs [391]. Dans l’Indostan, la race des Mongols et celle des Indous et, en Asie, celle des Tatars et celle des Chinois, sont aussi distinctes qu’elles l’étaient au jour de la conquête [392]. À Timor et dans les îles de la Sonde, on trouve trois espèces d’hommes établies sur le même sol depuis un temps immémorial ; et les différences qui distinguent ces peuples, sont aussi prononcées qu’elles l’étaient avant qu’aucun d’eux fût sorti de son pays originaire [393]. En Europe, tous les peuples appartiennent à la même espèce ; et, cependant, on trouve, dans chaque État, des hommes d’origines différentes, et dont les uns gouvernent ou aspirent à gouverner les autres, par la seule raison qu’ils appartiennent à telle caste ou qu’ils se sont affiliés à elle. Mais, parmi les divers mélanges de races, on n’en trouve point qui aient des différences aussi prononcées que celles qu’on observe dans les colonies formées par les Européens. Dans les îles et sur quelques parties du continent d’Amérique, on observe, au milieu d’une multitude de noirs, un petit nombre de blancs et de basanés ; dans quelques autres parties du même continent, les espèces ou les variétés sont plus nombreuses encore [394].
Si les seules différences qui existent entre les diverses races, ne consistaient que dans la couleur ou dans la forme des traits, je ne m’en occuperais point ici ; mais elles consistent principalement dans les principes, suivant lesquels on juge du mérite ou du démérite des hommes. Ces différences exercent ainsi une influence très étendue sur les mœurs, sur les lois et sur le gouvernement. Dans tout pays où il existe deux races d’hommes, l’une qui se compose des descendants des peuples conquis, et l’autre des descendants des conquérants ou de leurs affiliés, les hommes sont estimés ou méprisés, non en raison de leurs qualités ou de leurs défauts personnels, mais en raison de la race à laquelle ils appartiennent et de la place qu’ils occupent parmi les hommes de cette race. Si les deux castes appartiennent à la même espèce d’hommes, et si, par conséquent, elles ne peuvent se distinguer par les caractères physiques, elles se distinguent par des signes artificiels, par des dénominations, par des costumes particuliers, et surtout par le rang qu’elles occupent ou par les occupations auxquelles elles se livrent. Lorsqu’elles n’appartiennent pas à la même espèce, les différences physiques deviennent les signes qui servent à distribuer l’estime ou le mépris. Un Anglo-Américain de mœurs dissolues traitera d’une manière insultante la personne la plus respectable par ses qualités personnelles, qui aura le malheur d’avoir le teint plus ou moins obscur. Un Européen traitera avec considération un misérable sans mœurs et sans talents, parce qu’il aura l’avantage de faire précéder son nom d’une certaine dénomination. Ce que l’Américain méprise, ce n’est pas la couleur en elle-même ; ce ne sont pas les défauts de la personne qui la porte : c’est le fait de l’oppression exercée par les ancêtres de l’un sur les ancêtres de l’autre. De même, ce que l’Européen estime, ce n’est pas tel nom ou tel signe considéré en lui-même, c’est le fait de compter parmi ses ancêtres un individu de la race conquérante ou affilié à cette race.
Il ne faut pas croire que l’orgueil que manifestent les individus des castes dominantes, naisse de la conviction qu’ils n’ont jamais compté d’esclaves parmi leurs ancêtres ; car ce sentiment est aussi énergique chez les colons qui sont récemment descendus de malfaiteurs ou de prostituées, qu’il l’est chez les familles dont l’illustration remonte aux temps les plus anciens ; la véritable cause d’orgueil se trouve dans les relations que la conquête ou la domination établit entre deux races.
L’unité de l’espèce et d’autres circonstances dont je n’ai pas à m’occuper ici, ont beaucoup affaibli en Europe, et en France plus que dans aucun autre pays, le sentiment hostile qui divise les races ; mais en Amérique, où la conquête a eu, pour les hommes asservis, des conséquences les plus funestes, et où tous les individus portent sur leur physionomie les caractères indélébiles de la race à laquelle ils appartiennent, les effets de la conquête ou de l’asservissement seront beaucoup plus durables [395].
Les plus remarquables et les plus funestes de ces effets sont de fausser le jugement des hommes sur ce qui mérite l’estime ou le mépris, d’avilir les professions industrielles, de faire un objet de monopole des emplois publics, de convertir les contribuables en tributaires, de mettre aux progrès des peuples de puissants obstacles, et d’amener, tôt ou tard, des troubles, des guerres civiles, et finalement le despotisme. Il est plus ou moins en la puissance de chaque individu de développer son intelligence et son industrie, de corriger ses mauvaises habitudes, et d’élever convenablement ses enfants ; mais il ne dépend d’aucun homme, soit de renverser l’ordre des événements passés, soit de modifier les caractères physiques qu’il apporte en naissant ou qu’il transmet à ses descendants.
En attachant exclusivement le mépris à telle couleur et l’estime à telle autre, en honorant ou en flétrissant les individus, selon qu’ils naissent dans tel ou tel ordre de filiation, on condamne par cela même la partie la plus nombreuse de la population à un avilissement éternel, et on place l’autre à un point d’élévation indépendant de toute qualité personnelle. Il résulte de là qu’il n’y a point de vertus ni de bonnes qualités qui puissent élever les premiers, ni de vices qui puissent faire descendre les seconds ; ceux-là ne peuvent sortir de leur abaissement par l’acquisition d’aucune qualité morale ; ceux-ci ne peuvent déchoir de leur rang par aucun vice ou par aucun genre d’incapacité. Un tel régime a beaucoup d’analogie avec le système de l’esclavage ; il n’en est en quelque sorte qu’une modification ; il produit des effets moins énergiques, mais ces effets sont de même nature.
Cependant, comme il est dans la nature de tous les hommes de tendre sans cesse vers leur développement, d’honorer ce qui est réellement honorable, et d’aspirer à se placer au rang auquel leurs qualités les rendent propres, une caste dominante se trouve réduite à l’alternative de maintenir la caste asservie dans l’avilissement et la misère, ou de lui laisser prendre part à tous les avantages sociaux, ou de se trouver en état de guerre avec elle à l’instant où celle-ci aura acquis le sentiment de sa puissance. Il n’y a pas d’autre moyen de maintenir une classe nombreuse de la population dans la misère et l’abaissement, que l’esclavage, et sous quelque dénomination que s’établisse un pareil état, il produit, pour toutes les classes d’hommes, les effets que j’ai exposés dans les chapitres précédents. Tôt ou tard, ces effets sont aussi funestes pour la race des dominateurs que pour celle des opprimés ; ils le sont même davantage, car les individus de la première étant plus nombreux que ceux de la seconde, ayant moins à craindre les invasions, et tenant au sol de plus près, ils peuvent finir par en rester les maîtres. Si, d’un autre côté, les descendants de la race asservie peuvent librement se développer, et s’ils sont admis à partager tous les avantages sociaux, les souvenirs d’anciennes injures et d’anciennes spoliations peuvent se réveiller, et les descendants ou les affiliés des conquérants, devenus des objets de jalousie et de haine, peuvent être dépouillés de leur pouvoir en même temps que de leurs possessions.
Les aristocraties européennes ont évité ces dangers en admettant dans leur sein des individus sortis de la classe jadis asservie, ou en leur accordant les mêmes titres, les mêmes dénominations, les mêmes prérogatives. Quand elles ont craint de s’affaiblir, elles se sont recrutées en distribuant à propos des lettres de noblesse, ou en absorbant par des alliances les grandes fortunes développées dans les autres classes de la société. Mais les individus d’espèce européenne établis dans les îles et sur le continent d’Amérique, n’ont pas les mêmes moyens de se multiplier ou d’accroître leur puissance. Les lettres de blanc que les rois d’Espagne donnaient jadis à des hommes noirs ou basanés de l’Amérique, ne produisaient pas les mêmes effets que les lettres de noblesse en Europe. La noblesse étant manifestée par la couleur de la peau et par la constitution physique, nul ne pouvait ni la donner à celui qui en était privé, ni la ravir à celui qui la possédait. En Europe, un individu de la classe aristocratique qui rétablit sa fortune au moyen de ce qu’on appelle une mésalliance, ne transmet à ses enfants aucun signe qui puisse les faire déchoir de leur rang ; ce fait n’est qu’une dégradation passagère qu’on oublie facilement, et que rien ne rappelle dans la suite. Mais un Anglo-Américain ne pourrait pas ainsi s’allier impunément à une femme qui appartiendrait à la caste asservie ; il transmettrait à ses enfants des signes ineffaçables de sa mésalliance, et les dégraderait en les enrichissant. Il semble donc que les descendants des Européens établis dans quelques parties d’Amérique sont condamnés à être oppresseurs, jusqu’à ce qu’ils soient à leur tour opprimés ou expulsés. Ce danger paraît menacer surtout les habitants des îles où l’on ne trouve qu’un petit nombre de blancs au milieu d’une multitude de noirs, les États Hispano-Américains, où les blancs ne forment que la cinquième partie de la population, et même les blancs du Brésil, qui semblent ne pas exister dans une proportion beaucoup plus grande.
De tous les préjugés, il n’en est point de plus opiniâtres ni de plus propres à mettre les hommes en état de guerre que celui qui tient à la supériorité des castes ; il peut être affaibli par le progrès des lumières, mais l’expérience n’a pas encore prouvé qu’il soit possible de l’effacer complètement. Cependant, il n’est peut-être pas impossible de l’affaiblir au point de le rendre inoffensif ; mais par quels moyens peut-on y parvenir ? Est-ce en déclarant que les cuivrés sont blancs ou que les blancs sont cuivrés ? Suffit-il de déclarer que les blancs, les basanés et les cuivrés sont tous de même couleur, ou que les couleurs sont abolies ? On pourrait faire, sans doute, de pareilles déclarations et d’autres semblables ; mais il est probable qu’elles ne produiraient pas plus d’effet dans les États américains que n’en a produit en France la déclaration qu’il n’existait point de noblesse, et que tous les hommes étaient égaux. On n’avancerait pas beaucoup plus en démentant le fait de la conquête ou de l’asservissement, ou en déclarant que ce fait n’aura point de conséquence ; ce qui a été, est irrévocable ; et quand un fait a existé, il produit des résultats qu’il n’est pas au pouvoir des hommes d’empêcher.
Si l’on veut se donner la peine d’observer ce qui produit l’orgueil et l’abaissement, on trouvera que c’est, d’une part, le sentiment de la force et de la sécurité, et de l’autre le sentiment de la faiblesse ou de l’impuissance. Le mépris que les individus d’une race ont pour les individus de l’autre, ne tient pas seulement à la pensée que les ancêtres des seconds furent jadis opprimés impunément par les ancêtres des premiers ; il tient surtout à la pensée qu’il existe pour les descendants des uns, des garanties qui n’existent pas pour les descendants des autres. Ce qui inspire à certains hommes du mépris pour les autres, ce n’est pas le sentiment de leurs qualités personnelles, c’est la persuasion, bien ou mal fondée, qu’ils ne peuvent pas être opprimés par eux. Le moyen le plus efficace d’éteindre l’antipathie observée entre les races dans tous les pays où il a existé une classe d’oppresseurs et une classe d’opprimés, c’est la justice. Il ne faut pas déclarer que tous les hommes sont égaux, car ce serait un mensonge, et les mensonges sont un mauvais moyen de gouvernement ; il faut faire, autant que cela se peut, que tous les hommes jouissent d’une protection égale ; il faut que les mêmes qualités ou les mêmes services obtiennent les mêmes récompenses, et que les mêmes vices ou les mêmes crimes soient suivis de peines semblables. S’il n’y a pas moyen d’arriver à un tel résultat, il faut que les hommes restent sous l’empire d’une force brute ; c’est-à-dire qu’il faut que l’esclavage continue d’exister avec tous les préjugés, tous les dangers et toutes les calamités qui en sont inséparables.
Le préjugé qui attache le mépris à l’industrie, et l’estime à l’oisiveté, n’est guère moins propre que le mépris des races les unes pour les autres, à perpétuer l’esclavage. Nulle part il ne peut exister de richesse sans travail, et quand une classe de la population dédaigne de travailler, il faut qu’elle mendie ou qu’elle vole. Il est vrai qu’on peut vivre longtemps sur les produits d’un travail ancien ; mais, comme il n’y a pas de fortune, quelque bien établie qu’elle soit, qui ne soit susceptible de périr ou d’être dissipée, il est évident qu’une classe de la population, dont les biens ne pourraient jamais s’accroître et seraient exposés à toutes les chances de décroissement, finirait tôt ou tard par tomber dans la misère. Il faudrait, pour qu’elle continuât d’exister, que sous forme d’impôts ou sous toute autre, elle absorbât les richesses produites par les classes laborieuses, et qu’elle s’emparât, par conséquent, du monopole des fonctions publiques. La caste dominante substituerait ainsi une exploitation collective à l’exploitation individuelle telle qu’elle a lieu dans l’esclavage domestique.
Pour effacer la flétrissure qui, dans les pays cultivés par des esclaves, a été attachée au travail, il n’y a que deux moyens, l’un est de garantir à chacun les produits de son industrie ; l’autre, d’appeler, dans le pays, des individus de la classe des conquérants qui n’aient pas leurs préjugés. On se plaint que les indigènes de l’Amérique du sud manquent d’activité et dédaignent l’industrie ; il peut y avoir à cela plusieurs raisons ; mais, si l’insécurité des produits du travail n’est pas la principale, c’est l’exemple des blancs, juges suprêmes de ce qui est avilissant et de ce qui est honorable. L’Amérique est bien loin d’avoir la population que son sol peut nourrir : dans la partie du sud, et même dans le Mexique, il existe des provinces entières qui ne sont encore que des déserts. Si les habitants de ces contrées employaient, pour y appeler des ouvriers européens, des moyens analogues à ceux dont les Anglo-Américains ont fait usage, il ne faut pas douter qu’ils ne donnassent ainsi une impulsion très forte à l’activité des anciens habitants. Il arriverait nécessairement alors, ou que l’ancienne population deviendrait active et laborieuse, ou bien qu’elle resterait stationnaire dans son accroissement, et que le pays, se peuplerait d’individus de race européenne ; car partout, la partie la plus industrieuse de la population est celle qui se multiplie avec le plus de rapidité.
L’émigration d’ouvriers européens, dans les États du Mexique ou dans la partie méridionale de l’Amérique, aurait pour les habitants actuels un avantage plus grand encore, ce serait la fusion des races. Un des obstacles les plus grands que M. de Humboldt a vus à l’établissement d’un bon gouvernement dans les anciennes colonies espagnoles, est la difficulté de déterminer les hommes des diverses castes à se considérer comme concitoyens [396]. Cette difficulté ne pourra être vaincue aussi longtemps que les individus d’une caste repousseront comme flétrissante toute alliance avec les individus des autres castes ; mais en appelant des ouvriers européens dans le pays, cette difficulté serait aisément vaincue. Des hommes de cette classe arriveraient sans aucun préjugé de couleur ou de naissance, et ils ne pourraient s’allier, dans le pays, qu’à des personnes d’une classe correspondante à la leur. Cette fusion des races, qui produirait pour toutes de si grands avantages, est indiquée par la nature elle-même, car on a observé qu’elles s’améliorent en se croisant.
Lorsque les Espagnols arrivèrent en Amérique, ils n’y amenèrent point de femmes, ou s’ils y en amenèrent quelques-unes, le nombre en fut extrêmement petit. Le gouvernement d’Espagne ne fit pas comme celui de France et d’Angleterre ; il n’envoya pas des cargaisons de prostituées aux colons. Les conquérants épousèrent donc des femmes du pays ; il est vrai que, passé la première génération, ils ne s’allièrent qu’entre eux [397]. Mais cette première alliance, loin d’avoir une influence funeste sur les individus qui en issurent, leur fut au contraire très favorable. Les Hispano-Américains forment aujourd’hui une race plus belle que celle des Espagnols. Azara, dont le témoignage ne doit pas être suspect, les a trouvés supérieurs par leur taille, par l’élégance de leurs formes, et même par la blancheur de leur peau ; il leur a trouvé aussi plus d’activité, plus de sagacité, plus de lumières qu’aux individus de race purement européenne, nés en Amérique [398]. On peut d’autant moins douter du mélange des races, et des effets qui en résultent, que, dans le Paraguay, les individus de race mélangée parlent généralement la langue de leur mère [399].
Les mêmes phénomènes ont été observés dans le mélange des nègres et des cuivrés. Les hommes qui naissent de l’union des individus de ces deux races, ont plus d’intelligence, plus d’énergie, plus de force et des formes plus belles que les individus de l’une et de l’autre espèce ; ils sont même généralement plus forts que les individus nés du mélange des Européens avec les Indiens, mais ils sont moins intelligents [400].
Le mélange de l’Européen et du nègre produit une race d’hommes plus active et plus assidue au travail que le mélange de l’Européen et de l’Indien Mexicain [401]. Ceux qui naissent des blancs et des mulâtres forment une race plus belle encore [402]. Enfin, tous les individus de race croisée se distinguent par une constitution plus saine et plus vigoureuse, par plus d’énergie vitale, et par une inclination plus forte vers leur reproduction, que les individus nés sous le même climat, d’individus appartenant à la même race [403].
Il ne m’appartient point d’expliquer les causes de ces phénomènes ; il me suffit d’avoir fait observer que, si la conquête et l’esclavage créent des préjugés et des vices propres à diviser les hommes, les intérêts de tous les portent à s’unir.